Hippolyte et Joséphine ont sacrément envie de continuer à profiter du Permis de Séduire ensemble, mais il faut bien se rendre à l’évidence : trouver des candidats à l’expérimentation « dans la nature », ça va pas être simple.
Restent les apps. Hippolyte arrivera-t-il à monter un dossier suffisamment convaincant pour que Joséphine accepte de laisser ses a priori et idées préconçues de côté, et veuille bien créer un profil sur un « sitderencontpourcoupl » ?
Références:
- L’indémodable site d’histoires érotiques Revebebe
- Libertine par Mylène Farmer
- Coluche, le coiffeur à Paris en vacances à Cajarc dans le Schmilblick, 1976
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00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Previously in « Osez Joséphine », heu non, « Si on osait… »
04:13 Le scénario rêvé mais pas vraiment vraisemblable
05:28 La suggestion d’Hippolyte pour aider le hasard
07:08 Les a priori de Joséphine
09:13 Un site de rencontres pour couples un peu plus soft que les autres
10:58 Création d’un profil
13:24 Et ajout de photos !
15:20 On, on est libertins !
17:07 Premières interactions et échanges
20:23 Une conversation prometteuse
Transcription
[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]
Bonjour, c’est Hippolyte…
et Joséphine !
Bienvenue dans un épisode avec encore des références musicales, des a priori, des photos et peut-être des rencontres.
Peut-être… Mais d’abord… Previously in « Osez Joséphine »
Non mais attends, mais c’est pas « Osez Joséphine », notre podcast. Notre podcast il s’appelle « Si on osait… » Ça fait 12 épisodes maintenant, c’est « Si on osait… » Bon, allez, recommence.
Je recommence.
Ça va marcher.
Previously, in « Si on osait… »
Ah ben voilà, ça y est, on peut commencer.
Yay ! J’ai réussi !
Donc, après cette soirée mémorable où on avait testé et apprécié une sorte de « Permis de Séduire Ensemble », Hippolyte et Joséphine, ici présents…
C’est nous !
… se rendaient compte que ce n’était pas si évident que ça de trouver des situations où on pourrait rencontrer un couple, jouer à se parler, se sourire, se séduire, et éventuellement un peu plus. Mais… Hippolyte et Joséphine ils avaient quand même pas mal envie de continuer à ressentir les effets positifs de tous ces moments et de refaire des soirées Gin Tonic.
Ah carrément !
Pour donner un peu de contexte, après le gros projet à l’étranger et la soirée Gin Tonic à l’épisode 10, le plan c’était de passer deux mois en France, à peu près deux mois, avant de rentrer chez nous pour de bon. Et on en profiterait pour revoir la famille, les amis, profiter de la bonne bouffe, du bon vin. Et forcément, on s’est dit que c’était un peu tentant de profiter de cette situation pour continuer à essayer de jouer à séduire et éventuellement faire des rencontres. C’était un peu plus facile en fait, parce qu’on n’avait pas la barrière culturelle, on n’avait pas la barrière linguistique. Et puis avec cette échéance de départ dans les prochaines semaines, au final on prenait peu de risques. Si jamais ça foirait, on pouvait se sauver en douce.
Oui, alors de mon côté, autant moi j’étais partante pour continuer à utiliser notre « Permis de Séduire Ensemble », quand et si l’opportunité se présentait, autant je me voyais mal chercher des situations ou alors des environnements où l’objectif premier, ce serait de séduire. J’avais quand même du mal à imaginer que d’autres gens pourraient avoir la même approche que nous. Et du coup, si on allait dans des environnements un peu propices à ce type de séduction, est-ce que les autres cherchaient un peu des trucs comme nous ? Ou est-ce qu’ils cherchaient plutôt un coup d’un soir ? Et est-ce que les deux moitiés du couple étaient partantes ? Voire même au courant ? Donc moi j’avais quand même pas mal d’a priori, j’avais du mal à les exprimer, j’y arrivais pas forcément.
On avait du mal à mettre les mots sur…
Ah, sur beaucoup de choses, oui !
