Bonjour, c’est Hippolyte et Joséphine…
Avant de raconter les aventures les plus récentes, on vous confie d’où on vient. Notre passé d’amoureux transis qui n’arrivaient pas à concrétiser avec l’élu(e) de leur cœur, les expériences de jeunesses plus ou moins fructueuses de chacun, les premiers « amours » qui n’en étaient pas vraiment, la rencontre entre Hippolyte et Joséphine…
Ça finit bien, comme un conte de fées : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ! Mais s’il n’y avait que ça, ça serait trop facile… et bien trop court pour un podcast !
Transcription
[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]
Bonjour, c’est Hippolyte
et Joséphine !
Bienvenue dans cet épisode qu’on a intitulé, comme tout bon début d’histoire, « Il était une fois… » On va essayer de poser le décor en quelque sorte.
Comme on a plein plein de trucs à dire, faut pas traîner. Alors on y va. Il était une fois… Hippolyte. Tadam !
J’ai dû retravailler plein de fois mes notes et tailler dans le gras pour que ce soit pas trop long. On va voir si ça a marché. Moi j’étais — et je suis encore — quelqu’un d’un naturel assez introverti, assez peu à l’aise pour aller vers les autres. J’ai fait des progrès.
C’est vrai.
Quand j’étais ado j’avais un an d’avance, ça simplifiait pas les choses. Je me suis retrouvé en lycée technique, à faire des études techniques, puis en dehors de l’école, je faisais du rugby. Donc autant dire qu’au niveau filles, d’une part j’en voyais pas beaucoup, mais en plus quand j’en voyais une qui éveillait des émotions en moi, bah je savais pas trop quoi faire, je savais pas trop quoi dire, balbutier. Il y a eu une ou deux exceptions, dont une assez torride en fin de troisième, mais c’était ma première cuite, on m’a raconté après.
Oh c’est dommage, tu te souviens pas?
Je me souviens de 2-3 petits trucs, mais c’est tout. Mais en gros de mon point de vue, ma vie affective et sentimentale c’était un peu un échec. Même quand il y avait des énormes indices qu’éventuellement je plaisais à une fille, — et parfois c’était vraiment des énormes indices quand j’y repense — j’avais si peu confiance en moi que je ne m’imaginais pas vraiment que ce soit possible. J’étais persuadé que je comprenais mal, que je me faisais des idées. Et pour me faire des idées j’étais assez fort, je me faisais des films, j’inventais des histoires…
Ah tu fais toujours ça…
C’est vrai, mais on en parlera une autre fois, je crois. En général, c’était une fille à qui je plaisais vraiment pas. Et je m’imaginais des tas de micro-indices: elle s’est déplacée d’un pas vers moi, elle m’a adressé la parole, elle a posé son sac juste à côté du mien…
Ah ouais, c’est sexy ça !
Et ça me permettait de me lancer dans des scénarios complètement invraisemblables. Donc c’était agréable, je crois que je me complaisais un peu dans cette situation, il risquait pas de m’arriver grand-chose vu que je faisais pas grand-chose pour qu’il se passe quoi que ce soit. Et puis je voulais surtout pas prendre le risque de détruire mes scénarios en risquant un râteau. Bon au fil du temps je me suis quand même rendu compte qu’il y avait des filles qui m’aimaient bien, même en lycée technique quand elles avaient l’embarras du choix. Mais j’étais — et je crois que je suis toujours un petit peu — un énorme sentimental, romantique. Je rêvais d’un conte de fées, et surtout j’étais assez exigeant avec moi-même: il n’était pas question d’en profiter et de sortir avec une fille pour qui je n’éprouvais pas des sentiments à 200%, juste pour jouer. Et comme je ne plaisais apparemment pas à celle — au singulier — avec qui ça aurait été possible, je me persuadais que j’y arriverais jamais. Entre temps, vu que de mon point de vue ça ne marchait pas avec les filles, comme pas mal de garçons ados, sur le plan du sexe et du plaisir sexuel, je faisais mes découvertes tout seul. Avec mon imagination débordante, parfois aidé par des magazines qui circulaient dans le bus scolaire, ou des pages lingerie des catalogues de La Redoute.
