Après cette fameuse soirée révélatrice arrosée au Gin Tonic, et une remarque complètement inattendue – mais assumée ! – de Joséphine, des vieux fantasmes endormis d’Hippolyte ressortent de leur tanière, mais surtout on se découvre un « Permis de Séduire » et d’être séduit … en tous cas d’essayer ! À utiliser sous une condition : quoi qu’il arrive, on reste ensemble !
Références :
- Les masques d’Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick (1999)
- L’épisode 5 où Joséphine parle de son jouet vibrant
- L’épisode 2 où l’on comprend que Hippolyte a très peu d’expérience en drague
- L’épisode 9 où Joséphine révèle son addiction aux crushs intenses
Marque-pages
00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
01:05 La soirée Gin Tonic et la réflexion de Joséphine
03:21 L’explication de Joséphine
04:34 La réaction d’Hippolyte
06:25 Le « Permis de Séduire » à deux
08:35 Les vieux fantasmes qui sortent de leur tanière
13:05 Les effets du « Permis de Séduire »
16:10 Une nouvelle ouverture aux rencontres
20:03 Cette liberté nouvelle…
21:49 … que l’on veut apprivoiser ensemble
Transcription
[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]
Bonjour, c’est Hippolyte…
et Joséphine !
Ça y est, on a enfin décuvé de notre soirée au Gin Tonic de l’épisode 10. Vous vous souvenez ? Après tout le temps qu’on a passé à avoir des tentations plus ou moins avouables, à droite à gauche, et de les avoir enfin avouées, d’en avoir parlé, et d’en avoir rigolé, il y a eu cette soirée bien arrosée.
On était bien hydratés.
Hydratés, je sais pas, mais… alcoolisés, c’est sûr. Il y avait un Hippolyte et une Joséphine, et un crush chacun. Un crush que Joséphine connaissait, mais moi j’en avais un nouveau.
Un crush tout nouveau, tout nouveau tout beau.
Et on s’est retrouvés à s’aider, à se soutenir l’un l’autre, mais malgré tous nos efforts – enfin surtout tes efforts, parce que moi j’en ai pas fait énormément, on est rentrés juste tous les deux. Mais avec une réflexion hautement philosophique, hein Joséphine ?
Oui, parce que ceux qui ont bien pris des notes au dernier épisode, ils s’en souviendront de cette réflexion, non ? En tout cas, il y en a un qui s’en souvenait ce matin-là.
Moi ?
Oui, toi !
Tu veux parler de moi ? Moi je m’en souvenais pas du tout.
Mooouuuais…
Attends, j’étais fatigué, j’avais bien bu, le réveil était vachement difficile. Les enfants ils avaient pas picolé eux, la veille, il fallait les réveiller, les emmener à l’école.
C’est vrai !
Et je crois que j’ai eu besoin d’une petite sieste pour récupérer après.
Moi aussi.
Du coup c’était pas vraiment le matin, c’était probablement le début d’après-midi quand je t’ai demandé : « Et t’as dit quoi hier soir déjà ? »
Tu t’en souvenais très bien.
Meuuuh… Pas du tout !
Oh si si !! En rentrant de cette soirée, moi j’avais dit : « Mais je sais ce qu’on aurait dû faire. On aurait dû leur proposer un truc à quatre ! »
Ah, c’était ça que tu avais dit… Heureusement que tu t’en souvenais, dis-donc !
N’importe quoi…
Bon, plus sérieusement, oui, t’avais dit ça.
Oui
Et en plus, tu étais suffisamment lucide au moment où tu l’avais dit pour t’en rappeler, le redire le lendemain matin sans te rétracter, en assumant complètement.
Bah oui, y’a pas de problème. J’aurais pas dû assumer ?
