• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale

Si on osait...

... avec Hippolyte & Joséphine

  • Écouter
  • Playlists
  • Partager
  • Nous écrire
  • Soutenir

Libertinage

015 | On on est libertins ! – le débrief d'un couple un petit peu moins comme tout le monde

Hippolyte & Joséphine, le 21 octobre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
015 | On on est libertins ! – le débrief d'un couple un petit peu moins comme tout le monde
Loading
00:00 / 29:18
Amazon Audible Apple Podcasts Deezer Patreon Podbean Podcast Addict Spotify YouTube
RSS Feed
Share
Link
Embed

Où on se remet doucement de toutes les sensations et émotions de notre première soirée libertine avec Pénélope et Léopold, avec des réflexions surprenantes et de quoi alimenter nos discussions pendant un moment.

Et oui, on on est devenus libertins. Oui, on on a continué à rencontrer des couples. Ça tombe bien, on va continuer à vous en parler dans le podcast. Aidez-nous à choisir les prochains sujets !!

Références :

  • Mylène Farmer reste encore avec nous, dès le titre ! On l’aura chantée, Libertine…
  • Open Deeply de Kate Loree, pour ceux qui lisent l’anglais. Un excellent livre pour aider à gérer les émotions et la communications dans les couples ouverts tout comme les couples monogames.
Marque-pages

00:00 « Si on osait », avec Joséphine … et Hippolyte !
01:05 Le débrief et les effets secondaires
04:20 Attention : jouer avec le feu ça peut brûler
06:25 Le débrief : c’était chouette !
08:28 Exhibitionnisme et voyeurisme
09:17 Découverte de la bi-curio-sexualité
10:48 Joséphine très à l’aise, Hippolyte un peu moins !
12:43 Les émotions et les discussions
14:46 La perte d’érection
16:01 Coming out libertin
17:01 La suite du podcast : du libertinage mais pas que
20:19 Passage à des épisodes thématiques
23:12 Petit point de situation
26:42 Idées de prochains sujets

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

… et Joséphine !

La dernière fois, on a raconté notre première fois, notre première fois avec un autre couple dans la Couplonnière. C’était un Airbnb qui a hébergé notre soirée « Lasagnes, tarte tatin et jambes en l’air » avec Pénélope et Léopold. On espère que c’était assez excitant à écouter, parce que c’était assez excitant à raconter en tout cas.

Ah ça c’est sûr !

Il s’est passé vraiment beaucoup de choses pour nous ce soir-là. On était un peu submergés par tout ce qui nous arrivait, par toutes ces émotions. Ce qui était intéressant, c’est que c’était pas seulement pendant la soirée, mais après. Toutes les nouveautés, tous les ressentis, ça s’est décanté ensuite, sur plusieurs jours et même plusieurs semaines. On a mis pas mal de temps à réaliser ce qui nous était arrivé.

En même temps, tu dis « il s’est passé tellement de choses », c’est quand même vite dit parce que d’une certaine façon, on avait seulement fait l’amour à côté d’un autre couple qui faisait l’amour aussi.

Ouais, « seulement », c’est vite dit aussi.

C’est vrai. Et puis, il y avait quand même eu quelques mains qui se sont baladées d’un couple à l’autre. Mais il s’était quand même passé beaucoup moins que ce que nous on imaginait avant la soirée. C’était quand même déjà énorme, c’était super intense. Et puis ça a généré beaucoup de sensations, beaucoup d’émotions, beaucoup de réflexions.

Et puis ça a même commencé assez vite, parce que la dernière fois on vous a raconté qu’on a été un peu surpris d’être réveillés très très tôt le lendemain matin par une envie incroyable de faire l’amour tous les deux.

Ah oui !

Et c’était… c’était intense, c’était beaucoup plus intense que d’habitude.

On s’est fait réveiller par notre libido.

C’était vraiment surprenant. On n’avait pas beaucoup dormi, mais il y avait une telle excitation que ça l’a emporté. Et ça a continué en plus les jours et les nuits suivantes. C’était incroyable, on n’arrêtait pas de faire l’amour. On réveillait l’autre au milieu de la nuit, tout émoustillé, en mode « Hé hé tu peux pas m’aider à me rendormir, s’il te plaît ? » C’était épuisant. C’était très agréable, mais c’était quand même épuisant.

Et puis là par contre, cette fois, c’était clairement de l’excitation. Avant la Couplonnière, on avait eu un peu une période comme ça, mais tu avais surtout mis ça sur le dos du stress.

Oui, ou la tension accumulée.

Là, on ne pouvait pas mettre ça sur le dos du stress. C’était clairement de l’excitation.

Ou c’était justement cette tension qui se relâchait.

En tout cas, on ne comprenait pas très bien pourquoi notre libido à tous les deux était à fond, mais on avait toujours encore plus envie de l’un de l’autre.

Oui, c’était surprenant. Enfin, c’était chouette, mais surprenant quand même. On s’est même mis à essayer des nouveaux trucs, juste nous deux. On ne va peut-être pas en parler maintenant. On vous racontera une autre fois, si vous êtes sages.

Alors en parallèle de cette excitation sexuelle qui était impossible à assouvir, on a aussi, on a gambergé, on a parlé, on a digéré pas mal d’enseignements de cette toute nouvelle expérience.

Oui, parce que mine de rien, ça a soulevé et ça soulève encore des tas de questions et de réflexions, ce genre de choses. Ça devenait réel, ça devenait palpable, c’était pas juste des films qu’on se projetait dans nos têtes avec Carla, Églantine ou Barnabé.

Oh oui Barnabé…

Vous pouvez les retrouver d’ailleurs à l’épisode 7 et 8, je crois.

Ah je sais pas… Dans ma tête, tout le temps !

Et Carla et Églantine, dans ta tête aussi ?

Ah non, elles sont dans la tienne.

Et on s’est rendu compte que l’impact sur nous, ça devenait très réel aussi. Mais avant de continuer, je voulais juste faire une petite parenthèse, parce qu’on n’a pas rappelé ça dans les épisodes précédents, on ne voulait pas casser l’ambiance ou le suspense, qui était apparemment insoutenable d’après certains commentaires… Mais on voudrait être bien clairs qu’on ne veut pas faire de prosélytisme ou recommander à qui que ce soit de suivre nos pas. Enfin en tout cas pas pour tout, parce que parler de sexe entre vous, ça on peut recommander à tous les couples, c’est vachement bien.

Ouais, ça on peut faire du prosélytisme.

Se rendre compte d’éventuelles attirances à l’extérieur de votre couple, les accepter et en parler, on recommande aussi. C’est pas mal, c’est intéressant.

En général ça fait du bien.

Mais passer à la vitesse supérieure en s’inscrivant sur un site de rencontres pour couples et organiser une soirée jeux avec un autre couple, c’était vraiment chouette pour nous. Mais on ne peut pas décemment recommander ça à tous les couples.

Oui, il faut quand même d’abord un couple qui est bien soudé, qui est construit sur la confiance.

On ne peut pas recommander le libertinage comme un remède à un problème existant dans le couple.

Non !! C’est un peu comme les enfants, en fait. Ce n’est pas du tout une bonne idée de se lancer dans ce genre d’aventures si l’idée c’est de sauver un couple qui bat de l’aile : ça va pas marcher. Et au contraire, d’ailleurs, ça risque d’exacerber les problèmes qui existent déjà et de faire sortir de dessous le tapis tous les doutes et les questions qu’on avait pu essayer d’y enfouir. D’ailleurs, même pour nous, on considérait – et on considère toujours – qu’on est un couple qui va bien, ben des fois, ça secoue un peu.

Parce que se lancer dans le libertinage pour un couple, c’est quand même prendre des risques, c’est jouer avec le feu. C’est fascinant, ça peut être incroyablement excitant, mais on peut se brûler aussi. La moindre petite étincelle, ça peut assez facilement déclencher un incendie dévastateur. Et j’ai envie de dire, les meilleurs extincteurs, c’est la confiance et le dialogue au sein du couple.

Oh là là, dis-donc la confiance comme extincteur… J’avais pas encore entendu ça. C’est beau…

J’ai fait pompier dans une autre vie.

Ah bon ??

Oh attends, c’est mignon quand même…

Oui, c’est mignon.

Non, mais je suis sérieux, mine de rien. Nous, on a eu quand même quelques départs d’incendie. Heureusement qu’on les avait les extincteurs.

Oui, on vous racontera. Mais bon, d’abord, on revient à nous moutons et on va débriefer la soirée Couplonnière avec Pénélope et Leopold.

Oui. Alors, la première chose, c’était quand même que cette expérience était positive, voire même très positive. On avait tous les deux un sourire un peu bête en rentrant chez nous. On avait plein de questions – enfin, entre nous : on n’avait pas de questions de gens qui voyaient notre sourire un peu bête. On ne savait pas vraiment avec quoi on serait à l’aise pour la suite, mais on voulait une suite.

Qu’est-ce qu’on leur aurait dit aux gens qui auraient posé des questions, en voyant notre sourire un peu bête ?

« On a fait une soirée échangiste ! » Ils nous auraient pas cru.

Mais bien sûr !

Oui, on savait pas vraiment avec quoi on serait à l’aise pour la suite, mais on avait envie d’une suite. On avait vraiment envie de continuer ces histoires de libertinage.

Oui, surtout vu la version douce et sensuelle qu’on avait découverte avec Pénélope et Léopold. Ils étaient vraiment le couple parfait pour nous pour commencer le libertinage.

Ils étaient parfaits et ils existent.

Oui, il y a des gens qui se sont demandé s’ils existaient vraiment. Donc oui, ils existent.

Ils ne s’appellent pas comme ça, mais ils existent.

Oui, ils ont des prénoms un petit peu plus faciles à porter. Et oui, ils nous ont vraiment mis à l’aise. Ils ont été très très doux, très à l’écoute. Ils nous ont mis aucune pression. En tout cas, ils nous ont bien fait sentir qu’ils n’avaient pas des attentes particulières. On allait juste voir ensemble ce qu’on allait faire.

Tu veux dire en matière de sexe ? ou globalement ?

Oui, tout en fait.

C’est vrai qu’en effet, on s’est rendus compte que ce n’était pas juste une histoire de sexe. C’était la complicité entre nous quatre, les discussions pendant la soirée au bar, pendant les chats sur WhatsApp, pendant le repas. Tout ça, ça a fait que l’expérience était super positive. Nous, on était timides. On n’était pas 100% à l’aise, c’est sûr. Mais on a osé se lancer parce que tous ensemble, il y avait cette ambiance bienveillante.

Oui, on n’était pas complètement à l’aise, mais on avait confiance.

Et puis, on n’a pas juste physiquement fait l’amour les uns à côté des autres. Il y avait quelque chose de plus fort que ça. On a partagé un moment, et puis en le prolongeant le matin au petit déjeuner, et puis après, encore sur le groupe WhatsApp, c’est un tout.

Et encore maintenant, en racontant ces histoires.

Parmi les choses dont on s’est rendus compte après cette soirée, il y avait quand même la question de l’exhibitionnisme et du voyeurisme. C’est pas si facile que ça à aborder quand on n’y a jamais réfléchi. Passer de l’intimité du couple à l’intimité à quatre, c’est pas rien. Que ce soit par rapport à la nudité, parce qu’on expose des corps nus, on nous expose des corps nus, mais pas seulement. Il y a aussi tous les gestes et les communications qui sont intimes, qu’on n’a jamais montrés à d’autres gens avant. Nos façons de se caresser, nos façons d’exprimer notre plaisir, de se laisser aller.

Oui, on se rend compte que tout le monde ne fait pas comme nous.

Et ce n’est pas si évident que ça d’ouvrir la porte et les fenêtres de la chambre à coucher à d’autres gens, même avec un public aussi Bisounours que Pénélope et Léopold.

Oui…

Ah oui, il y avait aussi cet intérêt très, très intense pour le plaisir de Pénélope qui avait pris le contrôle de mon cerveau et de mes gestes. Ça m’avait vraiment pris sans prévenir. C’était bien, mais même moi, ça m’a surprise. Je ne m’attendais pas à ça.

Moi je sais pas pourquoi mais j’avais quand même beaucoup moins de doutes que ça arrive.

Attends, ça m’intéresse. Pourquoi toi t’avais moins de doutes ?

Peut-être qu’en tant qu’homme à tendance lesbienne comme Léopold, ça me paraît évident que quel que soit notre sexe, on est tous attirés par les femmes. Et vous êtes tellement plus belles et attirantes que nous autres rustres, rugueux, poilus.

Ah vous n’êtes pas que ça !!

Je sais pas. Il faudrait que j’y réfléchisse un peu, on va probablement faire un sujet sur la bi-curio-sexualité un jour.

Oui, ça serait bien.

Je sais pas, faut creuser. Tu disais sinon ?

Oui, moi je m’attendais un peu à ce que mon attention se porte sur le plaisir d’Hippolyte, sur le mien, sur des sensations nouvelles. Mais je ne m’attendais pas à m’intéresser autant au plaisir d’une autre femme. C’était un petit peu une première découverte de ma compersion. Alors la compersion – j’ai découvert ça depuis – ça veut dire que je prends du plaisir à voir une autre personne éprouver du plaisir ou alors à être heureuse.

En tout cas, moi, quand c’est arrivé, je ne sais pas si c’était vraiment de la compersion que je ressentais, mais waouh, c’était chaud ! Il y a encore des fantasmes qui étaient enfermés dans le placard « ça n’arrivera jamais » et qui se sont retrouvés tout d’un coup sur l’étagère « un jour peut-être », dans le placard des possibles, beaucoup plus vite que prévu. D’ailleurs, à propos de trucs qui se passent beaucoup plus vite que prévu, j’ai quand même réalisé que Joséphine était très à l’aise dans cet environnement.

Je ne sais pas si j’irais jusqu’à dire ça. J’étais pas mal à l’aise, mais je me sentais quand même un peu timide.

Beaucoup plus à l’aise que moi quand même. Je m’attendais à ce que tu sois un peu plus timide, en tout cas que ça dure un peu plus longtemps, la timidité. C’est vachement bien parce qu’il y a plein de couples dans lesquels la femme ne suit pas, ou alors elle suit à reculons sans vraiment oser dire non, ce qui est probablement encore pire. Mais c’est un peu déstabilisant quand on a mené la danse un petit peu. Après honnêtement moi je pense que je préfère que ce soit comme ça et que Joséphine trouve ça plus facile d’être à l’aise avec un autre couple que moi. En général ça me gêne pas trop de prendre sur moi, d’essayer de vaincre ma timidité ou mes faiblesses. C’est pas toujours facile mais je peux toujours négocier avec moi-même. Mais par contre si toi tu te retrouves dans une position où tu dois prendre sur toi parce que je t’ai embarquée dans un truc qui me botte vraiment, mais pour toi c’est moyen bof, ben ça me va pas. J’ai pas du tout envie de te mettre la pression. Je pense pas que je serais à l’aise pour t’encourager à continuer et passer outre ton inconfort.

Je pense que tu serais tout à fait capable de m’encourager, tu es quand même assez fort pour m’aider à aller plus loin que ce dont moi je me crois capable, dans pas mal d’autres domaines.

Ouais mais bon par expérience des fois faut quand même y aller mollo.

Mmmmm… Ouais. Non rien.

Non mais c’est sûr que je voudrais surtout pas te mettre la pression. J’aurais peur de te braquer complètement, surtout dans un contexte comme ça.

