À défaut de réussir à engager des conversations intimes, Hippolyte et Joséphine ont ouvert la porte à quelques « intervenants » spécialisés, sous la forme d’une app pour guider des ébats d’un nouveau type, d’un jeu de cartes, d’une bibliothèque érotique… Le tout avec pas mal de succès !
Quelques liens:
- Téléchargez l’app Melba, et profitez d’un mois gratuit avec le nom de notre site en majuscules comme code promo (les 9 lettres entre https:// et .fr, en majuscules). En cas de souci n’hésitez pas à nous contacter ou à contacter Melba.
- Osmooz Hot : un jeu de cartes « action ou vérité » pour pimenter votre couple
- Une plateforme de textes érotiques : Revebebe
Transcription
[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]
Bonjour, c’est Hippolyte…
et Joséphine !
Bienvenue dans ce nouvel épisode intitulé « Les mots des autres » , toujours sur le thème de nos « Premiers pas ».
Mais d’abord, comme d’habitude, un petit résumé pour ceux qui prennent le train en marche.
Ouais, nous étions donc tout doucement passés du stade couple qui fait l’amour de temps en temps, un peu plan-plan, sans orgasme, à couple équipé d’un peu de lingerie, d’un jouet magique qui nous permet d’explorer, qui fait un peu plus souvent l’amour, et avec un petit peu plus de piment, de plaisir, et même des orgasmes de temps en temps du côté de Joséphine. Et un peu plus d’équilibre en termes d’initiatives. Mais bon, c’était quand même un couple qui n’en parlait toujours pas tant que ça. Physiquement, je pense qu’on avait trouvé une des clefs pour enclencher la spirale du plaisir et du désir…
Ah non, non, non, non, pas déjà, hein !
Ben quoi, j’ai plus du tout le droit de la replacer celle-là ?
Ben… Je sais bien que tu l’aimes bien ta spirale du plaisir et du désir, mais ça va finir par être répétitif.
Ouais mais t’es pas drôle. C’est normal que ce soit répétitif: c’est un cercle vertueux. Tu veux que je boude, c’est ça ?
Bah écoute, si tu veux, tu peux, hein !
Bon bah d’accord, moi je boude alors.
OK, c’est pas grave, moi je continue. Donc on avait beau avoir fait quelques découvertes intéressantes, on était encore bien trop timides pour avoir de vraies discussions sur le sexe, sur ce qu’on aimait, sur ce dont on avait envie. Ça nous paraissait une montagne infranchissable. Il y avait trop d’obstacles pour réussir à parler. D’abord, on ne savait pas quels mots utiliser. En plus, on avait peur d’être maladroit, ou bien mal compris, ou bien les deux. On avait peur d’être vulgaire, de choquer l’autre. On n’était toujours pas à l’aise avec les sujets olé olé. C’était plus facile en fait de se cacher derrière un gros tabou que d’essayer d’engager des discussions. Et au final, vu que c’était trop difficile de trouver les bons mots juste nous deux, on a eu besoin de les faire venir d’ailleurs.
Ouais enfin on ne les a pas faits venir volontairement, hein, ils se sont un peu invités sans qu’on leur demande, les mots.
Mais tu boudes plus toi ?
Non, j’ai une conscience professionnelle, moi, on a commencé l’épisode quand même. Faut le finir ! Même si « on » provoque des disputes au bout de trois phrases et demie…
N’importe quoi. Donc oui, c’est vrai, ils sont arrivés un petit peu tous seuls, les mots, comme des grands. En fait, un beau jour, on a déniché quelque chose qui nous a permis de nous faire beaucoup évoluer dans notre vie de couple. Quelque chose qui avait l’air de rien au premier abord, qu’on a pris comme juste un jeu, mais qui a délié nos langues au sens propre, comme au sens figuré d’ailleurs. Et c’est encore Hippolyte qui l’a déniché, ce quelque chose.
