En cherchant – en douce – de l’information sur se grand sujet tabou qu’est le sexe, on a fini par trouver quelques sources qui nous ont doucement ouvert les yeux. Entre le plaisir féminin pour les nuls, des articles de journaux , des livres d’urologue et de gynéco (et bien d’autres), Hippolyte et Joséphine ont fini par apprendre deux ou trois petites choses. Mais de là à en parler ensemble, il y avait encore un pas, qu’ils n’allaient pas franchir aussi allègrement que ça !
Quelques références (si vous voulez vous les procurer n’hésitez pas à utiliser les liens ci-dessous, ça nous rapportera une – toute petite – commission) :
- Maïa Mazaurette a écrit, enregistré, illustré des tas de chroniques, livres, BDs et plus encore. Commencez par ce qui vous chante ! Parmi ses titres : Maison Close, Sortir du trou – Lever la tête, Le Sexe selon Maïa: Au-delà des idées reçues, Peut-on être romantique en levrette ? : 69 questions pas si absurdes sur le sexe et bien d’autres
- The Vagina Bible – The Vulva and the Vagina: Separating the Myth from the Medicine by Jennifer Gunter. En français : La Bible du Vagin – Vagin, vulve et Cie : Faites enfin la différence entre mythologie et santé !
- Sex in the museum – my unlikely career at New York’s most provocative museum by Sarah Forbes. Pas encore traduit en français…
- Et pour ceux qui n’ont pas la référence de la blague « téléphonée » : Téléphone – New York avec toi
Transcription
[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]
Bonjour, c’est Hippolyte
et Joséphine !
Bienvenue dans cet épisode qui continue sur le thème des premiers pas. Aujourd’hui, « À la recherche de réponses aux questions qu’on ne savait pas poser » Dis-donc, c’est un long titre, ça !
Oui, c’est un peu compliqué ! Donc, où est-ce qu’on en était ? La dernière fois, on a expliqué que on avait un couple un peu comme tout le monde, ça allait bien. Mais parfois, nos relations étaient un peu affectées par le fait que notre vie sexuelle, elle était bien, mais sans plus. Hippolyte était chargé de lancer les hostilités, mais moi je n’étais pas toujours partante, surtout quand j’étais fatiguée. Du coup Hippolyte se mettait à bouder, moi je me demandais pourquoi il n’avait plus envie de faire l’amour avec moi. Ça pouvait durer des semaines quand même, au point où ça affectait nos relations de couple. Bon, on finissait par se réconcilier, mais entre deux, on se demandait si l’autre ressentait vraiment du désir. Et notre couple n’était pas seulement construit sur le sexe, évidemment. Mais c’était quand même un peu perturbant de se demander, « est-ce que je l’attire encore ? »
Oui, parce qu’on était un peu plus que des colocataires quand même ! Bon, au fil du temps, — là ce qu’on va raconter, ça s’étire sur plusieurs années de notre vie. On s’est mis un petit peu à chercher ce qui pourrait nous aider à faire évoluer un petit peu la situation. Ce qui est assez drôle, c’est qu’on a fait ça chacun de notre côté, sans rien dire à l’autre. Toujours parce qu’on n’osait pas en parler. De mon côté, je suis passé par des grosses remises en question sur moi-même. Parce que si Joséphine n’éprouvait pas de plaisir avec moi, c’était de ma faute.
Mais je ne prenais pas pas de plaisir avec toi.
Pas suffisamment.
Oui, pas suffisamment à ton goût.
J’ai toujours été certain que j’étais un petit peu rapide à atteindre l’orgasme, ce qui ne donnait peut-être pas à Joséphine le temps de monter en plaisir. J’étais un peu conscient de ça et je tâchais de mettre un peu plus l’accent sur les caresses, un peu partout, et de retarder le plus possible le moment où on passait à la pénétration. Alors c’était pas toujours évident, parce qu’il semblait que Joséphine elle voulait y passer assez rapidement.