C’est pas impossible.

Et à l’inverse, quand je vois qu’un truc te branche, moi j’arrive sans trop de problèmes à me mettre la pression pour apprendre… Ah non, 🤭 j’ai déjà un contre-exemple. Pour apprendre à être un peu plus à l’aise, petit à petit.

Je crois que je le connais ton contre-exemple, ça n’a rien à voir avec la sexualité.

Bon, sinon, à propos de conversations…

Oui, on a beaucoup parlé tous les deux aussi. On s’est raconté l’un à l’autre ce qu’on avait ressenti à différents moments de la soirée.

On se le raconte encore… Et c’est marrant parce qu’on découvre des choses à chaque fois, même quand on prépare ces podcasts. C’est drôle.

On a essayé de se raconter les idées qui nous passaient par la tête après coup, les émotions qu’on traversait. Et ben c’était pas simple à raconter parce qu’on était encore très, très novices en communication. Que ce soit pour trouver les mots pour s’exprimer, ou alors pour écouter l’autre et essayer de le comprendre, ou de la comprendre. Et en plus, c’était un peu perturbant parce qu’on avait vécu cette expérience ensemble, mais on ne se racontait pas la même chose, on n’avait pas forcément ressenti la même chose. Mais on avait essayé de parler quand même, on avait essayé de partager, on avait essayé d’écouter. C’était vraiment nouveau pour nous de parler d’émotions, de sentiments, parce que nous, on est plutôt cartésiens, on a plutôt l’habitude des sujets rationnels. C’est vachement plus facile !

Pour notre défense, il faut quand même réaliser que sur le moment, c’est quand même très très intense. Il y a eu des vagues de sensations, d’émotions, des tourbillons de trucs qui déferlent tout en même temps. Moi, en ce qui me concerne, pendant la soirée, mon cerveau était complètement saturé.

Il y avait trop de stimuli ?

C’est ça. Il ne pouvait pas traiter tout ce qui arrivait des yeux, des oreilles, ou d’autres parties du corps et assimiler et traiter toutes les réactions que ça générait. Même quelques heures après, c’était pas évident de se rappeler tout ce qui s’était passé. Il y avait des blancs. Ça rendait la reconstitution détaillée de la soirée un petit peu difficile.

Oui.

Il y a certains souvenirs, ils étaient très vagues. Certains ont complètement disparu de nos mémoires à tous les deux. On a quelques arrêts sur image. Mais alors ce qui s’est passé entre les deux, pfftt, ça s’est envolé.

C’est fou d’avoir des trous de mémoire comme ça…

C’est même pas juste parce que c’était il y a un moment : même le lendemain, on ne se rappelait pas de tout.

Pourtant on n’avait même pas trop picolé.

Oui, d’ailleurs, en parlant de picoler, on ne pouvait pas finir ce débrief sans parler d’un souvenir qui s’est pas envolé, lui : ma perte d’érection. Qu’on a justement rapidement mise sur le compte des quelques verres de vin qu’on avait bus, et éventuellement la fatigue, en plus des émotions inhabituelles de la soirée. D’habitude, l’alcool ou la fatigue, ça ne m’affecte pas tant que ça, mais c’était une réponse facile. Et puis bon, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était reparti quelques heures plus tard, alors qu’on n’avait quasiment pas dormi.

Oui, je confirme, c’était bien reparti.

À ce moment-là, moi je me suis dit qu’il ne fallait pas trop y accorder d’importance. J’allais quand même pas me faire des nœuds au cerveau pour régler un problème qui n’en était probablement pas un. Et en fait finalement l’aggraver parce que je l’aurais ressassé et tout ça parce que c’était arrivé qu’une fois.

C’est pas facile de trouver l’équilibre entre faire l’autruche pour pas donner trop d’importance au problème et prendre le taureau par les cornes parce qu’en fait c’est un problème.

Ouais. Mais bon, là c’était une fois. Mais bon, avec le recul, je crois que le message de fond c’était surtout « Attention mon bonhomme, va peut-être falloir y aller vraiment doucement ». Parce que dans la suite de nos aventures, ça nous montrera que certes, l’alcool et la fatigue ça aide pas, mais il y a quand même pas mal d’autres causes qui peuvent être ailleurs.

Parce qu’il y a eu une suite, il y a même eu des suites à nos aventures. On avait envie de continuer et puis, ben ouais, on a osé faire d’autres soirées libertines.

Ouais ! On peut enfin faire notre coming-out. Et oui, c’était ça les « expériences récentes qui nous ont donné envie de parler », qu’on évoquait dans le tout premier épisode. Maintenant que le suspense est levé, on peut le dire et on peut même le chanter.

♫ On-on est libertins ♫

♫ Et on en est fiers ♫ C’est pour ça qu’on fait ce podcast, pour montrer que le libertinage, c’est aussi et surtout un monde de couples comme tout le monde, en fait. Et que c’est – pour reprendre le commentaire d’un de nos auditeurs – c’est « du sexe, mais pas que ».

Non, pas que.

C’est pas forcément glauque, dépravé, malsain comme on pouvait l’imaginer avant. Ça a eu plein d’effets positifs insoupçonnés sur notre couple et notre relation à nous deux. Et on pouvait pas vraiment dire tout ça à l’épisode 1, sinon on aurait tué le suspense pour les 15 premiers épisodes.

Ouais, ça aurait été dommage. Donc dans la suite de ce podcast, dans les prochains épisodes, on va parler pas mal de libertinage. On va parler de nos aventures avec d’autres couples. On va parler de soirées très intenses. On va aussi parler des réactions et des émotions qu’elles ont provoqué chez nous.

Oui, mais pas que. On ne va pas parler que de libertinage parce que avant tout, on reste un couple. Un couple un petit peu moins comme tout le monde, mais un couple comme tout le monde quand même, avec une vie sexuelle et affective, émotionnelle, juste entre nous deux, qui a pas mal évolué en parallèle. Et de façon assez intense, je dois dire.

Oui, je crois. On peut le dire.

Ces aventures, elles ont révélé une foule de questions et d’émotions, juste pour nous, assez impressionnantes, et dont on a envie de parler aussi.

D’ailleurs, qu’on discute libertinage ou juste notre couple, il va y avoir pas mal de réflexions qui pourront s’appliquer à des relations qui ne sont pas forcément libertines, qui ne sont pas forcément ouvertes, voire même des relations de la vie de tous les jours.

Oui c’est vrai !

Pour nous, le libertinage, il a un peu agi comme un révélateur. Ça nous a fait découvrir et apprendre des tas de choses sur nous. Mais tout ce qu’on a appris là, ça peut aussi être très pertinent pour des couples comme tout le monde.

Ça me fait penser à un livre qu’on a lu récemment d’ailleurs, ça s’appelle « Open Deeply« , de Kate Loree. On mettra la référence dans les commentaires. Et ça s’adresse principalement aux couples ouverts. On en reparlera un peu plus longuement plus tard de ce livre, de son contenu en tout cas. Parce qu’il n’est malheureusement pas traduit en français.

Je lui ai demandé si elle avait prévu de le traduire.

Sinon, on peut le traduire nous.

Non !

En fait, les trois quarts du livre sont complètement pertinents pour à peu près n’importe quel couple, et même pour des relations moins intimes que le couple. Du coup, ça nous arrive de le recommander même aux couples pas ouverts, surtout s’ils sont pas mal, on sait jamais…

Et puis, même si le libertinage « pour de vrai » c’est pas forcément votre truc, rien ne vous empêche de vous laisser mener par votre curiosité et continuer à écouter nos épisodes. Ça peut être intéressant aussi de voir l’envers du décor parce que ça ne correspond pas forcément aux préjugés que vous pouvez avoir. En tout cas, pour nous, ça ne correspond pas du tout aux préjugés qu’on avait.

Parce qu’on en avait pas mal, des préjugés, avant… Et puis de toute façon, je pense qu’on peut d’ores et déjà dire qu’il y aura de quoi rigoler. Comme d’hab, si ça peut être utile de nous écouter, tant mieux. Mais sinon, on espère que ça peut vous faire sourire et au moins discuter.

Mais du coup, avec ce coming-out, on va changer un petit peu le format du podcast aussi.

Oui, on ne va pas faire un épisode pour raconter notre deuxième fois.

Et un autre pour notre troisième fois.

Non, d’abord parce que si on vous raconte toutes nos expériences juxtaposées les unes après les autres, ça risque d’être un petit peu barbant, peut-être même répétitif.

Non, ça risque pas d’être répétitif parce que c’est jamais pareil !

C’est vrai, mais vu de loin, ça peut quand même. Ça risque aussi d’être un petit peu décousu, si on vous raconte l’enchevêtrement d’émotions qu’on ressent à chaque fois.

Parce que tu as des émotions décousues, toi ?

Euh… non, c’est pas le genre de la maison.

Si si.

C’est aussi parce que pendant et après cette deuxième fois, il s’est passé tellement de trucs qu’un épisode de 20 minutes, ça suffirait pas.

Non. Bon, jusqu’à maintenant, tous les épisodes qu’on a fait jusque là, c’était surtout pour planter le décor, pour que si jamais il y a des nouveaux auditeurs qui tombent sur notre podcast un peu par hasard, ils puissent repartir en arrière et nous découvrir un peu mieux, écouter notre histoire, comprendre d’où on vient, comprendre comment on en est arrivé là. Tout ça en partant de notre sexualité plan-plan, du manque de communication, entre autres sur le sexe à l’intérieur de notre couple, de l’absence d’orgasme, en passant par toutes les découvertes qu’on a fait à deux, puis à quatre. Enfin, on ne veut pas faire croire que, paf, on s’est mis au libertinage et ça a marché tout de suite et on est passé du couple plan-plan à…

C’est un peu pour combler le vide qu’on avait ressenti en se mettant à écouter des podcasts. Où on avait l’impression qu’il y avait des podcasts sur le libertinage, c’était directement dans le grand bain et il y avait assez peu d’histoires sur la transition. Et donc on a essayé de raconter notre histoire de couple comme tout le monde.

Oui… La genèse d’Hippolyte et Joséphine.

Exactement. Et donc maintenant, on va passer en mode un peu plus « discussion » avec des sujets spécifiques. Mais en premier lieu, des sujets qui nous ont concerné nous et qu’on a vécus. Et ça va être un petit peu en direct par rapport à nos émotions.

En direct, il y a des limites quand même.

Non mais… J’ai dit par rapport à nos émotions. C’est-à-dire que vous pourrez suivre un petit peu comme on évolue aussi, et ça peut être intéressant de voir comment on appréhende certains sujets avec un peu plus d’expérience.

Pour les toutes premières émotions, il va quand même falloir qu’on se re-projette à Hippolyte et Joséphine il y a un an ou un an et demi. Mais on va essayer.

Il y a eu beaucoup, beaucoup d’émotions sur nos premières fois.

Et beaucoup de digestion d’émotions aussi.

Maintenant, on a pas mal évolué là-dessus, donc il va falloir qu’on se remette en condition.

Donc on va partager notre expérience à nous. On veut parler de ce qu’on connaît, nous. Notre façon à nous de vivre le libertinage, ce n’est pas du tout un modèle.

C’est sympa quand même.

C’est bien, oui. Mais il y a des tas d’autres façons de voir et de vivre le libertinage qui conviendront peut-être mieux à d’autres couples. On ne veut pas émettre des généralités. On n’a pas l’ambition de…

faire le manuel du libertinage, l’encyclopédie du libertinage.

Non, on peut seulement raconter ce que nous, on a vécu.

Bon, on disait qu’on allait changer un peu de format. Enfin, changer. On va continuer à raconter les aventures d’Hippolyte et Joséphine. Ça, ça ne va pas changer. On va continuer probablement à trouver des prénoms désuets pour parler des autres.

C’est pas probablement, c’est sûr. J’aime bien, moi. Mais on va aussi aborder tout ça un petit peu différemment de ce qu’on a fait jusqu’ici. On va parler de sujets qui seront peut-être un peu indépendants les uns des autres. On va y insérer des bouts d’expérience personnelle, par-ci, par-là, des anecdotes, des histoires rigolotes ou même sexy. Mais on se permettra de prendre quelques libertés avec la chronologie pour se focaliser sur un thème à la fois.

Pour donner un petit peu de contexte dans tout ça, on va faire une petite avance rapide et décrire notre façon de vivre le libertinage maintenant. Donc ça pourrait se résumer à deux ou trois couples qu’on appelle « Friends with Benefits ». C’est des gens qu’on a pris le temps de rencontrer, on se plaît tous, avec qui on a joué, et avec qui on est en contact régulièrement pour causer, jouer, mais pas que pour jouer, et puis toujours en privé.

En moyenne, on va dire qu’on se fait une soirée libertinage par mois à peu près. Mais ça varie beaucoup, des fois c’est trois mois sans rien, des fois c’est trois week-ends de suite, c’est fatigant.

Et au niveau rencontres, je pense qu’on rencontre à peu près un nouveau couple par mois, sans aucune pression, juste pour discuter, pour rencontrer des gens avant tout. Mais pourquoi pas, on ne sait jamais, ça peut devenir un autre couple de « Friends with Benefits ».

Oui, pourquoi pas…

Et ça arrive par vagues, des fois, on a du mal à suivre, et puis des fois il se passe rien pendant plusieurs mois.

C’est l’hiver.

Et c’est pas grave, c’est pas la saison.

Donc ça c’est Hippolyte et Joséphine les libertins, mais on a aussi pas mal évolué au niveau de nos activités sexuelles tous les deux, Hippolyte et Joséphine en couple. Par exemple, on fait l’amour tous les deux beaucoup plus fréquemment qu’avant, et on continue à tester des nouvelles choses, faire des nouvelles découvertes, explorer des envies, avec quand même pas mal plus d’ouverture d’esprit, et ça tombe bien parce qu’on y trouve beaucoup de plaisir, on y attrape des orgasmes au passage, il y a plein de choses bien.

En plus de ça, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de discussions entre nous, liées au sexe, liées au libertinage, et on a fait énormément de progrès dans notre communication et la gestion de toutes ces émotions intenses qui ont pu pointer le bout de leur nez pendant et après nos expériences.

Ça se traduit aussi au niveau de notre couple par toujours beaucoup de complicité, entre autres avec des remarques sur les gens qu’on croise dans la rue tous les jours, sur qui on pourrait peut-être bien avoir un crush, un crush ensemble même, pourquoi pas ?

C’est littéralement la vie de tous les jours. On est aussi incroyablement plus libres de parole, même hors du cadre libertin. D’ailleurs, en parlant de tous les jours, on a des conversations avec des copains qu’on n’avait jamais eues avant. Parfois, quand on discute avec des gens attirants, on ose même faire des petites allusions. Je dirais même qu’on a du mal à se retenir de ne pas faire de petites allusions. Donc ouais, ça a changé pas mal de choses.

Bon alors, dans les thèmes qu’on va aborder, on a pas mal d’idées et on aimerait bien aussi recevoir des questions, savoir quels sujets intéressent notre audience. Donc il y a un formulaire de contact sur notre site, sionosait.fr En plus, on aime bien les messages.

Ouais, envoyez des messages, c’est cool les messages.

Vous pouvez aussi laisser des commentaires, que ce soit sur YouTube ou Apple Podcasts ou tout ça.

Ou sur notre site.

Oui, sur le site aussi. Et vous pouvez même mettre des étoiles, des constellations d’étoiles.

Des galaxies.

