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Si on osait...

... avec Hippolyte & Joséphine

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À deux... voire plus

015 | On on est libertins ! – le débrief d'un couple un petit peu moins comme tout le monde

Hippolyte & Joséphine, le 21 octobre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
015 | On on est libertins ! – le débrief d'un couple un petit peu moins comme tout le monde
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Où on se remet doucement de toutes les sensations et émotions de notre première soirée libertine avec Pénélope et Léopold, avec des réflexions surprenantes et de quoi alimenter nos discussions pendant un moment.

Et oui, on on est devenus libertins. Oui, on on a continué à rencontrer des couples. Ça tombe bien, on va continuer à vous en parler dans le podcast. Aidez-nous à choisir les prochains sujets !!

Références :

  • Mylène Farmer reste encore avec nous, dès le titre ! On l’aura chantée, Libertine…
  • Open Deeply de Kate Loree, pour ceux qui lisent l’anglais. Un excellent livre pour aider à gérer les émotions et la communications dans les couples ouverts tout comme les couples monogames.
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00:00 « Si on osait », avec Joséphine … et Hippolyte !
01:05 Le débrief et les effets secondaires
04:20 Attention : jouer avec le feu ça peut brûler
06:25 Le débrief : c’était chouette !
08:28 Exhibitionnisme et voyeurisme
09:17 Découverte de la bi-curio-sexualité
10:48 Joséphine très à l’aise, Hippolyte un peu moins !
12:43 Les émotions et les discussions
14:46 La perte d’érection
16:01 Coming out libertin
17:01 La suite du podcast : du libertinage mais pas que
20:19 Passage à des épisodes thématiques
23:12 Petit point de situation
26:42 Idées de prochains sujets

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

… et Joséphine !

La dernière fois, on a raconté notre première fois, notre première fois avec un autre couple dans la Couplonnière. C’était un Airbnb qui a hébergé notre soirée « Lasagnes, tarte tatin et jambes en l’air » avec Pénélope et Léopold. On espère que c’était assez excitant à écouter, parce que c’était assez excitant à raconter en tout cas.

Ah ça c’est sûr !

Il s’est passé vraiment beaucoup de choses pour nous ce soir-là. On était un peu submergés par tout ce qui nous arrivait, par toutes ces émotions. Ce qui était intéressant, c’est que c’était pas seulement pendant la soirée, mais après. Toutes les nouveautés, tous les ressentis, ça s’est décanté ensuite, sur plusieurs jours et même plusieurs semaines. On a mis pas mal de temps à réaliser ce qui nous était arrivé.

En même temps, tu dis « il s’est passé tellement de choses », c’est quand même vite dit parce que d’une certaine façon, on avait seulement fait l’amour à côté d’un autre couple qui faisait l’amour aussi.

Ouais, « seulement », c’est vite dit aussi.

C’est vrai. Et puis, il y avait quand même eu quelques mains qui se sont baladées d’un couple à l’autre. Mais il s’était quand même passé beaucoup moins que ce que nous on imaginait avant la soirée. C’était quand même déjà énorme, c’était super intense. Et puis ça a généré beaucoup de sensations, beaucoup d’émotions, beaucoup de réflexions.

Et puis ça a même commencé assez vite, parce que la dernière fois on vous a raconté qu’on a été un peu surpris d’être réveillés très très tôt le lendemain matin par une envie incroyable de faire l’amour tous les deux.

Ah oui !

Et c’était… c’était intense, c’était beaucoup plus intense que d’habitude.

On s’est fait réveiller par notre libido.

C’était vraiment surprenant. On n’avait pas beaucoup dormi, mais il y avait une telle excitation que ça l’a emporté. Et ça a continué en plus les jours et les nuits suivantes. C’était incroyable, on n’arrêtait pas de faire l’amour. On réveillait l’autre au milieu de la nuit, tout émoustillé, en mode « Hé hé tu peux pas m’aider à me rendormir, s’il te plaît ? » C’était épuisant. C’était très agréable, mais c’était quand même épuisant.

Et puis là par contre, cette fois, c’était clairement de l’excitation. Avant la Couplonnière, on avait eu un peu une période comme ça, mais tu avais surtout mis ça sur le dos du stress.

Oui, ou la tension accumulée.

Là, on ne pouvait pas mettre ça sur le dos du stress. C’était clairement de l’excitation.

Ou c’était justement cette tension qui se relâchait.

En tout cas, on ne comprenait pas très bien pourquoi notre libido à tous les deux était à fond, mais on avait toujours encore plus envie de l’un de l’autre.

Oui, c’était surprenant. Enfin, c’était chouette, mais surprenant quand même. On s’est même mis à essayer des nouveaux trucs, juste nous deux. On ne va peut-être pas en parler maintenant. On vous racontera une autre fois, si vous êtes sages.

Alors en parallèle de cette excitation sexuelle qui était impossible à assouvir, on a aussi, on a gambergé, on a parlé, on a digéré pas mal d’enseignements de cette toute nouvelle expérience.

Oui, parce que mine de rien, ça a soulevé et ça soulève encore des tas de questions et de réflexions, ce genre de choses. Ça devenait réel, ça devenait palpable, c’était pas juste des films qu’on se projetait dans nos têtes avec Carla, Églantine ou Barnabé.

Oh oui Barnabé…

Vous pouvez les retrouver d’ailleurs à l’épisode 7 et 8, je crois.

Ah je sais pas… Dans ma tête, tout le temps !

Et Carla et Églantine, dans ta tête aussi ?

Ah non, elles sont dans la tienne.