Bah oui, c’était bien.
Et une fois qu’on y était, je voulais faire ralentir et faire durer au maximum. Et ce n’était pas évident non plus, car Joséphine semblait décidée à me faire jouir le plus vite possible.
Bah oui !
Et j’ai fait des recherches sur « le plaisir féminin pour les nuls », mais les conclusions étaient un petit peu décevantes. C’était un peu bateau sur des femmes clitoridiennes ou vaginales, des trucs comme certaines femmes n’auront jamais d’orgasme juste avec la pénétration. Je suis tombé sur certains trucs carrément contre-productifs avec des nanas qui expliquent que de toute façon les hommes sont là que pour leur plaisir à eux, ou encore que la pénétration c’est rien d’autre qu’un symbole du capitalisme patriarcal. Alors petite note pour ces personnes : dépeindre les hommes comme indifférents au plaisir des femmes, je peux vous dire qu’au minimum ça attriste les hommes qui vous écoutent — c’était mon cas — et au pire ça les braque — c’était pas vraiment mon cas.
Non, ça va, tu t’es pas braqué. Tu as continué malgré ça.
Mais c’était pas…
Non, c’est pas agréable à lire en tant qu’homme.
Et puis d’autres trucs, comme pourquoi il ne faut pas se mettre la pression, que ça vient tout seul, naturellement. Alors là, je peux vous dire que si j’avais suivi ce conseil, on y serait encore. J’ai quand même trouvé quelques conseils intéressants et techniques, qui m’ont fait essayer pas mal de trucs, que ce soient des caresses, des mouvements de langue, différents angles pour la pénétration, avec des tentatives de ralentir. — comme je disais, c’est pas facile avec Joséphine — pour mieux sentir, apprécier. Honnêtement, parfois, je ne savais pas trop ce que je faisais. C’est sympa de dire qu’il faut faire ça ou ci, ou comme ça, ou dans ce sens-là, au clitoris… Mais bon, d’abord, il faut le trouver !
Il n’y a pas une étiquette dessus, même pour nous les femmes.
Et puis alors, dans le noir, sous les draps, bonjour, quoi ! Donc j’essayais des trucs, toujours avec douceur et sensualité, à partir de ce que je lisais. Ma perception, c’était que c’était toujours pas mal, sans plus. Des fois j’avais le sentiment que ça marchait un petit peu mieux, mais c’était pas vraiment reproductible. Un truc qui avait l’air de marcher pas trop mal une fois, bah la fois d’après ça marchait plus du tout. Du coup ça perturbait complètement mes recherches scientifiques, je prenais des notes, tout ça. Et c’est assez intéressant parce que maintenant que je sais quoi chercher, c’est beaucoup plus facile de trouver des trucs.
Oui !
Alors qu’avant, je ne savais pas trop comment rechercher.
Oui, quels mots magiques rechercher.
Oui
J’ai eu ce problème-là aussi.
Quels termes, quel objectif en fait. On ne trouve pas grand chose si on ne sait pas les bons mots. Et du coup, depuis cette époque, on a trouvé pas mal de choses. Il y a peut-être aussi un peu plus de choses qui sont disponibles : des livres, des documents, des podcasts. Et ça aurait pu nous faire gagner pas mal de temps. Peut-être que c’est des choses qui sont sorties après. Ça méritera peut-être qu’on fasse un épisode dédié pour ça.
Oui.
Mais bon, on n’en parlait toujours pas entre nous. Toutes ces recherches, je gardais ça pour moi. Même les petites expériences que j’osais faire sur Joséphine « j’osais faire sur Joséphine 😄 » Je me basais juste sur ce que je voyais, ce que je sentais. Mais alors lui demander ce qu’elle en pensait, c’était juste pas possible. Je me sentais pas capable de faire ça. Je sais pas si de son côté elle sentait des changements quand j’essayais ces trucs. Mais au final, la situation, elle changeait pas énormément. Il y avait toujours cette impression persistante de déséquilibre de libido. On n’arrivait toujours pas à trouver ce qui nous ferait inverser la tendance, ou au moins trouver une sorte de déclic qui ferait naître un peu plus de désir, pour amener un peu plus de plaisir à tous les deux et donc plus de désir, et de plaisir, etc.
