• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale

Si on osait...

... avec Hippolyte & Joséphine

  • Écouter
  • Partager
  • Nous écrire
  • Soutenir

007 | Les tentations inavouées d’Hippolyte

Hippolyte & Joséphine, le 7 août 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
007 | Les tentations inavouées d'Hippolyte
Loading
00:00 / 00:18:24
Amazon Audible Apple Podcasts Deezer Patreon Podbean Podcast Addict Spotify YouTube
RSS Feed
Share
Link
Embed

Ou comment Hippolyte s’est rendu compte que même en couple solide avec Joséphine, il n’était pas à l’abri d’attirances pour d’autres femmes. Des blocages, des questionnements, une pente glissante avec des panneaux « danger » partout, et quelques anecdotes à propos de Carla et d’Églantine !

Mais surtout la réalisation qu’assumer ces attirances ne faisait pas de mal à notre couple, bien au contraire…

Références :

  • Pour ceux qui n’ont pas la ref de miss Revolver qui se dessine sous des jupes fendues : Marc Lavoine – Elle a les yeux revolver
  • Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick (1999) et la scène qui a marqué Hippolyte (en V.O, mais il suffit de mettre les sous-titre en français 😉)
  • Le p’tit coin d’parapluie, avec Georges Brassens : Le Parapluie
Chapitres

00:00 Si on osait, avec Joséphine et Hippolyte
01:07 Les crushs inavouables : la stratégie de la fuite
05:36 Des crushs extra-conjugaux pas acceptables dans notre petit monde
06:52 Et on a commencé à en parler
10:40 Des conversations bienveillantes
12:07 Carla, la fille du train
16:40 Crushs avoués et complètement assumés = sérénité ?

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Bienvenue dans ce nouvel épisode intitulé « Les tentations inavouées d’Hippolyte ». Eh c’est moi ça.

Oui, c’est toi !

Ça s’inscrit toujours dans le thème des « premiers pas ». Mais comme vous allez l’entendre, ça va commencer doucement à s’élargir un petit peu.

Mais alors attends, on en était où ? On avait Joséphine et Hippolyte qui avaient adopté un Jouet, qui commençaient doucement à parler un petit peu de sexe. Mais il n’y a pas que le sexe dans la vie de couple. Et puis en parallèle, il se passait des choses.

Mais oui, il y a aussi la vaisselle, il y a aussi le mén…

Non, je ne crois pas que c’est de ça dont tu voulais parler.

Ah c’est pas ça le… mes tentations inavouées ?

T’as des tentations inavouées pour la vaisselle ? Vas-y, y’a pas de problème. Fais toi plaisir ! Moi je regarde. C’est mon kink. Non, tu veux pas que je regarde la vaisselle ?

Non, des choses un peu plus intéressantes peut-être.

Hmm hmm…

Oui… Depuis assez longtemps, en fait, j’avais des… crushs. En français, on dit comment ? Des vues, des… Non c’est un peu plus fort que des vues. Bon on va dire des crushs.

On va dire des crushs.

… sur d’autres femmes. Que je ne m’avouais pas toujours à moi-même. Et alors encore moins à Joséphine.

Effectivement, je ne le savais pas.

Et ça me posait quand même pas mal de problèmes.

Mais qu’est-ce qui te posait problème ?

Ben, on était dans une relation stable. Moi, j’avais suffisamment investi dedans avant qu’on se mette ensemble et après qu’on se mette ensemble. Et du coup, même si on n’était pas mariés, qu’on n’avait pas encore d’enfants, c’était pas concevable pour moi d’éprouver quoi que ce soit pour quelqu’un d’autre. En plus, mon compteur était cassé.

C’est vrai !

Mon compteur de 200%.

Ton compteur à émotions !

Et on était vraiment bien ensemble. On avait… On se préparait à traverser des épreuves qui allaient nous rendre extrêmement proches. Il n’y avait vraiment aucune raison d’aller voir ailleurs. Dans ma tête, ça bloquait complètement. Il y avait cette notion de… d’exclusivité absolue et indéboulonnable qui faisait que c’était soit Joséphine, soit une autre. Et éprouver des émotions pour une autre, ça pouvait se faire qu’au détriment que celles que j’éprouvais pour Joséphine. Ça doit être un peu mon côté romantique.

Mmmmh…

Et quand j’étais plus jeune, c’était pareil, j’enchaînais des fixettes de très long terme — on parle de plusieurs années — sur des filles, et je passais à la fixette d’après qu’une fois que c’était mort de chez mort avec la précédente. Et là, ça collait pas du tout. Je savais pas comment gérer ça.