On les met maintenant parce qu’on a réfléchi mais…
C’est plus facile !
mais à ce moment-là, ce n’était pas…
Moi, je voulais que ça continue à être une initiative que Hippolyte et moi on prendrait ensemble, où on serait tous les deux moteurs et où on inventerait ensemble ce dans quoi on se lancerait, plutôt que se retrouver suiveurs ou alors passifs avec un couple qui ferait ça pour s’envoyer en l’air.
C’est un peu comme la soirée où ça s’était fait naturellement, en fait !
Oui, bon ça s’est pas fait, hein, mais…
Non mais notre…
Oui, nos tentatives de séduction
Notre évolution s’est faite ensemble et naturellement. Et moi aussi, je pense que j’avais cette idéal en tête. On pourrait rencontrer un couple, on les inviterait à manger, ils viendraient tous les deux, cette fois.
Oui, ce serait pas mal.
Ils nous plairaient.
Ouais !
On leur plairait.
Oui, ça peut être bien aussi !
On passerait une bonne soirée ensemble, peut-être qu’on boirait un peu, il y aurait des regards, peut-être qu’il y aurait une deuxième soirée, au coin du feu, avec un peu plus de regards, une atmosphère qui se réchauffe un peu, des confidences ou bien des jeux qui tournent à « l’action ou vérité » version adulte et…
Attends, t’es en train de passer en mode Revebebe là !
C’est vrai, c’est pas faux. Ça ressemble bien à un scénario d’histoire érotique.
Oui, oui, je pense que t’es bien parti pour ça.
En tout cas, le genre qui me plaît. Au passage, on recommande toujours Revebebe. revebebe.free.fr dont on avait parlé à l’épisode 6, je crois. Il y a toujours des tas d’histoires vraiment sympas à chaque fois qu’on y retourne.
Et pourtant, c’est pas toi qui les écris. Enfin, je crois pas.
Non, non, j’ai pas de compte là-bas ! Bon, pour revenir à notre situation de la vraie vie, sans scénariste d’histoire Revebebe, c’était bien joli de s’imaginer des tas de choses comme ça, mais c’était un peu illusoire de croire que ça allait nous arriver.
Comme ça, rien qu’en attendant…
Du coup, j’ai pris mon courage à la pelleteuse, j’ai proposé qu’on aide un petit peu la chance. J’ai suggéré – d’ailleurs j’ai probablement suggéré plusieurs fois – qu’on regarde éventuellement si ça ne vaudrait pas le coup de voir si par hasard, si par hasard il n’y aurait pas, – sait-on jamais, hein – des « sitderencontpourcoupl »
Des quoi ?
Euh, des « sitderencontpourcoupl » !
Articule !
Des sites de rencontres, heu… « pourcoupl ».
Ah ça sort pas, hein !
Je rigole pas, j’ai probablement utilisé le même genre de formulation alambiquée pour faire croire à Joséphine que j’avais pas déjà regardé. Parce que bon évidemment je suis pas fou, j’aurais pas proposé ça si j’avais pas déjà regardé.
Petit cachottier, t’avais déjà regardé ! Tu fais bien la Sainte-Nitouche.
Eh bien, ceci dit j’avais bien fait parce que si on avait fait les premières recherches ensemble, je pense que ça n’aurait pas été bien loin.
Pourquoi ?
Les premières recherches de sites de rencontres que j’avais faites, eh ben on tombe sur des sites vraiment orientés très très cul, voire complètement porno.
Ah oui, non.
Et avec des profils vraiment très très explicites. À première vue, ça n’avait pas l’air évident pour nous de trouver un site où on avait un minimum de chance de rencontrer des gens qui étaient à peu près sur la même longueur d’onde, c’est-à-dire rencontrer et séduire avant de passer à la casserole…
Oui !
Ça n’avait vraiment pas l’air facile de trouver des choses qui seraient un peu moins intimidantes pour nous et surtout pour Joséphine qui y allait pas mal à reculons.