Ça tourne en rond !
C’est bien. Attends, c’est joli : le désir qui vient par le plaisir et vice versa. Il faudra que je la ressorte. Bon, sur ce, je crois que toi aussi tu avais fait pas mal de recherches, non ?
De mon côté, moi aussi, je cherchais à combler mon manque de connaissances et c’était principalement via des lectures. J’ai commencé par ce qui était le plus facile à trouver, c’étaient des lectures sur le plaisir féminin qui étaient assez simplificatrices. J’avais vu des articles dans les infos, à droite à gauche. Je n’ai jamais acheté un seul magazine féminin, mais je pense que c’était des lectures du type magazine féminin très superficielles, très simplificatrices.
C’est ce sur quoi on tombe quand on cherche ça sur Google.
Oui, bien sûr. Finalement, il n’y avait pas beaucoup de…
Je sais, j’ai lu à peu près les mêmes, je pense.
Je ne trouvais pas beaucoup d’informations, pas beaucoup d’ouverture d’esprit. Et ma conclusion, c’était juste que l’orgasme, il ne faut pas le chercher à tout prix. Il vaut mieux profiter du plaisir qui est là. Après, j’ai trouvé des lectures sexo un peu plus poussées. Alors, soit j’ai eu de la chance, soit effectivement, comme tu disais, ça a commencé à être plus disponible. J’ai trouvé des articles plus précis, plus ouverts d’esprit, plus profonds. Je me souviens pas mal des chroniques de Maïa Mazaurette. Quand je l’ai découverte, Maïa Mazaurette, j’ai lu tout son historique. C’était assez intéressant. Elle traitait de sujets vraiment très variés, que je n’aurais absolument pas cherchés si je n’avais pas lu tout son historique. Elle faisait ça sans jugement, avec pas mal d’humour, et avec une légèreté de ton qui allait avec une profondeur de réflexion. C’était vraiment pas mal. D’ailleurs, je crois que je t’avais partagé un petit peu ça.
Ouais, elle avait fait des petits podcasts ou des émissions.
Oui
Il me semble que j’avais écouté. Elle a une jolie voix, d’ailleurs.
Alors, je me souviens aussi d’articles un petit peu surprises que j’ai lus et qui m’ont marquée. Il y en avait un sur une femme qui avait 72 ans, qui était sexuellement très gourmande. Malheureusement, son mari devait prendre des antidépresseurs qui avaient un effet secondaire de réduire sa libido. Donc, ils en avaient parlé et puis, en toute transparence et avec l’accord de son mari, elle cherchait d’autres hommes avec qui elle pouvait s’amuser au lit. Elle racontait donc qu’elle avait rencontré un homme. Au départ, cet homme-là, il n’était pas prêt pour aller plus loin que des rencontres platoniques. Mais au bout d’un moment, il lui a dit « Ça y est, je crois que je suis prêt pour être un friend with benefits. » « Friends with benefits », en anglais, ça veut dire que tu veux bien faire l’amour avec eux aussi. Et donc là, elle avait découvert un amant qui prenait beaucoup de plaisir à donner du plaisir et à voir l’autre jouir. J’ai pas retrouvé l’article, mais je me souviens tout à fait du ton vraiment naturel. C’était complètement normal qu’à 72 ans, elle soit très active sexuellement. C’était complètement normal de rechercher le plaisir, de rechercher le plaisir avec un autre homme. Que son mari soit d’accord, c’était normal aussi. Et cet homme qui prenait du plaisir à en donner, c’était cool quand même.
Je sais.