Alors nous on n’avait pas de trucs comme ça pour les filles, c’est pas juste.
C’est vrai. C’est vrai, je me rappelle pas de pages des catalogues de La Redoute pour lingerie masculine.
Oh il devait y en avoir, mais ça ne nous faisait pas fantasmer.
Et du coup, ça m’arrivait de faire des dessins, des espèces de mini-BD
Ahh?
que je dois toujours avoir quelque part !
Faudra que tu me les montres.
En famille, on ne parlait jamais de sexe. Je crois que j’avais éludé une conversation avec mon papa sur la contraception, parce que de toutes façons on en avait déjà largement parlé dans les cours d’éducation sexuelle au collège. Le pauvre, il avait essayé. Maintenant, je suis papa, je compatis un petit peu.
Ça va, avec les nôtres, on arrive à en parler.
Ouais, c’est un peu plus facile. Et puis il y a eu cet été en colo, quand j’avais à peine 16 ans. Elle, elle allait sur ses 18 et on va dire que… on va dire qu’elle savait où elle voulait en venir. Et même si c’est moi qui ai fait le premier pas, je crois que j’étais bien content de me laisser faire pour les pas suivants. Et c’était assez confortable en fait, une fille qui prenait des initiatives à ce point. Et puis… Quelles initiatives!! On passait des week-ends en camping, et je me souviens de nuits à la belle étoile — on n’avait pas le droit d’être dans la même tente, les filles et les garçons, on avait trouvé la faille dans le règlement — et on n’avait pas beaucoup dormi. Moi j’étais en mode découverte complète, et elle a priori un peu moins. Elle savait à peu près ce qu’elle faisait. Un peu plus tard j’avais débarqué chez elle à l’improviste, le jour de son anniversaire je crois. et ben on n’avait pas beaucoup dormi non plus. Elle était assez expérimentée, c’est assez fou le nombre de trucs qu’elle connaissait à cet âge-là, tout ce qu’elle osait faire. J’ai appris plein de trucs — enfin, « appris », faut le dire vite parce que je crois que j’étais assez passif. Je pense que j’aurais pu essayer d’emmagasiner un petit peu plus de choses, ça aurait pu servir pour la suite. Mais au final on n’était pas compatibles sur pas mal d’autres trucs. Ça s’est finalement arrêté, à mon initiative, parce qu’après quelques mois c’était assez clair que question sentiments, j’avais mon seuil minimum de 200% et j’en étais assez loin. Et du coup, c’est reparti un peu comme avant, avec les mêmes films, les mêmes idéaux, les mêmes scénarios délirants, puis les mêmes résultats, c’est-à-dire que pas grand-chose se passait. Quand j’y repense, à quelques exceptions près, c’était le cas de pas mal de copains de mon entourage — on était à peu près dans le même environnement — au point que je ne comprenais pas vraiment pourquoi les gars avaient la réputation de vouloir sauter sur tout ce qui bouge. De mon point de vue, c’étaient plutôt les filles qui faisaient ça.
En tout cas celle-là !
En tout cas celles que je connaissais. Si j’en voyais un qui faisait ça, j’éprouvais pas vraiment d’envie d’être comme lui, ça ne m’intéressait pas.
Il y en avait un dans ton équipe de rugby qui était comme ça, c’était flagrant.
Oui. Et au final, j’étais un peu jaloux, parce que pour lui ça avait l’air super facile d’aborder les filles, d’être aussi confiant avec elles, les séduire, tout ça. Mais c’était pas au point d’avoir envie de faire la même chose. Et même après avoir eu un aperçu assez complet et agréable du plaisir que le sexe pouvait procurer avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs, c’était pas du tout ce que je cherchais, c’est pas du tout ce qui prévalait. J’avais pas vraiment envie d’avoir des relations juste pour m’amuser. Je cherchais pas des aventures sexuelles, ça passait vraiment loin après chercher un truc romantique avec du sentiment à bloc. Et j’ai jamais vraiment lâché ça. J’ai jamais vraiment lâché cet idéal. Du coup avec cette approche j’ai eu assez peu d’occasions de faire un tour d’horizon avant de rencontrer Joséphine. Et je crois que j’ai à peu près fini. Ça va être son tour de raconter son histoire à elle. Allez, il était une fois Joséphine. Tadam! Ah ah! J’ai un tadam aussi!