Oui, c’est encore moi. Mais c’était pas prémédité du tout. Ça a commencé avec un post d’une de mes connaissances sur LinkedIn. Ça recommandait une app qui venait de sortir. Ça avait un joli nom, ça s’appelait Melba, comme la pêche. Ça avait l’air de parler de sexe et de s’adresser aux couples. Parfait. Les trucs sexe, en général, je me méfie un peu : il y a quand même pas mal de titres attrape-clics qui sont alléchants, mais au final, le contenu est décevant. Mais bon, ça venait d’une source sûre, de confiance.
Ouais, ouais, ouais, de confiance…
Donc je suis allé voir Qu’est-ce qu’il y a, elle te va pas ma source ? Et j’ai découvert une app qui proposait des accompagnements audio pour des expériences sexuelles guidées à deux. Ça avait l’air assez intriguant et puis c’était un peu excitant quand même au premier abord. Enfin en tout cas c’était suffisamment excitant pour que je me dise « Bon alors ça faut que j’en parle à Josephine ! » Du coup, j’ai pas trop réfléchi, et c’est allé assez vite. Le soir même, les yeux tout pétillants, j’ai dit à Joséphine « Viens voir j’ai une surprise ! » Et après un rapide exposé à l’abri des oreilles des enfants, parce que Joséphine elle aime moyennement les surprises trop surprenantes, il faut un petit pitch « surprise » pour que ça passe bien. Elle a dit « Ah ouais tiens, pourquoi pas ? » Donc on a téléchargé Melba, on s’est inscrits, et quelques minutes plus tard, on lançait la lecture sur un premier épisode.
Et c’était bien. C’était même très bien. Je ne me souviens plus exactement de ce qu’il y avait dans ce tout premier épisode, mais je me souviens que c’était agréable d’être guidée, que je n’avais absolument pas de problème pour suivre les indications de la voix, même si elle me proposait de faire des choses que je ne faisais pas trop d’habitude. Et ce soir-là, on a dû en faire pas mal, des choses qu’on ne faisait pas souvent. Ou alors, en tout cas, pas tout ça en une seule soirée ! Et c’était une surprise assez sympa. Je me demande bien d’ailleurs ce qui t’a convaincu d’essayer tout de suite, sans te laisser mettre des bâtons dans les roues par tous les tabous qui nous entouraient.
C’était excitant. Je n’ai pas beaucoup réfléchi, je ne me suis pas posé 50 000 questions. En tout cas, ça me faisait de l’effet, j’étais excité comme une puce. Ce soir-là, je me souviens, j’étais impatient de mettre les enfants au lit. « Allez hop, tout le monde au lit, sept heures et demi, on s’en fout, vous ne vous êtes pas brossés les dents, c’est pas grave. Allez, on a des trucs à faire. » Et même s’il avait fallu un petit peu de courage pour essayer de t’en parler, il y avait assez peu de risques que tu trouves ça choquant, On avait déjà franchi quelques pas avec le jouet. Il y avait quand même beaucoup moins de chances que ça se termine en douche froide — en douche froide métaphorique. J’avais quand même une petite crainte que t’aimes pas trop que quelqu’un te dise quoi faire parce que je te connaissais un peu quand même. Mais en fait non, ça n’a pas posé de problème du tout et puis c’est tant mieux. Et même si tu déclinais la proposition, ben c’était pas grave. Ça m’était déjà arrivé que tu dises non et même si c’est pas forcément agréable sur le coup, je m’en étais remis. Et puis, soit dit en passant, il y a quand même des choses auxquelles t’as dit non une première fois — je n’ai pas insisté — et puis qui sont venues de toi ensuite. Donc, il y avait toujours de l’espoir. Et puis, même si on essayait Melba et que c’était décevant, même si c’était moi qui avais proposé et qui l’avais amené dans notre couple, je n’étais pas en charge du contenu et de l’expérience. C’était plus facile de se dire « Bon ben tant pis, ça n’a pas marché » et passer à autre chose. C’était pas ma faute, quoi ! Il n’y avait donc pas grand-chose à perdre, pas mal à gagner, donc le calcul a été assez vite fait. De toute façon, vu l’effet que ça me faisait, ce n’était pas évident de garder ça pour moi, il fallait que j’en parle. Bref, on a tout de suite accroché, puis on a profité d’une semaine en mode démo qui a été ma foi plutôt agréable.