Et on s’est rendu compte que l’impact sur nous, ça devenait très réel aussi. Mais avant de continuer, je voulais juste faire une petite parenthèse, parce qu’on n’a pas rappelé ça dans les épisodes précédents, on ne voulait pas casser l’ambiance ou le suspense, qui était apparemment insoutenable d’après certains commentaires… Mais on voudrait être bien clairs qu’on ne veut pas faire de prosélytisme ou recommander à qui que ce soit de suivre nos pas. Enfin en tout cas pas pour tout, parce que parler de sexe entre vous, ça on peut recommander à tous les couples, c’est vachement bien.

Ouais, ça on peut faire du prosélytisme.

Se rendre compte d’éventuelles attirances à l’extérieur de votre couple, les accepter et en parler, on recommande aussi. C’est pas mal, c’est intéressant.

En général ça fait du bien.

Mais passer à la vitesse supérieure en s’inscrivant sur un site de rencontres pour couples et organiser une soirée jeux avec un autre couple, c’était vraiment chouette pour nous. Mais on ne peut pas décemment recommander ça à tous les couples.

Oui, il faut quand même d’abord un couple qui est bien soudé, qui est construit sur la confiance.

On ne peut pas recommander le libertinage comme un remède à un problème existant dans le couple.

Non !! C’est un peu comme les enfants, en fait. Ce n’est pas du tout une bonne idée de se lancer dans ce genre d’aventures si l’idée c’est de sauver un couple qui bat de l’aile : ça va pas marcher. Et au contraire, d’ailleurs, ça risque d’exacerber les problèmes qui existent déjà et de faire sortir de dessous le tapis tous les doutes et les questions qu’on avait pu essayer d’y enfouir. D’ailleurs, même pour nous, on considérait – et on considère toujours – qu’on est un couple qui va bien, ben des fois, ça secoue un peu.

Parce que se lancer dans le libertinage pour un couple, c’est quand même prendre des risques, c’est jouer avec le feu. C’est fascinant, ça peut être incroyablement excitant, mais on peut se brûler aussi. La moindre petite étincelle, ça peut assez facilement déclencher un incendie dévastateur. Et j’ai envie de dire, les meilleurs extincteurs, c’est la confiance et le dialogue au sein du couple.

Oh là là, dis-donc la confiance comme extincteur… J’avais pas encore entendu ça. C’est beau…

J’ai fait pompier dans une autre vie.

Ah bon ??

Oh attends, c’est mignon quand même…

Oui, c’est mignon.

Non, mais je suis sérieux, mine de rien. Nous, on a eu quand même quelques départs d’incendie. Heureusement qu’on les avait les extincteurs.

Oui, on vous racontera. Mais bon, d’abord, on revient à nous moutons et on va débriefer la soirée Couplonnière avec Pénélope et Leopold.

Oui. Alors, la première chose, c’était quand même que cette expérience était positive, voire même très positive. On avait tous les deux un sourire un peu bête en rentrant chez nous. On avait plein de questions – enfin, entre nous : on n’avait pas de questions de gens qui voyaient notre sourire un peu bête. On ne savait pas vraiment avec quoi on serait à l’aise pour la suite, mais on voulait une suite.

Qu’est-ce qu’on leur aurait dit aux gens qui auraient posé des questions, en voyant notre sourire un peu bête ?

« On a fait une soirée échangiste ! » Ils nous auraient pas cru.

Mais bien sûr !

Oui, on savait pas vraiment avec quoi on serait à l’aise pour la suite, mais on avait envie d’une suite. On avait vraiment envie de continuer ces histoires de libertinage.

Oui, surtout vu la version douce et sensuelle qu’on avait découverte avec Pénélope et Léopold. Ils étaient vraiment le couple parfait pour nous pour commencer le libertinage.

Ils étaient parfaits et ils existent.

Oui, il y a des gens qui se sont demandé s’ils existaient vraiment. Donc oui, ils existent.

Ils ne s’appellent pas comme ça, mais ils existent.

Oui, ils ont des prénoms un petit peu plus faciles à porter. Et oui, ils nous ont vraiment mis à l’aise. Ils ont été très très doux, très à l’écoute. Ils nous ont mis aucune pression. En tout cas, ils nous ont bien fait sentir qu’ils n’avaient pas des attentes particulières. On allait juste voir ensemble ce qu’on allait faire.

Tu veux dire en matière de sexe ? ou globalement ?

Oui, tout en fait.

C’est vrai qu’en effet, on s’est rendus compte que ce n’était pas juste une histoire de sexe. C’était la complicité entre nous quatre, les discussions pendant la soirée au bar, pendant les chats sur WhatsApp, pendant le repas. Tout ça, ça a fait que l’expérience était super positive. Nous, on était timides. On n’était pas 100% à l’aise, c’est sûr. Mais on a osé se lancer parce que tous ensemble, il y avait cette ambiance bienveillante.

Oui, on n’était pas complètement à l’aise, mais on avait confiance.

Et puis, on n’a pas juste physiquement fait l’amour les uns à côté des autres. Il y avait quelque chose de plus fort que ça. On a partagé un moment, et puis en le prolongeant le matin au petit déjeuner, et puis après, encore sur le groupe WhatsApp, c’est un tout.

Et encore maintenant, en racontant ces histoires.

Parmi les choses dont on s’est rendus compte après cette soirée, il y avait quand même la question de l’exhibitionnisme et du voyeurisme. C’est pas si facile que ça à aborder quand on n’y a jamais réfléchi. Passer de l’intimité du couple à l’intimité à quatre, c’est pas rien. Que ce soit par rapport à la nudité, parce qu’on expose des corps nus, on nous expose des corps nus, mais pas seulement. Il y a aussi tous les gestes et les communications qui sont intimes, qu’on n’a jamais montrés à d’autres gens avant. Nos façons de se caresser, nos façons d’exprimer notre plaisir, de se laisser aller.

