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Si on osait...

... avec Hippolyte & Joséphine

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Premiers pas

003 | … un couple comme tout le monde

Hippolyte & Joséphine, le 26 juin 2026 Laisser un commentaire

Bonjour, c’est Hippolyte et Joséphine…

On vous avait laissés avec trois petits points de suspension après ‘Il était une fois…’, voici la suite tant attendue : bienvenue dans l’intimité … d’un couple comme tout le monde !

Au menu, une sexualité plan plan à fréquence irrégulière, des tabous au sein du couple et en dehors, un manque flagrant de communication, des bouderies, des absences d’orgasmes, des confidences plus ou moins subtiles et délicates, mais aussi de la tendresse, des câlins, et un couple qui va quand même plutôt bien !

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

…et Joséphine ! Bienvenue !

Bienvenue !

J’ai réussi à convaincre Hippolyte de faire un autre épisode, parce que « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », c’est bien joli, mais ce n’est pas très original, même si c’est vrai.

Bienvenue donc dans la suite de notre histoire, un épisode qu’on a intitulé « … un couple comme tout le monde », qui fait suite à « Il était une fois… », histoire que vous en sachiez un peu plus sur ce qui se passe quand la routine s’installe pour les héros de contes qui vivent heureux avec beaucoup d’enfants.

Alors, si vous avez suivi nos histoires, on a eu des expériences à la fois similaires — on avait tous les deux une forte propension à se faire des films dans tous les sens — mais aussi un petit peu différente, parce que Hippolyte avait rencontré une fille assez expérimentée, et moi j’avais un petit peu butiné, ce n’était pas très enrichissant. Voilà, c’était nous avant qu’on se rencontre et on s’est rencontrés.

Ouais, ça a mis quelques années à se mettre en place. Au final, notre couple reposait sur des tas d’autres choses que le sexe. En tout cas, le sexe était vraiment pas un des piliers de notre relation. Et on est devenus un petit peu « un couple comme tout le monde » — enfin, l’image qu’on se fait de « tout le monde », un peu cliché, qui choque pas dans la société, cohérent avec les éducations assez conservatrices, qu’on avait reçues sur tout ce qui avait trait à la sexualité, et avec tous nos antécédents et expériences vécues qui étaient relativement conventionnels. Notre vie sexuelle était assez plan-plan : quelques caresses, Papa dans Maman, puis dodo, peut-être une fois par semaine. En tout cas, ça n’avait rien à voir avec avec le genre de galipettes qu’on faisait avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs quand j’avais 17 ans.

Ce que tu avais fait justement avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs, tu voulais pas essayer avec moi ?

Oui et non. Oui parce que j’en avais quand même des assez bons souvenirs, mais non parce qu’elle était très expérimentée. Je ne pouvais pas partir du principe que t’étais comme elle et que tu serais aussi à l’aise.

Oui effectivement !

Et puis comme je racontais dans le dernier épisode, pour moi le sexe c’était pas forcément ce que je cherchais à tout prix, ni ce que je retenais dans une relation. Je pense qu’au final j’osais pas en parler de peur que tu me regardes de travers. Et du coup, on s’aventurait assz peu hors des sentiers battus. On ne savait pas trop faire ou on n’osait pas. Ou alors on n’osait pas, du coup on n’apprenait pas vraiment à faire. Par exemple, on ne faisait quasiment jamais de sexe oral. Ça devait arriver une fois par an.

Je ne sais pas, même l’idée de toucher ton sexe à toi avec mes mains, pendant très longtemps, je n’osais pas faire. Et je n’osais pas parce que je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment faire. J’avais peur que ce ne soit pas bien pour toi.

Tu avais peur de me faire mal ?

J’avais peur… de passer pour une dévergondée. Oui, peur de te faire mal aussi. Du coup, je n’étais pas à l’aise. Je ne voulais pas avouer mon incompétence, ni mon manque de connaissance et… Donc je ne faisais pas.

Et quand ça arrivait, on n’arrivait même pas à se dire que c’était bien et qu’on aimerait bien recommencer. Nos relations sexuelles étaient assez espacées — en moyenne j’ai dit une fois par semaine, mais peut-être 3-4 fois par mois. Des fois, il y avait plus de temps entre deux.