Des galaxies, oui c’est bien ça.

Apparemment, les commentaires et les étoiles sur Apple Podcasts et Spotify, c’est vraiment le Graal des podcasteurs. Donc allez-y, aidez-nous à atteindre le Graal. Et aussi, si vous pensez que ça peut intéresser des gens que vous connaissez, ou si vous cherchez un prétexte pour briser la glace avec des gens attirants…

Comme certains !

… vous pouvez aussi leur parler de nous et partager les liens vers nos pages web ou nos réseaux sociaux.

On est partout : on est sur Facebook, Instagram, x, Patreon, YouTube… Donc la prochaine fois, on parle de quoi ? Est-ce qu’on parle de se laisser porter par le courant ?

Oui ou on pourrait aussi parler des effets secondaires, d’envie et de jalousie.

On pourrait. C’est pas toujours positif.

Non, c’est clair ! On a dit qu’on parlerait de tout.

On pourrait parler de connexion, ou de perte de connexion,

d’attirance entre femmes.

Ah t’as envie d’en parler de ça, hein ?

Ouais, et toi ?

Ah bah oui, moi il y a pas de problème.

Il y a un sujet dont on va certainement parler, c’est le coup de la panne.

Ouais, je pense qu’il faut qu’on en parle. On peut aussi parler de sextoys.

Ah ouais, et des visites de sex-shop.

Ouais !

Le… Le « syndrome de l’obsédé sexuel », ça c’est pour moi.

Bon, je veux juste rassurer notre auditoire, moi je trouve pas qu’Hippolyte soit un obsédé sexuel, mais il a développé une théorie du « syndrome de l’obsédé sexuel », c’est assez intéressant.

On pourrait aussi parler de clubs libertins.

Oui, on peut en parler de clubs libertins.

On pourrait parler de nudité.

Oui, c’est vrai, on en a un petit peu parlé là.

Pas beaucoup, on n’a pas du tout creusé. Moi j’ai envie de parler beaucoup plus de nudité.

Ah oui, je sens que tu as envie de beaucoup parler de nudité… On peut en parler maintenant d’ailleurs ?

Non, pas tout de suite.

Et on pourra aussi parler des maladies sexuellement transmissibles.

C’est quand même assez varié, nos sujets.

Ah oui, les films, à voir et à revoir. Ouais ! Il y a vraiment plein de sujets à discuter. On ne sait pas encore ce qu’on va prendre pour le prochain épisode, mais on va trouver.

Vous pouvez peut-être aussi influencer.

Ah oui, et puis vu qu’il va y avoir le générique, là, maintenant, si vous avez une préférence pour la musique, dites-nous aussi.

Oui, parce qu’il y a deux musiques, en fait. Je ne sais pas si nos auditeurs se sont rendus compte. On alterne les musiques. Parce qu’on n’a pas réussi à se mettre d’accord sur quelle musique on préférait. Donc on fait une fois l’une, une fois l’autre. Il y a ballottage.

Oui, c’est ballot.

Ouh là ! Bon, je crois qu’il est temps de finir, là. Bon, allez, à bientôt !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre

Hippolyte & Joséphine, le 2 octobre 2026 7 commentaires

Si on osait...
Si on osait...
014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
Loading
00:00 / 27:18
Amazon Audible Apple Podcasts Deezer Patreon Podbean Podcast Addict Spotify YouTube
RSS Feed
Share
Link
Embed

Bienvenue à la « Couplonnière », ce cocon douillet qui a accueilli Pénélope, Léopold, Joséphine et Hippolyte pour un bon repas suivi d’explorations douces et sensuelles au coin du feu. Des découvertes inattendues en termes d’envies, de sensations et d’émotions, des niveaux d’excitation qui explosent et qui ne redescendent pas…

Et des références musicales mais pas que, comme d’habitude :

  • Mylène Farmer ne nous lâche pas avec Libertine
  • Les garçons dans les vestiaires de Clarika, images recommandées par Joséphine même si Hippolyte soutient que non ça ne se passe pas du tout comme ça dans les vestiaires
  • On en avait dit plus sur le Jouet avec un grand J à l’épisode 5
  • On avait rencontré Barnabé, l’amant improbable de Joséphine, à l’épisode 8 et on avait essayé de l’approcher dans l’épisode 10
  • On s’est rendus compte après-coup que c’est pas impossible que Joséphine ait été inspirée par un gag du Petit Spirou de Tome et Janry pour le petit nom de Nestor, retrouvez-le dans le Tome 8 : T’as qu’à te retenir
Marque-pages

00:00 « Si on osait », avec Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Arrivée à la « Couplonnière »
03:47 Les quelques questions qu’on se posait
06:46 Passage au salon
09:58 Les corps se dénudent
13:08 Regarder et être regardés
14:40 Le côte-à-côtisme tout doux
16:20 Petit coup de mou inattendu
17:29 La curiosité de Joséphine pour un autre corps de femme
20:21 Les images qui reviennent
23:01 Fin et effets secondaires
25:25 Des étoiles plein les yeux

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Alors on espère que vous avez faim aujourd’hui, parce que pour cet épisode, on a prévu un bon repas entre amis.

Mmm…

Ça s’appelle « Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités ».

J’ai faim.

Surtout pour les affinités, non ?

Tout. Mais d’abord, pour se mettre en bouche, on avait rencontré ce couple, Pénélope et Léopold, sur un site de rencontre pour couples. On avait bu un coup avec eux, on avait décidé de passer une soirée ensemble dans un Airbnb tranquille. Et sur la route vers l’inculnu…

Ah non, non, non, non, tu peux pas refaire la blague.

Sur la route vers l’inconnu – ça va ?

Merci.

On avait discuté un petit peu de ce qu’on était prêts à faire et de nos limites. Et donc, on croyait qu’on était prêts.

Oui, on est arrivés dans notre petit cocon, la « Couplonnière ».

On l’avait appelée la Couplonnière à l’époque ?

Non, c’était peut-être venu après, ce nom, la Couplonnière. Mais c’était mignon, donc on l’avait gardé.

Oui, c’est mignon. Donc la Couplonnière, c’était une petite maison accueillante dans un petit village très mignon, avec des murs en pierre apparente, une charpente en bois chaleureuse, et on a allumé le feu de bois au salon.

Ouais. Pénélope et Léopold, qui étaient arrivés un petit peu avant nous, avaient eu le briefing de l’hôte. Il fallait pas trop faire de bruit dans la cuisine, parce qu’il y avait une bouche d’aération commune avec la maison d’à côté. Donc c’était bon à savoir ça, histoire de garder les conversations un peu olé olé pour le salon.

Donc on a trouvé nos marques dans la cuisine et on faisait bien attention de n’y discuter que de sujets civilisés.

Pour cette soirée, on avait choisi l’option « popote à domicile » et décidé qu’un couple faisait apéro et dessert et un couple faisait le plat principal. Ce serait mieux en plus parce qu’il n’y aurait pas de musique qui s’arrête aux moments les plus inopportuns, où on parle de sexe. Et puis ça nous faisait moins de contraintes pour éventuellement faire des intermèdes.

Des intermèdes… ?

Nous, on s’occupait de l’apéro-dessert. L’apéro, ça va, c’était facile à faire. Mais comme on avait passé la journée en vadrouille, on n’avait pas pu cuisiner le dessert en avance et j’avais juste emporté des ingrédients pour faire une de mes petites spécialités : une tarte tatin. Du coup, il y avait un peu plus de boulot que pour l’apéro. Donc j’ai commencé à préparer cette tarte tatin à la cuisine. Ça va, les conversations c’était sur la recette, le voisin n’a pas trop tiqué !

Ça passait.

Et donc Pénélope m’a aidé. J’étais un peu perturbé avec une belle femme différente de Joséphine qui m’aidait à éplucher les pommes. J’ai un peu du mal à gérer deux choses en même temps quand je cuisine en général.

Je confirme.

Là, j’étais pas mal intimidé en plus d’être distrait. C’est pas bien compliqué de faire une tarte tatin, mais avec les discussions, ça a pris pas mal plus de temps que d’habitude. Mais bon, c’était quand même sympa et rigolo de cuisiner ensemble.

On papotait tranquillement, on grignotait les apéros. Les discussions, elles étaient faciles, comme si on retrouvait des vieux copains. Comme deux semaines plus tôt au bar.

Ouais. Moi je sais que j’étais toujours un peu timide, pas complètement à l’aise. Je savais pas trop comment ça allait se passer, comment il fallait se comporter, s’il y avait des codes, etc. Vu qu’on avait jamais fait ça, on savait pas trop si c’était eux qui allaient mener la danse ou si c’était à nous, vu qu’on était nouveaux, de donner le rythme pour pas que ça aille trop vite. Mais dans ce cas-là, on savait pas quel rythme donner, on n’avait aucune référence.

Et comment le donner non plus.

Et comment le donner. On se doutait bien de ce qui allait arriver, mais comment ça allait arriver, aucune idée. Par exemple à quel point on pouvait être entreprenant avec le couple d’en face. Déjà à la base j’ai pas des masses confiance en moi, mais alors dans cette situation complètement nouvelle, je me voyais vraiment pas prendre des initiatives trop hardies. Mais aussi je voulais pas que Joséphine ait l’impression que j’allais profiter de la première opportunité pour sauter sur quelqu’un d’autre sans plus lui donner aucune attention.

Oui

Je pense que j’étais aussi encore pas mal stressé avec cette sorte de trac dont j’ai parlé la dernière fois.

De faire un bon match ?

Ouais, qui faisait que je me mettais un peu la pression tout seul, pour que les choses se passent ou pas. Ça m’a quand même un petit peu habité toute cette soirée, cette sorte de pression de devoir décider de faire quelque chose, de pas oser, de se dire que c’est peut-être déplacé, de se demander comment ça allait être pris, etc.

Oui C’est vrai, il n’y a pas vraiment de mode d’emploi, en fait, pour ces soirées-là. Moi, de mon côté, je crois que je stressais quand même un peu moins. En tout cas, je stressais pas officiellement, parce que je crois que ma réponse à toutes ces questions, c’était facile. Je les ai juste éludées, j’ai fait l’autruche.

Oui, ça m’étonne pas !

Et je me suis focalisée sur profiter de tous les moments « avant », comme dans une soirée normale. C’est pas toujours très fiable, la méthode de l’autruche, mais des fois ça marche.

Ouais, un jour faudra que tu m’apprennes parce que ça pourrait me servir.

Ah je pense que tu sais faire… Et donc, tout en prenant notre temps, on est passés à table pour déguster les lasagnes que Pénélope avait préparées.

Miom miom miom !

C’était très bon. On continuait à se raconter des choses. Pénélope et Léopold, ils étaient inspirés par la déco de la Couplonnière – ils étaient en train de retaper une maison aussi. On partageait nos projets, on se racontait nos enfants. On n’a pas trop parlé de sexe à ce moment-là, mais il y avait quand même clairement beaucoup de complicité dans nos discussions et pas mal de curiosité aussi de chaque côté.

Un témoin aurait pu se dire « c’est juste un dîner entre amis ».

Ah oui, c’était un très bon dîner entre amis. On a fini par passer au dessert et la tarte tatin d’Hippolyte était très réussie comme d’habitude. Et après ce bon repas, ben on n’avait plus faim. On avait surtout tellement papoté et profité de la compagnie de Pénélope et Léopold qu’il était déjà pas mal tard. Et ça aurait pu s’arrêter là : on aurait tous passé un très bon moment.

Ouais, clairement c’est ce qu’on se dit souvent : même si on était allés se coucher juste après le dessert, ça aurait déjà été une super soirée. Mais bon, on n’est pas allés se coucher.

Pas tout de suite.

On est passés au salon, on a remis du bois dans le poêle, on a mis de la musique – notre playlist « jazz blues » je crois.

Ouais, c’était bien, c’était parfait.

Et on a sorti des digestifs.

Là, les discussions se sont doucement orientées sur le libertinage. Et puis Pénélope, elle a sorti quelques accessoires pour jouer. Elle avait un baume à lèvres qui picote et des cartes avec des petits défis. Ça m’intriguait ces trucs-là, surtout le baume à lèvres épicé, parce que je voulais savoir l’effet que ça ferait sur mes lèvres et puis… l’effet que ça pourrait faire sur toi aussi.

Et du coup, toi aussi, tu es allée chercher notre sac de jouets. Tu as un peu présenté tout notre attirail. Moi, j’étais un petit peu gêné. Je trouvais que ça faisait un petit peu réunion Tupperware.

Mais non ! Non, c’était pas l’idée. Mais oui, c’était drôle. On s’est rendus compte que Pénélope, elle avait aussi un Jouet avec un grand J, mais elle l’avait laissé à la maison. Par contre, elle lui avait donné un petit nom au sien et elle l’appelait le « Léopold II ».

Oui, je me souviens de ça ! Je pense que c’est à ce moment-là qu’on a dû parler de nos limites, celles qu’on avait plus ou moins fignolées dans la voiture avant d’arriver, dont on a parlé à l’épisode d’avant.

Donc on savait que Pénélope, elle était intéressée par les hommes et par les femmes. Moi, c’était plutôt les hommes. Les femmes, j’apprécie vraiment leur beauté, mais j’ai pas forcément envie de me coller à elles comme je peux avoir envie de me coller à un homme.

Je crois que c’est là que Léopold nous a dit, quand on a confirmé qu’il n’y avait pas d’attirance entre hommes : « Moi je suis 100% lesbienne. » Et ça m’a beaucoup fait rigoler parce que je me sentais un peu pareil ! Quand j’étais ado, je me disais que je deviendrais bien une fille pour pouvoir être lesbienne.

Ah oui ?

Je pense que c’est quand j’avais appris que les filles pouvaient avoir plein d’orgasmes à la suite. Ça avait l’air vachement cool. Et en plus pour le coup, Je – je pourrais être Libertine moi aussi et chanter comme Mylène avec les bonnes paroles sans avoir besoin de les changer.

Oui. Donc une fois qu’on a posé tous les quatre nos limites, on a joué aux cartes défis. C’était pas mal pour passer des discussions à un petit peu d’action.

Il était tout neuf ce jeu : ils ne l’avaient jamais essayé. Et il fallait faire des petits défis au sein d’un couple. C’était très soft, c’était tout doux. Tout à fait dans l’ambiance Bisounours. Il y avait des bisous lents sur le coin des lèvres, ou des caresses un peu ciblées, ou des massages. Je me souviens plus, faudra qu’on leur redemande.

Oui Et assez naturellement, les premiers défis se sont faits au sein de chaque couple et chaque couple sur son coin de canapé. Je crois qu’on était un peu timides, parce que s’embrasser sensuellement devant d’autres gens, ce n’était pas vraiment dans nos habitudes. Mais eux, ils avaient l’air d’aimer ça et on ne peut pas dire que c’était désagréable pour nous, donc on a continué.

C’est sûr que moi je crois que j’avais un peu de mal à t’embrasser avec toute l’attention que je te donne normalement. J’avais du mal à ignorer l’environnement.

C’est difficile de se concentrer.

Je me demandais du coin de l’œil s’ils nous regardaient ou pas.