Alors en fait on avait pas mal de choses en commun. Pendant très très longtemps, j’ai cru que je ne pouvais pas du tout plaire aux garçons, c’était juste pas possible. Par contre, il y avait certains garçons qui me plaisaient beaucoup. Moi aussi je me faisais mes films dans mon coin. Je développais des sentiments très romantiques pour des garçons — enfin un à la fois, un garçon par année scolaire en gros. Je suis capable d’avoir une imagination assez débordante, ça alimentait très très bien mes films. Je crois que ça frisait un petit peu l’obsession quand même, mes sentiments pour ces gars-là. Avec mes films, on aurait pu faire des romans à l’eau de rose, des chansons fleur bleue, ou des films très très cul-cul.
Voilà ce qu’on va faire après le podcast!
Non, non, parce que… pffff… Je t’assure, le scénario n’en valait pas la peine. C’était pas une très très grande qualité.
Oui, mais avec les miens, on peut les mettre ensemble.
Mouais. En plus, l’autre protagoniste, il ne jouait jamais le rôle que je lui attribuais, donc ça marchait pas. C’était toujours à sens unique, Je me faisais mes films et ça restait des films. Et puis même si c’était purement imaginaire il y avait quelque chose qui était assez réel, c’était mes émotions et mes sentiments. Ça pouvait être très très intense. À côté de ça, comme beaucoup de jeunes filles, je complexais sur mon physique parce que j’ai eu une puberté très tardive. Mon corps a fini par se développer après toutes les autres, mais quand il s’est développé, il ne s’est même pas développé de façon très plantureuse. Pas du tout, en fait. Il faut ajouter à ça que je n’avais jamais embrassé un garçon, alors que toutes mes copines étaient bien plus avancées. Donc, je me sentais vraiment, vraiment en retard. J’ai compris très tard que je pouvais plaire. Je crois que la toute première fois que j’ai accepté d’y croire un petit peu, c’est quand mon grand frère m’a dit que ses copains à lui me trouvaient mignonne. Alors ça c’était étonnant, je n’y croyais pas au début. De réflexion en réflexion de la part de mes copains et de mes copines, j’ai fini par y croire, pour de bon. Et vers mes 18 ans, j’ai fini par embrasser un premier garçon. On s’était croisés 2-3 fois avant, il y avait eu quelques échanges de regards, mais j’avais pas eu le temps de me lancer tout de suite dans des films. Et ce soir-là, ma copine m’avait prêté un dos nu qui avait fait pas mal d’effet.
T’as des photos?
Euh… je crois pas. C’était un bout de tissu, on l’a appelé « le bout de tissu ».
Parce que moi j’ai vu des photos de quand t’avais 18 ans. En effet, je comprends que tu plaisais aux garçons.
Bref, moi, j’étais prête pour une relation très romantique avec ce gars-là que j’avais enfin embrassé. Il y a eu de chouettes moments, mais comme les vacances commençaient, ça nous a un peu éloignés, et loin des yeux, loin du cœur. Donc, c’est tombé à l’eau. En tout cas, c’était le cas pour lui, parce que moi, j’étais toujours à fond. Je suis restée à fond un moment, toute seule dans mon coin. Et j’ai refait des films avec lui mais… lui, il ne voulait pas jouer dans mes films. Ceci dit, avec cette première expérience, j’ai usé de mon charme avec d’autres garçons pendant les quelques années qui ont suivi. C’était un peu plus facile pour moi de choper en soirée que de choper des copains. Et j’aimais bien cette sensation de désir qui monte, d’attraper des regards, des sourires, de séduire. Mais alors c’est étonnant, toutes ces histoires-là où je chopais en soirée, — enfin, « toutes », il n’y en a pas eu tant que ça — ça donnait pas grand-chose après la soirée… J’étais toujours à la recherche de l’élusive relation romantique partagée. Mais apparemment ma méthode, ça ne marchait pas pour ça.
Ah moi j’arrivais vraiment pas à faire ça.
Ouais, je l’ai fait 2-3 fois.