Ouais. C’était bien, mais ce n’était pas exceptionnel. Il y a quand même eu quelques soirées mémorables, des expériences un petit peu hors de l’ordinaire, en dehors des sentiers battus… avec des fourmis.

Il n’y avait même pas de sentier !

Il y en a eu une autre avec une soirée où on a bu pas mal de champagne, je crois. Mais bon, dans l’ensemble, c’était pas mal, mais sans plus. Et toi, tu voyais ça comment, nos relations sexuelles ?

Moi, le truc qui m’a surtout marqué, c’était pas les relations en elles-mêmes, c’était qu’on faisait pas souvent l’amour. Et la façon dont je le ressentais, c’est que je me sentais pas assez désiré. Parce que 99% du temps c’était moi l’initiateur, et le taux de succès était… peut-être de 50%. Je n’ai pas les chiffres, mais…

On n’a pas fait de stats.

Du coup, quand il n’y avait pas de réponse plusieurs fois de suite, je me disais, eh bien tant pis, je vais faire la grève.

Tu boudais…

Et là, pour le coup, ça devenait très espacé — surtout que moins on fait l’amour, moins on en a envie — jusqu’à ce que Joséphine craque au bout de quelques semaines. Et puis, moi, entre temps, je me débrouillais tout seul. Du coup, j’avais vraiment l’impression que ça ne plaisait pas suffisamment à Joséphine pour qu’elle initie aussi de son côté, pour qu’elle en ait vraiment envie, elle aussi. Je me suis posé, j’ai commencé à me poser des questions et j’ai réalisé que Joséphine n’avait pas vraiment d’orgasme.

C’était vrai.

J’avais pas de repère parce que j’avais assez peu d’expérience avec d’autres femmes. Il y avait juste eu Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs qui n’était pas forcément expressive là-dessus, donc j’avais aucune idée de comment ça devrait être. Je n’avais pas vraiment de référence. Les rares fois où on en a parlé, Joséphine disait que ça allait, que c’était bien.

Oui… C’était bien.

Donc évidemment… Évidemment, je prenais un peu tout sur moi, je me disais que je faisais pas les choses correctement. C’est vrai qu’avec le boulot, les enfants, les autres projets, on était assez fatigués. Souvent Joséphine allait se coucher tôt, moi je bossais le soir sur d’autres choses. En fait j’attendais souvent qu’elle aille se coucher pour éventuellement initier quelque chose, mais elle s’endormait tout de suite.

Ah oui !

Ça allait un peu mieux en vacances, avec un peu moins de pression, des siestes la journée, un peu plus de temps. Mais j’en parlais pas vraiment avec Joséphine. Je me disais que c’était probablement normal, qu’il fallait faire avec. Et puis il y avait tellement d’autres trucs qu’on partageait, qui se passaient bien, que c’était pas un problème en fait. Il y avait en effet des longues soirées sans Joséphine — ou avec, mais elle était à côté, elle dormait — qui se finissaient de temps en temps en plaisir solitaire, parce que plusieurs semaines sans faire l’amour, j’avais du mal à tenir quand même. Et aussi parce que ça aide à s’endormir ! Quand je n’arrivais pas à dormir, je gambergeais tout seul avec Joséphine qui dormait à côté. Mais bon, le problème c’est que ça décuplait un peu mon excitation pour les jours suivants. Et Joséphine, c’était toujours pareil le lendemain.

Je m’endormais encore.

Puis c’était encore plus honteux, parce que si je lui avais dit… c’était l’admission que je n’étais pas satisfait, en plus ça lui aurait mis la pression et ça l’aurait culpabilisée. Donc ça n’aurait pas été très productif. Au final, il y a eu une réalisation que ça affectait notre couple, ça créait une sorte de frustration. Quand on se disputait, il n’y avait pas cette chose qui nous permettait de nous reconnecter physiquement. Quand je boudais, j’étais un peu plus irritable quand même.

Ah oui, je confirme.