Oui ! Ça nous a permis de découvrir un petit peu plus Melba. Alors en pratique, on choisit ensemble un épisode. Il y a pas mal de thèmes différents et la couleur est annoncée, donc on sait à peu près dans quoi on se lance. On n’y va pas complètement à l’aveugle et c’est rassurant.
Surtout pour toi qui es moyennement fan de surprises.
C’est ça. Donc on peut dire, « le contenu de cet épisode-là, oui, pourquoi pas, celui-là, non, non. » Une fois qu’on a choisi l’épisode, une voix nous guide et elle nous indique des gestes à faire. C’est assez précis, mais sans excès. Et on met le téléphone dans un coin du lit, il reste là-bas et la voix nous encourage à faire des gestes qu’on faisait déjà naturellement, d’autres gestes qu’on a essayé parfois, mais qui ne font pas partie de nos habitudes, ou encore d’autres choses qu’on n’a jamais osé faire ou jamais osé demander.
Oui, le fait d’avoir cette voix qui nous guide, ça retire complètement la pression de l’initiative en fait. Je sais pas comment c’est pour vous les hommes qui nous écoutent, mais moi quand on faisait l’amour avec Joséphine, j’avais souvent ressenti une sorte de pression de « Mais qu’est-ce qu’on va faire après ? » « Est-ce qu’elle s’ennuie ? » « Bon OK c’est sympa, mais il va peut-être falloir changer là quand même. » Une sorte de pression de l’initiative et de la proposition qu’il faut équilibrer avec le risque de déplaire, de choquer, de passer pour un dépravé.
En fait, c’est la charge mentale de mener la relation sexuelle. C’est vrai, en fait, on n’en parle pas assez de cette charge mentale-là.
Ben ouais, mais pourtant, elle est là hein, surtout au début d’une relation et puis surtout quand on ne parle pas, même après quelques années.
Oui !
Alors qu’avec Melba, les actions elles viennent de l’extérieur, de quelqu’un qui ne juge pas, et qu’on ne peut pas juger non plus. Enfin, si on peut, mais elle s’en fout, la voix. Et on a la liberté de suivre ou de ne pas suivre, en pratique, à part quelques rares exceptions, même si on sort un peu de notre zone de confort, on la suit parce que c’est pas mal. On découvre des choses.
Oui… Il y en a vraiment pour tous les goûts. Ça va du très, très soft, qui est presque de la méditation. D’ailleurs, ça ne marche pas du tout pour Hippolyte.
Non ça ne marche pas pour moi…
Non, il s’endort ! Donc du très, très soft à des choses beaucoup plus osées, en passant par toute une grande variété d’options. Pour moi, une des choses qui m’a beaucoup aidée, c’est que la voix explique comment faire certains gestes que je n’osais pas forcément faire. Par exemple, pour la fellation, c’était vraiment confortable de pouvoir me reposer sur une voix experte pour tester des nouvelles choses, pour tester des variations. Parce que devoir deviner comment faire et ce qui peut faire du bien alors qu’on n’est pas équipée soi-même d’un pénis et qu’on a du mal à imaginer les sensations que l’autre ressent, ça aussi, en fait, c’est une charge mentale.
Oui, et pareil dans l’autre sens.
C’est vrai.
Avoir ce guide, ça rend les choses tellement plus faciles, avec une voix qui demande à notre place des choses qu’on n’ose pas forcément demander. Pendant les épisodes, moi j’imaginais parfois même ce que la voix allait dire après, et quand elle suivait mes envies, c’était trop bien, parce que je n’aurais jamais osé demander.