Ouais, mais moi, je savais pas que t’étais pas unique, en fait. Il y avait un autre article avec une femme qui souffrait de vaginisme. Le vaginisme, pour ceux qui n’en souffrent pas
et qui ne connaissent pas
et qui ne connaissent pas ça veut dire que les muscles du périnée se contractent de façon involontaire et de façon réflexe. La pénétration, ce n’est pas possible. Ou quand c’est un petit peu possible, c’est vraiment douloureux. Cette femme racontait que son mari était… l’avait vraiment beaucoup, beaucoup soutenue pendant toutes ses recherches. Et en fait, elle et son mari, ils avaient une vie sexuelle qu’elle jugeait probablement bien plus variée et plus épanouie que les autres couples, parce qu’ils avaient trouvé des tas de moyens de se faire plaisir l’un à l’autre sans aller jusqu’à la pénétration. Ça, c’était rigolo. Après, j’avais lu un livre qui s’appelait « Sex in the Museum, My Unlikely Career at New York’s Most Provocative Museum » de Sarah Forbes
Ouh yeah
C’est une jeune qui racontait son premier emploi dans un musée, en tant que conservatrice de musée. Elle s’occupait du musée du sexe à New York.
Il y a un musée du sexe à New York ?
Il y a un musée du sexe à New York.
Faudrait que j’aille à New York avec toi, alors.
Un jour, on ira là-bas.
Tu m’emmèneras ?
Emmène-moi !
C’est pas du tout téléphoné comme blague, ça !
C’était intéressant aussi sur le sujet, « Mais qu’est-ce que c’est que le travail d’un conservateur de musée ? Comment ils fabriquent les expositions ? » Elle, pour préparer ses expos, avait visualisé des heures et des heures de porno.
Sympa !
C’est la première fois que je lisais des choses sur des kinks, les bizarreries sexuelles. Ça allait du classique, comme les gens qui ont un faible pour les pieds ou le nombril, ou qui aiment bien la domination ou la soumission, à des choses un peu plus originales, comme des gens qui aimaient bien la grossesse parce qu’ils prenaient du plaisir à voir un corps gonfler.
C’est super bizarre, ça.
Oui, c’est bizarre, ça s’appelle un kink.
Enfin bon, c’est joli une femme enceinte, mais ça ne grossit pas vite quand même.
Non, ça ne grossit pas vite, mais ça enfle. Je ne sais pas, je ne partage pas ce kink-là, je ne peux pas t’expliquer.
C’est bizarre.
C’est l’idée… En fait, c’était rigolo parce qu’à côté de toutes ces connaissances qu’elle avait accumulées sur le sexe, elle avait une vie personnelle sexuelle plutôt tranquille, plutôt plan-plan.
Elle n’enflait pas ?
Mmmmh … Si, à un moment, elle a enflé, justement. Elle est devenue enceinte et ça lui posait problème que des gens pouvaient avoir des kinks sur elle. Après, j’avais lu un autre livre sur le plaisir masculin. J’ai oublié le titre. C’était un urologue qui l’avait écrit. Il y avait des parties du livre qui étaient un petit peu simplistes, genre il y avait un patient qui consultait pour des problèmes de libido ou d’érection et le docteur lui dit « Bon, regarde ma secrétaire, — a priori elle était bien roulée — si elle s’approche de toi, est-ce que tu pourrais avoir une érection ? Oui ? Bon, alors tu n’as pas de problème de libido, tout va bien. »
Oui, c’est un peu rapide.
C’est un peu simpliste. Par contre, il y avait des choses intéressantes. Il expliquait des manières de manipuler un pénis, comment ne pas avoir peur de le serrer parce qu’en fait c’est solide, on risque pas trop de le casser. C’est justement ça qui fait du bien quand on le serre. Il fallait me le dire, c’est pas plus compliqué que ça. Il parlait aussi de comment on peut jouer du phénomène d’aspiration pendant une fellation. J’ai testé, apparemment c’est pas mal.
C’est pas mal, je confirme.