Non non, c’était très bien, y’a pas de problème. Et du coup, mesdames qui nous écoutent, il y a pas mal de trucs plus ou moins efficaces pour remettre en route le cerveau de votre mec le lendemain d’une soirée un peu trop arrosée. Mais alors lui dire que vous feriez bien un plan à plusieurs, c’est vérifié, c’est testé. Ça marche super bien. En tout cas pour lui. Bon après, il faut assumer, hein, mais… Non mais sérieusement, quand t’as dit ça, quelle mouche t’a piquée ? Tu y avais réfléchi avant ?
Ah non.
C’est venu juste comme ça ?
Ah oui.
Et pourquoi c’est venu à ce moment-là, dans ces circonstances, en te brossant les dents ?
Non mais je n’y avais absolument pas réfléchi avant. Moi je n’ai jamais fantasmé sur un truc à plusieurs, avec des inconnus. De toute façon, moi je n’ai pas de fantasme.
Ouais ouais ouais…
Mais j’avais toujours un problème avec l’idée de passer du bon temps avec un autre que toi, sans toi. Et je n’avais pas non plus eu envie que tu ailles t’envoyer en l’air avec une autre plutôt qu’avec moi. Et ce soir-là, nos crushs étaient simultanés. Donc avec un petit peu d’alcool, mon cerveau a trouvé une solution assez originale à ce double dilemme : mettre tout le monde ensemble.
En effet, c’est pas bête.
Ça marche !
Quand tu as picolé, tu réfléchis pas mal…
Et ouais.
Tu devrais faire ça plus souvent.
Picoler ou réfléchir ?
Ah, picoler.
En plus, ça résolvait aussi les risques que nos crushs se disent « Ah écoute, c’est très tentant, mais vous êtes un joli couple. J’ai vraiment pas envie de démolir votre couple. »
Si nos crushs étaient sentimentaux aussi…
Mais par contre, je n’avais pas du tout visualisé ce que ça pourrait donner tous ensemble dans un lit, comment on partagerait ça… Bref, tout ça quoi.
Alors moi, pour être complètement honnête, et ben moi non plus. Et quand t’avais parlé de faire un truc à quatre, ce soir-là, comme je disais, j’avais pas vraiment relevé…
Oh, juste le lendemain matin, t’as relevé quand même.
Oui euh…. C’est pas passé, mon air innocent ?
Je suis habituée…
Moi j’avais pas du tout compris comme, bon bah à la fin on pourrait se retrouver à faire l’amour les uns à côté des autres, voire même à quatre tous ensemble.
Oh attends, présenté comme ça, là, maintenant, je trouve ça très tentant !
Oui je sais… Et la possibilité de se retrouver avec d’autres personnes que Joséphine, nus dans un lit ou sur un canapé ou un truc confortable, et faire des trucs avec eux, ça ne m’était vraiment pas venu à l’esprit. Pour moi, quand tu l’as dit, à ce moment précis, c’était passer un moment agréable, en bonne compagnie, échanger des regards…
C’est pas incompatible…
… éventuellement flirter. Oui non mais… Peut-être effleurer une main, une épaule, un dos. Mais alors de là à aller plus loin, pour moi c’était dans le domaine de l’imaginaire complet. Et je sais que même si tout s’était superbement bien passé ce soir-là avec « ma » serveuse, je crois pas que j’aurais été vraiment prêt à consommer quoi que ce soit d’autre que du Gin Tonic. Et d’ailleurs je dirais même plus : si j’avais osé faire des avances un peu plus explicites et si elle y avait répondu,
Faire des avances tout court, quoi.
Ouais, c’est ça. J’aurais probablement été terrorisé et j’aurais pris mes jambes à mon cou. Et en fait, que ce soit avec mes crushs d’avant ou avec la serveuse, je crois que je me projetais quasiment jamais sur le côté sexuel.
T’es sûr ?
Non, c’est pas tout à fait vrai. Il m’est arrivé une ou deux fois d’imaginer des trucs avec Églantine.
Ah quand même…
Ouais… Je crois que ce que je retiens de cette soirée en fait, c’était une sorte de « Permis de Séduire », qu’on s’était accordé réciproquement, et la liberté qu’on avait de succomber au charme d’une inconnue.
Ou d’un connu !