Ouais. Mais alors quand ça t’est arrivé, comment tu réagissais ?

Ben moi quand je rencontrais une fille dont la simple présence ou un simple regard provoquait des émotions inavouables, ma réaction c’était « Sauve qui peut ». Il faut absolument faire tout ce que je peux pour éviter de la voir ou d’avoir des interactions avec elle. Parce que c’était dangereux, je voyais le danger en fait. C’était pas complètement désagréable mais j’avais cette première réaction de fuite. Je me souviens d’ailleurs de cette réception au travail où j’avais flashé sur une très belle femme, rousse. Et ma première réaction, ça a été de retourner le plus vite possible dans mon bureau pour aller me trouver un truc urgent à finir, histoire de ne pas faire une bêtise. Niveau bêtise, je pensais surtout à ma vie personnelle, mais vu que c’était la femme d’un investisseur, ça aurait probablement eu des répercussions pas très positives sur ma carrière.

Non, je ne sais pas, elle aurait peut-être pu convaincre…

Ouais, ouais, ouais, sûrement ! …

Bon, et il y en a eu d’autres, des crushs comme ça ?

Oui, il y en a eu quelques autres, deux ou trois. Vu que ça provoquait des émotions assez violentes chez moi, je m’en souviens assez bien. Une fois, quand on était tout jeune et qu’on a rencontré ce couple de Suédois pendant un voyage.

Ah oui je me souviens, oui !

Et quand on s’est installés ici, qu’on a rencontré un ami d’amis qui nous a invités à manger chez lui, sans nous prévenir que sa femme avait des yeux magnifiques.

C’est vrai qu’elle a des yeux… waou !

À chaque fois, que ce soit pour la Suédoise ou Madame très-beaux-yeux, ben je craignais vraiment la prochaine fois où on les verrait. Je redoutais un peu de ne pas pouvoir me contrôler, ou… Parce que je n’allais pas lui sauter dessus,

Non c’est pas ton genre !

mais c’était vraiment de montrer, parce que je suis assez transparent quand je montre des émotions, que Joséphine voie ce que je ressentais en fait.

Ouais… tu pourrais pas jouer au poker !

D’ailleurs, tu l’avais vu ? Ou pas ?

Non ! Non, je n’avais rien vu.

Ça va, je suis bon acteur alors.

Il paraît… Donc, ça te mettait mal à l’aise par rapport à notre couple, de ressentir une attraction très forte vers une autre femme ? Et tu pensais que je réagirais comment, moi, si je savais que tu avais un crush ?

Moi je partais du principe que c’était pas du tout acceptable pour toi si je faisais ça. Même si de mon côté je me disais que si toi tu m’avouais que tu regardais d’autres hommes avec des yeux gourmands ce serait complètement ok. Eh oui, vu qu’on a grandi dans un monde qui idéalise en quelque sorte le couple harmonieux et amoureux, et tend à diaboliser tout ce qui pourrait éventuellement mener à quelque chose d’extra-conjugal, c’était une hypothèse assez raisonnable.

Oui !

Et oui, dans ce monde-là, il n’y a pas vraiment de milieu entre le couple qui baigne dans l’amour et l’harmonie, et les tentations extérieures qui mènent fatalement à la tromperie, au divorce et chez l’avocat.

Oui… Finalement, à nouveau, on n’osait pas parler.

Ben ouais, un peu toujours le même problème ! J’allais sûrement pas risquer de déclencher une dispute, une crise de confiance, une séparation, voire même la Troisième Guerre mondiale, en avouant que ma nouvelle collègue me plaisait pas mal.

Ah, ta nouvelle collègue aussi ?

Oui, oui, c’était… bah j’ai dit 2-3. Sauf que… mais sauf que, en fait, j’avais tout faux. On risquait rien de tout ça ! En parallèle de nos recherches de réponses aux questions qu’on n’osait pas vraiment poser, de nos petites emplettes osées, et de nos lectures et écoutes pour trouver tous les mots qui ne venaient pas tout seuls, il se passait des trucs. Et si on est à peu près sûrs de qui a commencé à en parler — c’était moi — on se souvient plus trop de qui c’était. Est-ce que c’était Églantine, cette collègue à côté de laquelle je me suis retrouvé lorsque j’ai commencé un nouveau boulot ? Ou bien Carla, qui avait des airs de Carla Bruni en plus jeune, que je voyais parfois dans le train pour aller et revenir du travail, et que je me surprenais à attendre en scannant toutes les personnes qui montaient à bord le soir. Ou alors Miss Revolver, qui se dessinait sous des jupes fendues. Ah non, elle, c’était après, je crois.