Ah oui, moi j’y allais, oui, à reculons. Parce que j’avais toujours cet a priori que les gens qui vont sur des sites de rencontres, surtout les sites de rencontres pour couples, – pardon, surtout les « sitderencontpourcoupl » j’y arrive pas ! – ils recherchent le sexe pour le sexe, sans poésie, sans tendresse, et… ben ça me rebutait. Et j’avais peut-être pas tout à fait tort, parce que sur les sites de rencontres, il y a quand même beaucoup de gens qui cherchent un coup d’un soir, qui veulent s’envoyer en l’air sans se poser de questions. Et je juge pas, hein ! mais… quand même moi, à ce moment-là, je mettais tout le monde dans le même panier. Hippolyte, lui, il était persuadé, – peut-être avec une plus grande ouverture d’esprit – il était persuadé qu’il y avait aussi d’autres gens qui étaient plus doux, plus « Bisounours ». Des gens qui…
Oui, moi je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont comme nous, tout le temps.
Oui, oui, c’est bien. Des gens qui nous conviendraient mieux, en fait. Bon moi je n’y croyais pas beaucoup, mais éventuellement, je voulais bien lui donner une chance de me prouver que je me trompais. Par contre, il fallait qu’il prépare un dossier qui tienne bien la route avant.
Eh ouais. Et en effet, j’avais fait le tri. Je ne le faisais pas vraiment que pour Joséphine le tri, parce que moi non plus, voir une paire de seins qui prend toute la photo, ou un zoom sur une vulve en train de se faire pénétrer par un pénis quand on arrive sur un profil, ce n’est pas vraiment ce qui titille le plus ma curiosité. Ça peut être joli et très excitant. Disons que ce n’est pas ce que j’ai tendance à avoir envie de voir en premier chez une femme ou chez un couple.
Oui…
Et en effet, les apps de rencontre, c’était pas mon rêve. C’était vraiment pas mon rêve du tout. J’avais le même genre d’a priori et d’inquiétudes que Joséphine. J’étais assez circonspect là-dessus. Et puis j’avais pas envie non plus qu’on se retrouve au milieu d’un catalogue de « viande » où les gens pourraient nous « swiper » ou nous « matcher ». Et encore moins si ça amenait à rencontrer des gens pas forcément bienveillants, qui voudraient en quelque sorte bizuter les petits nouveaux à la mode échangiste.
Ah oui, non… non, non !
Donc au final, j’en ai trouvé un de… « sitderencontpourcoupl » qui avait l’air beaucoup plus soft que les autres, et puis un petit peu plus orienté « couples », justement, que les autres. J’avais créé un compte gratuit, juste pour voir. ce qui donnait accès aux profils qui s’y trouvaient. Et puis, ce que j’avais vu, ça ne m’avait pas rebuté. Ça m’avait même plutôt agréablement surpris, parce qu’on n’avait pas trop besoin de slalomer entre des images de pénis en érection en gros plan, ou d’autres photos pornographiques pour trouver des profils de couples sympathiques, avec des belles photos artistiques, floutées, en noir et blanc, qui dévoilaient juste ce qu’il fallait pour qu’on ait envie de découvrir un peu plus, en fait. Et puis des intros un peu plus subtiles et avenantes que « Cherche chaudasse pour ce week-end » ou des trucs du genre. Du coup, j’étais content. Je pouvais montrer ce « sitderencontpourcoupl » à Joséphine-qui-y-allait-à-reculons. Et c’est passé.
Oui, c’est passé. T’avais fait un bon dossier. Le « sitderencontpourcoupl » que Hippolyte avait sélectionné, c’était apparemment un des sites les plus softs. C’était un des sites les plus accessibles pour nous qui étions quand même tout neufs dans ce monde-là. En plus, Hippolyte avait fait une petite présélection de profils et ça avait l’air bien. Les présentations des profils, elles avaient l’air… …. normales ! On y voyait des jolies photos, y compris des photos de gens habillés, avec des jolies silhouettes. Et je crois que j’avais besoin de ça en fait, pour envisager de passer au-delà de mes a priori négatifs.