Alors au final, on a trouvé l’expérience tellement intéressante qu’après une poignée d’épisodes testés, quand Melba nous a demandé si on voulait donner un retour d’expérience, on a dit oui. C’était le lancement de l’app, donc ils offraient un mois gratuit si on acceptait un débrief au téléphone avec un des membres de l’équipe. Et c’était tentant.
Oui, un mois gratuit, c’est vachement tentant. Et c’est rigolo parce que c’est Joséphine qui s’occupait de tout. Elle a rempli le formulaire, répondu aux questions, aux emails, etc. Tout ça pour profiter de Melba aux frais de la princesse un mois de plus.
Tout ça pour continuer à expérimenter : tout est scientifique, tu sais bien…
Oui, c’est tout de la recherche. Autant vous dire que j’étais assez content de moi quand même. Ça avait l’air d’avoir plutôt bien marché, ma petite surprise. Et au passage, en tant qu’auditeurs fidèles d’Hippolyte et Joséphine, on en a une autre de surprise. Vous n’avez pas besoin de remplir un formulaire ni de répondre à des tas de questions pour avoir un mois gratuit. C’est Melba qui vous l’offre, ce mois gratuit. Il suffit d’utiliser le code *********, en majuscules, tout attaché, pour en bénéficier. Si jamais vous écoutez cet épisode longtemps après sa publication et que le code ne fonctionne plus, allez faire un tour sur notre site, sionosait.fr sur la page de cet épisode, — c’est le numéro 6 — et il y aura très certainement un lien ou une offre mise à jour. Et au pire, vous pouvez toujours nous envoyer un message.
Ah oui, envoyez-nous des messages. On a remarqué qu’il y avait assez peu de gens qui étaient prêts à envoyer des commentaires, et on comprend, mais envoyez-nous des messages, ce ne sera pas public, on restera discrets, promis.
Même si tout fonctionne, allez-y, ça nous fera plaisir.
Je crois qu’il y a un formulaire pour nous envoyer des messages aussi.
Il y a un formulaire pour nous envoyer des messages avec un pseudo vous n’avez même pas besoin de mettre votre adresse e-mail.
Bref, je me suis débrouillée pour trouver un créneau avec Lucie. Lucie, c’est la co-fondatrice de Melba. Et je n’avais jamais vraiment parlé de sexe à qui que ce soit. Mais entre l’anonymat de l’échange téléphonique et les questions toutes simples et pas du tout envahissantes de Lucie, je me suis sentie à l’aise pour parler. Alors elle m’a d’abord demandé ce que j’avais pensé de l’expérience, ce qu’Hippolyte en avait pensé. Et là, ben… je ne savais pas vraiment. En fait, on n’en avait pas parlé en détail. Donc j’ai dit à Lucie « Attends deux secondes, je vais le chercher. » C’était cool pour elle parce que c’était la toute première fois qu’un couple avec les deux personnes en même temps lui racontait son expérience avec Melba. Et on en a gardé l’impression d’une conversation de couple avec une sexologue. Alors Lucie n’est pas sexologue, mais elle connaît très très bien son sujet. C’était une conversation un petit peu imprévue, très simple, ouverte, intéressante. C’était la première fois qu’on parlait de sexe ensemble. Et notre niveau de gêne était sûrement assez haut, mais on a osé répondre aux questions de Lucie l’un devant l’autre. Et contrairement aux attentes, on n’a même pas disparu dans la crevasse insondable de la honte.
« La crevasse insondable de la honte » ?
Ouais. T’aimes bien ?
Ça vaut la métaphore avec le plaisir…
Oui, je la replacerai, t’inquiète pas.