Et alors au fur et à mesure que les défis avançaient, les corps se sont dénudés. Et à la vue du corps nu de Pénélope, alors là… j’ai confirmé que j’appréciais beaucoup les corps de femmes, parce que Pénélope a un corps peu simplement beau en fait. Elle a des jolies courbes au niveau des hanches, au niveau des fesses, du dos, des seins. Rien d’extravagant, juste un modèle parfait pour inspirer des statues. J’ai du mal à dire la beauté simple et naturelle de Pénélope, mais voilà, c’était simple. C’était très agréable. Et j’étais pas particulièrement excitée par la vue de ces jolies courbes, mais j’en appréciais pleinement le paysage.

Moi j’étais un peu excité quand même. C’était très beau, t’as raison, c’est un peu comme une belle œuvre d’art, mais les courbes de femmes c’est magnifique déjà, mais alors celle de Pénélope ça envoyait… Pour moi ça faisait de l’effet quand même. Ceci dit, il n’y avait pas que Pénélope qui avait perdu ses vêtements.

C’est vrai.

Et de mon côté, j’ai découvert la sensation de me retrouver dans la même pièce qu’un autre homme, presque nu, dans un contexte sexuel. C’est-à-dire pas dans un vestiaire de rugby ou, n’en déplaise à certaines chanteuses – je vous mettrai le lien vers le clip dans les notes –

Oui, le clip est pas mal !

C’est assez drôle.

Moi j’ai bien aimé…

où on prend simplement nos douches. Et rigolez pas les mecs, mais dans ce contexte, c’est pas si anodin que ça. Il n’y avait aucune ambiguïté pour moi, on l’a dit. Léopold, il n’allait pas me sauter dessus vu qu’il était lesbienne. Mais ça doit être l’instinct. C’est con, hein, mais… il doit y avoir des vieux trucs primitifs qui datent d’il y a des milliers d’années qui reviennent tout à coup dans ce genre de situation, je ne sais pas. Genre comparaison, compétition… On était deux mâles, il y avait ma femelle à moi dans la même pièce.

Ah ! Non mais attends oui, t’es vraiment bien parti en mode primitif, là !

Et même si dans nos tête, la situation était très très claire et qu’il n’était pas question du tout que Léopold me pique « ma femelle »,

N’importe quoi…

Les instincts, eux, Ils n’étaient pas d’accord. C’était les instincts. Oui, les instincts c’est n’importe quoi des fois, mais…

De mon côté, moi, je n’étais pas passée en mode primitive, parce que j’avais envie d’une expérience partagée entre nous quatre. Et le fait que nos deux couples étaient un peu éloignés l’un de l’autre, chacun à un bout du canapé, ça m’embêtait un peu. Du coup j’ai proposé à Hippolyte « Tu veux qu’on se rapproche d’eux ? »

Ouais ! Mais moi j’étais bien d’accord avec le concept d’expérience partagée. J’allais pas dire non. Du coup mes instincts je leur ai dit « Vos gueules ! » et on s’est rapprochés. Même si j’avais rabattu le caquet à mes instincts, j’étais toujours pas aussi à l’aise que j’aurais voulu. Et c’était pas du tout à cause d’un manque d’excitation, de bienveillance, de douceur ou de quoi que ce soit. Plutôt tout le contraire. C’était autre chose. Donc on s’est installés à côté d’eux. On avait encore quelques vêtements sur nous il me semble.

Toi oui.

En tout cas j’avais encore mon caleçon. On se frottait, on se caressait, et d’avoir un couple à côté qui faisait pareil, de les entendre, de sentir leurs mouvements – même si on les regardait pas – c’était à la fois chouette, c’était agréable, mais toujours un peu perturbant. J’arrivais pas à décider si les regarder c’était de l’impudeur ou de l’admiration d’une scène. Je savais bien que eux ça ne les gênait pas, mais de mon point de vue à moi, ce n’était pas si évident que ça. Ce n’était pas juste un porno en 3D qui se jouait à côté, c’était vachement plus fort, c’était plus émotionnel, c’était plus cérébral.

Oui, ça m’a rappelé que Léopold nous avait parlé un peu avant de l’excitation liée au fait de faire l’amour devant un autre couple et de l’excitation de regarder un autre couple faire l’amour – ce qu’on pourrait aussi appeler « exhibitionnisme » et « voyeurisme » – et ce soir-là, c’était tellement nouveau pour moi tout ça que j’étais submergée par des tas de questions. Oui, j’avais envie de les regarder, mais est-ce que je les regardais pas un petit peu trop fixement ou un peu trop curieusement ? Est-ce que mon regard était respectueux ? J’espérais que oui, mais je n’étais pas tout à fait sûre.

C’était le même genre de sentiments que j’avais.

Et eux, ils nous ont sûrement aussi regardés, mais de ce côté-là, je n’ai pas ressenti de malaise. Un peu de timidité, oui. Un peu de questions du genre « Qu’est-ce qu’ils vont penser de la façon dont on fait l’amour ? » Mais rien qui traduise une invasion oculaire de leur part ça, ça allait. Et parmi tous les scénarios que j’avais envisagé pour rester un peu en contrôle, évidemment, il n’y a pas eu celui que nous, on a déroulé tous ensemble ce soir-là.

Hmmm-mmh

J’avais pas imaginé que chaque couple jouerait chacun de son côté.

Ouais moi non plus, ça avait l’air d’être juste un truc de débutants quoi.

Ouais !! En fait nos petits jeux-défis ont commencé en côte-à-côtisme avec des baisers sensuels et puis ça a continué en côte-à-côtisme jusqu’à la fin de la soirée. Et d’un certain côté, j’avais un peu l’impression qu’on restait bloqués, chaque couple de son côté, alors que soi-disant, on était prêts à vachement plus que ça. Mais il ne faut pas se voiler la face, c’était déjà beaucoup pour nous. Et donc concrètement, il y a eu des baisers, des caresses, des fellations, des cunnilingus, du sexe pénétratif, plein de choses !

Oui. C’était doux.

C’était très doux, c’était tranquille…

C’était chouette, c’était sensuel.

C’est marrant parce qu’on restait un peu en parallèle au niveau de toutes les activités sexuelles qu’on faisait. Et ça se faisait tout naturellement. D’ailleurs, à un moment, nous deux, on a changé de position et j’ai entendu Léopold proposer à Pénélope : « Tiens, dis donc, tu veux qu’on fasse comme eux ? » Et j’ai bien aimé parce que j’ai interprété ça comme une volonté de nous laisser mener la danse à notre rythme. Et pour un couple débutant comme nous, c’était très bien.

Oui, c’était vraiment bien, surtout que oui, on n’avait pas de pression de faire quoi que ce soit.

Non

Je pense que ça a pas mal aidé parce que moi je me sentais toujours pas à l’aise. Ça a fini par se voir quand j’ai malencontreusement perdu mon caleçon.

Ouh c’est malencontreux, ça !

Avec un peu d’aide, hein ? Ben il a fallu se rendre à l’évidence. Même si on était dans une situation extrêmement excitante, en tout cas pour le cerveau du haut, on dirait que l’information elle passait pas jusqu’au cerveau du bas. Incroyable mais vrai, Nestor il avait pas envie de jouer.

Oui… C’était vraiment étonnant : moi j’avais jamais vu ça. Ah mais on n’a pas présenté Nestor, attends. Nestor, c’est le petit nom de ton pénis.

C’est toi qui lui as donné. Moi je donne pas de nom à mon pénis.

Oui parce que moi c’était il y a longtemps, j’arrivais pas encore à parler de sexe. Et le mot « pénis » non plus ça passait pas. Du coup dire « Nestor » c’était plus facile, c’était drôle.

Du coup c’est resté. Et sur le coup, moi j’ai mis ça sur le compte de la fatigue, de l’alcool, de l’âge du capitaine… Bref, c’était certainement pas le manque d’envie. J’étais pas mal perturbé de voir que ça marchait pas. Joséphine était perturbée aussi. Et malgré le fait qu’elle n’était pas du tout habituée à ce genre de panne, Elle ne s’est pas laissée démonter. Et elle m’a demandé ce qu’elle pouvait faire pour aider. Et du coup, je ne me suis pas laissé démonter non plus. Et j’ai suggéré qu’on pouvait essayer une fellation. Et c’est à peu près reparti.

Oui, ce n’est pas du tout le genre de la maison, j’étais pas habituée. Mais c’est reparti, donc je ne me suis pas posée trop de questions. De fil en aiguille, à un moment, j’ai tendu le bras pour caresser le corps de Pénélope. J’ai traversé la barrière du côte-à-côtisme, avec des caresses sur le bras, dans le dos. Et sa peau était douce ! Oui, ça m’a marquée, c’était vraiment très très doux. C’était la première fois que je caressais une femme. C’était même la première fois que je caressais la peau d’un autre adulte que Hippolyte depuis 15-20 ans. Il y avait d’autres peaux douces que j’avais caressées, mais c’était un contexte complètement différent. C’est les peaux de nos enfants. Évidemment, la peau de petits humains tout neufs, c’est très, très doux. On ne peut pas comparer avec une peau d’adulte. Je ne savais pas qu’une peau de femme adulte c’était aussi doux !

Ah ah, moi je savais ! Il suffisait de me demander.

J’y ai pas pensé.

En tout cas, voir cette scène et me la repasser dans la tête là maintenant, c’est quand même vraiment sympa. Joséphine assise sur moi, Pénélope assise sur Léopold juste à côté, Joséphine qui regarde Pénélope et qui étend sa main pour une longue caresse dans le dos toute douce. J’en croyais pas mes yeux ! Quand on avait créé notre profil sur le site de rencontre pour couples, Joséphine elle était « hétéro-c’est-sûr » et j’avais pas bronché. OK j’avais un petit sourire en coin genre « on verra bien… » Mais quand Joséphine dit « hétéro-c’est-sûr », c’est « hétéro-c’est-sûr », on coche la case et puis c’est tout.

Et puis c’est tout, oui. C’est le genre de question où il vaut mieux me laisser découvrir à mon rythme. Et ce soir-là, au niveau intellectuel, cérébral, comme dirait Léopold, ça m’a pas mal étonnée, mais je portais beaucoup d’importance au plaisir de Pénélope. C’est pas que j’oubliais les garçons, mais je me disais que Léopold et Hippolyte, pour eux, ça viendrait simplement. Ils auraient beaucoup de plaisir et voilà, ce serait facile.

Ouais…

Mais dans ma tête, c’était vraiment important que Pénélope se sente bien, qu’elle prenne du plaisir, qu’elle ait même l’opportunité d’avoir un orgasme. Et que je le veuille ou non, Léopold s’occupait très bien d’elle et Pénélope n’avait pas l’air du tout mal à l’aise, donc il y avait des chances que ça arrive. Mais voilà, c’était là, c’était dans ma tête. J’avais très, très envie que Pénélope puisse profiter le plus possible de ces ébats.

Ouais, je pense qu’il y avait aussi le fait que tu savais qu’elle avait une attirance pour les femmes et du coup tu pouvais aussi y aller, non ?

Non, je sais pas. Non, j’ai pas pensé à ça. Ça m’a envahi le cerveau, c’est juste…

Et si elle avait pas dit avant que…

Alors, oui, c’est vrai que j’ai eu cette envie très très forte qu’elle prenne du plaisir. Du coup, j’ai mis la main sur son clitoris pour qu’elle puisse avoir plusieurs stimulations en même temps pendant que Léopold s’occupait de toutes les autres stimulations. Et je n’aurais pas fait ça si elle n’avait pas dit qu’elle était intéressée par les filles. Ça, c’est vrai.

Il y a d’autres images qui me reviennent là, maintenant qu’on en parle, j’ai un peu chaud. Il y a quand même beaucoup de choses qui se passaient, je ne me souviens que de bribes. À un moment, tu as pris ma main pour la poser sur Pénélope, sur ses seins, je crois, puis sur son sexe.

Ah oui, parce qu’après tout, tu savais bien faire sur moi, tu aurais pu l’aider aussi.

C’était un souvenir très agréable, en effet, elle a la peau super douce. Mais j’ai ressenti un petit peu de gêne, sans savoir vraiment l’exprimer à ce moment-là. Je crois pas qu’on ait… Enfin, je suis à peu près sûr qu’on n’a jamais demandé si c’était OK.

Ouais, c’est vrai.

On allait un petit peu avec le courant, comme dirait l’autre, et je crois qu’au fond de moi, je regrette un petit peu de ne pas avoir demandé. Je me serais senti un peu plus à l’aise si on avait eu un « Ah oui, vas-y, tu peux y aller ! »

Oui, c’est vrai. On a fait des progrès depuis pour demander tout simplement avant de se laisser aller à des envies subites qui envahissent mon cerveau. De mon côté, en plus des caresses habituelles d’Hippolyte, qui étaient quand même très agréables, j’ai ressenti quelques caresses douces sur mon corps. Je ne savais pas trop, et je ne sais toujours pas de quelles mains elles venaient, de Pénélope ? de Léopold ? En tout cas, ce n’était pas du tout désagréable et ça ne m’était pas du tout mal à l’aise.

Tu avais plus que deux mains sur toi.

Oui, c’était bien ! Même si l’envie que Pénélope prenne beaucoup de plaisir envahissait mon cerveau, j’avais quand même un peu de place pour le plaisir d’Hippolyte. Et est-ce qu’il était à l’aise ? Peut-être pas 100% d’après ce que je pouvais lire sur son visage.

Non, pas 100%. Il y avait des trucs qui se passaient qui n’étaient pas normaux. Tiens, une fois que j’ai retrouvé de la vigueur, quand on est passés à la pénétration, relativement rapidement – il ne fallait pas que ça retombe, j’étais pas sûr de pouvoir redémarrer une deuxième fois ! – je crois que j’ai joui très très vite. En tout cas beaucoup beaucoup plus vite que d’habitude. Du coup, ce n’était pas évident : j’avais l’impression de ne rien maîtriser. C’était un peu n’importe quoi. Et toi, tu étais à l’aise toi ? Tu ressentais quoi, si tu t’en souviens ?

Alors moi, ce que je ressentais, il y avait pas mal d’excitation, un petit peu de malaise et de timidité mais… parce que c’est quand même pas rien de découvrir son intimité à d’autres gens. Et je me posais des questions du genre : « Bon, on fait quoi maintenant ? » « Et on fait comment ? » « Et comment on se met d’accord tous les deux ? – et là, c’est encore plus compliqué : tous les quatre – sur ce qu’on fait ? » Je crois que j’ai même eu la question… « Bon, quand est-ce que ça s’arrête ? » Parce qu’il était vraiment tard et je commençais à fatiguer. Mais bon, j’avais plein de questions, mais pas les questions… « Mais qu’est-ce qu’on fout là ? » « Comment on s’échappe ? » Ça pas du tout, ça va.

Ou « Qu’est-ce que c’est le mot magique ? » Quand on a fini, entre le démarrage un peu tardif et puis la durée des ébats – le temps passe super super vite quand on fait un truc à quatre, c’est incroyable – il était probablement deux heures du matin, un truc comme ça. On était tous crevés, pas vraiment prêts à remettre ça.

Non, on était fatigués.

Et moi j’avoue qu’avec mon coup de mou, j’étais presque soulagé qu’il n’y avait pas eu la pression de devoir repartir pour un tour. Moi je savais pas trop comment j’aurais pu faire pour sortir le drapeau blanc pour dire « Euh… stop ! » sans vexer Pénélope et Léopold. Mais du coup on est tranquillement allés rejoindre nos chambres dans nos lits douillets pour un sommet réparateur. Mais on n’a pas dormi longtemps. On n’avait pas réalisé qu’il y avait des effets secondaires.