Oui, on se rend compte que tout le monde ne fait pas comme nous.

Et ce n’est pas si évident que ça d’ouvrir la porte et les fenêtres de la chambre à coucher à d’autres gens, même avec un public aussi Bisounours que Pénélope et Léopold.

Oui…

Ah oui, il y avait aussi cet intérêt très, très intense pour le plaisir de Pénélope qui avait pris le contrôle de mon cerveau et de mes gestes. Ça m’avait vraiment pris sans prévenir. C’était bien, mais même moi, ça m’a surprise. Je ne m’attendais pas à ça.

Moi je sais pas pourquoi mais j’avais quand même beaucoup moins de doutes que ça arrive.

Attends, ça m’intéresse. Pourquoi toi t’avais moins de doutes ?

Peut-être qu’en tant qu’homme à tendance lesbienne comme Léopold, ça me paraît évident que quel que soit notre sexe, on est tous attirés par les femmes. Et vous êtes tellement plus belles et attirantes que nous autres rustres, rugueux, poilus.

Ah vous n’êtes pas que ça !!

Je sais pas. Il faudrait que j’y réfléchisse un peu, on va probablement faire un sujet sur la bi-curio-sexualité un jour.

Oui, ça serait bien.

Je sais pas, faut creuser. Tu disais sinon ?

Oui, moi je m’attendais un peu à ce que mon attention se porte sur le plaisir d’Hippolyte, sur le mien, sur des sensations nouvelles. Mais je ne m’attendais pas à m’intéresser autant au plaisir d’une autre femme. C’était un petit peu une première découverte de ma compersion. Alors la compersion – j’ai découvert ça depuis – ça veut dire que je prends du plaisir à voir une autre personne éprouver du plaisir ou alors à être heureuse.

En tout cas, moi, quand c’est arrivé, je ne sais pas si c’était vraiment de la compersion que je ressentais, mais waouh, c’était chaud ! Il y a encore des fantasmes qui étaient enfermés dans le placard « ça n’arrivera jamais » et qui se sont retrouvés tout d’un coup sur l’étagère « un jour peut-être », dans le placard des possibles, beaucoup plus vite que prévu. D’ailleurs, à propos de trucs qui se passent beaucoup plus vite que prévu, j’ai quand même réalisé que Joséphine était très à l’aise dans cet environnement.

Je ne sais pas si j’irais jusqu’à dire ça. J’étais pas mal à l’aise, mais je me sentais quand même un peu timide.

Beaucoup plus à l’aise que moi quand même. Je m’attendais à ce que tu sois un peu plus timide, en tout cas que ça dure un peu plus longtemps, la timidité. C’est vachement bien parce qu’il y a plein de couples dans lesquels la femme ne suit pas, ou alors elle suit à reculons sans vraiment oser dire non, ce qui est probablement encore pire. Mais c’est un peu déstabilisant quand on a mené la danse un petit peu. Après honnêtement moi je pense que je préfère que ce soit comme ça et que Joséphine trouve ça plus facile d’être à l’aise avec un autre couple que moi. En général ça me gêne pas trop de prendre sur moi, d’essayer de vaincre ma timidité ou mes faiblesses. C’est pas toujours facile mais je peux toujours négocier avec moi-même. Mais par contre si toi tu te retrouves dans une position où tu dois prendre sur toi parce que je t’ai embarquée dans un truc qui me botte vraiment, mais pour toi c’est moyen bof, ben ça me va pas. J’ai pas du tout envie de te mettre la pression. Je pense pas que je serais à l’aise pour t’encourager à continuer et passer outre ton inconfort.

Je pense que tu serais tout à fait capable de m’encourager, tu es quand même assez fort pour m’aider à aller plus loin que ce dont moi je me crois capable, dans pas mal d’autres domaines.

Ouais mais bon par expérience des fois faut quand même y aller mollo.

Mmmmm… Ouais. Non rien.

Non mais c’est sûr que je voudrais surtout pas te mettre la pression. J’aurais peur de te braquer complètement, surtout dans un contexte comme ça.

C’est pas impossible.

Et à l’inverse, quand je vois qu’un truc te branche, moi j’arrive sans trop de problèmes à me mettre la pression pour apprendre… Ah non, 🤭 j’ai déjà un contre-exemple. Pour apprendre à être un peu plus à l’aise, petit à petit.

Je crois que je le connais ton contre-exemple, ça n’a rien à voir avec la sexualité.

Bon, sinon, à propos de conversations…

Oui, on a beaucoup parlé tous les deux aussi. On s’est raconté l’un à l’autre ce qu’on avait ressenti à différents moments de la soirée.

On se le raconte encore… Et c’est marrant parce qu’on découvre des choses à chaque fois, même quand on prépare ces podcasts. C’est drôle.

On a essayé de se raconter les idées qui nous passaient par la tête après coup, les émotions qu’on traversait. Et ben c’était pas simple à raconter parce qu’on était encore très, très novices en communication. Que ce soit pour trouver les mots pour s’exprimer, ou alors pour écouter l’autre et essayer de le comprendre, ou de la comprendre. Et en plus, c’était un peu perturbant parce qu’on avait vécu cette expérience ensemble, mais on ne se racontait pas la même chose, on n’avait pas forcément ressenti la même chose. Mais on avait essayé de parler quand même, on avait essayé de partager, on avait essayé d’écouter. C’était vraiment nouveau pour nous de parler d’émotions, de sentiments, parce que nous, on est plutôt cartésiens, on a plutôt l’habitude des sujets rationnels. C’est vachement plus facile !