On va faire attention, hein… Oui donc dans cette conversation, il y a eu en effet des blancs, d’hésitation, de gêne. Mais au final, en voulant répondre du mieux qu’on pouvait aux questions, eh bien on a raconté à Lucie des choses qu’on ne se serait peut-être pas racontées. Le fait d’avoir été obligés d’exprimer des trucs intimes, l’un devant l’autre, ça a en quelque sorte ouvert des portes et des possibilités de conversations qu’on n’avait peut-être pas avant. Je me souviens, on est ressortis un petit peu incrédules, avec le sourire, et on avait du mal à réaliser qu’on avait réussi à dire tout ce qu’on a dit.
Ça nous a donné encore plus envie de profiter de Melba et des nouvelles expériences qu’elle propose régulièrement. On a même pris un vrai abonnement après ce mois gratuit.
Oui, parce que faire tous les épisodes en un mois, c’est pas possible, il faudrait une condition physique de malade, ça serait épuisant !
Donc les expériences qui sont proposées sont renouvelées régulièrement, et on a encore fait un tas de découvertes intéressantes, avec des jeux de rôle très excitants, des histoires de collègue qui devait déposer un dossier tard, tard, tard, chez sa cheffe. C’était bien, il était bien ce petit collègue, ce petit jeune.
T’aimes bien… t’as bien aimé les jeux de rôle, toi, hein ?
Ou les petits jeunes.
Ouais, je pense qu’il y a un truc avec les jeux de rôle, quand même.
Ouais !
Oui et avec tout ça, en plus de notre petite conversation avec Lucie, les effets positifs se sont faits ressentir, progressivement, mais quand même assez vite. D’abord, il y avait l’anticipation. « Allez, ce soir, on se fait un Melba ? » « Allez hop, au lit les loulous ! » La préparation — ça peut être juste se mettre en… en habits un peu classes, en robe ou avec de la lingerie…
une belle chemise, des sous-vêtements…
Pendant, évidemment — parce qu’on découvrait des trucs. Je crois que c’est en faisant un de ces épisodes que je me suis rendu compte que t’avais vraiment l’air de prendre du plaisir à me faire une fellation. Et jusqu’à là, je me disais « ça doit peut-être pas être très sympa pour elle » Et en fait, ça avait l’air sympa ! Et une fois que c’était fini — on faisait parfois un petit débrief.
Faut pas se leurrer, au début le débrief c’était assez concis : « Ah c’était sympa ! » « Oh waouh, c’était pas mal… » Mais petit à petit on a osé se demander l’un l’autre : « Vas-y raconte, qu’est-ce que t’as aimé dans cet épisode ? » Et on a fini par avoir des discussions un petit peu plus élaborées qui étaient encore beaucoup plus intéressantes.
Oui, ça nous a fait nous rendre compte que certaines choses nous faisaient vraiment du bien l’un à l’autre. Et au final, ça a augmenté notre confiance pour réessayer certaines choses, hors Melba, sans avoir besoin d’un coach ou des encouragements du public.
Alors, on a aussi pris de l’inspiration parmi tous les épisodes qui étaient proposés. Par exemple, pendant des séjours dans d’autres lieux, on a mis à profit des miroirs bien placés — parce qu’on n’en a pas chez nous. Enfin, si on en a, mais
Oui, ça serait un peu dangereux de les utiliser pour ça.
Oui… Au final, il y a eu pas mal de chemin parcouru entre Joséphine et Hippolyte qui faisaient l’amour dans la pénombre, pas trop souvent, sous les draps.
En galérant à trouver un clitoris.
C’est vrai. Et Joséphine et Hippolyte qui se regardent d’un air complice en voyant un grand miroir amovible dans un AirBnB.
Ah ouais ! Tout ça pour dire que c’était vraiment sympa. Et avec notre expérience, on ne peut que recommander cette app à tous les couples qui, comme nous à l’époque, avaient du mal à parler et à oser faire des choses. Oui !