Pfff, il y en a plein, en fait ! Et tu te souviens de ma réaction quand t’as commencé à m’en parler ?

Oui je crois qu’avant de commencer à en parler, j’avais entamé une conversation du genre : « Mais tu sais, si jamais t’éprouves quelque chose pour quelqu’un d’autre, si tu me le dis c’est ok, hein ! » Ou alors: « Je pense que si jamais t’allais voir ailleurs, si tu m’en parlais, je pense que je t’en voudrais pas. » Histoire que toi tu saches vraiment qu’on pouvait parler de tout ça. Et c’était vraiment sincère, j’y avais réfléchi, j’étais à peu près sûr de moi : si tu me disais tout, et ben il n’y avait pas de souci. Et du coup je crois que je sais quel crush c’était, vu que je me souviens à peu près quand on a eu cette conversation.

Du coup c’était laquelle ?

Je pense que c’était Églantine, la collègue.

Églantine… mmhmm En tous cas, c’est vraiment typique de cette période-là : toi, t’avais beaucoup réfléchi, t’avais beaucoup mûri sur la question dans ta petite tête à toi, mais moi, je n’étais pas du tout au courant de toutes ces réflexions. Parce qu’on n’avait pas encore appris, en fait, à gamberger ensemble. D’ailleurs, je t’ai répondu quoi quand tu m’as proposé d’aller voir ailleurs ? Parce que là, comme ça, là, ça ressemble un peu à… « Bon, allez, tu peux me dire, tu fricottes autour d’un autre ! » Alors que, pourtant, tu pensais sincèrement à me laisser tester la marchandise à côté.

Mais pas vraiment en fait. Je ne t’ai pas vraiment proposé d’aller voir ailleurs. Cette question, ce n’était pas vraiment chargé. C’était surtout vis-à-vis du passé récent, si t’avais été attirée par quelqu’un tout en étant avec moi. J’étais vraiment intéressé. Je crois que tu avais un peu éludé et retourné la réponse et dit que toi, ben, de ton côté, tu savais pas trop comment tu réagirais si j’avais ou si j’avais eu une relation avec quelqu’un d’autre.

Oui c’est bien mon genre ça.

Surtout quand on sait ce qui se passait à ce moment-là.

Ah oui non mais ça on sait pas ! Enfin toi tu sais pas encore !

Je me suis surtout dit que depuis qu’on était ensemble, il m’arrivait parfois de ressentir des trucs pour d’autres femmes et que ça devait être le cas pour toi aussi envers d’autres hommes. Et d’une part j’étais curieux, j’étais intéressé, j’avais envie de discuter de façon ouverte de tout ça. Et puis je voulais savoir qui aussi. J’avoue qu’une chose qui m’a vraiment fait faire du chemin là-dessus, c’est le film Eyes Wide Shut. Dans ce film, c’est pas du tout les scènes d’orgies dans le château que je retiens. C’est une scène où elle explique à son mari que elle a failli tout laisser tomber pour un beau capitaine, qu’elle était prête à tout sacrifier, toute leur relation, tout ce qu’ils avaient construit juste pour une nuit avec lui. Et ça, pour moi, c’était un peu une révélation parce que pour moi, toutes les femmes c’étaient des princesses, — surtout Joséphine, qui est la plus belle de toutes — et les pulsions sexuelles, physiques, animales, c’était que pour nous, les hommes, les rustres. Et les femmes, elles pouvaient pas. Ce n’était pas possible qu’elles y soient sujettes !

Et pfiout une illusion qui part en fumée.

Ouais, voilà… Et du coup, un peu comme dans ce film, je me suis dit que ce serait bien qu’on en parle. Et c’est intéressant parce que j’avais beaucoup moins de problèmes pour parler des choses qui étaient relativement contemporaines de notre histoire à nous, dans notre passé récent, notre présent ou même un éventuel futur, que des choses qui s’étaient passées avant que je te rencontre, genre ta période de rattrapage. Je n’admettais toujours pas ce passage. C’est assez rigolo d’ailleurs, parce que maintenant je sais ce qu’il se passait pour toi au moment où je t’ai posé ces questions, je m’imagine bien ce qu’il y a dû se passer dans ta tête. Ça devait être panique complète.

Ouais !

Il devait y avoir quelques sirènes d’alarme qui se sont déclenchées dans tous les sens. « M*rde, m*rde, m*rde, m*rde, il se doute de quelque chose ! » Alors qu’en fait non, il y avait aucune arrière-pensée, c’était plutôt bienveillant.