C’était pas concevable pour moi.
Mais ça marche pas… Enfin, pas pour une relation romantique à long terme. J’avais coché la case « j’ai embrassé un garçon », ça c’était bien. Il y a même eu des bisous qui étaient sympas, c’était cool. Par contre, la case « j’ai eu une amourette qui a duré plus que quelques jours », bah j’avais pas. Et alors la case « j’ai eu des relations sexuelles » non plus. Quand j’avais 20 ans, je me suis retrouvée dans un endroit qui portait assez bien sa réputation de baisodrome. Il faut imaginer un endroit
plein de jeunes filles, plein de jeunes hommes,
qui sont enfin sortis de chez papa et maman. Ils passent plusieurs mois dans cet environnement qui est légèrement déconnecté du reste du monde. Il y a quelques adultes autour qui tentent d’encadrer ce beau bordel, mais c’est tout de même un baisodrome.
Avec plus de garçons que de filles, non?
Mmm… Pas tant que ça. Peut-être un peu plus, ouais. Un peu plus de garçons que de filles. J’ai eu ce que j’ai appelé après coup ma « période de rattrapage », où j’ai coché quelques cases, en tout cas j’ai essayé. Donc j’ai eu trois histoires je crois là-bas. Dans ma première histoire, en fait je me suis laissée faire. J’étais très très passive. C’était un petit peu comme si j’observais la situation de l’extérieur. La première histoire c’était avec beaucoup de douceur et de gentillesse, mais j’étais pas vraiment là en fait. La deuxième histoire, je me suis aussi laissée mener complètement, mais cette fois il y avait moins de gentillesse. J’ai rapidement senti que j’avais été utilisée, qu’en fait ce gars-là m’avait séduite juste pour se glorifier auprès des autres. Il avait réussi. Et c’était… Sentir que j’étais juste une tête de plus au tableau de chasse, ce n’était pas très glorifiant pour moi. Et alors, il y a eu une troisième histoire avec un très beau gosse. Et là, pour le coup, moi, j’étais partie pour une relation amoureuse, une vraie. Mais un de mes potes m’a dit assez brutalement — je crois qu’il était un peu jaloux — il m’a fait réaliser assez brutalement que ce beau gosse, c’était un serial chopeur. Il chopait toutes les filles autour de lui. En tout cas, celles qui étaient assez bien. Les moments qu’on partageait, lui et moi, je croyais que c’était assez particulier pour nous. En fait, non, pas du tout. Il les partageait aussi avec les autres filles, parfois plusieurs filles à la fois. Donc, j’ai pas mal déchanté. Avec ces trois-là, j’ai pu cocher la case « j’ai enfin fait l’amour avec un garçon ». Ceci dit, non, je crois que j’aurais coché la case « j’ai eu des relations sexuelles », mais pas « j’ai fait l’amour ». Ce n’était pas du tout exceptionnel, parce qu’en fait, je me laissais faire, j’étais un peu une poupée qui s’allonge, qui attend, qui ne sait pas quoi faire. Et au niveau du ressenti, il n’y avait pas grand-chose. La case « j’ai eu une aventure un peu sérieuse »… elle était toujours toute blanche, elle… T’es là encore, toi? T’écoutes? Ou tu te bouches les oreilles? Qu’est-ce qu’il se passe?
Ah… Euh… Je n’aime toujours pas entendre ça, moi.
Pourquoi?
Même maintenant, même après tout ce temps, ça me fait me rendre compte que toi, t’as eu des tas d’aventures légères.
Des tas, des tas. T’exagères. C’était pas des tas.
Beaucoup plus que moi.
Oui, certes.
Alors que je me l’interdisais en quelque sorte. Je gardais mon idéal romantique de trouver la bonne et toi, tu l’avais un petit peu abandonné, au moins provisoirement.
Non, j’utilisais juste des mauvaises méthodes.
Et d’ailleurs, jusqu’à il n’y a pas longtemps, je ne voulais absolument rien savoir sur cette période, je ne voulais pas savoir combien de gars, combien de temps ça avait duré, ce que tu avais fait avec eux. Et c’était un peu bête parce que je m’imaginais des trucs complètement abracadabrants, complètement stupides. Donc maintenant je sais que c’est pas aussi pire que j’imaginais, ça va un peu mieux, mais bon, quand même, j’aime pas.