Donc Melba nous a vraiment beaucoup accompagnés, mais il n’y a pas eu que Melba qui nous a fait parler et qui nous a aidés à trouver des mots pour qu’on puisse à notre tour se mettre à parler. Alors entre autres expérimentations pour épicer notre vie sexuelle, on a essayé à un moment d’écouter tous les deux ensemble des histoires érotiques. Et la première tentative, c’était pas vraiment brillant. Il y avait une histoire de cerf qui se prenait une flèche dans le cœur au beau milieu de la rivière. C’était peut-être ésotérique, mais pas franchement érotique à mon goût.
Je ne me souviens pas trop de celle-là, mais je me souviens de celle d’un gars qui se retrouvait dans un placard sur le palier d’un immeuble. Et, ouais… c’était pas… Peut-être que c’était érotique pour certains, mais alors nous on s’est regardés après et on a dit : « On va trouver autre chose, hein ! »
Ouais, donc, pour trouver autre chose, on a essayé de lire nous-mêmes des histoires érotiques. Et là, on a eu un peu plus de succès. Donc on s’est tournés vers « Revebebe ». C’est une plateforme qui apparemment date un peu, mais que je ne connaissais pas, et où tout un chacun peut déposer ses créations littéraires érotiques.
Moi, je connaissais plutôt bien. J’y avais fait mes premiers tours, je pense à l’adolescence. La mise en page, elle n’a pas vraiment changé depuis mon adolescence. Mais c’était toujours alimenté en contenu. C’est des auteurs amateurs qui publient leurs textes. Il y a du bon, il y a du moins bon. Il y en a dans tous les styles. Il y a des trucs de science-fiction, des trucs qui se passent au Moyen-Âge, bref. Il y a des centaines, peut-être même des milliers de récits pour tous les goûts. Donc le site c’est revebebe.free.fr. On mettra le lien dans les notes de l’épisode. Et un des gros avantages c’est qu’il y a des tags, des catégories, des résumés pour chaque histoire. Donc on peut choisir une histoire qui aura des chances de nous plaire et parfois il y a même des séries et ça peut nous faire plusieurs soirées.
Oui… Donc on s’est mis à lire certaines de ces histoires à voix haute, l’un puis l’autre, on s’écoutait l’un l’autre, et c’est pas mal parce que non seulement il y a l’histoire qu’on a bien choisie et à laquelle on est assez réceptifs, mais en plus la voix s’accélère, le rythme de la respiration change, il y a des indices qui dévoilent l’excitation du lecteur, et ça rajoute en plus à celle de l’auditeur.
Oui c’est… Ça donne envie, là, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait ça d’ailleurs.
Bah, écoute, on peut faire ça ce soir, si tu veux.
Et oui, avec ces histoires aussi, ce qui est intéressant, c’est qu’en général, ça commence assez tranquillement, mais à un moment, ça embraye avec du vocabulaire un peu explicite, parfois même cru. Et quand c’est écrit, on le lit, on ne censure pas, on ne met pas des « bips » à chaque fois qu’il y a un mot un peu osé. Et du coup, ça libère un peu la parole, ça nous aide à accepter ce vocabulaire, ou en tout cas le champ lexical, pour en parler entre nous. Jusque là on avait quand même peur de choquer l’autre en décrivant des choses comme elles sont et on s’aperçoit que… ben en lisant les histoires c’est pas si choquant que ça au final.
Oui… et parmi tout le champ lexical du sexe qu’on osait lire, eh bien on pouvait piocher les mots qui nous convenaient le plus et du coup on pouvait mieux décrire ce qu’on ressentait, on pouvait mieux proposer des gestes nouveaux, mieux poser des questions.
Il y a autre chose qui nous a fait parler, et cette fois c’est venu de toi, c’était cool !
Eh oui !!
Tu m’as offert un jeu de cartes un jour: Osmooz Je ne sais pas comment ça se prononce exactement d’ailleurs.
« Osmouze » ?
« Osmouze », oui. Il y a deux O. On mettra le lien dans les notes de toute façon.