Ouais ben c’était pas drôle pour moi. C’était pas facile.

Elle va vous raconter après. En tous cas, j’ai commencé à en parler, à partager des trucs genre, « Ah dis donc Églantine, aujourd’hui, elle était pas mal. Elle avait un truc qui me plaît, je sais pas quoi. » Ou… « Oh elle a essayé de me parler en français aujourd’hui, avec un accent tellement sexy. »

Ouais t’aimes bien quand une non-francophone te parle français…

Ah oui, ça j’aime vraiment bien. Quel que soit l’accent, c’est trop bien. « Vas-y, répète, j’ai pas bien compris. » Ou alors « Elle était en jupe aujourd’hui et elle a un très joli grain de beauté sur la cuisse ! »

Apparemment c’est vachement haut sur la cuisse !

C’est pas si haut que ça mais rhoo… la jupe n’était pas si courte. Bref, et c’était toujours agrémenté d’un petit « Mais elle est quand même un peu jeune pour moi » ou « Mais on a quand même probablement pas les mêmes préoccupations » ou alors « Elle s’habille vraiment pas bien, ça va vraiment coûter trop cher de lui refaire sa garde-robe ». Ça c’est à propos de Carla, dans le train.

Oui, c’était pas Églantine… Et moi, ben j’avais… aucune idée de comment réagir. C’est sûr que je t’en voulais absolument pas, d’apprécier d’autres femmes. Je ressentais aucun danger pour notre couple. D’accord, il y a certains jours où j’avais pas forcément le moral et j’avais pas vraiment envie d’entendre ce genre de réflexion, mais bon, ça allait. Et un jour, un petit peu pour rigoler, je suis venue te chercher à la gare avec les enfants. Tu m’avais envoyé un message en me racontant que Carla était dans ton train. Du coup, je voulais voir à quoi elle ressemblait et je voulais un petit peu marquer mon territoire aussi, genre pisser sur le bord du quai.

Ça aurait été rigolo, tiens ! « Mais qu’est-ce qu’elle fait ? » Ouais c’était assez drôle, de t’appeler ou t’envoyer un texto : « Elle est là ! » Et c’était aussi marrant parce que t’avais tout de suite trouvé qui c’était dans la foule des passagers.

Ouais j’étais pas sûre, je trouvais qu’elle n’était pas assez bien.

C’est vrai ?

Ouais.

Moi je me souviens que tu m’avais dit : « Ben dis donc elle est jeune ! »

Oui.

Mais moi j’avais dit « Mais pas du tout ! » Oui, si, tu m’avais demandé confirmation quand même…

Ouais.

C’est probablement parce que c’est relativement récent mais je me souviens… assez bien de l’attirance que j’avais pour elle. C’était vraiment purement physique, je lui ai jamais adressé la parole. Je me souviens d’avoir été derrière elle dans la queue des passagers, et l’image que j’ai c’est de son cou qui était dégagé parce qu’elle avait les cheveux regroupés sur le haut de la tête. Et j’avais une envie difficile à résister de l’embrasser dans le cou. Ça serait pas passé probablement…

On saura pas, t’as pas essayé !

C’est l’image que je garde. Et c’était intéressant parce que je m’imaginais surtout l’inviter à déjeuner à midi ou aller prendre un verre en attendant le train d’après parce que le nôtre avait été annulé à la dernière minute. Ça arrivait assez souvent. Ou alors un jour où il faisait très mauvais, lui prêter mon parapluie pour qu’elle puisse rejoindre sa voiture.

🎵 Un p’tit coin d’parapluie 🎵

Et comme il y avait mon numéro de téléphone sur le parapluie…

Ah c’est pour ça !

Voilà ! … au cas où je le perds.

Oui, c’était pas du tout romantique genre Brassens, quoi…

Un petit peu quand même.

Si un petit peu oui, si, si…

Et évidemment c’était du grand cinéma comme quand j’étais ado, comme quand j’étais au collège. Aucune chance que ça arrive. Il y en a certaines — suivez mon regard — qui disent que c’est parce que je suis un grand timide que je lui aurais jamais parlé. Mais je savais que c’était pas que ça. Intérieurement je savais que je ferais absolument rien, parce que si je faisais la moindre amorce de premier pas, ça serait… ça serait trahir Joséphine, ça serait m’éloigner d’elle. J’étais vraiment dans le mode « exclusivité », et c’était absolument pas concevable que je fasse quoi que ce soit. Ça m’aurait engagé dans une pente glissante, et j’avais un peu peur de ce qu’il y avait en bas, quoi. En tous cas, ça aurait été probablement sans Joséphine, en bas de cette pente. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder Carla, de chercher son regard. Mais quand enfin elle tournait la tête vers moi, en un éclair, pouf ! Je détournais les yeux, il n’y avait plus personne. J’assumais absolument pas. Je voulais vraiment rester en fait en mode zéro risque que ça se concrétise, j’étais terrorisé à l’idée qu’elle me grille et qu’elle pense que j’envisage des trucs avec elle parce que… parce que j’étais pas prêt du tout, quoi ! Mais bon, c’était si bon de se faire des films.