Pour notre défense, il faut quand même réaliser que sur le moment, c’est quand même très très intense. Il y a eu des vagues de sensations, d’émotions, des tourbillons de trucs qui déferlent tout en même temps. Moi, en ce qui me concerne, pendant la soirée, mon cerveau était complètement saturé.

Il y avait trop de stimuli ?

C’est ça. Il ne pouvait pas traiter tout ce qui arrivait des yeux, des oreilles, ou d’autres parties du corps et assimiler et traiter toutes les réactions que ça générait. Même quelques heures après, c’était pas évident de se rappeler tout ce qui s’était passé. Il y avait des blancs. Ça rendait la reconstitution détaillée de la soirée un petit peu difficile.

Oui.

Il y a certains souvenirs, ils étaient très vagues. Certains ont complètement disparu de nos mémoires à tous les deux. On a quelques arrêts sur image. Mais alors ce qui s’est passé entre les deux, pfftt, ça s’est envolé.

C’est fou d’avoir des trous de mémoire comme ça…

C’est même pas juste parce que c’était il y a un moment : même le lendemain, on ne se rappelait pas de tout.

Pourtant on n’avait même pas trop picolé.

Oui, d’ailleurs, en parlant de picoler, on ne pouvait pas finir ce débrief sans parler d’un souvenir qui s’est pas envolé, lui : ma perte d’érection. Qu’on a justement rapidement mise sur le compte des quelques verres de vin qu’on avait bus, et éventuellement la fatigue, en plus des émotions inhabituelles de la soirée. D’habitude, l’alcool ou la fatigue, ça ne m’affecte pas tant que ça, mais c’était une réponse facile. Et puis bon, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était reparti quelques heures plus tard, alors qu’on n’avait quasiment pas dormi.

Oui, je confirme, c’était bien reparti.

À ce moment-là, moi je me suis dit qu’il ne fallait pas trop y accorder d’importance. J’allais quand même pas me faire des nœuds au cerveau pour régler un problème qui n’en était probablement pas un. Et en fait finalement l’aggraver parce que je l’aurais ressassé et tout ça parce que c’était arrivé qu’une fois.

C’est pas facile de trouver l’équilibre entre faire l’autruche pour pas donner trop d’importance au problème et prendre le taureau par les cornes parce qu’en fait c’est un problème.

Ouais. Mais bon, là c’était une fois. Mais bon, avec le recul, je crois que le message de fond c’était surtout « Attention mon bonhomme, va peut-être falloir y aller vraiment doucement ». Parce que dans la suite de nos aventures, ça nous montrera que certes, l’alcool et la fatigue ça aide pas, mais il y a quand même pas mal d’autres causes qui peuvent être ailleurs.

Parce qu’il y a eu une suite, il y a même eu des suites à nos aventures. On avait envie de continuer et puis, ben ouais, on a osé faire d’autres soirées libertines.

Ouais ! On peut enfin faire notre coming-out. Et oui, c’était ça les « expériences récentes qui nous ont donné envie de parler », qu’on évoquait dans le tout premier épisode. Maintenant que le suspense est levé, on peut le dire et on peut même le chanter.

♫ On-on est libertins ♫

♫ Et on en est fiers ♫ C’est pour ça qu’on fait ce podcast, pour montrer que le libertinage, c’est aussi et surtout un monde de couples comme tout le monde, en fait. Et que c’est – pour reprendre le commentaire d’un de nos auditeurs – c’est « du sexe, mais pas que ».

Non, pas que.

C’est pas forcément glauque, dépravé, malsain comme on pouvait l’imaginer avant. Ça a eu plein d’effets positifs insoupçonnés sur notre couple et notre relation à nous deux. Et on pouvait pas vraiment dire tout ça à l’épisode 1, sinon on aurait tué le suspense pour les 15 premiers épisodes.

Ouais, ça aurait été dommage. Donc dans la suite de ce podcast, dans les prochains épisodes, on va parler pas mal de libertinage. On va parler de nos aventures avec d’autres couples. On va parler de soirées très intenses. On va aussi parler des réactions et des émotions qu’elles ont provoqué chez nous.

Oui, mais pas que. On ne va pas parler que de libertinage parce que avant tout, on reste un couple. Un couple un petit peu moins comme tout le monde, mais un couple comme tout le monde quand même, avec une vie sexuelle et affective, émotionnelle, juste entre nous deux, qui a pas mal évolué en parallèle. Et de façon assez intense, je dois dire.

Oui, je crois. On peut le dire.

Ces aventures, elles ont révélé une foule de questions et d’émotions, juste pour nous, assez impressionnantes, et dont on a envie de parler aussi.

D’ailleurs, qu’on discute libertinage ou juste notre couple, il va y avoir pas mal de réflexions qui pourront s’appliquer à des relations qui ne sont pas forcément libertines, qui ne sont pas forcément ouvertes, voire même des relations de la vie de tous les jours.

Oui c’est vrai !

Pour nous, le libertinage, il a un peu agi comme un révélateur. Ça nous a fait découvrir et apprendre des tas de choses sur nous. Mais tout ce qu’on a appris là, ça peut aussi être très pertinent pour des couples comme tout le monde.

Ça me fait penser à un livre qu’on a lu récemment d’ailleurs, ça s’appelle « Open Deeply« , de Kate Loree. On mettra la référence dans les commentaires. Et ça s’adresse principalement aux couples ouverts. On en reparlera un peu plus longuement plus tard de ce livre, de son contenu en tout cas. Parce qu’il n’est malheureusement pas traduit en français.