De toutes façons, jusque-là, on ne prenait pas beaucoup de risques. On ne se mouillait pas trop, comme dirait l’autre. C’était gratuit de s’inscrire, de créer un profil, de mettre nos âges, nos préférences, nos orientations sexuelles. Hétérosexuels tous les deux, hein Joséphine ?
Ben oui, bien sûr. Pourquoi tu rigoles ?
Nos mensurations. Non, je déconne, il n’y a pas besoin des mensurations, ce n’est pas vrai. Et de mettre des photos. Donc au pire, on aurait perdu juste une soirée où on aurait bien rigolé.
Oui, alors on n’a pas dû mettre nos mensurations, mais il a quand même fallu qu’on coche quelques cases. Est-ce qu’on était prêts aux pratiques de mélangisme ou à l’échangisme, au côte-à-côte-isme ?
C’est vrai, on a appris des nouveaux mots.
Oui, on ne savait pas ce que ça voulait dire. Donc le côte-à-côte-isme, c’est quand deux couples font l’amour l’un à côté de l’autre, mais sans échanger les partenaires. Le mélangisme, là, les échanges de partenaires sont autorisés, sauf pour la pénétration. Et l’échangisme, les échanges de partenaires sont autorisés, y compris pour la pénétration.
Il y avait des nuances assez subtiles.
Ouais, il a fallu qu’on comprenne tout ça.
Mais on a coché toutes les cases, je crois.
Ouais, je crois.
On n’y connaissait rien !
On était prêts à tout.
On n’avait pas vraiment nos limites.
Non.
Et puis bon, il a quand même fallu rédiger un profil avec un petit texte pour nous présenter. Et vu que c’était un peu mon initiative, j’avais commencé à rédiger un brouillon pour notre profil. C’est venu assez vite, il n’y a pas eu besoin de beaucoup de corrections ni de réécriture, pour une fois. Ça racontait notre histoire en quelques mots, tout simplement, et on expliquait ce qu’on cherchait, ou en tout cas ce qu’on pensait chercher.
Oui, le genre de personnes qu’on envisageait de rencontrer aussi.
On était surpris que ce soit si facile en fait, que ça semble si naturel de pondre quelque chose d’assez personnel, alors que normalement, se vendre, on n’est pas super forts.
Non on n’est pas forts. Et ouais, t’avais été inspiré, et c’était vraiment bien. D’ailleurs, moi je suis pas sûre que j’aurais eu autant d’inspiration pour écrire un profil. Je pense que j’aurais été tentée de copier les autres profils un peu bateau, parce que je ne savais pas comment faire.
Mais moi, j’avais préparé depuis deux mois, donc…
Ah ouais ! Ah ouais d’accord.
Non, c’est pas vrai ! Non, non, ça, c’était pas vraiment pas pémédité l’écriture du profil.
Non, non, t’avais fait un chouette brouillon. Et du coup, on avait passé un moment sympa à préparer notre profil, même si je traînais un petit peu les pieds au départ. Et c’était agréable de raconter notre histoire, de la revivre un petit peu tous les deux, de choisir ce qu’on avait envie de dévoiler sur nous et puis ce qu’on ne disait pas.
Oui, c’est un bon souvenir cette soirée. C’était surtout cool de te voir doucement te prendre au jeu.
Ouais…
Et puis en plus il a fallu faire des photos.
Eh oui parce que… On avait fouillé dans nos photos récentes et on en avait très très peu de nous, encore moins des photos de nous deux ensemble. Parce qu’on a plein de photos des enfants, des paysages, mais alors des photos de nous, que dalle, parce qu’on se prenait jamais en photo. Donc il a fallu qu’on trouve un moment tranquille, quand les enfants étaient couchés, et on a bricolé un petit atelier photo dans la cage d’escalier.
Ça nous a pris trois plombes. En mode selfie, trouver le bon cadrage pour ne pas voir l’angle du mur ou l’applique murale ou une ombre… Avec flash, sans flash.
Avec sourire, sans sourire.