Et Joséphine, elle ne comprenait pas forcément. Parce que forcément, je ne disais pas pourquoi. Et avec des copains, on n’a jamais vraiment initié de conversation. Même les copains très proches, c’est peut-être une question de tabou, d’orgueil. Je ne me voyais pas dire à un copain « Écoute, je crois que je n’arrive pas à faire jouir ma femme ». Ce n’était pas forcément le genre de truc qu’on a envie de partager. Et puis en plus, entre garçons, à part pour faire les malins ou fanfaronner, on parle assez rarement, sérieusement de sexe.

C’est marrant parce que moi je me souviens d’un enterrement de garçon, d’un de tes copains, où j’étais là. Alors ne me demande pas pourquoi, je ne sais pas, j’étais la seule fille.

Pour me ramener !

Oui, c’est sûr que j’ai fait ça, effectivement. Et les gars ont fini par oublier ma présence. C’est un peu mon côté pote, je pense, ou alors c’est l’alcool. Et moi, j’écoutais avec beaucoup d’intérêt les gars qui partageaient pas mal de conversations sexuelles. Ils parlaient de la partie du corps de leur copine qu’ils préféraient. Ils parlaient du type d’ébats qui leur faisait le plus de bien, comment ça se passait, avec quelques détails. C’était assez sympa. Il y avait un petit peu de fanfaronnade, mais c’était doux.

Je ne m’en rappelle pas du tout.

C’est pas grave, je m’en souviens pour toi.

Moi, j’étais complètement…

Complètement fait, oui.

Mais après, c’est un peu facile pour moi de dire que entre garçons, on n’arrive pas à en parler. Alors qu’au final, il faut quand même que je me regarde dans le miroir et c’est quand même moi qui n’ai pas eu le courage, qui n’ai jamais eu le courage vraiment d’essayer d’en parler. Et quand j’y repense, il y a eu deux, trois fois où il y a eu des questions ou des conversations en apparence légères qui, en fait, m’auraient encouragé à en parler un peu plus. Et puis, je ne l’ai pas fait. Donc…

T’as pas pris la perche ?

Ouais. Voilà. Bon et toi, Joséphine, c’était comment pour toi le sexe entre nous à ce moment-là ?

Bah c’était bien.

Voilà, fin de l’épisode, bravo ! C’est vrai que je n’avais pas d’orgasme.

J’avais du désir, ça oui. J’avais du plaisir aussi. J’aimais beaucoup le côté tendresse. En fait, faire l’amour avec Hippolyte, pour moi, ça n’a jamais été une corvée. Par contre, j’étais consciente que d’autres femmes prenaient beaucoup plus de plaisir que moi. Pas forcément avec toi, mais avec leurs mecs. J’avais lu des articles type journal féminin, — à ce moment-là, je n’avais pas encore trouvé des sources plus intéressantes — qui traitaient de femmes qui étaient axées soit sur le plaisir vaginal, soit sur le plaisir clitoridien. Il y avait des articles sur l’orgasme qui décrivaient quelque chose de vraiment spécial et c’était assez clair que je ne ressentais pas ça. Ils disaient qu’il fallait se détendre et surtout pas chercher l’orgasme à tout prix. Alors je m’étais détendue, je n’avais pas cherché l’orgasme, et bien il n’était pas venu.

Zaï zaï zaï zaï…

En fait, j’avais fini par me dire, « C’est pas grave, c’est pas un problème. » Je l’ai accepté, c’était comme ça, C’était pas grave : il valait mieux l’accepter que souffrir du fait de ne pas avoir d’orgasme. Et puis j’avais quand même du plaisir, donc il n’y avait pas de quoi s’en faire. Ça ne me posait plus de problème.

Oui, c’est un peu comme moi, je me disais « Voilà, c’est comme ça ». Et puis, il y a tellement de trucs qui fonctionnent bien.

Oui, c’est ça.

On ne va pas non plus essayer de chercher à régler un problème qui n’existe pas.

Ou qui est finalement peut-être juste un petit problème. C’est vrai que dans les câlins, moi j’avais justement le côté câlin, c’était bien, la tendresse. Le côté sexuel, ça venait avec, ça avait l’air de plaire à Hippolyte, moi ça me déplaisait pas.

Mais ça te suffisait pas, cette tendresse, pour demander, rechercher un peu plus, prendre l’initiative ?