Non il y en a trois.
Oui mais il y a deux O ensemble. Avec trois tas de cartes : un tas soft, un tas medium et un tas hot. Chaque carte propose un petit défi, action ou vérité, qui nous fait discuter ou faire quelque chose sur un sujet qu’on n’aurait pas forcément abordé sans le jeu. Parfois, bon… il faut avouer qu’il y en a qui ne nous inspirent pas beaucoup et on passe la carte, sans rien faire ou sans rien dire. Mais bien souvent, les cartes ont le mérite quand même de nous faire parler et découvrir des choses sur l’autre, voire même peuvent avoir un dénouement assez torride.
Ah oui je me souviens de ce jeu de rôle avec un douanier qui était très, très persévérant.
Ah, encore un jeu de rôle, oui… décidément…
Oui… Ouais !
Bref, tout ça pour dire que si on avait encore du mal à trouver nos mots à nous pour parler de sexe, grâce à des apps, des lectures ou des jeux érotiques, on faisait pas mal de progrès. Et de parler un peu plus de nos envies, ça nous permettait de mieux nous comprendre, probablement d’accepter, et aussi de tenter des choses nouvelles hors cadre. Et ça a enclenché un cercle vertueux de dés…
Ah non non non ! Tu l’as déjà placé !
… d’excitation et de partage Ça va mieux ?
Oui c’est mieux… Ouf !
… qui améliorait grandement notre vie sexuelle. Et en parlant, on est arrivés à se faire plaisir l’un à l’autre de plein de façons, et même à le faire durer ce plaisir. En regardant un peu en arrière, c’était un peu cocasse en fait, parce que je crois que pendant des années, chacun de nous se souciait plus du plaisir de l’autre que du sien
Oui, c’est sûr.
et était focalisé sur le fait que l’autre devait prendre du plaisir, sans vraiment profiter de ce qui se passait pour lui.
Oui, j’ai l’impression que la priorité numéro un, c’était… Moi, j’ai mis du temps à me rendre compte que ta priorité numéro un, c’était que moi, je prenne du plaisir. Et moi, j’avais du mal à me laisser aller et à… justement, à prendre du plaisir si j’étais pas sûre à 100% que toi, ce qu’on faisait, ça te procurait au moins autant de plaisir.
Oui, on essayait chacun de deviner ce qui plairait à l’autre. Et malgré toute notre bonne volonté…
ça ne suffit pas !
ça ne marchait pas ! Et on était un peu bloqués en fait dans cette situation. Et de s’être retrouvés à devoir en parler, ça débloquait plein de choses.
Oui ! Je me souviens, une fois, je t’ai dit, « Là je suis trop fatiguée, tu fais ce que tu veux. » « Enfin si tu veux vraiment faire quelque chose, tu peux faire ce que tu veux, mais moi je ne fais rien. » Et ça ne t’avait pas rebuté, au contraire. Et c’était très très bien ! Moi, j’en avais bien profité. Et je pense que c’est une des premières fois où j’avais consciemment pris la décision de juste profiter sans me mettre de pression. Je t’avais annoncé que je n’avais pas d’énergie pour faire des choses pour toi. En tout cas, c’était bien. Moi, je me souviens de ça ! Je ne m’attendais pas à ce que ça soit aussi bien ce soir-là. Et si, c’était très, très bien. Donc avec tout ça, on était presque étonnés de la facilité avec laquelle on arrivait à échanger sur le sexe, une fois qu’on avait osé essayer. Il y avait aussi beaucoup de bienveillance. Nos tentatives, que ce soit des tentatives de discussion ou des tentatives de nouvelles activités sexuelles, elles étaient toujours très très bien accueillies, c’était pas mal. En fait, il n’y avait pas de raison d’avoir peur. Et finalement, si on voulait proposer de nouvelles pratiques, ne serait-ce qu’un miroir…
Ou une table !