Je lui ai demandé si elle avait prévu de le traduire.

Sinon, on peut le traduire nous.

Non !

En fait, les trois quarts du livre sont complètement pertinents pour à peu près n’importe quel couple, et même pour des relations moins intimes que le couple. Du coup, ça nous arrive de le recommander même aux couples pas ouverts, surtout s’ils sont pas mal, on sait jamais…

Et puis, même si le libertinage « pour de vrai » c’est pas forcément votre truc, rien ne vous empêche de vous laisser mener par votre curiosité et continuer à écouter nos épisodes. Ça peut être intéressant aussi de voir l’envers du décor parce que ça ne correspond pas forcément aux préjugés que vous pouvez avoir. En tout cas, pour nous, ça ne correspond pas du tout aux préjugés qu’on avait.

Parce qu’on en avait pas mal, des préjugés, avant… Et puis de toute façon, je pense qu’on peut d’ores et déjà dire qu’il y aura de quoi rigoler. Comme d’hab, si ça peut être utile de nous écouter, tant mieux. Mais sinon, on espère que ça peut vous faire sourire et au moins discuter.

Mais du coup, avec ce coming-out, on va changer un petit peu le format du podcast aussi.

Oui, on ne va pas faire un épisode pour raconter notre deuxième fois.

Et un autre pour notre troisième fois.

Non, d’abord parce que si on vous raconte toutes nos expériences juxtaposées les unes après les autres, ça risque d’être un petit peu barbant, peut-être même répétitif.

Non, ça risque pas d’être répétitif parce que c’est jamais pareil !

C’est vrai, mais vu de loin, ça peut quand même. Ça risque aussi d’être un petit peu décousu, si on vous raconte l’enchevêtrement d’émotions qu’on ressent à chaque fois.

Parce que tu as des émotions décousues, toi ?

Euh… non, c’est pas le genre de la maison.

Si si.

C’est aussi parce que pendant et après cette deuxième fois, il s’est passé tellement de trucs qu’un épisode de 20 minutes, ça suffirait pas.

Non. Bon, jusqu’à maintenant, tous les épisodes qu’on a fait jusque là, c’était surtout pour planter le décor, pour que si jamais il y a des nouveaux auditeurs qui tombent sur notre podcast un peu par hasard, ils puissent repartir en arrière et nous découvrir un peu mieux, écouter notre histoire, comprendre d’où on vient, comprendre comment on en est arrivé là. Tout ça en partant de notre sexualité plan-plan, du manque de communication, entre autres sur le sexe à l’intérieur de notre couple, de l’absence d’orgasme, en passant par toutes les découvertes qu’on a fait à deux, puis à quatre. Enfin, on ne veut pas faire croire que, paf, on s’est mis au libertinage et ça a marché tout de suite et on est passé du couple plan-plan à…

C’est un peu pour combler le vide qu’on avait ressenti en se mettant à écouter des podcasts. Où on avait l’impression qu’il y avait des podcasts sur le libertinage, c’était directement dans le grand bain et il y avait assez peu d’histoires sur la transition. Et donc on a essayé de raconter notre histoire de couple comme tout le monde.

Oui… La genèse d’Hippolyte et Joséphine.

Exactement. Et donc maintenant, on va passer en mode un peu plus « discussion » avec des sujets spécifiques. Mais en premier lieu, des sujets qui nous ont concerné nous et qu’on a vécus. Et ça va être un petit peu en direct par rapport à nos émotions.

En direct, il y a des limites quand même.

Non mais… J’ai dit par rapport à nos émotions. C’est-à-dire que vous pourrez suivre un petit peu comme on évolue aussi, et ça peut être intéressant de voir comment on appréhende certains sujets avec un peu plus d’expérience.

Pour les toutes premières émotions, il va quand même falloir qu’on se re-projette à Hippolyte et Joséphine il y a un an ou un an et demi. Mais on va essayer.

Il y a eu beaucoup, beaucoup d’émotions sur nos premières fois.

Et beaucoup de digestion d’émotions aussi.

Maintenant, on a pas mal évolué là-dessus, donc il va falloir qu’on se remette en condition.

Donc on va partager notre expérience à nous. On veut parler de ce qu’on connaît, nous. Notre façon à nous de vivre le libertinage, ce n’est pas du tout un modèle.

C’est sympa quand même.

C’est bien, oui. Mais il y a des tas d’autres façons de voir et de vivre le libertinage qui conviendront peut-être mieux à d’autres couples. On ne veut pas émettre des généralités. On n’a pas l’ambition de…

faire le manuel du libertinage, l’encyclopédie du libertinage.

Non, on peut seulement raconter ce que nous, on a vécu.

Bon, on disait qu’on allait changer un peu de format. Enfin, changer. On va continuer à raconter les aventures d’Hippolyte et Joséphine. Ça, ça ne va pas changer. On va continuer probablement à trouver des prénoms désuets pour parler des autres.

C’est pas probablement, c’est sûr. J’aime bien, moi. Mais on va aussi aborder tout ça un petit peu différemment de ce qu’on a fait jusqu’ici. On va parler de sujets qui seront peut-être un peu indépendants les uns des autres. On va y insérer des bouts d’expérience personnelle, par-ci, par-là, des anecdotes, des histoires rigolotes ou même sexy. Mais on se permettra de prendre quelques libertés avec la chronologie pour se focaliser sur un thème à la fois.

Pour donner un petit peu de contexte dans tout ça, on va faire une petite avance rapide et décrire notre façon de vivre le libertinage maintenant. Donc ça pourrait se résumer à deux ou trois couples qu’on appelle « Friends with Benefits ». C’est des gens qu’on a pris le temps de rencontrer, on se plaît tous, avec qui on a joué, et avec qui on est en contact régulièrement pour causer, jouer, mais pas que pour jouer, et puis toujours en privé.