Oui, d’un connu, oui, je parle pour moi… sans vraiment mettre notre relation en péril. Ça donnait un espèce de cadre un peu sûr où je risquais ni de m’éloigner de Joséphine, ni de la voir s’éloigner de moi, mais tout en s’amusant et en se laissant un petit peu aller.
Oui !
Et les sensations apportées par ce genre d’émotions, les émotions que j’avais eues en aidant la serveuse à faire des cocktails, et en la regardant, c’était vachement agréable ! J’en redemandais en fait. Et l’autre truc aussi, c’est que je m’étais rendu compte pour de vrai, en situation, que j’étais prêt à voir Joséphine avoir le même genre d’émotions pour d’autres hommes. Et la condition c’était qu’on soit ensemble et puis qu’on se dise tout, qu’on se raconte tout.
Moi aussi, j’avais vraiment bien aimé cette complicité qu’on avait poussée encore plus loin.
Oui, parce qu’avant, c’était par procuration.
Oui, on se racontait les choses, mais là, on le vivait en même temps. On prenait chacun des nouvelles de l’autre et des tentatives de séduction sur Barnabé ou sur la serveuse. On s’encourageait l’un l’autre. Et quand Hippolyte revenait avec deux verres de Gin Tonic et un sourire un petit peu bête sur son visage, moi, je savais que quand il serait assez proche de moi, il me raconterait ce qui avait déclenché ce sourire. C’était chouette. J’aimais bien aussi faire équipe avec Hippolyte pour essayer d’intercepter Barnabé. C’était grisant parce qu’on s’autorisait le jeu de la séduction et ce jeu de la séduction, on n’y jouait plus depuis bien longtemps…. On se lançait dans une autre aventure, une aventure qu’on partageait tous les deux ensemble.
Oui, moi j’avais vraiment envie de continuer un peu sur la même lancée, de prolonger ce qu’on avait vécu ce soir-là et un petit peu avant, avec des crushs qu’on pourrait avoir, qu’on pourrait vivre ensemble et puis les partager. Bon, j’avoue aussi que je suis un mec un peu comme tout le monde. Ce matin-là, quand on en a reparlé, il y a des vieux fantasmes que j’avais plus ou moins remisés dans un placard où je nous imaginais, Joséphine et moi, avec un autre homme ou avec une autre femme.
Ah bon ?
Et tout d’un coup, ils sont sortis de leur hibernation, tel l’ours des cavernes.
Peut-être un petit peu plus doux que l’ours des cavernes, quand même ?
C’est très doux, un ours des cavernes.
Ah oui ? C’est pas grognon ?
Mmmmpfff… Pas tous ! Je t’en avais parlé d’ailleurs, je crois, un jour et la discussion avait été… comment dire ? Courte et ferme.
Non, moi, l’ours des cavernes, à ce moment-là, je n’étais pas réceptive.
Il était bien endormi…. C’était le milieu de l’hiver et il fallait pas le réveiller…. Et du coup, ces fantasmes, ils étaient vite fait bien fait retournés dormir dans leur tanière. Ils n’osaient pas trop sortir de peur de se prendre une réponse encore plus ferme : « Retourne dans ta tanière !! »
Moi j’ai pas de fantasme, enfin en tout cas pas de fantasme sans contexte. Donc imaginer un truc à trois ou quatre, ça veut dire inclure d’autres gens dans mes scénarios et j’avais jamais eu de candidat ou de candidate qui pourrait marcher pour ça.
Parce que tu faisais quand même des scénarios avec juste une personne.
Oui mais avec des vrais gens.
Donc t’as peut-être des fantasmes.
Je sais pas. En fait, moi, je n’ai pas de problème pour me faire des scénarios, genre de comment j’irais approcher Barnabé ou ce qu’on se dira. Et pour ça, je n’ai pas vraiment besoin de lui demander son consentement. Mais par contre, ça me bloque de faire des fantasmes sexuels sans que mon héros, en face, il puisse accepter ou refuser ou sans qu’il puisse y ajouter son grain de sel, prendre des initiatives. C’est quand même mieux s’il joue aussi !