Oh, une table ! Attends, on n’en est pas là ! C’est quand même plus facile d’être un peu à l’aise avec les mots pour en parler. Bon, miroir et table, ça va, on peut en parler, mais…
Oui, « miroir et table, on peut en parler », je ne sais pas, parce qu’il y a eu des moments où c’était pas forcément… Enfin moi j’osais pas forcément te proposer ça, quoi !
Oui, c’est vrai. « Miroir » et « Table », les mots tout seuls, ça va, mais « faire l’amour avec un miroir ou une table », ça devient un peu plus compliqué.
C’est ce que je voulais dire. Et c’est vrai que maintenant, quand on y pense, on se demande « Mais pourquoi ? » « Pourquoi on n’avait jamais parlé de tout ça entre nous ? » Ça nous paraissait si évident. « Pourquoi on avait toujours été gênés de dire certains mots ? » « Pourquoi on n’avait jamais osé ? » « Pourquoi il y avait encore tant de sujets qui nous mettaient mal à l’aise ? » C’est quand même fou que pendant tout ce temps on n’y soit pas arrivés et qu’on ait eu besoin de des encouragements, des « mots des autres », pour… ben pour commencer à discuter, tout simplement.
Oui… Entre les emplettes, le jouet à usage purement scientifique, et finalement, ces « mots des autres », on a clairement commencé à faire vaciller certaines barrières et à prendre encore plus de plaisir dans nos ébats, ce qui, évidemment, avait un impact positif sur notre vie de couple.
Oui, même plus que positif. Ça n’a pas changé notre vie, mais presque quand même. Ça donne tellement d’occasions de se réjouir, d’échanger des regards complices. Quand on met la table du petit-déjeuner à l’endroit où quelques heures plus tôt Joséphine était allongée et gémissait de plaisir, sans que les enfants se doutent de rien… Ou alors en voyant un grand miroir quelque part. Moi j’ai aussi découvert la sensation de tenir Joséphine dans mes bras pendant qu’elle a un orgasme. C’était un truc assez incroyable. Je me souviens pas du tout premier.
Moi non plus…
Je pense que ça s’est passé relativement progressivement en fait. Mais quand il y en a eu, de plus en plus régulièrement, bah c’était… Waouh, je sais pas, j’ai pas de mots pour décrire ça, c’est juste magnifique de voir la femme de sa vie dans cet état, perdre enfin le contrôle.
Ouais, lâcher prise… J’ai réussi.
Et de savoir qu’on y est un petit peu pour quelque chose. Et puis en plus, quand elle a encore envie le lendemain, c’est trop bien. Et d’ailleurs, pour la petite histoire, maintenant, Joséphine a des orgasmes si intenses et si longs… que je suis un peu jaloux, moi. J’aimerais bien avoir les mêmes !
Oui, mais on n’est pas faits pareil.
Oui, malheureusement.
Et… non mais c’est bien joli, tu divagues, mais tu m’as foutu en l’air ma transition sur les barrières.
Ah pardon.
Donc je disais qu’on avait commencé à faire vaciller certaines barrières.
Des barrières ?
Oui.
T’es sûre qu’on a fait vaciller des barrières ? Parce que moi, autant la table, je me rappelle, mais les barrières, ça me dit rien.
Non mais c’est pas facile quand tu m’interromps comme ça. On savait pas encore qu’il y avait aussi moyen de non seulement les faire vaciller, ces barrières, mais aussi les renverser, les escalader, pour aller encore plus loin.
Oui, en effet, mais on va garder le suspense parce que cet épisode il est déjà un peu long. Alors le vandalisme de barrière, si tu te permets, ce sera pour la prochaine fois.
Si on ose…
A bientôt !
A bientôt !
[…]
C’est bon, je peux aller bouder maintenant ?
Non ! Ben non, tu peux pas, il faut faire le montage maintenant.
Rhoooo on peut jamais bouder ici !
Non, désolée…
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