Oui… Parce que le lendemain matin, enfin quelques heures plus tard au réveil, moi j’avais un désir sexuel très très intense. C’était…. pfiou c’était fort ! C’était un peu comme si l’excitation de la soirée n’avait pas encore atteint son apogée. J’ai attendu un petit peu avant de te réveiller, mais j’espérais vraiment que tu serais partant pour m’aider à faire descendre toute cette excitation, parce que hou hou… Et heureusement, t’as bien voulu répondre à mes avances, t’as été sympa.

Pourtant, t’étais fatiguée, normalement quand t’es fatiguée, tu dors comme une souche jusqu’au…

Je pouvais plus dormir.

Je ne me rappelais plus bien qui avait réveillé l’autre, mais si tu le dis comme ça…

Ah oui, moi je me souviens.

Je sais juste qu’il était 5h du mat’ et qu’on avait tous les deux un besoin irrépressible de faire l’amour. Et on s’est réveillés juste pour ça, quoi. C’était complètement fou. On avait très très peu d’heures de sommeil derrière nous, mais les sens, eux, ils étaient bien réveillés. Nestor, il ne s’est pas fait prier: il avait retrouvé toute sa vigueur.

Oui tant mieux ! C’était rassurant…

Il était reparti comme en 40, lui !

Oui !

On a compris tout à coup pourquoi Pénélope et Léopold nous avaient raconté que une fois, sur le chemin de retour d’ une soirée entre « amis avec bénéfices », ils s’étaient arrêtés sur une aire d’autoroute pour faire l’amour là tout de suite parce qu’ils n’en pouvaient plus. Et ça nous avait paru bizarre ! Mais après ce réveil, on a compris.

Ah oui, on a compris !

Et ça ne nous paraît plus du tout bizarre.

Donc voilà : notre chouette première soirée, elle s’est terminée autour d’un petit déjeuner à quatre.

C’était pas mal de se réveiller à 5h du mat’ parce qu’on a pu aller chercher des croissants tout chauds à la boulangerie.

Ouais, donc un petit déjeuner, des gros câlins avant de repartir à chacun de notre côté. On repense avec des étoiles plein les yeux à Pénélope et Léopold parce qu’ils nous ont quand même accompagnés avec beaucoup de douceur, beaucoup de bienveillance. D’ailleurs, on leur fait des bisous.

Ouais, on sait qu’ils nous écoutent.

Bon, on était un petit peu tristes aussi parce qu’il fallait rentrer chez nous et on laissait Pénélope et Léopold en France. On n’avait pas prévu que ces aventures libertines marchent aussi bien, qu’en si peu de temps, on ferait connaissance avec des gens qu’on aurait envie de revoir, avec qui on jouerait, avec qui on aurait envie de remettre ça et qui en auraient aussi envie. C’était une belle histoire. Et c’est bien parce qu’elle n’est pas complètement finie, cette histoire.

On ne sait pas si on aurait pu tomber sur un couple mieux que Pénélope et Léopold pour commencer.

Non, on n’aurait pas pu. Ils étaient parfaits.

En tout cas, on sourit aussi en repensant à Hippolyte et Joséphine, qui imaginaient un peu naïvement dans la voiture des scénarios complètement fous.

Naïvement, tu crois ?

Finalement, ils avaient fait un pouillème de tout ça et ils se retrouvaient avec la sensation d’avoir été déjà très, très loin en ayant « tout simplement » fait l’amour à côté d’un autre couple.

Oui, « simplement », ça nous avait quand même fait pas mal d’effets.

Oui, ça nous en fait toujours d’ailleurs. Rien que d’y penser, ça me met dans un état… D’ailleurs je pense qu’il va falloir arrêter l’épisode.

OK, on fera le débrief la prochaine fois alors.

Oui, je pense que c’est plus prudent.

À bientôt !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

013 | Une table pour quatre, s'il vous plaît ! – une belle rencontre entre couples

Hippolyte & Joséphine, le 21 septembre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
013 | Une table pour quatre, s'il vous plaît ! – une belle rencontre entre couples
Loading
00:00 / 27:54
Amazon Audible Apple Podcasts Deezer Patreon Podbean Podcast Addict Spotify YouTube
RSS Feed
Share
Link
Embed

Ou comment Joséphine et Hippolyte font connaissance avec Pénélope et Léopold, autour de quelques verres, dans un bar bien agréable. Des discussions olé olé, des confidences, des histoires toutes personnelles, qui se terminent avec l’idée de se revoir pour une soirée plus longue… mais pas avant de se poser pas mal de questions et de définir nos limites, histoire de croire qu’on était prêts.

Quelques références:

  • On ne se lasse pas de Libertine de Mylène Farmer
  • Pour écouter l’intégrale de Hippolyte et Joséphine en une soirée, profitez de notre site ou de votre app de podcasts préférée. Profitez-en pour mettre des étoiles au podcast !
  • Bénabar et son dîner
Marque-pages

00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
01:05 Je je suis libertin
02:10 En route pour une rencontre avec Pénélope et Léopold
04:20 Joséphine a… regardé les options « hôtel »
09:03 Débuts de conversation très civilisés…
11:20 … mais qui dérivent très vite !
14:30 Et qu’est-ce qu’on fait après ?
17:25 Les questions qu’on s’est posées
19:57 La température monte : fantasmes, stress et explosion de libido !
24:10 Le briefing pour le saut vers l’inconnu

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

…et Joséphine !

Eh dis-donc, depuis le dernier épisode, je me suis rendu compte d’un truc : « Joséphine », ça rime avec « libertine ».

Ouais, c’est marrant.

Quelle coïncidence, c’est fou ! Et puis en plus, non seulement c’est rigolo, mais j’ai dit « libertine ».

Oui.

Eh ben tu chantes pas ?

Aahhh !

Depuis le dernier épisode, à chaque fois que je dis « libertin » ou « libertine », tu chantes.

Aahhh… Non mais je sais me tenir aussi quand on enregistre des fois. Mais toi, tu veux pas chanter, toi ? Tu l’aimes bien en plus cette chanson.

Ouais mais non, enfin… Je-je suis pas une fille, je-je peux pas vraiment être libertine !

Allez, c’est pas grave, tu peux changer les paroles. Tu l’as déjà fait sur d’autres chansons.

Ouais… Je sais pas, j’ai pas trop d’inspiration là. Je… Je-je suis libertin…

Oui ?

Je fais des câlins.

Ah ben voilà !

C’est pas mal.

Donc après ce petit intermède musical, on va quand même essayer de continuer à raconter nos aventures. La dernière fois, on en était restés à un message reçu pas longtemps après notre inscription sur un sitderencontpourcoupl.

Ouais. 🎵 On-on a reçu un message, un message d’un couple. 🎵 Ça y est, je suis lancé, je vais faire tout le podcast en chantant.

Non. Non, non, non.

Bon alors, ce couple, c’était Pénélope et Léopold. Ils étaient un petit peu plus âgés que nous.

Pas beaucoup.

Un profil très sympa, des jolies photos. Ils nous disaient qu’ils avaient bien aimé ce qu’on avait écrit sur le nôtre, de profil et ça leur avait donné envie de nous contacter. On a papoté un petit peu plus sur le chat. C’était simple, facile, avenant. On n’hésitait pas à raconter nos histoires et ce qu’on pensait savoir de ce qu’on voulait et de ce qu’on voulait pas. On a fait des longs messages, je crois. Ils étaient pas mal plus expérimentés.

En même temps, c’est pas difficile : nous, on avait zéro expérience.

Oui, mais ils avaient quand même pas mal d’années d’expérience. Ils avaient fait ça depuis un moment déjà. On a bien aimé qu’ils nous disent que « chaque fois était une première fois. » Et ils avaient l’air d’avoir envie d’une première fois avec nous. De fil en aiguille, on s’est retrouvés à continuer la conversation sur un groupe WhatsApp à quatre, avec l’idée de trouver un bar à mi-chemin de nos domiciles respectifs pour boire un coup.

Donc après quelques recherches, on a fini par trouver un bar-lounge qui faisait des cocktails, qui avait l’air pas mal. C’était un endroit avec un petit peu de musique où on pourrait discuter confortablement. Et on a réservé « une table pour quatre, s’il vous plaît« . Et on a aussi déniché une babysitter pour les enfants. Alors ce soir-là, on s’est faits beaux et on y est allés. C’était cool de sortir un petit peu, juste nous deux, en amoureux – enfin, façon de parler. En plus, on allait faire un truc un peu interdit. On se retrouvait à faire des cachotteries, comme à l’adolescence. Sauf que cette fois, c’était à nos enfants qu’on racontait pas tout, pas à nos parents.

Ouais, c’était rigolo. Est-ce qu’on était nerveux ? Ouais, pas tant que ça.

Non, pas trop.

Au pire du pire, on allait passer une soirée dans un bar à goûter des cocktails. On était certes un peu curieux de ce qui allait se passer, de ce qu’on allait bien pouvoir se raconter une fois les présentations faites. Et moi je me rappelle que dans la voiture, tu m’as fait une remarque qui m’a laissé bouche bée. Tu m’as dit que t’avais regardé les options pour une chambre d’hôtel.

Ah oui, il y avait un hôtel qui était rattaché au bar dans lequel on allait.

Oui, mais quand tu m’as dit ça, j’ai un petit peu halluciné. Depuis la soirée Gin Tonic, c’est moi qui menais les choses un petit peu, c’est moi qui avais géré l’inscription sur le site de rencontres pour couples.

Du coup, t’aurais voulu toi réserver la chambre d’hôtel ?

Non. Et Joséphine, tu suivais, avec plus ou moins d’enthousiasme, en traînant plus ou moins les pieds.

Oui… en fait, c’est aussi qu’on se lançait dans une aventure… vraiment bizarre. Et du coup, tous mes a priori qui étaient quand même bien ancrés, ils me lançaient des signaux d’avertissement parce que c’était… ouais, c’était bizarre. Alors oui, mon enthousiasme n’était pas forcément toujours au plus haut.

Et du coup, t’as voulu compenser et regarder les chambres d’hôtel ?

Non, mais non !

Pour moi, ce soir-là, c’était clair : on y allait juste pour faire une rencontre et rien de plus que des discussions, voir s’ils nous plaisaient, si on leur plaisait, si on avait envie de se revoir pour vérifier. On était quand même des grands débutants, on n’allait pas passer à la casserole le premier soir ! Moi j’étais absolument pas préparé à cette éventualité, pas du tout. Et de réaliser que toi, de ton côté, t’avais non seulement envisagé, mais en plus t’avais regardé le prix des chambres d’hôtels, c’était un peu déroutant quand même.

Oui, mais en fait, non, je n’avais pas envisagé. Par contre, je voulais être préparée à toute éventualité : on sait jamais.

Ouais…

En fait, je n’avais aucune idée de comment ça se passait, ces choses-là, de la vitesse à laquelle ça avançait. Et ça m’allait très, très bien si on en restait à des discussions ce soir-là. Mais si on décidait de pousser plus loin, je voulais avoir une option à proposer sous la main. Parce que ça nous rassurait, mes a priori et moi, d’avoir la possibilité d’être un peu en contrôle, plutôt que de nous laisser embarquer dans des lieux inconnus qui auraient rajouté au stress. Oui en fait c’est ça, je crois : je voulais être en contrôle, être en position de mener la danse autant que les trois autres, plutôt que de prendre le risque de me laisser mener sans avoir d’opportunité d’intervenir. Oui, comme ça j’aurais été celle qui proposerait le lieu où on irait s’envoyer en l’air, si on décidait d’aller s’envoyer en l’air. Et c’était juste un moyen pour moi d’être active et pas passive, ça me rassurait, même si on n’en avait pas besoin.

Ouais, mais je comprends ce que tu dis, mais… pour être en contrôle, on pouvait juste se dire que c’était pas au programme et que c’était pas ce qu’on allait faire. D’ailleurs, on n’avait même pas parlé de ça jusqu’à ce moment-là, et peut-être qu’on aurait dû !

Peut-être !

De mon côté, je n’avais vraiment pas évoqué le sujet parce que je pensais que c’était pas dans le domaine des possibles, vu comme tu traînais un petit peu les pieds… Bon, façon de parler…

Oui, c’est une façon de voir les choses aussi, oui.

C’était pas le gros enthousiasme, quoi. Enfin, je sais pas moi, c’est… Sur le coup, c’est comme si tu m’avais dit… « Bon, on sait jamais, si on décide d’aller braquer une banque ce soir, moi j’ai mis un bazooka dans le coffre parce que…

Non mais n’importe quoi !

Parce que je voulais être prête à toute éventualité. » C’est ce que tu as dit, tu voulais être prête à toute éventualité.

Non mais pas avec un bazooka. C’est pas tout à fait pareil, quand même ! Si on avait discuté de faire des premiers pas en vue de braquer une banque, ça n’aurait pas été des signaux d’avertissement que mes a priori auraient lancé, ç’aurait été des sirènes hurlantes.

OK, d’accord. Le bazooka, c’est un petit peu exagéré.

Un petit peu.

Mais c’est pour expliquer mon point de vue : coucher le premier soir avec des inconnus, comme braquer une banque, c’était en dehors du champ des possibles pour moi ce soir-là.

Oui, ok.

Et pour rester en contrôle, il suffisait de dire qu’on n’envisageait pas de coucher le premier soir.

Oui, mais on ne l’avait pas dit.

Et du coup, il n’y avait pas besoin de regarder les hôtels à l’avance… ni de regarder s’il y avait des banques à braquer sur la route.

Non mais ça j’ai pas regardé !

En tout cas, sur le coup, moi j’avais pas du tout compris ça, comme tu l’expliques maintenant, j’ai été surpris. T’avais été timide dans tout le processus avant cette soirée et je m’attendais pas à ce que tu fasses déjà des plans au-delà de rencontrer Pénélope et Léopold et de boire un coup avec eux.

Oui, c’était ma façon de rester en contrôle.

Donc je le saurai maintenant, quand tu veux rester en contrôle, il faut que tu regardes les hôtels.

Non… J’ai plein de moyens de rester en contrôle.

Après, en vrai, au niveau timidité, je sais que ce n’est pas trop ton style d’être timide. J’avoue que je m’attendais à ce qu’à un moment, ça te plaise, ces histoires, et que tu desserres le frein à main. Un petit peu comme avec le Jouet ou avec Melba, ou avec les autres choses qu’on avait essayées. Mais quand même, sur le moment, je me suis dit « Euh… ça va peut-être un peu vite pour moi là ! » Et pour le coup, quand tu parles de garder le contrôle, moi là je me suis dit que c’était peut-être moi qui le perdais.

C’est fou, même après 15, 20 ans ensemble, je peux encore de surprendre.

Ouais, ça faisait que commencer. Sur ce, on est arrivés. On est arrivés les premiers et on s’est installés tous les deux à notre « table pour quatre ». Pénélope et Léopold étaient un petit peu retenus dans des bouchons. Donc la première bonne nouvelle c’était quand même qu’on avait assez bien choisi le bar. C’était très sympa, très calme. Une ambiance jazz avec une musique juste assez forte pour qu’on arrive à s’entendre sans avoir à élever la voix, sans que ni le personnel, ni les quelques autres convives ne puissent entendre non plus nos conversations.

Oui, tant qu’à faire. Et là, j’ai vu arriver un couple. Ils étaient bien habillés, potentiellement ça pouvait être Pénélope et Léopold. Et oui, oui. Vu le sourire qu’ils nous ont lancé, c’était eux. Et voilà, ils étaient là. On allait faire notre première rencontre libertine. On avait un peu la trouille, mais on n’avait quand même pas envie de partir au courant, ça va !