Oui, mais il faut juste lui demander. « Est-ce que ça t’embête si je rêve de toi ? »
C’est vrai, on pourrait faire ça. Tu me passes son numéro ?
Pas de problème.
Mais d’ailleurs, ça s’applique à toi aussi, cette idée des fantasmes. Parce que moi, je n’ai pas de fantasme avec toi. Par contre, au beau milieu de nos ébats, là, j’aime bien dire ce qui me fait envie, là, à ce moment-là, tout de suite, et puis voir où ça nous mène ensemble.
Oui, c’est vrai, des fois, tu as des velléités de metteuse en scène.
Oui, mais ensemble, et tu peux…
Sur le coup.
Ouais, sur le coup, et il faut que tu joues aussi. Tu ne fais pas la marionnette. Donc, ces fantasmes de trucs à trois ou quatre, moi, je n’en avais pas. Il n’y avait pas d’ours dans la tanière. Et je n’étais pas tentée par les films porno à plusieurs non plus, ni par les partouzes décadentes, ni par des orgies de type Eyes Wide Shut.
Parce que moi, dans ces fantasmes endormis dans leur tanière, ça n’avait rien à voir avec des partouzes décadentes ou des orgies à la Eyes Wide Shut C’était toujours très sensuel, toujours très doux.
En fait, c’était la tanière des Bisounours.
C’est ça, c’était un gros Bisounours qui était endormi au fond de sa tanière. Et ce genre de truc un peu porno, ça ne m’a jamais vraiment fait fantasmer. Surtout dans Eyes Wide Shut, ils ont des masques, ça ne doit pas être pratique. Il y en a même qui peuvent être dangereux.
Les masques ?
Oui, avec leur gros nez. Mais bon, c’est vrai, j’avais déjà imaginé des trucs et ils se sont soudainement rappelés à mon bon souvenir. Et ça a eu un effet assez positif sur mon excitation en imaginant te voir avec un autre homme notamment, – et aussi éventuellement avec une autre femme, mais si j’ai eu des visions de serveuse et de Joséphine ensemble, je les gardais bien pour moi.
Ah ? OK…
Jusqu’au moment où on a préparé cet épisode. Et même si ces fantasmes se réveillaient de temps en temps, jusque là, c’étaient des fantasmes dans le placard « complètement impossible, qu’on fera jamais ». Et puis c’était bien comme ça, il n’y avait pas de problème. Et tout à coup, cette réflexion, ça devenait quelque chose qui pourrait arriver un jour. Ils se sont retrouvés dans le placard « un jour peut-être ? ».
Genre le printemps arrivait, ils allaient peut-être pouvoir se réveiller.
C’est ça. Ils avaient faim. Mais en tout cas, ce qui est certain, c’est qu’ils ne se sont sûrement pas retrouvés du jour au lendemain en haut de la liste des trucs dont j’avais envie là tout de suite, il fallait les faire. Si jamais ça arrivait un jour, je dirais vraiment pas non, pas de souci. Mais ce qui me faisait rêver, ce n’était pas des scénarios sexuels. C’était les émotions, les frissons, les rencontres, la possibilité d’aller un peu plus loin. Et c’est ça qui me plaisait et qui me faisait vibrer.
Attends, dans tes fantasmes, tu avais des jouets vibrants toi ?
Mais tout de suite, on parle de trucs qui vibrent, ça y est, tu repars à l’épisode 5.