C’est vrai, oui, on n’en a pas beaucoup parlé, toi tu voulais pas trop qu’on en parle, et moi de mon côté ça m’a laissé vraiment un sentiment de vide, c’était pas satisfaisant. Donc j’avais pas non plus une envie folle de m’y replonger et de te raconter des détails. Mais pourquoi ça te mettait mal à l’aise de savoir que j’avais eu des aventures « légères » comme tu dis?
Je me suis un peu demandé si ça me faisait sentir que moi, de mon côté, j’avais raté quelque chose, un peu d’amertume de ne pas avoir vécu la même chose — que ce soit par manque de réussite, d’opportunité ou de volonté — pendant ce temps-là, pendant que toi tu y arrivais. Mais en fait, je pense que c’est pas ça. Parce que quand je croise une belle femme dans la rue, — c’était le cas à l’époque et c’est encore le cas maintenant — je me fais plutôt des films sur ce que je lui dirais si je prenais un verre avec elle, si on se parlait, plutôt que les positions dans lesquelles j’aimerais faire l’amour avec elle. Aligner des conquêtes pour juste coucher avec, c’était pas mon truc… C’est toujours pas mon truc. Je pense vraiment que j’aurais juste voulu que t’aies pas eu cette occasion de faire cette séance de rattrapage. C’est un peu bête quand même.
Ouais, parce que je faisais pas ça pour aligner des conquêtes.
Et c’est marrant parce qu’on en a parlé un jour avec un copain, et c’était exactement pareil pour lui, ça le rendait fou quand sa copine lui parlait de tous les mecs avec qui elle avait été, pendant que lui il réservait toute son énergie pour… « la bonne ». Et après moi je… ça me met un peu dans tous mes états maintenant, mais je pense que si je m’étais retrouvé dans une situation similaire, par exemple avec un ratio fille-garçon un peu plus favorable pour moi,
Oui. Pas 90-10.
Ouais. Je suis pas sûr que j’aurais pas succombé à la relative facilité de séduire à peu près qui j’avais envie. Et je pense pas que ça m’aurait fait renier mes idéaux. Et du coup j’ai aucune raison d’être…
Mal à l’aise.
Mal à l’aise avec ce qu’a vécu Joséphine. Mais bon, vas-y, continue ton histoire.
Donc oui, j’ai fait cette période de rattrapage qui était quand même un peu frustrante. J’ai eu quelques autres aventures, un peu moins rapides, un peu plus choisies. Bon, pas toujours bien choisies. En tout cas, l’idée, ce n’était pas juste de cocher des cases à ce moment-là. Dans le lot, il y a eu des histoires un petit peu drôles, des histoires improbables, il y a même eu du plaisir. Mais comme c’étaient toujours des histoires très très courtes, ce n’était pas forcément ce que je cherchais. Au niveau sexuel, je ne savais toujours pas quoi faire. J’étais un tout petit peu moins la poupée qui s’allonge et qui ne fait rien, mais je ne savais toujours pas comment faire, pas quoi faire. Je pense qu’on peut dire que j’étais coincée, je ne prenais aucune initiative. J’étais pas très à l’aise. Et puis en plus, vu que c’était que des histoires courtes, c’était pas vraiment propice à la mise en confiance, ni à la découverte. Forcément j’avais pas d’orgasme. Il y a eu quelques fois où j’ai pris du plaisir, et ce plaisir c’était surtout centré sur le contact, sur la tendresse, ce n’était pas particulièrement du plaisir sexuel. Il y a eu quand même 2-3 fois où ça a marché. Je me souviens en particulier, il y avait un gars, j’ai su après coup, par mes potes, que je l’avais dépucelé, et j’aurais jamais deviné parce que… pffffou! c’était bien. D’ailleurs j’aimerais bien savoir où est-ce qu’il avait pris des leçons avant son dépucelage, parce qu’il savait faire.
Qu’est-ce qu’il avait fait en particulier? Tu te souviens?