Heureusement, parce que ça ne serait pas passé inaperçu. On s’est fait la bise, on a fait connaissance, tout simplement. Je pense qu’on a parlé de la pluie et du beau temps, des bouchons, tout ça. Et petit à petit, on a commencé à se raconter nos histoires. Je pense que c’est eux qui ont posé des questions. Et nous, on a raconté comment on en était arrivés là. Et oui, ils se sont tapé l’intégrale des 12 épisodes précédents en avant-première, en exclusivité mondiale, les petits veinards ! Vous aussi, vous pouvez faire comme Léopold et Pénélope, vous pouvez vous servir un verre de ce que vous voulez et écouter l’intégrale de Hippolyte et Joséphine en une soirée.

Il faudra peut-être un petit peu plus qu’une soirée quand même.

Et peut-être un peu plus qu’un verre aussi.

Donc eux aussi, ils nous ont raconté leurs aventures. Ils nous ont dit qu’ils cherchaient « une belle histoire ». Et ça tombait bien, parce que nous aussi en fait. Et vu les conversations et les personnalités qu’on découvrait, on n’était pas du tout tentés d’utiliser le mot magique.

Le mot magique ?

Bah oui, le mot magique sur lequel on s’était mis d’accord dans la voiture, si jamais un de nous deux ne se sentait pas trop à l’aise.

On avait un mot magique ?

Bah oui !

Ah oui, en effet, ça me dit quelque chose. Mais c’était quoi ?

Bon, je te dirai après, je ne vais pas non plus lui dire sur le podcast notre mot magique ! En même temps, si tu ne t’en rappelles pas, ça sert pas à grand-chose.

Oui, mais c’était le mot magique français, ça. On ne s’en est pas servi depuis vachement longtemps.

Oui, mais quand même, tu aurais pu t’en souvenir.

Mais tu as raison, on avait un mot magique pour pouvoir dire à l’autre « Ça va pas, on se casse ! » sans attirer l’attention de l’autre couple. Mais oui, en effet, on ne s’en est pas servi, et les conversations ont commencé à prendre une tournure un petit peu olé-olé.

Oui, assez vite, on a abordé des sujets très intimes. C’était assez incroyable, parce que quelques heures plus tôt, on ne connaissait pas du tout Pénélope et Léopold. Et là, on parlait vraiment de tout, de sujets qu’on n’aurait pas osé forcément évoquer avec des amis proches. Mais avec Pénélope et Léopold, eh ben on osait. On osait parler de sexe, on osait leur demander des détails sur eux et sur leurs histoires. Oui, c’était rafraîchissant. Ça paraissait tellement simple avec eux.

Ouais c’était chouette, c’était pas du tout gênant. Une fois qu’on a commencé à briser la glace, ben, on parlait. C’était étonnant comment on arrivait à faire ça, à parler comme ça de notre voyage sexuel et émotionnel alors qu’on n’en avait jamais parlé à personne avant. En tout cas moi, en ce qui me concerne, j’en avais jamais parlé à qui que ce soit.

Je pense que le fait que nous deux on avait déjà réussi à éliminer pas mal de tabous entre nous, ça a aidé quand même. Parce que si on les avait rencontrés quelques années plus tôt, on aurait été trop gênés pour en profiter pleinement. Alors que là, on pouvait faire place à la curiosité, aux discussions ouvertes, aux rigolades. C’était cool.

Oui, le truc vraiment rigolo c’est que à chaque fois qu’on arrivait sur un sujet particulièrement chaud, où on utilisait des mots plutôt explicites pour décrire des situations vraiment excitantes, soit la serveuse arrivait, ou alors encore mieux, la musique s’arrêtait complètement, il y avait une pause entre deux pistes…

Et moi je ne m’arrêtais pas de parler.

Et nos conversations, en tout cas les bribes de conversations – qui ne laissaient aucun doute sur ce qu’on disait – pouvaient tout d’un coup être entendues par tous les clients et le personnel du bar. Heureusement, il n’y avait pas grand monde !

Et c’était toujours moi qui parlais à ce moment-là.

C’est possible, oui ! D’ailleurs, tu étais complètement à l’aise dans ces conversations.

Mmmh. J’étais en contrôle, j’étais rassurée.

Ah oui, il y avait l’hôtel, de toutes façons !

Non, j’avais pas réservé un hôtel, mais je savais qu’on pouvait aller à l’hôtel. Et les pauses dans la musique ça ne nous a pas empêchés de continuer à papoter, au contraire, parce que c’était drôle. Ça rajoutait un peu de piment. Je me souviens qu’on a parlé d’un tournage de film porno du point de vue du caméraman. Léopold, il avait eu l’occasion de faire ça une fois et il disait que l’acteur, il fait l’amour à l’actrice et l’actrice, elle fait l’amour à la caméra. Et lui, je crois qu’il avait bien aimé être celui qui tenait la caméra.

Qui arrivait malgré tout à tenir la caméra.

On avait aussi parlé de comment eux, ils avaient commencé leurs aventures libertines pas mal de temps auparavant avec un truc à trois d’assez longue durée avec une autre femme. On a parlé du coup de la bisexualité de Pénélope.

Oui et de la non-bisexualité de Joséphine. Mais ça, on en reparlera.

Mmmm On avait parlé du fait qu’ils racontaient leurs aventures à quasiment personne dans le monde « normal », parce que c’était leur petit jardin secret. Alors nous, on était super curieux, on posait plein de questions. Tout était complètement nouveau pour nous. C’était drôle, c’était un peu surréel. C’était même un peu libérateur de parler de choses comme ça. Et c’était un chouette moment partagé.

Ouais ! Tellement chouette qu’à un moment on s’est posés la question de… « Ben qu’est-ce qu’on fait après ? » Et si Pénélope n’avait pas dû se lever très tôt le matin suivant pour le travail, ben… on aurait presque pu finir dans une chambre d’hôtel !

Tu vois, j’avais bien fait de regarder.

Ouais, ouais, ouais, non mais en fait, je pense qu’on n’était pas prêts du tout. C’était vachement tentant. Je crois que malgré ce que je m’étais dit et les résolutions que j’avais prises avant cette rencontre, j’aurais pas osé mettre mon veto.

Tu vois, c’est pas si facile de dire non, hein !

Oui, je sais, mais peut-être qu’on aurait quand même pris cinq minutes avant pour discuter entre nous et…

Oui, peut-être, oui…

… dire que, hmmm, peut-être que c’était un peu rapide. Mais bon, si ça s’était passé, j’en n’aurais probablement pas mené bien large. Et toi, Madame « Je-veux-rester-en-contrôle », t’en pensais quoi ?

Eh bien pour moi, c’était très bien de prendre le temps, de ne pas se précipiter, même si on aurait pu prendre une chambre d’hôtel. Déjà, on avait pris un verre avec des inconnus, on avait parlé avec eux de plein de sujets dont on n’avait pas vraiment l’habitude de parler. Et oui, j’étais contente d’avoir rencontré ces inconnus. Ils étaient… oui, ils étaient normaux ! Ils étaient drôles, ils inspiraient confiance.

Oui ! Je crois que c’est ça le truc principal, c’est que c’était un couple complètement normal. Depuis le moment où on les a vu entrer dans le bar, on n’aurait jamais pu se douter qu’eux aussi ils s’inscrivaient sur un site de rencontres avec l’idée un peu saugrenue de passer des moments sensuels avec d’autres couples.

Oui !

Ils ne correspondaient pas du tout au genre de stéréotype qu’on pouvait associer à ce moment-là aux mots « libertins » ou « échangistes ».

Hmm-mmm.

Tiens d’ailleurs je me souviens qu’on a parlé avec eux aussi du milieu des clubs.

Ah, les clubs libertins ?

Ouais. Et eux, ils préféraient largement les rencontres privées, intimes, où on prend le temps de se connaître. Je crois qu’ils nous avaient dit qu’ils n’avaient jamais mis les pieds dans un club. Ouais, on dirait qu’on avait à peu près le même genre d’a priori sur ces endroits.

Oui. Ils avaient clairement plus d’expérience que nous, mais ils donnaient l’impression d’être prêts à mettre tout ça de côté et de se mettre à notre niveau, pour nous aider à découvrir le monde libertin tout en douceur, sans aucune pression.

Oui, c’était agréable. Bon, bref, au final ça s’est pas fait ce soir-là. De toute façon, après tout, on pouvait toujours aller braquer une banque, hein ?

Non mais n’importe quoi !!

Histoire d’utiliser le bazooka qui était dans le coffre et…

Pffff….

… être prêts à toute éventualité.

Non, on n’a pas fait ça. On a plutôt regardé nos calendriers. Et donc, le samedi soir…

Pour braquer une banque ?

Non ! À quatre.

« Braquage à quatre… »

Le samedi soir, deux semaines plus tard, ça convenait à tout le monde, donc on avait un peu de temps devant nous, on pouvait trouver un endroit un peu plus sympa qu’une chambre d’hôtel. Genre un Airbnb où on pourrait passer une soirée tranquille entre couples.

Ouais, et puis ça leur donnait le temps de se procurer un bazooka aussi.

Mais non, mais t’arrêtes ?

Le retour en voiture était… c’était rigolo, c’était enjoué ! On discutait beaucoup, tous frétillants de nos découvertes. On s’est même perdus, je crois. On parlait tellement qu’on s’en foutait complètement du GPS. On était tous les deux contents. Juste heureux d’avoir rencontré des gens bien, que ça ce soit si bien passé, qu’on ait eu des discussions qu’on n’avait jamais eues auparavant et on avait une date dans le calendrier pour se revoir.

Quand même, tout ça, c’était tout nouveau tout fou pour nous, donc on s’est posés pas mal de questions avant d’aller plus loin. On a commencé par se dire, bon, est-ce qu’on voulait vraiment faire ça ?

Oui, oui, parce qu’on s’était accordés sur une date, mais on avait toujours la possibilité de dire :

On pouvait toujours reculer.

« Bah, en fait, on a réfléchi…

En fait non !

… en fait, le bazooka est enrayé ! »

Bon, alors là, à la question « Est-ce qu’on voulait vraiment faire ça ? » On a dit oui tous les deux. Après, on s’est demandés quelles étaient nos limites ?

Grosse question. On avait deux semaines pour y penser mais…

On y reviendra parce que c’est une grosse question effectivement. On s’est demandés aussi est-ce qu’on voulait vraiment se lancer là-dedans avec Pénélope et Léopold ? Et là, on y a bien réfléchi, parce que si on avait rencontré Pénélope ou Léopold individuellement, on n’aurait pas forcément développé un crush pour eux. Ils sont très bien physiquement aussi, c’est pas juste des gens bien. Mais est-ce qu’on était suffisamment attirés pour aller plus loin avec eux ? ? Et quand je pose cette question-là, c’est surtout par respect pour Pénélope et Léopold, parce qu’il n’était pas question qu’on profite d’eux, qu’on les utilise pour notre première expérience libertine, s’il n’y avait pas tous les bons ingrédients entre nos deux couples et des deux côtés d’ailleurs.

En fait, je crois qu’on n’avait pas vraiment prévu que ça se passe aussi bien. On ne passait que quelques semaines en France et on s’était dit qu’on allait juste essayer de faire une rencontre, juste pour voir. Et on avait complètement pris en compte le cas « ça marche pas bien », « on rencontre des gens et puis on veut pas aller plus loin », ou alors « on rencontre des gens trop bizarres ». Le cas « ça marche pas », on était prêts ! Mais alors le cas « si ça marche très bien », ben on n’avait pas trop prévu, quoi !

Oui…

À la base l’idée c’était vraiment de rencontrer des couples, pas forcément d’aller jusqu’au bout. C’était quand même plutôt improbable que ça marche du premier coup. Enfin moi je ne m’y attendais pas vraiment, quoi ! En tout cas nous ce qu’on savait à ce moment-là c’est qu’on avait envie de les revoir. Eux ils savaient aussi qu’on quittait la France pas longtemps après mais ils étaient partants aussi. Et du coup on s’est lancés dans la recherche d’un petit nid douillet pour notre première soirée entre couples.

Donc entre la rencontre au bar et la soirée, on avait notre petit secret tous les deux. On se faisait nos plans en douce sans que les enfants ni les grands-parents se doutent de quoi que ce soit. C’était rigolo de faire ces préparations, que ce soit prévoir le repas qu’on allait mijoter et partager, ou alors imaginer ce qu’on ferait après le repas.

Attends, t’imaginais des trucs, toi ? Normalement t’as pas de fantasmes !

Non, non, c’étaient pas des fantasmes. Mais je me posais plein de questions sur comment ça se passerait, donc j’imaginais des mises en situation. Je me projetais pour être prête à réagir à toutes sortes de situations, mais ce n’était pas dans un contexte d’excitation, donc ce n’était pas des fantasmes.

C’était pour rester en contrôle, c’est ça ?

C’est ça !

Ouais, ouais, non, mais des mises en situation, pour moi, c’est des fantasmes quand même. Un petit peu…

Oui, mais ce n’était pas à vue excitative, donc… Ça se dit ?

Ouais ouais ouais… Moi de mon côté, j’assume, j’avais des vieux fantasmes qui étaient sortis de leur caverne, mais par contre je me projetais pas du tout sur ce qui pourrait se passer. Je me rendais compte qu’il y avait trop de choses qui pouvaient arriver et sur lesquelles j’avais aucun contrôle.

Hmmm.

J’arrivais pas à mettre des images dessus… J’avais envie de retrouver Pénélope et Léopold, de passer un bon moment avec eux et de reprendre nos conversations. Mais après, je savais pas. Peut-être que c’était plus simple parce que… il y avait clairement de la tension, du stress, de me retrouver face à l’inconnu comme ça, du coup, j’éludais. Je sais que les quelques nuits avant cette soirée j’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. J’arrivais pas à m’endormir le soir, ou alors je me réveillais super tôt le matin. Enfin, ce genre de truc qui m’arrive quand je suis en état de stress.

T’es sûr qu’il n’y avait que du stress parce que vu l’effet que ça te faisait et puis la façon dont on arrivait à te déstresser, ben ça m’empêchait de dormir aussi ! Je ne m’en plains pas d’ailleurs !

Ouais mais c’est peut-être un lien de cause à effet. Moi je ressentais bien le stress, hein ! C’est un peu comme avant un match important. L’anxiété de bien faire les choses, d’être à la hauteur, de ne pas décevoir mon équipe. Enfin, une sorte de trac qui te fait demander « Mais dans quoi tu t’es lancé, quoi ! » Et s’il ne vaudrait pas mieux, en fait, ne pas y aller à ce dîner… et trouver un tas de prétextes comme dans la chanson de Bénabar. Mais bon, moi je m’étais jamais laissé aller à abandonner mon équipe pour si peu. Et je n’ai jamais regretté – même quand on se prenait 40 pions. J’allais quand même pas laisser tomber Pénélope, Léopold et Joséphine ce soir-là. Ok, c’est vrai, il y avait un petit peu d’excitation,

Un petit peu !

on savait quand même très bien pourquoi on allait retrouver Pénélope et Léopold. Ça avait des répercussions sur notre libido. Je pense que c’était communicatif aussi, parce que…

Ah oui !

toi t’avais plus de libido, du coup moi j’ai dit « Wahou, cool ! »

C’était un bon moyen de déstresser.