Je pense que c’était surtout une question d’énergie, parce que je suis du matin, pas trop du soir.

Mais tu pouvais me réveiller, moi je peux être du matin et du soir !

Ah bon ? Ah non, toi le matin, t’es difficile à réveiller. En tout cas, quand il faut se réveiller. Ça dépend pourquoi, c’est vrai. Et moi, le soir, après une journée de travail, autant j’arrivais encore à me bouger les fesses pour ranger les jouets des petits ou alors faire la vaisselle. Mais autant, pour le plaisir, là, il n’y avait plus personne. Je m’accordais un petit de temps pour lire deux, trois articles et puis pfiout, je m’endormais dessus.

au moment où je venais de rejoindre.

Oui, si tu arrivais assez vite, parce que moi, à partir du moment où je me mets en position allongée, je n’ai pas de problème pour m’endormir. Et en fait, toi, tu n’étais pas couché, je voyais bien ça, mais… et puis tu avançais sur d’autres projets, tu faisais des trucs. Mais en fait, je n’avais rien contre des câlins, mais je n’avais pas du tout le courage de te proposer de me rejoindre et de me lancer dans une quelconque activité physique. C’était… La seule activité physique que j’avais envie de faire, c’était fermer les yeux.

Et la fenêtre entre le moment où elle s’allongeait et le moment où elle s’endormait, c’était très, très, très réduit. Il ne fallait pas que j’aie oublié de me brosser les dents.

C’est très court oui Ah non, ça c’est foutu.

Et je crois que j’avais un peu du mal à comprendre parce que moi, même après une journée éprouvante, même en étant crevé, en ayant fait toutes les corvées, s’occuper des enfants, etc. Si j’avais envie de faire l’amour, ça prenait le dessus. C’est un peu comme quand j’ai faim : je ne peux pas dormir quand j’ai faim. J’ai beau être super fatigué, j’ai faim, il faut que je mange.

Ouais, moi quand je suis fatiguée, Morphée, je ne lui résiste pas.

Mais on n’en parlait pas : même si j’avais pensé à Joséphine toute la journée, je ne lui disais pas en rentrant « Ce soir j’ai vraiment envie de toi… » Mais du coup on n’abordait pas le sujet et puis tous les soirs c’était un peu le même genre de scénario.

Moi non plus, j’osais absolument pas parler de sexe. Que ce soit pendant qu’on faisait l’amour ou alors à d’autres moments, c’était… Je me sentais pas prête à en parler. C’était comme un sujet honteux. Je savais pas quels mots utiliser. J’avais un peu peur de manquer de vocabulaire, mais c’est pas la seule chose qui m’arrêtait. Je pense que j’osais pas parler de quelque chose que je connaissais pas. J’étais absolument pas experte en sexe. Je maîtrisais pas ça. C’était tellement plus facile de juste rien dire. Et puis il y a aussi le fait que le sexe, c’était quand même tabou et vulgaire. C’était céder à des pulsions animales, c’était rechercher la jouissance pour la jouissance. Ce n’est pas très glorieux quand même. On n’est pas des animaux. Et c’est quelque chose dont on ne parle pas en public, pas forcément en privé en fait non plus. En tout cas, à ce moment-là, on n’en parlait pas. Parce que c’est intime, mais c’est aussi un peu honteux. Alors je sais que ça ne tient pas la route, mais moi j’en étais là.

Tu crois que c’est un peu une sorte de pression culturelle ?

Il y a de ça, mais je pense que je ne peux pas mettre tout sur le dos de la société.

Avec les sept péchés capitaux, tout ça ?

Ouais, pourtant, je n’ai pas de problème pour parler de gourmandise, du tout ! Mais oui, je pense qu’il y avait quelque chose dans nos éducations, mais ce n’est pas la seule raison qui faisait qu’on n’en parlait pas.

Je demande parce que moi c’était pareil. Ouais ?