En moyenne, on va dire qu’on se fait une soirée libertinage par mois à peu près. Mais ça varie beaucoup, des fois c’est trois mois sans rien, des fois c’est trois week-ends de suite, c’est fatigant.

Et au niveau rencontres, je pense qu’on rencontre à peu près un nouveau couple par mois, sans aucune pression, juste pour discuter, pour rencontrer des gens avant tout. Mais pourquoi pas, on ne sait jamais, ça peut devenir un autre couple de « Friends with Benefits ».

Oui, pourquoi pas…

Et ça arrive par vagues, des fois, on a du mal à suivre, et puis des fois il se passe rien pendant plusieurs mois.

C’est l’hiver.

Et c’est pas grave, c’est pas la saison.

Donc ça c’est Hippolyte et Joséphine les libertins, mais on a aussi pas mal évolué au niveau de nos activités sexuelles tous les deux, Hippolyte et Joséphine en couple. Par exemple, on fait l’amour tous les deux beaucoup plus fréquemment qu’avant, et on continue à tester des nouvelles choses, faire des nouvelles découvertes, explorer des envies, avec quand même pas mal plus d’ouverture d’esprit, et ça tombe bien parce qu’on y trouve beaucoup de plaisir, on y attrape des orgasmes au passage, il y a plein de choses bien.

En plus de ça, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de discussions entre nous, liées au sexe, liées au libertinage, et on a fait énormément de progrès dans notre communication et la gestion de toutes ces émotions intenses qui ont pu pointer le bout de leur nez pendant et après nos expériences.

Ça se traduit aussi au niveau de notre couple par toujours beaucoup de complicité, entre autres avec des remarques sur les gens qu’on croise dans la rue tous les jours, sur qui on pourrait peut-être bien avoir un crush, un crush ensemble même, pourquoi pas ?

C’est littéralement la vie de tous les jours. On est aussi incroyablement plus libres de parole, même hors du cadre libertin. D’ailleurs, en parlant de tous les jours, on a des conversations avec des copains qu’on n’avait jamais eues avant. Parfois, quand on discute avec des gens attirants, on ose même faire des petites allusions. Je dirais même qu’on a du mal à se retenir de ne pas faire de petites allusions. Donc ouais, ça a changé pas mal de choses.

Bon alors, dans les thèmes qu’on va aborder, on a pas mal d’idées et on aimerait bien aussi recevoir des questions, savoir quels sujets intéressent notre audience. Donc il y a un formulaire de contact sur notre site, sionosait.fr En plus, on aime bien les messages.

Ouais, envoyez des messages, c’est cool les messages.

Vous pouvez aussi laisser des commentaires, que ce soit sur YouTube ou Apple Podcasts ou tout ça.

Ou sur notre site.

Oui, sur le site aussi. Et vous pouvez même mettre des étoiles, des constellations d’étoiles.

Des galaxies.

Des galaxies, oui c’est bien ça.

Apparemment, les commentaires et les étoiles sur Apple Podcasts et Spotify, c’est vraiment le Graal des podcasteurs. Donc allez-y, aidez-nous à atteindre le Graal. Et aussi, si vous pensez que ça peut intéresser des gens que vous connaissez, ou si vous cherchez un prétexte pour briser la glace avec des gens attirants…

Comme certains !

… vous pouvez aussi leur parler de nous et partager les liens vers nos pages web ou nos réseaux sociaux.

On est partout : on est sur Facebook, Instagram, x, Patreon, YouTube… Donc la prochaine fois, on parle de quoi ? Est-ce qu’on parle de se laisser porter par le courant ?

Oui ou on pourrait aussi parler des effets secondaires, d’envie et de jalousie.

On pourrait. C’est pas toujours positif.

Non, c’est clair ! On a dit qu’on parlerait de tout.

On pourrait parler de connexion, ou de perte de connexion,

d’attirance entre femmes.

Ah t’as envie d’en parler de ça, hein ?

Ouais, et toi ?

Ah bah oui, moi il y a pas de problème.

Il y a un sujet dont on va certainement parler, c’est le coup de la panne.

Ouais, je pense qu’il faut qu’on en parle. On peut aussi parler de sextoys.

Ah ouais, et des visites de sex-shop.

Ouais !

Le… Le « syndrome de l’obsédé sexuel », ça c’est pour moi.

Bon, je veux juste rassurer notre auditoire, moi je trouve pas qu’Hippolyte soit un obsédé sexuel, mais il a développé une théorie du « syndrome de l’obsédé sexuel », c’est assez intéressant.

On pourrait aussi parler de clubs libertins.

Oui, on peut en parler de clubs libertins.

On pourrait parler de nudité.

Oui, c’est vrai, on en a un petit peu parlé là.

Pas beaucoup, on n’a pas du tout creusé. Moi j’ai envie de parler beaucoup plus de nudité.

Ah oui, je sens que tu as envie de beaucoup parler de nudité… On peut en parler maintenant d’ailleurs ?

Non, pas tout de suite.

Et on pourra aussi parler des maladies sexuellement transmissibles.

C’est quand même assez varié, nos sujets.

Ah oui, les films, à voir et à revoir. Ouais ! Il y a vraiment plein de sujets à discuter. On ne sait pas encore ce qu’on va prendre pour le prochain épisode, mais on va trouver.

Vous pouvez peut-être aussi influencer.

Ah oui, et puis vu qu’il va y avoir le générique, là, maintenant, si vous avez une préférence pour la musique, dites-nous aussi.