Ouais ! Mais on ne s’attendait quand même pas à ce que ça nous fasse l’effet avant, hein ! C’était assez intéressant. Enfin, on s’est vraiment mis à faire beaucoup plus l’amour que d’habitude. C’était tous les soirs, non ?

Mmm-mmh !

Parfois même le matin au réveil, non ?

En plus, oui !

Avant que les enfants se lèvent ? Ou alors ils étaient levés, mais on s’en foutait ! Ça ne nous était pas arrivé si souvent que ça, auparavant.

Non, mais c’était sympa.

D’ailleurs, ce n’était pas évident à gérer pendant la journée, avec les enfants autour.

Oui !

On discutait aussi beaucoup.

Oui, parce que quand on ne faisait pas l’amour, on discutait loin des oreilles des petits, surtout le soir dans notre chambre.

On essayait de comprendre ce qui nous arrivait.

Alors, à un moment, moi, j’ai aussi parlé à Séraphine. Séraphine, c’est la copine à qui je racontais mes crushs, des années plus tôt. Donc, je l’ai appelée pour partager ce gros pas dans notre couple, ce projet un peu délirant dans lequel on s’embarquait. Et d’habitude, c’était elle qui me racontait ses histoires polyamoureuses. Moi, j’écoutais avec pas mal de curiosité. Et cette fois, c’est moi qui partageais des idées et des questions qu’elle ne s’était pas encore posées.

Mmh ! Ça a dû la surprendre un petit peu, non, quand même ?

Oh je sais pas, je pense qu’elle se disait qu’un jour, ça arriverait. Et puis, je l’ai aussi appelée pour qu’au moins une personne sache où j’étais, avec qui, et pourquoi. C’était un peu une précaution de sécurité qui ne m’avait pas franchement l’air absolument nécessaire, mais c’était rassurant. Et puis, c’était un peu plus facile de dire ça à Séraphine qu’à nos parents !

Oui c’est sûr ! Les parents, on leur a juste laissé les enfants et nous, on est partis vers l’inconnu…

Et une fois sur la route, juste nous deux, eh ben on a essayé de faire une sorte de briefing sur nos limites, histoire qu’on soit tous les deux à peu près en phase sur ce qu’on avait envie de faire, ce qu’on n’avait pas envie de faire, comment faire, etc. Donc par exemple, eh ben par exemple on a défini notre mot magique pour appeler à l’aide entre nous, celui que tu as oublié.

Oui, c’est vrai. On se disait qu’on ne se mettait pas la pression de faire des choses que l’un de nous n’est pas prêt à faire. Et ça a l’air tout simple, dit comme ça.

Bah oui, donc on l’a dit. On a aussi défini nos limites en termes d’activités sexuelles, donc pour nous il n’était pas question de faire de la domination, de la soumission, pas de fessée, pas de brutalité, pas de langage dégradant.

Oui sur ce point ils nous avaient rassurés, ils nous avaient dit : « Bon alors là, pas de souci, nous on est des Bisounours ! »

Oui, et c’est vrai… c’étaient des Bisounours !

Pour moi en particulier, J’avais pas vraiment de limites sur ce que je pourrais faire ou sur ce que les filles pourraient me faire. La seule chose c’était que je suis hétéro et que Léopold et moi on n’interagirait pas. Mais ça c’était à peu près clair depuis le début.

Oui, pour vous deux, oui. Pour moi en particulier, il y a quelques parties du corps qu’on ne peut pas me toucher : le creux jugulaire, là en bas du cou, le nombril et l’anus.

Mmm-mmh.

Après, on s’était dit aussi qu’on restait ensemble, en tout cas dans la même pièce, tout le temps. Et qu’on essayait de rester connectés.

On avait défini ce que ça voulait dire, « connectés », à ce moment-là ?

Non, non mais t’inquiète pas, ça viendra dans quelques épisodes. Minute papillon, un peu de patience !

Tant que ça respectait toutes ces limites dont on vient de parler, on ne se sentait pas vraiment limités dans le type d’activités sexuelles qu’on pourrait faire avec Pénélope et Léopold. Surtout que ça avait l’air complètement compatible avec leurs limites à eux, leurs limites de Bisounours. En gros, la conclusion – je ne sais même pas s’il y avait une conclusion mais c’était… – on s’était dit : « Ben on verra bien de toute façon, s’il y a un truc qui nous va pas, on le dira, tout simplement. »

Oui, « tout simplement » ! Mais bien sûr ! Comme si c’était si facile !

Oui, ou alors on dira le mot magique que j’ai oublié.

Oui ! En fait, on était vraiment des bleus, hein !

Oui… On rappelle qu’on n’y connaissait rien, on n’avait pas lu « Le Libertinage pour les nuls« .

Il existe ce livre ?

Non, je ne crois pas. Mais on va l’écrire.

Ah bon ?

Ouais. J’ai déjà fait la couverture. On n’avait pas écouté le super podcast « Si on osait », d’Hippolyte et Joséphine. On n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait se permettre de faire ou non. J’ai envie de dire, surtout vis-à-vis de nous-mêmes.

Oui, on ne se rendait pas compte du tout qu’il nous manquait quand même beaucoup de questions dans notre briefing. Et du coup, forcément, il nous manquait aussi des réponses.

Ouais, on se jetait là-dedans, on s’était pas vraiment renseignés en fait.

Non, pas beaucoup, c’est vrai.

Et je pense qu’il faut être honnêtes avec nous-mêmes, enfin avec Hippolyte et Joséphine de cette première soirée, ce qu’on voulait vraiment, ben on savait pas ! C’était vraiment le grand saut dans l’inconnu, quoi !

Oui, mais ce grand saut dans l’in-cul-nu, on le fera au prochain épisode.

Quoi ? Le saut vers l’in-cul-nu ?

Oui.

Non, mais t’es pas sortable ! Tu peux pas dire ça ! Il y a des enf… Ah non, il n’y a pas d’enfants qui écoutent, ça va, mais…

Non, j’espère que non.

On peut pas faire des blagues comme ça. C’est pas possible !

Bon allez, OK, je sors. Bon, à bientôt alors !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

012 | À la recherche d'une rencontre – nos premiers pas sur un site libertin

Hippolyte & Joséphine, le 11 septembre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
012 | À la recherche d'une rencontre – nos premiers pas sur un site libertin
Loading
00:00 / 21:24
Amazon Audible Apple Podcasts Deezer Patreon Podbean Podcast Addict Spotify YouTube
RSS Feed
Share
Link
Embed

Hippolyte et Joséphine ont sacrément envie de continuer à profiter du Permis de Séduire ensemble, mais il faut bien se rendre à l’évidence : trouver des candidats à l’expérimentation « dans la nature », ça va pas être simple.

Restent les apps. Hippolyte arrivera-t-il à monter un dossier suffisamment convaincant pour que Joséphine accepte de laisser ses a priori et idées préconçues de côté, et veuille bien créer un profil sur un « sitderencontpourcoupl » ?

Références:

  • L’indémodable site d’histoires érotiques Revebebe
  • Libertine par Mylène Farmer
  • Coluche, le coiffeur à Paris en vacances à Cajarc dans le Schmilblick, 1976
Marque-pages

00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Previously in « Osez Joséphine », heu non, « Si on osait… »
04:13 Le scénario rêvé mais pas vraiment vraisemblable
05:28 La suggestion d’Hippolyte pour aider le hasard
07:08 Les a priori de Joséphine
09:13 Un site de rencontres pour couples un peu plus soft que les autres
10:58 Création d’un profil
13:24 Et ajout de photos !
15:20 On, on est libertins !
17:07 Premières interactions et échanges
20:23 Une conversation prometteuse

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Bienvenue dans un épisode avec encore des références musicales, des a priori, des photos et peut-être des rencontres.

Peut-être… Mais d’abord… Previously in « Osez Joséphine »

Non mais attends, mais c’est pas « Osez Joséphine », notre podcast. Notre podcast il s’appelle « Si on osait… » Ça fait 12 épisodes maintenant, c’est « Si on osait… » Bon, allez, recommence.

Je recommence.

Ça va marcher.

Previously, in « Si on osait… »

Ah ben voilà, ça y est, on peut commencer.

Yay ! J’ai réussi !

Donc, après cette soirée mémorable où on avait testé et apprécié une sorte de « Permis de Séduire Ensemble », Hippolyte et Joséphine, ici présents…

C’est nous !

… se rendaient compte que ce n’était pas si évident que ça de trouver des situations où on pourrait rencontrer un couple, jouer à se parler, se sourire, se séduire, et éventuellement un peu plus. Mais… Hippolyte et Joséphine ils avaient quand même pas mal envie de continuer à ressentir les effets positifs de tous ces moments et de refaire des soirées Gin Tonic.

Ah carrément !

Pour donner un peu de contexte, après le gros projet à l’étranger et la soirée Gin Tonic à l’épisode 10, le plan c’était de passer deux mois en France, à peu près deux mois, avant de rentrer chez nous pour de bon. Et on en profiterait pour revoir la famille, les amis, profiter de la bonne bouffe, du bon vin. Et forcément, on s’est dit que c’était un peu tentant de profiter de cette situation pour continuer à essayer de jouer à séduire et éventuellement faire des rencontres. C’était un peu plus facile en fait, parce qu’on n’avait pas la barrière culturelle, on n’avait pas la barrière linguistique. Et puis avec cette échéance de départ dans les prochaines semaines, au final on prenait peu de risques. Si jamais ça foirait, on pouvait se sauver en douce.

Oui, alors de mon côté, autant moi j’étais partante pour continuer à utiliser notre « Permis de Séduire Ensemble », quand et si l’opportunité se présentait, autant je me voyais mal chercher des situations ou alors des environnements où l’objectif premier, ce serait de séduire. J’avais quand même du mal à imaginer que d’autres gens pourraient avoir la même approche que nous. Et du coup, si on allait dans des environnements un peu propices à ce type de séduction, est-ce que les autres cherchaient un peu des trucs comme nous ? Ou est-ce qu’ils cherchaient plutôt un coup d’un soir ? Et est-ce que les deux moitiés du couple étaient partantes ? Voire même au courant ? Donc moi j’avais quand même pas mal d’a priori, j’avais du mal à les exprimer, j’y arrivais pas forcément.

On avait du mal à mettre les mots sur…

Ah, sur beaucoup de choses, oui !

On les met maintenant parce qu’on a réfléchi mais…

C’est plus facile !

mais à ce moment-là, ce n’était pas…

Moi, je voulais que ça continue à être une initiative que Hippolyte et moi on prendrait ensemble, où on serait tous les deux moteurs et où on inventerait ensemble ce dans quoi on se lancerait, plutôt que se retrouver suiveurs ou alors passifs avec un couple qui ferait ça pour s’envoyer en l’air.

C’est un peu comme la soirée où ça s’était fait naturellement, en fait !

Oui, bon ça s’est pas fait, hein, mais…

Non mais notre…

Oui, nos tentatives de séduction

Notre évolution s’est faite ensemble et naturellement. Et moi aussi, je pense que j’avais cette idéal en tête. On pourrait rencontrer un couple, on les inviterait à manger, ils viendraient tous les deux, cette fois.

Oui, ce serait pas mal.

Ils nous plairaient.

Ouais !

On leur plairait.

Oui, ça peut être bien aussi !

On passerait une bonne soirée ensemble, peut-être qu’on boirait un peu, il y aurait des regards, peut-être qu’il y aurait une deuxième soirée, au coin du feu, avec un peu plus de regards, une atmosphère qui se réchauffe un peu, des confidences ou bien des jeux qui tournent à « l’action ou vérité » version adulte et…

Attends, t’es en train de passer en mode Revebebe là !

C’est vrai, c’est pas faux. Ça ressemble bien à un scénario d’histoire érotique.

Oui, oui, je pense que t’es bien parti pour ça.

En tout cas, le genre qui me plaît. Au passage, on recommande toujours Revebebe. revebebe.free.fr dont on avait parlé à l’épisode 6, je crois. Il y a toujours des tas d’histoires vraiment sympas à chaque fois qu’on y retourne.

Et pourtant, c’est pas toi qui les écris. Enfin, je crois pas.

Non, non, j’ai pas de compte là-bas ! Bon, pour revenir à notre situation de la vraie vie, sans scénariste d’histoire Revebebe, c’était bien joli de s’imaginer des tas de choses comme ça, mais c’était un peu illusoire de croire que ça allait nous arriver.

Comme ça, rien qu’en attendant…

Du coup, j’ai pris mon courage à la pelleteuse, j’ai proposé qu’on aide un petit peu la chance. J’ai suggéré – d’ailleurs j’ai probablement suggéré plusieurs fois – qu’on regarde éventuellement si ça ne vaudrait pas le coup de voir si par hasard, si par hasard il n’y aurait pas, – sait-on jamais, hein – des « sitderencontpourcoupl »

Des quoi ?

Euh, des « sitderencontpourcoupl » !

Articule !

Des sites de rencontres, heu… « pourcoupl ».

Ah ça sort pas, hein !

Je rigole pas, j’ai probablement utilisé le même genre de formulation alambiquée pour faire croire à Joséphine que j’avais pas déjà regardé. Parce que bon évidemment je suis pas fou, j’aurais pas proposé ça si j’avais pas déjà regardé.

Petit cachottier, t’avais déjà regardé ! Tu fais bien la Sainte-Nitouche.

Eh bien, ceci dit j’avais bien fait parce que si on avait fait les premières recherches ensemble, je pense que ça n’aurait pas été bien loin.

Pourquoi ?

Les premières recherches de sites de rencontres que j’avais faites, eh ben on tombe sur des sites vraiment orientés très très cul, voire complètement porno.

Ah oui, non.

Et avec des profils vraiment très très explicites. À première vue, ça n’avait pas l’air évident pour nous de trouver un site où on avait un minimum de chance de rencontrer des gens qui étaient à peu près sur la même longueur d’onde, c’est-à-dire rencontrer et séduire avant de passer à la casserole…

Oui !

Ça n’avait vraiment pas l’air facile de trouver des choses qui seraient un peu moins intimidantes pour nous et surtout pour Joséphine qui y allait pas mal à reculons.

Ah oui, moi j’y allais, oui, à reculons. Parce que j’avais toujours cet a priori que les gens qui vont sur des sites de rencontres, surtout les sites de rencontres pour couples, – pardon, surtout les « sitderencontpourcoupl » j’y arrive pas ! – ils recherchent le sexe pour le sexe, sans poésie, sans tendresse, et… ben ça me rebutait. Et j’avais peut-être pas tout à fait tort, parce que sur les sites de rencontres, il y a quand même beaucoup de gens qui cherchent un coup d’un soir, qui veulent s’envoyer en l’air sans se poser de questions. Et je juge pas, hein ! mais… quand même moi, à ce moment-là, je mettais tout le monde dans le même panier. Hippolyte, lui, il était persuadé, – peut-être avec une plus grande ouverture d’esprit – il était persuadé qu’il y avait aussi d’autres gens qui étaient plus doux, plus « Bisounours ». Des gens qui…

Oui, moi je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont comme nous, tout le temps.

Oui, oui, c’est bien. Des gens qui nous conviendraient mieux, en fait. Bon moi je n’y croyais pas beaucoup, mais éventuellement, je voulais bien lui donner une chance de me prouver que je me trompais. Par contre, il fallait qu’il prépare un dossier qui tienne bien la route avant.