Ah ben oui ! Moi ça m’intéresse les trucs qui vibrent. Bon, après cette soirée Gin Tonic, on avait donc envie de continuer à utiliser notre « Permis de Séduire » ensemble. Ceci dit, moi, il m’a fallu un petit peu de temps parce que j’étais toujours obnubilée par Barnabé. Mon radar à Barnabé, j’avais du mal à l’éteindre. Et dès que je sortais dans la rue, je regardais partout si par hasard il ne serait pas là-bas à une terrasse de café ou sur le trottoir d’en face. En fait, je n’avais pas digéré ses mots creux. Et j’aurais bien aimé le voir une autre fois et qu’on puisse se dire au revoir sur un sourire ou sur des mots moins creux… Bref, ça m’obsédait un petit peu. Peut-être aussi que je ressentais l’urgence d’une dernière opportunité parce qu’il ne nous restait plus que quelques jours dans cette ville-là, qu’on allait quitter, que Barnabé allait quitter aussi. Et puis, il n’y en a pas eu de dernière opportunité. Je n’ai pas revu Barnabé du tout, depuis la discussion dans les escaliers en sortant de la soirée Gin Tonic – si on peut appeler ça une discussion. En fait je crois que ça m’a fait du bien qu’on parte ailleurs. Dans des endroits où il n’y aurait aucune chance de croiser Barnabé. Parce que là, j’ai enfin pu me défaire de cette obsession. Là seulement, j’ai pu reconsidérer l’idée qu’on pourrait peut-être profiter encore du « Permis de Séduire » ensemble.
Oui, c’est vrai, toi, tes crushs, ils ont tendance à se calmer quand tu t’éloignes.
Ah oui, la distance, ça fait du bien, oui.
Pour moi, c’était un peu moins difficile de passer à autre chose quand même. Il y a eu quelques jours où je regardais partout, tout le temps, autour de moi, au cas où la serveuse était dans le coin. Mais bon, j’avais été un peu moins téméraire que Joséphine, qui, je le rappelle, avait quand même touché l’avant-bras de son crush.
Ah oui…
C’était le moment… le paroxysme de la soirée.
Oui, par contre, il est tombé après parce qu’il a parlé.
Et du coup, j’étais un peu moins investi émotionnellement. Et puis il n’y avait plus Carla, il n’y avait plus vraiment Églantine. Mon cœur était à prendre en quelque sorte.
Ah… Euh…
Enfin, façon de parler : mon deuxième cœur. Celui qui avait un compteur tout neuf.
Oui, OK. Ça me va.
Et en fait, ça m’avait donné envie de rencontrer des gens. Normalement je suis un garçon plutôt réservé, et rencontrer des nouvelles personnes j’y arrive à peu près, mais c’est souvent parce que j’ai pas le choix, parce qu’il faut vraiment, et je le fais pas vraiment volontiers. Et là, tout à coup, j’avais vraiment envie de rencontrer des femmes, même de trouver des prétextes pour engager une conversation avec elle, surtout si elle avait des chances de me plaire.
Oui, pas n’importe quelle femme quand même.
Oui c’est ça, mais c’était assez nouveau pour moi cette sensation. J’arrivais même parfois à avoir envie de faire du small talk, à parler de la pluie et du beau temps, voire même à faire une petite blague pour faire sourire. Moi qui n’avais jamais trouvé quelque intérêt que ce soit à des discours sans profondeur. Et aussi, j’avais envie de regarder les gens dans les yeux, regarder une femme dans les yeux surtout.
Oui, les femmes, surtout, pour toi, je pense…
Et à réussir à soutenir leur regard, ça c’était un truc que j’arrivais pas à faire. J’avais pas forcément la confiance en moi suffisante pour faire tout ça, mais j’avais la volonté et c’était sympa.
Oui, ça c’était nouveau.
D’ailleurs, quelques jours après avoir plié bagage et commencé les vacances, tu n’étais pas avec moi. J’étais parti faire une balade en montagne. Il y avait des parapentes qui partaient de la montagne en question et il y avait un couple avec une très jolie femme blonde. Elle avait un appareil photo de pro, Elle mitraillait les parapentistes qui s’élançaient. Avant qu’ils partent, elle leur donnait son numéro – parce qu’après, une fois qu’ils partent, c’est un peu plus difficile. Elle leur donnait son numéro pour qu’ils puissent se contacter sur WhatsApp et qu’elle puisse leur envoyer des belles photos en haute résolution. Moi, je lui avais juste souri. Tiens, d’ailleurs, oser sourire à des belles inconnues, c’était complètement nouveau aussi. J’osais pas, avant. Mais par contre, j’avais pas osé l’approcher pour lui demander si moi aussi, je pouvais avoir les photos.