Oui !

Je me souviens d’un soir où le train était bondé, il restait plus qu’une place en face de moi. Et là, elle est montée dans le wagon et a marché droit vers la place vide. Alors j’ai perdu tous mes moyens, c’était niveau collège. Ouais, elle a posé son sac à côté du mien, mais alors puissance 10. Et normalement j’essaie de travailler dans le train, mais là c’était juste pas possible quoi. J’ai fait semblant.

De travailler ?

Ouais. Je crois qu’elle m’a marché sur le pied en s’installant, j’ai eu aucun problème. « Vas-y, c’est un plaisir ! » « Tu peux recommencer ! » Je ne lui ai pas parlé, je lui ai jamais vraiment… jamais adressé la parole. Et par contre, après ce petit trajet, en arrivant et en retrouvant Joséphine, c’était l’euphorie. Il s’était absolument rien passé. J’étais juste heureux, bêtement, qu’elle se soit assise en face de moi.

Je me souviens du « bêtement », oui.

J’avais un grand sourire, probablement un peu stupide, et je racontais tout en fait ! Bon pas grand-chose : il s’était pas passé grand-chose ! Et c’est là que je crois que je me suis rendu compte, toujours avec mon sourire un peu bête, que la pente glissante que je redoutais, où il y avait des panneaux « danger » partout, j’étais en train de commencer à la descendre, j’avais au moins un pied dedans, quoi.

Mais t’étais avec moi quand même.

J’étais avec toi. Et donc je sais pas ce que t’as ressenti toi quand je t’ai parlé de ça, mais moi ça m’a fait réaliser que je pouvais vraiment pas me permettre d’aller plus loin, que j’avais passé les limites. Paradoxalement c’est peut-être le fait de t’en avoir parlé qui fait que justement il s’est rien passé et j’ai pas cherché à aller plus loin. Et puis de toute façon, quelques semaines après, elle a dû changer de boulot parce que j’ai plus revue. Bon, ceci dit, je cherche toujours sa voiture sur le parking de la gare.

Non mais c’est parce que je l’ai appelée après que tu m’as dit. Je lui ai dit « Bon, tu prends plus le train. »

Tu lui as brûlé sa caisse.

Aussi.

Ceci dit, c’est intéressant d’ailleurs, parce que dans ces crushs plus récents, le fait d’en parler avec Joséphine et le fait de lui raconter, ça les rendait acceptables. J’avais plus cette volonté d’éviter à tout prix de fréquenter les femmes en question. Et au contraire, même, je les recherchais, je les attendais. C’était un plaisir de les voir. Et je n’avais plus peur que tu me grilles, vu que tu savais tout.

Oui, c’est vrai.

Je n’avais plus cette crainte-là. Et c’était tout bénef, en fait. J’avais d’une part le plaisir de vivre ces émotions, et après, je les partageais avec toi, donc c’était… Je les vivais deux fois, c’était vachement bien. Et je sais pas comment, toi, tu l’as vraiment vécu à ce moment-là, comment tu l’as ressenti, mais pour moi, c’était vraiment cool.

Oui, pour moi c’était plus compliqué… mais c’était pas à cause de toi ni à cause de tes crushs…

C’était peut-être à cause des tiens ?

C’est ça. Et à ce moment-là, moi, j’étais pas du tout prête à en parler. Mais je crois qu’on en a assez raconté cette fois-ci, donc on va se faire un autre épisode, peut-être, avec les miens, de crushs, si on ose…

Allez, osons.

À bientôt.

À la prochaine.

Balisé avec :Premiers pas

Interactions du lecteur

Laisser un commentaire 

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Barre latérale principale

Je soutiens ce podcast ❤️

Épisodes récents

  • 008 | Les tentations inavouées de Joséphine
  • 007 | Les tentations inavouées d’Hippolyte
  • 006 | Les mots des autres
  • 005 | Petites emplettes osées
  • 004 | À la recherche de réponses aux questions qu’on ne savait pas poser

Copyright © 2026 Si on osait ...