Aller chercher un projecteur et une rallonge électrique au garage pour avoir une « meilleure lumière ». Et tant bien que mal, on a réussi à prendre des photos de nos trombines qui ne faisaient pas trop peur malgré l’ambiance cage d’escalier. On a même fait une jolie photo de profil en gros plan qu’on pouvait publier sans être reconnaissables.
Oui parce que comme n’importe qui peut s’inscrire gratuitement sur le site et voir toutes les photos – en tout cas les photos qu’on a mis en mode public – on faisait quand même un petit peu attention à ce qu’on publiait. Parce qu’on connaît des gens en France, on n’avait pas très envie d’avoir des questions de nos amis, ou de la famille, ou d’anciens collègues. On sait jamais, hein, ils auraient pu aussi se trouver sur ce site, soit parce qu’ils étaient intéressés, soit parce qu’ils voulaient jouer à la brigade des mœurs. Et donc, les quelques jours qui ont suivi, on a essayé de se prendre en photo plus, pour un peu varier du cadre de la cage d’escalier, pendant qu’on se baladait avec les enfants. Ils n’étaient pas trop habitués d’ailleurs à ce qu’on prenne des photos de nous. Je ne sais pas ce qu’ils ont dû se dire en nous voyant se mitrailler l’un l’autre.
Ils devaient se dire « Non mais qu’est-ce qu’il leur prend aux parents ? » « Déjà ils font des cachoteries, en plus ils invitent des gens…
…qu’on connaît pas. » Ça va, ils avaient des enfants avec qui ils étaient potes.
C’est fou, parce que pour commencer à prendre des photos de nous, il a fallu qu’on s’inscrive sur un site libertin. Oh, ça y est, je l’ai dit.
T’as dit quoi ?
J’ai dit le mot, j’ai dit « libertin ». On était en train de créer un profil sur un site « libertin ».
« Libertin »… comme Mylène alors. 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵
Allez, c’est parti ! Petit intermède musical. Oui, parce que le site, c’était pas vraiment explicite sur le nom du site de rencontres, mais c’était bien un site libertin.
🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵
Non mais tu ne vas pas chanter ça à chaque fois qu’on dit « libertin », si ?
Si si ! 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵
Ah ben si… Eh ben, on n’est pas rendus. Et dire que moi je ne peux même plus replacer ma spirale du plaisir et du désir…
Bon ok, je vais essayer de me tenir et de ne pas chanter trop.
Ok, on peut continuer alors. D’ailleurs, c’est peut-être pas plus mal que ce n’était pas vraiment explicite, parce que je ne suis pas certain que j’aurais réussi à te convaincre de nous inscrire sur un site avec le mot « libertin » dedans. Parce qu’à part la chanson de Mylène, enfin Joséphine Farmer, dans le monde normal, ce mot n’a quand même pas forcément bonne presse. Et c’est facilement assimilé à un univers un peu glauque et malsain, peut-être.
C’est vrai, ouais. Nous aussi, on faisait cette association-là. libertin = glauque voire malsain Et pour définir nos envies de séduire ensemble, on n’avait pas du tout pensé à ce mot-là.
Quel mot ?
Tu veux que je te le dise ? « Libertin »
🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵 Donc voilà, c’était fait. On y était. Et bon, quel que soit le mot qui était rattaché, en fait, on s’en fichait un peu. Les étiquettes, c’est pas notre fort.
Non.
Et on n’avait jamais utilisé d’app de rencontre avant.
Non.
Donc on y allait complètement à découvert. Peut-être un petit peu naïvement aussi.
Oui, je pense clairement naïvement, oui.
On n’avait jamais vraiment communiqué avec des inconnus sur Internet.
Non.
C’était complètement nouveau. Un petit peu grisant. Surtout avec certaines premières interactions. « Oh, on a un bisou ! »
« Un bisou ? »
Ouais, un bisou. C’est un peu comme un like sur Facebook, mais façon « sitderencontpourcoupl » Bref, une fois inscrits, donc, une fois qu’on avait notre profil et nos photos, etc. on a fait une petite présélection de profils. On l’a fait avec quatre yeux, on l’a fait ensemble. Et c’était important qu’on fasse ça tous les deux ensemble,
Ouais !
pour que ce ne soit pas seulement l’un de nous qui s’en occupe.