Surtout son numéro, quoi !
Oui, c’est vrai, mais j’avais mon téléphone et ça ne prenait pas des photos terribles. Et oui, auparavant, imaginer demander son numéro comme ça à une femme, c’était hors limite pour moi. Ce n’était pas possible. Et oui, certaines vont probablement me dire que c’est parce que j’étais timide…
« Certaines », c’est moi, c’est ça ?
Oui, c’est ça.
Tu étais timide, c’est pour ça que tu n’y es pas allé.
Je suis encore timide, je pense. Il y a certainement une part de ça. Mais l’autre truc, c’est que tu n’étais pas avec moi, en fait. Tu n’étais pas au sommet de la montagne avec moi, je pouvais pas…
Non, pas ce jour-là.
Ce n’était pas du jeu, si je me mettais à dragouiller sans toi, quelqu’un qu’on ne connaissait pas.
C’est vrai que c’est plus drôle ensemble.
Et de mon point de vue, ça me faisait aussi passer pour le stéréotype du dragueur qui veut tromper sa femme quand elle n’est pas avec lui.
Alors que pas du tout.
Alors que pas du tout. Elle était d’accord.
Si on se balade avec une banderole ou un T-shirt…
C’est ça.
« Vas-y Hippolyte ! »
Ou alors quand t’es avec moi, ça me pose beaucoup moins de problèmes. Et puis en plus, il n’y avait personne pour me coacher et m’encourager. Petit rappel aux auditeurs qui n’ont pas forcément écouté l’épisode 2. J’avais très très peu d’expérience avant Joséphine. Et alors en drague, j’étais nul quoi.
Alors que moi, c’est bien connu, je suis vachement forte.
Ouais, un peu plus que moi, quand même.
Non, j’avais eu un peu plus d’expérience.
Et moi, dans ces cas-là, j’avais un peu besoin d’un coach,
Ouais, je t’aurais bien coaché.
Enfin, d’une coach. Mais toi aussi, t’avais rencontré…
Ouais, mais t’étais là, cette fois, toi.
C’est vrai.
T’étais peut-être 50 ou 100 mètres plus loin. On était allés au terrain de jeux avec les enfants et nos enfants avaient commencé à jouer avec d’autres enfants. Et il y avait leur papa avec eux. De loin, il avait l’air pas trop mal, donc je m’étais approchée de lui et j’avais commencé à papoter.
Je ne sais pas si on en avait parlé avant nous deux.
Je ne suis pas sûre.
Quand je l’ai vu, j’ai pensé à ça aussi. Je me suis dit : « Peut-être qu’il a une femme ? »
Donc je m’étais rapprochée et de près, ça allait aussi. Il n’était pas dégueulasse. Ils venaient juste d’arriver dans la région. Ils ne connaissaient personne encore, comme nous. Il n’y avait que le papa aux jeux. Il avait l’air sympa. Donc je me suis dit, « Écoute, viens prendre l’apéro avec toute la famille, on fera connaissance. » Et dans « avec toute la famille », l’idée, c’était qu’il vienne avec sa femme aussi, évidemment.
Bé oui !
Malheureusement, c’est un peu tombé à l’eau parce qu’un de leurs enfants était malade et du coup, Madame n’a pas pu venir. On a juste fait un apéro amical, c’était sympa, mais peut-être que si sa femme avait pu venir et si elle avait été bien, et ben… Je sais pas. On ne saura pas.
En y repensant, je me dis que c’est peut-être même cette rencontre-là qui nous a aussi fait envisager la possibilité qu’on pourrait aussi, tout simplement – « tout simplement » ! – rencontrer un couple.
Oui, plutôt qu’un Barnabé et une serveuse dont on ne sait pas s’ils se plaisent aussi.