Alors, après avoir lu un livre d’un urologue, j’ai lu un livre d’une gynéco. « The Vagina Bible » de Jennifer Gunter. En français — ça a été traduit — il faut chercher « La Bible du Vagin. Vagin, Vulve et compagnie : Faites enfin la différence entre mythologie et santé«
C’est super long comme titre !
Oui, et il ne me parle pas beaucoup comme titre, mais le livre est vraiment bien. En fait, c’est une gynéco qui a beaucoup d’expérience et qui est très, très forte en vulgarisation. Donc j’ai appris des tas de choses. En prime, elle partageait des images de vulves qui étaient vraiment très variées. Et ça, c’était pour expliquer que les vulves qu’on peut voir dans les films porno, qui sont presque toutes les mêmes, en fait, ce n’est pas du tout la seule version de la vulve normale. Les vulves peuvent être très, très différentes, tout en restant normales.
Ce n’est pas que dans les films porno, c’est aussi dans les dessins qui décrivent le sexe féminin.
C’est vrai.
C’est assez standard quand même.
C’est vrai. Alors forcément, avec une telle variété, ça rend la recherche de clitoris, à partir des schémas classiques, un petit peu compliquée pour certains, avec certaines.
Ah bah oui, ça me rassure un peu, ça, quand même.
Donc avec tout ça, mes lectures, elles ont évolué au fil du temps. Je pense qu’elles ont aussi pas mal évolué au fur et à mesure que la société s’est ouverte à plus de discussions et d’informations sur la sexualité. Forcément, il y avait plus de ressources.
Oui, il y avait plus de choses disponibles.
Je me suis rendue compte il n’y a pas longtemps que c’est seulement en 2008 que des chercheurs ont fait une échographie 3D complète du clitoris stimulé.
C’est intéressant ça. Tu pourras m’envoyer le papier de recherche ? Parce que…
Il faut que je le trouve.
Le protocole expérimental m’intéresse…
Pourquoi ?
Je ne sais pas, comme ça… Ça doit être par curiosité scientifique.
Oui, ça doit être ça. Bon sinon, a priori, ça faisait bien déjà 20 ans qu’il y avait eu des échographies 3D complètes du pénis stimulé. On peut aussi essayer de trouver le papier de recherche.
Pour ça, moi, je n’ai pas besoin d’échographie.
Non, ça va, tu sais comment ça marche ? Non, mais c’est pour moi, c’est le processus scientifique. Alors, au fur et à mesure que je comprenais des choses, je faisais des recherches qui étaient plus spécifiques, et forcément, les résultats s’en ressentaient, c’était de meilleure qualité. Mais j’en parlais jamais. Je faisais mes lectures en douce, sans qu’Hippolyte s’en rende compte, et j’osais absolument pas en parler.
Il y a eu deux-trois trucs qu’on partageait parfois. On n’arrivait pas encore beaucoup à en parler. « Ah oui, c’est rigolo. » « Ah oui, c’est marrant. »
Je crois que deux-trois fois, tu m’as dit « Ah tiens, j’ai lu un article sur ça. » et je faisais « Ah ben, j’ai lu le même ! »
C’est possible. Oui, parce qu’on ne partage pas le même compte Google, mais dans les news, on avait le même genre d’articles apparemment. Et je crois qu’un jour, j’ai osé demander à Joséphine si elle avait vraiment des orgasmes. Et la réponse était plus ou moins vague.
C’était « Oui, j’ai eu beaucoup de plaisir. Mais tu sais, c’est bien. »
Du coup, vu que j’avais entendu ça un petit peu déjà, ça ne me suffisait pas comme réponse. Puis ça a continué à me travailler. J’ai essayé de reposer, de reformuler. Quelques semaines, quelques mois plus tard. « Bon, OK, tu m’as dit que tu avais beaucoup de plaisir, mais est-ce que tu en as suffisamment ? » ou des trucs du genre.
Mais c’est difficile de répondre à ça parce que quand on n’a jamais… J’avais pas de cadre, j’étais jamais allée plus haut.