Ouais, là j’avais pas besoin que tu viennes avec un gros dossier. Je pouvais participer à créer ce dossier.
T’étais un peu plus réchauffée à l’idée.
Ouais !
Et en plus c’était drôle. Finalement ça faisait pas si « catalogue » que ça. Et au final on a pris un peu plus de risques. Il y avait des profils vraiment sympas. Du coup on a payé un abonnement pour pouvoir leur envoyer des messages en essayant de rédiger des choses pour se présenter le mieux possible. Et là on s’est retrouvé un peu comme des ados tout excités, quoi !
« Oh regarde, on a une réponse ! » « Eh regarde, ils ont partagé des photos ! »
« Ouais ouais ouais attends-moi avant d’aller voir ! On fait ça ensemble ! » On faisait vraiment tout ensemble. On aimait bien voir nos réactions l’un et l’autre, en live.
Oui…
On rédigeait tout à quatre mains. Alors ça prend beaucoup de temps de rédiger un message personnalisé à quatre mains.
Ah oui, je confirme : on n’est pas toujours d’accord sur la façon de formuler les messages, ni sur la grammaire.
Oui… mais c’était sympa, on partageait un moment de complicité, même si…
On apprenait même à pas trop se disputer et à passer outre nos désaccords grammaticaux, voire stylistiques.
Faire des concessions.
Ouais… ouais, quoique.
Moi, je fais des concessions.
C’est ça.
Et ça s’est pas si mal passé que ça en fait. On a eu… On a eu pas mal de réponses. Je pense que tout le monde avait répondu. Et toutes les réponses qu’on avait étaient toutes sympathiques et bienveillantes. Et oui, parfois ça n’allait pas plus loin que quelques échanges, ou ça s’arrêtait après avoir échangé des photos. Mais c’était agréable.
Oui.
Je me souviens, il y avait un couple un peu plus jeune que nous, qui après quelques messages nous avait demandé « Mais qu’est-ce que vous cherchez exactement sur ce site ? » Ça nous avait un peu surpris à ce moment-là. Et on avait été tenté de répondre : « Ben la même chose que vous, grands dégoûtants ! » Comme Coluche ! On n’avait pas vraiment conscience que tout le monde ne cherchait pas exactement la même chose que nous en fait.
Oui, je crois que c’était les mêmes qui avaient peur de nous connaître déjà. Et ils avaient même des noms de scène.
Ah oui, je me souviens, oui !
Alors que pour nous, bon, certes, on avait un nom de profil un peu anonyme, mais à partir du moment où on commençait à discuter pour de vrai avec des gens, on utilisait nos vrais prénoms. On n’avait pas des noms de scène. Les noms de scène, c’est pas… Oui bon OK, d’accord, on en a maintenant pour le podcast avec Hippolyte et Joséphine, mais c’était pas du tout le même contexte.
Ouais, c’était pas aussi public. Il y avait aussi ce couple qui nous avait dit d’emblée qu’ils n’avaient pas encore franchi le pas du sexe pénétratif entre couples, donc de l’échangisme, et ça nous avait étonnés. On n’avait pas du tout pensé à ça, à ce type de limite en fait. Pour nous, l’intimité sexuelle, c’était vraiment pas défini par la pénétration ou non.
Oui. On avait des conversations un petit peu surréalistes avec des inconnus complets.
Oui ! Et puis un jour, on a reçu un message d’un couple à qui on n’avait pas écrit. C’était un message tout simple, agréable, des gens qui avaient bien aimé ce qu’on avait écrit dans notre profil, où on avait raconté notre aventure. Et ça nous a fait dire, « Ah tiens, pourquoi pas ? Ça pourrait coller. » On a transformé ça en conversation prometteuse.
Oui, mais comme d’habitude, on va vous laisser mariner et on vous racontera tout ça la prochaine fois !
Ah oui, comme d’hab ! À bientôt.
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