Eh ouais. Et en effet, j’avais fait le tri. Je ne le faisais pas vraiment que pour Joséphine le tri, parce que moi non plus, voir une paire de seins qui prend toute la photo, ou un zoom sur une vulve en train de se faire pénétrer par un pénis quand on arrive sur un profil, ce n’est pas vraiment ce qui titille le plus ma curiosité. Ça peut être joli et très excitant. Disons que ce n’est pas ce que j’ai tendance à avoir envie de voir en premier chez une femme ou chez un couple.

Oui…

Et en effet, les apps de rencontre, c’était pas mon rêve. C’était vraiment pas mon rêve du tout. J’avais le même genre d’a priori et d’inquiétudes que Joséphine. J’étais assez circonspect là-dessus. Et puis j’avais pas envie non plus qu’on se retrouve au milieu d’un catalogue de « viande » où les gens pourraient nous « swiper » ou nous « matcher ». Et encore moins si ça amenait à rencontrer des gens pas forcément bienveillants, qui voudraient en quelque sorte bizuter les petits nouveaux à la mode échangiste.

Ah oui, non… non, non !

Donc au final, j’en ai trouvé un de… « sitderencontpourcoupl » qui avait l’air beaucoup plus soft que les autres, et puis un petit peu plus orienté « couples », justement, que les autres. J’avais créé un compte gratuit, juste pour voir. ce qui donnait accès aux profils qui s’y trouvaient. Et puis, ce que j’avais vu, ça ne m’avait pas rebuté. Ça m’avait même plutôt agréablement surpris, parce qu’on n’avait pas trop besoin de slalomer entre des images de pénis en érection en gros plan, ou d’autres photos pornographiques pour trouver des profils de couples sympathiques, avec des belles photos artistiques, floutées, en noir et blanc, qui dévoilaient juste ce qu’il fallait pour qu’on ait envie de découvrir un peu plus, en fait. Et puis des intros un peu plus subtiles et avenantes que « Cherche chaudasse pour ce week-end » ou des trucs du genre. Du coup, j’étais content. Je pouvais montrer ce « sitderencontpourcoupl » à Joséphine-qui-y-allait-à-reculons. Et c’est passé.

Oui, c’est passé. T’avais fait un bon dossier. Le « sitderencontpourcoupl » que Hippolyte avait sélectionné, c’était apparemment un des sites les plus softs. C’était un des sites les plus accessibles pour nous qui étions quand même tout neufs dans ce monde-là. En plus, Hippolyte avait fait une petite présélection de profils et ça avait l’air bien. Les présentations des profils, elles avaient l’air… …. normales ! On y voyait des jolies photos, y compris des photos de gens habillés, avec des jolies silhouettes. Et je crois que j’avais besoin de ça en fait, pour envisager de passer au-delà de mes a priori négatifs.

De toutes façons, jusque-là, on ne prenait pas beaucoup de risques. On ne se mouillait pas trop, comme dirait l’autre. C’était gratuit de s’inscrire, de créer un profil, de mettre nos âges, nos préférences, nos orientations sexuelles. Hétérosexuels tous les deux, hein Joséphine ?

Ben oui, bien sûr. Pourquoi tu rigoles ?

Nos mensurations. Non, je déconne, il n’y a pas besoin des mensurations, ce n’est pas vrai. Et de mettre des photos. Donc au pire, on aurait perdu juste une soirée où on aurait bien rigolé.

Oui, alors on n’a pas dû mettre nos mensurations, mais il a quand même fallu qu’on coche quelques cases. Est-ce qu’on était prêts aux pratiques de mélangisme ou à l’échangisme, au côte-à-côte-isme ?

C’est vrai, on a appris des nouveaux mots.

Oui, on ne savait pas ce que ça voulait dire. Donc le côte-à-côte-isme, c’est quand deux couples font l’amour l’un à côté de l’autre, mais sans échanger les partenaires. Le mélangisme, là, les échanges de partenaires sont autorisés, sauf pour la pénétration. Et l’échangisme, les échanges de partenaires sont autorisés, y compris pour la pénétration.

Il y avait des nuances assez subtiles.

Ouais, il a fallu qu’on comprenne tout ça.

Mais on a coché toutes les cases, je crois.

Ouais, je crois.

On n’y connaissait rien !

On était prêts à tout.

On n’avait pas vraiment nos limites.

Non.

Et puis bon, il a quand même fallu rédiger un profil avec un petit texte pour nous présenter. Et vu que c’était un peu mon initiative, j’avais commencé à rédiger un brouillon pour notre profil. C’est venu assez vite, il n’y a pas eu besoin de beaucoup de corrections ni de réécriture, pour une fois. Ça racontait notre histoire en quelques mots, tout simplement, et on expliquait ce qu’on cherchait, ou en tout cas ce qu’on pensait chercher.

Oui, le genre de personnes qu’on envisageait de rencontrer aussi.

On était surpris que ce soit si facile en fait, que ça semble si naturel de pondre quelque chose d’assez personnel, alors que normalement, se vendre, on n’est pas super forts.

Non on n’est pas forts. Et ouais, t’avais été inspiré, et c’était vraiment bien. D’ailleurs, moi je suis pas sûre que j’aurais eu autant d’inspiration pour écrire un profil. Je pense que j’aurais été tentée de copier les autres profils un peu bateau, parce que je ne savais pas comment faire.

Mais moi, j’avais préparé depuis deux mois, donc…

Ah ouais ! Ah ouais d’accord.

Non, c’est pas vrai ! Non, non, ça, c’était pas vraiment pas pémédité l’écriture du profil.

Non, non, t’avais fait un chouette brouillon. Et du coup, on avait passé un moment sympa à préparer notre profil, même si je traînais un petit peu les pieds au départ. Et c’était agréable de raconter notre histoire, de la revivre un petit peu tous les deux, de choisir ce qu’on avait envie de dévoiler sur nous et puis ce qu’on ne disait pas.

Oui, c’est un bon souvenir cette soirée. C’était surtout cool de te voir doucement te prendre au jeu.

Ouais…

Et puis en plus il a fallu faire des photos.

Eh oui parce que… On avait fouillé dans nos photos récentes et on en avait très très peu de nous, encore moins des photos de nous deux ensemble. Parce qu’on a plein de photos des enfants, des paysages, mais alors des photos de nous, que dalle, parce qu’on se prenait jamais en photo. Donc il a fallu qu’on trouve un moment tranquille, quand les enfants étaient couchés, et on a bricolé un petit atelier photo dans la cage d’escalier.

Ça nous a pris trois plombes. En mode selfie, trouver le bon cadrage pour ne pas voir l’angle du mur ou l’applique murale ou une ombre… Avec flash, sans flash.

Avec sourire, sans sourire.

Aller chercher un projecteur et une rallonge électrique au garage pour avoir une « meilleure lumière ». Et tant bien que mal, on a réussi à prendre des photos de nos trombines qui ne faisaient pas trop peur malgré l’ambiance cage d’escalier. On a même fait une jolie photo de profil en gros plan qu’on pouvait publier sans être reconnaissables.

Oui parce que comme n’importe qui peut s’inscrire gratuitement sur le site et voir toutes les photos – en tout cas les photos qu’on a mis en mode public – on faisait quand même un petit peu attention à ce qu’on publiait. Parce qu’on connaît des gens en France, on n’avait pas très envie d’avoir des questions de nos amis, ou de la famille, ou d’anciens collègues. On sait jamais, hein, ils auraient pu aussi se trouver sur ce site, soit parce qu’ils étaient intéressés, soit parce qu’ils voulaient jouer à la brigade des mœurs. Et donc, les quelques jours qui ont suivi, on a essayé de se prendre en photo plus, pour un peu varier du cadre de la cage d’escalier, pendant qu’on se baladait avec les enfants. Ils n’étaient pas trop habitués d’ailleurs à ce qu’on prenne des photos de nous. Je ne sais pas ce qu’ils ont dû se dire en nous voyant se mitrailler l’un l’autre.

Ils devaient se dire « Non mais qu’est-ce qu’il leur prend aux parents ? » « Déjà ils font des cachoteries, en plus ils invitent des gens…

…qu’on connaît pas. » Ça va, ils avaient des enfants avec qui ils étaient potes.

C’est fou, parce que pour commencer à prendre des photos de nous, il a fallu qu’on s’inscrive sur un site libertin. Oh, ça y est, je l’ai dit.

T’as dit quoi ?

J’ai dit le mot, j’ai dit « libertin ». On était en train de créer un profil sur un site « libertin ».

« Libertin »… comme Mylène alors. 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Allez, c’est parti ! Petit intermède musical. Oui, parce que le site, c’était pas vraiment explicite sur le nom du site de rencontres, mais c’était bien un site libertin.

🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Non mais tu ne vas pas chanter ça à chaque fois qu’on dit « libertin », si ?

Si si ! 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Ah ben si… Eh ben, on n’est pas rendus. Et dire que moi je ne peux même plus replacer ma spirale du plaisir et du désir…

Bon ok, je vais essayer de me tenir et de ne pas chanter trop.

Ok, on peut continuer alors. D’ailleurs, c’est peut-être pas plus mal que ce n’était pas vraiment explicite, parce que je ne suis pas certain que j’aurais réussi à te convaincre de nous inscrire sur un site avec le mot « libertin » dedans. Parce qu’à part la chanson de Mylène, enfin Joséphine Farmer, dans le monde normal, ce mot n’a quand même pas forcément bonne presse. Et c’est facilement assimilé à un univers un peu glauque et malsain, peut-être.

C’est vrai, ouais. Nous aussi, on faisait cette association-là. libertin = glauque voire malsain Et pour définir nos envies de séduire ensemble, on n’avait pas du tout pensé à ce mot-là.

Quel mot ?

Tu veux que je te le dise ? « Libertin »

🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵 Donc voilà, c’était fait. On y était. Et bon, quel que soit le mot qui était rattaché, en fait, on s’en fichait un peu. Les étiquettes, c’est pas notre fort.

Non.

Et on n’avait jamais utilisé d’app de rencontre avant.

Non.

Donc on y allait complètement à découvert. Peut-être un petit peu naïvement aussi.

Oui, je pense clairement naïvement, oui.

On n’avait jamais vraiment communiqué avec des inconnus sur Internet.

Non.

C’était complètement nouveau. Un petit peu grisant. Surtout avec certaines premières interactions. « Oh, on a un bisou ! »

« Un bisou ? »

Ouais, un bisou. C’est un peu comme un like sur Facebook, mais façon « sitderencontpourcoupl » Bref, une fois inscrits, donc, une fois qu’on avait notre profil et nos photos, etc. on a fait une petite présélection de profils. On l’a fait avec quatre yeux, on l’a fait ensemble. Et c’était important qu’on fasse ça tous les deux ensemble,

Ouais !

pour que ce ne soit pas seulement l’un de nous qui s’en occupe.

Ouais, là j’avais pas besoin que tu viennes avec un gros dossier. Je pouvais participer à créer ce dossier.

T’étais un peu plus réchauffée à l’idée.

Ouais !

Et en plus c’était drôle. Finalement ça faisait pas si « catalogue » que ça. Et au final on a pris un peu plus de risques. Il y avait des profils vraiment sympas. Du coup on a payé un abonnement pour pouvoir leur envoyer des messages en essayant de rédiger des choses pour se présenter le mieux possible. Et là on s’est retrouvé un peu comme des ados tout excités, quoi !

« Oh regarde, on a une réponse ! » « Eh regarde, ils ont partagé des photos ! »

« Ouais ouais ouais attends-moi avant d’aller voir ! On fait ça ensemble ! » On faisait vraiment tout ensemble. On aimait bien voir nos réactions l’un et l’autre, en live.

Oui…

On rédigeait tout à quatre mains. Alors ça prend beaucoup de temps de rédiger un message personnalisé à quatre mains.

Ah oui, je confirme : on n’est pas toujours d’accord sur la façon de formuler les messages, ni sur la grammaire.

Oui… mais c’était sympa, on partageait un moment de complicité, même si…

On apprenait même à pas trop se disputer et à passer outre nos désaccords grammaticaux, voire stylistiques.

Faire des concessions.

Ouais… ouais, quoique.

Moi, je fais des concessions.

C’est ça.

Et ça s’est pas si mal passé que ça en fait. On a eu… On a eu pas mal de réponses. Je pense que tout le monde avait répondu. Et toutes les réponses qu’on avait étaient toutes sympathiques et bienveillantes. Et oui, parfois ça n’allait pas plus loin que quelques échanges, ou ça s’arrêtait après avoir échangé des photos. Mais c’était agréable.

Oui.

Je me souviens, il y avait un couple un peu plus jeune que nous, qui après quelques messages nous avait demandé « Mais qu’est-ce que vous cherchez exactement sur ce site ? » Ça nous avait un peu surpris à ce moment-là. Et on avait été tenté de répondre : « Ben la même chose que vous, grands dégoûtants ! » Comme Coluche ! On n’avait pas vraiment conscience que tout le monde ne cherchait pas exactement la même chose que nous en fait.

Oui, je crois que c’était les mêmes qui avaient peur de nous connaître déjà. Et ils avaient même des noms de scène.

Ah oui, je me souviens, oui !

Alors que pour nous, bon, certes, on avait un nom de profil un peu anonyme, mais à partir du moment où on commençait à discuter pour de vrai avec des gens, on utilisait nos vrais prénoms. On n’avait pas des noms de scène. Les noms de scène, c’est pas… Oui bon OK, d’accord, on en a maintenant pour le podcast avec Hippolyte et Joséphine, mais c’était pas du tout le même contexte.

Ouais, c’était pas aussi public. Il y avait aussi ce couple qui nous avait dit d’emblée qu’ils n’avaient pas encore franchi le pas du sexe pénétratif entre couples, donc de l’échangisme, et ça nous avait étonnés. On n’avait pas du tout pensé à ça, à ce type de limite en fait. Pour nous, l’intimité sexuelle, c’était vraiment pas défini par la pénétration ou non.

Oui. On avait des conversations un petit peu surréalistes avec des inconnus complets.

Oui ! Et puis un jour, on a reçu un message d’un couple à qui on n’avait pas écrit. C’était un message tout simple, agréable, des gens qui avaient bien aimé ce qu’on avait écrit dans notre profil, où on avait raconté notre aventure. Et ça nous a fait dire, « Ah tiens, pourquoi pas ? Ça pourrait coller. » On a transformé ça en conversation prometteuse.

Oui, mais comme d’habitude, on va vous laisser mariner et on vous racontera tout ça la prochaine fois !

Ah oui, comme d’hab ! À bientôt.

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

Barre latérale principale

Je soutiens ce podcast ❤️

Derniers épisodes

  • 015 | On on est libertins ! – le débrief d'un couple un petit peu moins comme tout le monde
  • 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
  • 013 | Une table pour quatre, s'il vous plaît ! – une belle rencontre entre couples
  • 012 | À la recherche d'une rencontre – nos premiers pas sur un site libertin
  • 011 | Euh, t'as dit quoi hier soir déjà ? – un "Permis de Séduire" et d’être séduit

Thèmes

Intro (4)
Juste nous deux (5)
À deux... voire plus (9)
Premiers pas (5)
Libertinage (4)

Derniers commentaires

  • Joséphine dans 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
  • Papaydoc dans 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
  • Nicolcl dans 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
  • Hippolyte dans 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
  • Nicolas dans 014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre

Copyright © 2026 Si on osait ...