Oui, je sais bien.
Je n’étais jamais allés aussi haut, mais je n’étais pas non plus allée plus haut, donc je ne savais pas ce que c’était.
C’est quand même des questions chargées, donc…
Un peu, oui !
c’est un peu culpabilisant.
Oui, t’imagines si je t’avais répondu « Ben non, t’es un mauvais coup. »
Oui, mais non. Moi, j’étais prêt à accepter ça et à essayer de travailler pour que ça change. Mais à chaque fois, je posais la question un petit peu différemment pour pas faire le gros lourd, pour pas faire une fixette sur le fait que Joséphine ait des orgasmes ou pas. Parce que surtout, c’était pas ça qui était si important que ça. L’objectif, c’était vraiment que je sente que Joséphine, elle prenne suffisamment de plaisir pour que la prochaine fois, ce soit elle qui initie et qui ait envie de moi.
Mais en fait, pour la petite histoire, je pensais pas que t’étais un mauvais coup. Je pensais juste que le problème était chez moi.
Ouais, mais moi je savais pas et pour moi le problème il est toujours de mon côté. Et oui, c’était vraiment pas facile de de poser la question une fois, déjà. Et c’était encore plus difficile de reposer la question, et encore une fois, et encore une fois. Mais bon, c’était peut-être pas complètement vain. Ça a fait son travail, un petit peu, je pense.
Petit à petit. Mais en fait, quand j’y pense, on a eu quelques petites conversations timides qui étaient un peu plus techniques sur ce qu’on aimait bien ou moins bien au niveau sexuel. Il y avait toujours cette gêne qui était l’éléphant dans le…
Dans la chambre à coucher.
Dans la chambre à coucher ! On avait vraiment peur de choquer l’autre. Mais je me souviens d’un truc qui date un peu. Quand toi tu m’avais dit, « Ouh là là, quand tes seins et tes tétons se posent sur mon torse, c’est wow, c’est trop bien. » Moi j’aurais jamais imaginé que je puisse te faire du bien avec mes seins.
C’était il y a super longtemps, ça.
Oui, c’était il y a longtemps. Mais quand tu m’as dit ça, wow ! J’ai regardé mes seins d’une autre façon, après. Il y a eu une autre fois où, pendant qu’on faisait l’amour, je frottais mon sexe contre ta cuisse, parce que ça me faisait du bien. Et toi, tu m’as fait une remarque, tu m’as dit « Ouh là là, j’aime bien quand tu fais ça. » Là, je me suis rendu compte de ce que je faisais. C’est devenu plus clair pour moi. Je me caressais sur toi, je me laissais aller à mes pulsions. Et en fait, le premier réflexe que j’ai eu à ce moment-là, c’était d’en avoir honte.
En plus, il y avait un éléphant qui regardait.
C’est dégueulasse. Et c’est dommage, parce que le premier réflexe que j’ai eu, c’était « Ouah, j’ai fait ça, c’est dégoûtant ! » Et en fait, j’ai réussi à combattre ce réflexe et à me dire « Oui, mais d’une part, si je le fais, ça me fait du bien, et en plus, lui, ça lui fait plaisir. Pourquoi se gêner ? »
Ouais.
Je pense que quand tu m’avais fait cette remarque sur ta cuisse, j’avais été tellement mal à l’aise que j’avais absolument rien dit. Donc tu avais essayé encore de parler, mais sans réponse.
Et je pense que sur le coup, ça t’avait un petit peu inhibée. Tu ne l’avais pas beaucoup refait après.
Je le refais maintenant.
Maintenant tu le refais, mais…
Oui, j’ai dû combattre mon inhibition. J’ai réussi, j’ai gagné.
Et question batailles contre les inhibitions, un beau jour, il y a quelque chose qui nous a permis d’oser un peu plus vite.
Ah c’est le jouet.
Oui… Mais ça, je pense qu’il faut qu’on en parle dans un prochain épisode.
Ah… Si on ose !
On va oser.
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