Oui, parce qu’il y a deux musiques, en fait. Je ne sais pas si nos auditeurs se sont rendus compte. On alterne les musiques. Parce qu’on n’a pas réussi à se mettre d’accord sur quelle musique on préférait. Donc on fait une fois l’une, une fois l’autre. Il y a ballottage.

Oui, c’est ballot.

Ouh là ! Bon, je crois qu’il est temps de finir, là. Bon, allez, à bientôt !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre

Hippolyte & Joséphine, le 2 octobre 2026 7 commentaires

Si on osait...
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014 | Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités – découverte du "côte-à-côtisme" à quatre
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Bienvenue à la « Couplonnière », ce cocon douillet qui a accueilli Pénélope, Léopold, Joséphine et Hippolyte pour un bon repas suivi d’explorations douces et sensuelles au coin du feu. Des découvertes inattendues en termes d’envies, de sensations et d’émotions, des niveaux d’excitation qui explosent et qui ne redescendent pas…

Et des références musicales mais pas que, comme d’habitude :

  • Mylène Farmer ne nous lâche pas avec Libertine
  • Les garçons dans les vestiaires de Clarika, images recommandées par Joséphine même si Hippolyte soutient que non ça ne se passe pas du tout comme ça dans les vestiaires
  • On en avait dit plus sur le Jouet avec un grand J à l’épisode 5
  • On avait rencontré Barnabé, l’amant improbable de Joséphine, à l’épisode 8 et on avait essayé de l’approcher dans l’épisode 10
  • On s’est rendus compte après-coup que c’est pas impossible que Joséphine ait été inspirée par un gag du Petit Spirou de Tome et Janry pour le petit nom de Nestor, retrouvez-le dans le Tome 8 : T’as qu’à te retenir
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00:00 « Si on osait », avec Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Arrivée à la « Couplonnière »
03:47 Les quelques questions qu’on se posait
06:46 Passage au salon
09:58 Les corps se dénudent
13:08 Regarder et être regardés
14:40 Le côte-à-côtisme tout doux
16:20 Petit coup de mou inattendu
17:29 La curiosité de Joséphine pour un autre corps de femme
20:21 Les images qui reviennent
23:01 Fin et effets secondaires
25:25 Des étoiles plein les yeux

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Alors on espère que vous avez faim aujourd’hui, parce que pour cet épisode, on a prévu un bon repas entre amis.

Mmm…

Ça s’appelle « Lasagnes, tarte tatin et plus si affinités ».

J’ai faim.

Surtout pour les affinités, non ?

Tout. Mais d’abord, pour se mettre en bouche, on avait rencontré ce couple, Pénélope et Léopold, sur un site de rencontre pour couples. On avait bu un coup avec eux, on avait décidé de passer une soirée ensemble dans un Airbnb tranquille. Et sur la route vers l’inculnu…

Ah non, non, non, non, tu peux pas refaire la blague.

Sur la route vers l’inconnu – ça va ?

Merci.

On avait discuté un petit peu de ce qu’on était prêts à faire et de nos limites. Et donc, on croyait qu’on était prêts.

Oui, on est arrivés dans notre petit cocon, la « Couplonnière ».

On l’avait appelée la Couplonnière à l’époque ?

Non, c’était peut-être venu après, ce nom, la Couplonnière. Mais c’était mignon, donc on l’avait gardé.

Oui, c’est mignon. Donc la Couplonnière, c’était une petite maison accueillante dans un petit village très mignon, avec des murs en pierre apparente, une charpente en bois chaleureuse, et on a allumé le feu de bois au salon.

Ouais. Pénélope et Léopold, qui étaient arrivés un petit peu avant nous, avaient eu le briefing de l’hôte. Il fallait pas trop faire de bruit dans la cuisine, parce qu’il y avait une bouche d’aération commune avec la maison d’à côté. Donc c’était bon à savoir ça, histoire de garder les conversations un peu olé olé pour le salon.

Donc on a trouvé nos marques dans la cuisine et on faisait bien attention de n’y discuter que de sujets civilisés.

Pour cette soirée, on avait choisi l’option « popote à domicile » et décidé qu’un couple faisait apéro et dessert et un couple faisait le plat principal. Ce serait mieux en plus parce qu’il n’y aurait pas de musique qui s’arrête aux moments les plus inopportuns, où on parle de sexe. Et puis ça nous faisait moins de contraintes pour éventuellement faire des intermèdes.

Des intermèdes… ?

Nous, on s’occupait de l’apéro-dessert. L’apéro, ça va, c’était facile à faire. Mais comme on avait passé la journée en vadrouille, on n’avait pas pu cuisiner le dessert en avance et j’avais juste emporté des ingrédients pour faire une de mes petites spécialités : une tarte tatin. Du coup, il y avait un peu plus de boulot que pour l’apéro. Donc j’ai commencé à préparer cette tarte tatin à la cuisine. Ça va, les conversations c’était sur la recette, le voisin n’a pas trop tiqué !

Ça passait.

Et donc Pénélope m’a aidé. J’étais un peu perturbé avec une belle femme différente de Joséphine qui m’aidait à éplucher les pommes. J’ai un peu du mal à gérer deux choses en même temps quand je cuisine en général.

Je confirme.

Là, j’étais pas mal intimidé en plus d’être distrait. C’est pas bien compliqué de faire une tarte tatin, mais avec les discussions, ça a pris pas mal plus de temps que d’habitude. Mais bon, c’était quand même sympa et rigolo de cuisiner ensemble.

On papotait tranquillement, on grignotait les apéros. Les discussions, elles étaient faciles, comme si on retrouvait des vieux copains. Comme deux semaines plus tôt au bar.