Non, je sais pas, mais on s’était bien amusés. On jouait en fait. Je sais pas, il m’avait mise à l’aise. Je pense qu’avec lui, c’était un des premiers avec qui j’ai pris deux, trois initiatives.
Et ça n’a pas duré avec lui?
Non, il était amoureux d’une autre. Je te dis, je ne choisissais pas forcément très très bien. Alors il y a eu un autre où, quand on faisait l’amour, il y a eu un moment, une fois, où j’ai cru sentir quelque chose de plus intense que d’habitude et je me suis dit « Wow! Qu’est-ce qui se passe? C’est trop bien! » Mais un peu avant, j’avais rigolé et il m’avait déjà un peu rabattu le caquet parce qu’il ne fallait pas déranger les voisins. Et là, il m’a encore mis une douche froide à ce moment-là et du coup, prfft, je n’ai plus ressenti grand-chose avec lui. Je me sentais plus à l’aise, j’étais plus libre de profiter. C’était pas cool. Ça n’a pas duré non plus avec lui. Donc bref, on en était là quand on s’est rencontrés pendant nos études avec Hippolyte. On était au début de la vingtaine tous les deux. On s’est mis ensemble. Et c’était très très intense d’un côté, un petit peu moins de l’autre.
Et vu ce qu’on vous a dit avant, on vous laisse deviner de quel côté c’était le plus intense.
C’était du côté d’Hippolyte, je pense que c’est assez clair. On a passé une première nuit ensemble qui était très très soft, c’était tout doux. On se câlinait et puis j’ai demandé si je pouvais rester dormir avec toi. Parce que — juste parce que j’étais bien là.
Et moi j’étais mort de trouille…
J’en ai un très très bon souvenir, c’était vraiment tout doux.
…de faire un faux pas!
J’ai bien vu que Hippolyte était très amoureux, je pense qu’il était à plus que 200%. Moi je me sentais mal à l’aise de ne pas ressentir la même chose. Je le voyais là-haut sur son petit nuage. Et chez moi, la fusée refusait de décoller. Je me sentais mal à l’aise parce que je ne voulais pas lui mentir. Du coup j’ai mis fin à cette première tentative. Ce n’était pas facile pour lui.
Le compteur de pourcentage avait explosé un petit peu, d’ailleurs j’en ai plus maintenant. C’était pas facile du tout. Pendant plusieurs années, j’arrivais pas à mettre de côté mes sentiments pour toi. Ça me pesait beaucoup, c’était vraiment pas drôle. J’ai pas mal de regrets sur cette période au final, parce que je me suis retrouvé à déprimer, à pas vraiment profiter de la vie, en m’accrochant à des idéaux qui clairement ne me faisaient pas du bien, alors que j’aurais pu m’amuser et rencontrer des gens. Et quand je repense à ces années, c’est pas joli joli à regarder dans le rétroviseur. Mais bon, c’est fait, tant pis, j’ai appris des trucs. Et puis, c’est pas complètement perdu. Parce que pour me changer les idées, j’ai fait plein de sport, j’ai fait plein de projets. Et puis bon, au final, tout est bien qui finit bien, on s’est remis ensemble.
Oui, on était restés en contact en fait, parce qu’on s’entendait très très bien. Finalement, après plusieurs années, je nous ai redonné une chance. J’étais pas vraiment sûre de moi parce que… je ne voulais vraiment pas te briser le cœur à nouveau. Mais je peux dire que c’était une bonne idée en fait.
Oui.
Du coup, on s’est installés ensemble, on a mis en route des projets qui étaient un petit peu fous, qui ont testé notre relation, qui l’ont renforcée d’ailleurs. On a fait des enfants, on est devenu un couple vraiment ordinaire, comme il y en a des millions.
Et voilà. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Une fin idéale. C’est bon, on a fini le podcast alors.
Ouais, on a commencé par « Il était une fois… ».
Au revoir, c’était sympa, c’était cool.
C’est tout? On a fait combien d’épisodes? Deux?
Bah un.
Oh non, allez, on raconte la suite?
Je sais pas… On n’a plus le temps de toutes façons.
Non, pas maintenant, mais on fait un prochain épisode?
Ouais…
Allez, à bientôt!
Ok, un épisode en plus alors…
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