Et pour le coup, c’est toi qui avais pris l’initiative d’aller à sa rencontre. Peut-être que tu avais une idée derrière la tête en allant le voir…
C’est pas impossible.
Après, on était bien d’accord qu’on voulait les inviter tous les deux. Et puis on avait une très bonne raison pour les inviter tous les deux. Comme quoi…
Si ils savaient…
Ils pourraient savoir, remarque, t’as encore son numéro ?
Euh… oui.
On pourrait leur envoyer le podcast, non ? Voilà ! « Coucou, c’est nous, vous vous souvenez de nous ? » Ça pourrait être drôle.
Je ne sais pas si je suis prête à faire ça.
Donc voilà où on en était. On avait cette liberté nouvelle, la liberté qu’on se donnait l’un à l’autre, de voir si on arrivait toujours à plaire à des gens. Un peu comme le « I’ve still got it » de Rodéric.
Oui !
Ça nous amusait pas mal. On élaborait des traquenards, prémédités ou pas,
On en a fait un seul !
C’est vrai. Et puis ça a raté en plus… … pour augmenter nos chances de faire des rencontres intéressantes éventuellement. On avait les yeux grands ouverts, pour repérer des gens attirants autour de nous.
Ah oui !
On essayait d’avoir l’air attirants aussi.
Oui !
C’était rigolo. Pas juste l’un pour l’autre.
Mais aussi l’un pour l’autre.
Quand on croisait des gens attirants dans la rue, on se faisait des clins d’œil ou des remarques. Mais bon, il faut quand même se rendre à l’évidence : si on rencontrait des candidats ‘crushables’…
On invente des mots aujourd’hui.
C’est loin d’être gagné quand même, parce que déjà, il faut arriver à les faire venir prendre l’apéro tous les deux chez nous. Et puis après, il faut encore qu’ils soient ouverts aux mêmes genres de jeux de séduction que nous. C’est quand même assez improbable !
Ouais, un petit peu.
Mais bon, dans l’état dans lequel ma serveuse m’avait laissé, ça ne calmait pas mes nouvelles velléités de rencontres, et je me demandais un petit peu comment on pouvait en provoquer un petit peu plus, et maximiser les chances de retrouver le genre d’émotions qu’on avait eues pendant notre soirée Gin Tonic. En fait, c’était un petit peu comme la drogue dont parlait Joséphine dans ses confidences.
Oui… Joséphine la junkie…
C’était quoi ? C’était l’épisode 9, c’est ça ?
Je crois, oui.
J’avais eu ma dose de dopamine. Et puis j’en aurais bien repris une petite lichette. Et avec un peu de recul – qu’on n’avait pas forcément à ce moment-là –
Ah non, qu’on n’avait pas du tout !
Dans cette soirée, je pense qu’il y a un truc vraiment important qu’on a compris, c’est que quoi qu’on fasse, on voulait être ensemble.
Oui, même si on faisait rien d’ailleurs !
Oui, même s’il ne se passait rien…
C’était bien quand même d’être ensemble.
C’était vraiment drôle. On rigolait bien. On était complices dans l’interdit. Et puis par-dessus tout, on appréciait de voir l’autre apprécier. Et c’était probablement pour ça qu’on se sentait encore plus libres de se laisser aller à apprécier les autres.
Oui, de « crusher ». Bon, sur ce, il va falloir qu’on laisse nos auditeurs ici avec toutes ces questions pleines de suspense…
… Et de philosophie.
Oui. Hippolyte aura-t-il sa petite lichette de dopamine ? Joséphine et Hippolyte vont-ils élaborer un autre traquenard un peu plus réussi ? Est-ce qu’ils pourront un jour se dire « We’ve still got it ! » ?
Ouais, enfin moi, jusque là, j’avais pas encore eu le « got it » du tout.
On vous retrouve au prochain épisode pour des bribes de réponses.
Allez, attendons les bribes.
À bientôt !
À bientôt !
Laisser un commentaire