Avec le temps, j’ai fini par comprendre que pour le sexe, comme pour beaucoup d’autres sujets, quand on se tait et quand on évite d’en parler, non seulement ça réduit la communication, mais ça contribue aussi à rendre le sujet tabou et à réduire la connaissance. Et ça ne s’applique pas qu’au sexe. Ça vaut aussi pour l’homosexualité, pour la santé mentale. Pourquoi rajouter la honte à une maladie qui fait déjà suffisamment souffrir par exemple quand on a des problèmes de santé mentale, alors que dans bien des cas, juste en parler, ça peut aider à se soigner, à aller vers des solutions. Et puis à partir du moment où on commence à parler, que ce soit entre nous, avec d’autres, avec des copains, et même que ça devienne normal que des articles de journaux traitent du sujet, on peut se dire « Ah mais je ne suis pas tout seul ! Il y a eux aussi qui ressentent ça, je ne suis pas juste bizarre ». Et on peut aussi obtenir des tas d’informations. Et pour moi, c’est important, les informations, parce que j’ai un petit peu un esprit scientifique et j’aime bien comprendre ce qui se passe. Ça me permet d’avoir des moments un peu eurêka et d’avancer, en fait.

Pour le coup, on est un peu pareils. On a un peu les mêmes points communs sur ce…

Non ??! On a les mêmes points communs ?!

Oui…

C’est fou !

Sur ce sujet-là… Quand il y a un problème, on aime bien comprendre — complètement — et ensuite trouver des solutions. Et moi je parlais d’en discuter avec mes copains, — ce qui n’était pas forcément couronné de succès — Et avec des copines, t’en avais jamais parlé ?

En fait, j’ai des souvenirs de discussions avec mes potes, parce que j’avais pas mal de copains mecs. Et j’aimais bien, en fait, quand eux ils racontaient leurs expériences sexuelles avec leurs copines. Ils y mettaient quelques détails, mais pas trop. En fait, il y avait un respect incroyable pour leurs copines. Il y avait des étoiles dans leurs yeux. C’était très, très loin d’être vulgaire. C’était vraiment chouette à entendre. J’espère que leurs copines entendaient ça aussi quelque part. J’aimais bien les écouter parler. Alors évidemment moi je disais rien parce que je n’avais rien à raconter… Et alors avec les copines… je pense qu’on parlait des fois de sentiments, mais pas de sexe, non.

C’est vrai, c’est fou. Comme je disais, dans mon groupe de copains, on ne parlait quasiment jamais de ça de façon sérieuse, intime. Et puis quand le sujet venait sur la table, c’était en comité un peu plus large, genre équipe de rugby. Avec un peu d’alcool, c’était toujours de la fanfaronnade, de la crânerie. Ça tombait assez facilement dans le vulgaire, voire parfois dégradant pour les filles.

Ils ont pas fait ça pendant l’enterrement de vie de garçon.

Ouais mais t’étais là.

Ah j’étais un pote, mais quand même…

Non t’étais là et puis c’était pas les…

C’était pas les pires ?

Je sélectionnais mes copains quand même. Et comme c’est pas trop mon genre de faire ça, moi je préférais ne pas trop m’en mêler. Même avec un peu d’alcool dans le sang, pour moi les femmes vous êtes toujours des princesses. J’ai un petit peu changé d’avis maintenant que j’ai des ados de sexe féminin mais…

C’est pas une princesse ta fille ?

Non c’est… oui enfin des fois oui mais…

Enfin pour en revenir sur le sujet de… Hippolyte et Joséphine, au niveau de notre vie sexuelle, c’était bien, sans plus. On n’en parlait pas, évidemment. Il n’y avait pas de conversations, que ce soit entre nous ou avec d’autres gens. Ça allait, le sexe, c’était pas la panacée. On dit ça avec du recul maintenant qu’on sait que ça peut être la panacée. Et puis, je l’acceptais, moi. C’était comme ça, ça allait.

Ouais, moi, ça me titillait un peu. J’aurais préféré avoir la panacée. Enfin, surtout, je voulais la panacée pour toi, en fait.

Oh, c’est gentil.

Donc du coup on a commencé à essayer, — même si c’était pas forcément un problème — on a commencé à essayer de s’informer un peu plus. Et plutôt que d’attendre que ça tombe tout cuit dans notre assiette, à être un petit peu plus proactif dans notre recherche du plaisir. Mais on en parlera au prochain épisode, parce qu’on va pas s’arrêter là…

Si on ose !

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