Ouais. Moi je sais que j’étais toujours un peu timide, pas complètement à l’aise. Je savais pas trop comment ça allait se passer, comment il fallait se comporter, s’il y avait des codes, etc. Vu qu’on avait jamais fait ça, on savait pas trop si c’était eux qui allaient mener la danse ou si c’était à nous, vu qu’on était nouveaux, de donner le rythme pour pas que ça aille trop vite. Mais dans ce cas-là, on savait pas quel rythme donner, on n’avait aucune référence.

Et comment le donner non plus.

Et comment le donner. On se doutait bien de ce qui allait arriver, mais comment ça allait arriver, aucune idée. Par exemple à quel point on pouvait être entreprenant avec le couple d’en face. Déjà à la base j’ai pas des masses confiance en moi, mais alors dans cette situation complètement nouvelle, je me voyais vraiment pas prendre des initiatives trop hardies. Mais aussi je voulais pas que Joséphine ait l’impression que j’allais profiter de la première opportunité pour sauter sur quelqu’un d’autre sans plus lui donner aucune attention.

Oui

Je pense que j’étais aussi encore pas mal stressé avec cette sorte de trac dont j’ai parlé la dernière fois.

De faire un bon match ?

Ouais, qui faisait que je me mettais un peu la pression tout seul, pour que les choses se passent ou pas. Ça m’a quand même un petit peu habité toute cette soirée, cette sorte de pression de devoir décider de faire quelque chose, de pas oser, de se dire que c’est peut-être déplacé, de se demander comment ça allait être pris, etc.

Oui C’est vrai, il n’y a pas vraiment de mode d’emploi, en fait, pour ces soirées-là. Moi, de mon côté, je crois que je stressais quand même un peu moins. En tout cas, je stressais pas officiellement, parce que je crois que ma réponse à toutes ces questions, c’était facile. Je les ai juste éludées, j’ai fait l’autruche.

Oui, ça m’étonne pas !

Et je me suis focalisée sur profiter de tous les moments « avant », comme dans une soirée normale. C’est pas toujours très fiable, la méthode de l’autruche, mais des fois ça marche.

Ouais, un jour faudra que tu m’apprennes parce que ça pourrait me servir.

Ah je pense que tu sais faire… Et donc, tout en prenant notre temps, on est passés à table pour déguster les lasagnes que Pénélope avait préparées.

Miom miom miom !

C’était très bon. On continuait à se raconter des choses. Pénélope et Léopold, ils étaient inspirés par la déco de la Couplonnière – ils étaient en train de retaper une maison aussi. On partageait nos projets, on se racontait nos enfants. On n’a pas trop parlé de sexe à ce moment-là, mais il y avait quand même clairement beaucoup de complicité dans nos discussions et pas mal de curiosité aussi de chaque côté.

Un témoin aurait pu se dire « c’est juste un dîner entre amis ».

Ah oui, c’était un très bon dîner entre amis. On a fini par passer au dessert et la tarte tatin d’Hippolyte était très réussie comme d’habitude. Et après ce bon repas, ben on n’avait plus faim. On avait surtout tellement papoté et profité de la compagnie de Pénélope et Léopold qu’il était déjà pas mal tard. Et ça aurait pu s’arrêter là : on aurait tous passé un très bon moment.

Ouais, clairement c’est ce qu’on se dit souvent : même si on était allés se coucher juste après le dessert, ça aurait déjà été une super soirée. Mais bon, on n’est pas allés se coucher.

Pas tout de suite.

On est passés au salon, on a remis du bois dans le poêle, on a mis de la musique – notre playlist « jazz blues » je crois.

Ouais, c’était bien, c’était parfait.

Et on a sorti des digestifs.

Là, les discussions se sont doucement orientées sur le libertinage. Et puis Pénélope, elle a sorti quelques accessoires pour jouer. Elle avait un baume à lèvres qui picote et des cartes avec des petits défis. Ça m’intriguait ces trucs-là, surtout le baume à lèvres épicé, parce que je voulais savoir l’effet que ça ferait sur mes lèvres et puis… l’effet que ça pourrait faire sur toi aussi.

Et du coup, toi aussi, tu es allée chercher notre sac de jouets. Tu as un peu présenté tout notre attirail. Moi, j’étais un petit peu gêné. Je trouvais que ça faisait un petit peu réunion Tupperware.

Mais non ! Non, c’était pas l’idée. Mais oui, c’était drôle. On s’est rendus compte que Pénélope, elle avait aussi un Jouet avec un grand J, mais elle l’avait laissé à la maison. Par contre, elle lui avait donné un petit nom au sien et elle l’appelait le « Léopold II ».

Oui, je me souviens de ça ! Je pense que c’est à ce moment-là qu’on a dû parler de nos limites, celles qu’on avait plus ou moins fignolées dans la voiture avant d’arriver, dont on a parlé à l’épisode d’avant.

Donc on savait que Pénélope, elle était intéressée par les hommes et par les femmes. Moi, c’était plutôt les hommes. Les femmes, j’apprécie vraiment leur beauté, mais j’ai pas forcément envie de me coller à elles comme je peux avoir envie de me coller à un homme.

Je crois que c’est là que Léopold nous a dit, quand on a confirmé qu’il n’y avait pas d’attirance entre hommes : « Moi je suis 100% lesbienne. » Et ça m’a beaucoup fait rigoler parce que je me sentais un peu pareil ! Quand j’étais ado, je me disais que je deviendrais bien une fille pour pouvoir être lesbienne.

Ah oui ?

Je pense que c’est quand j’avais appris que les filles pouvaient avoir plein d’orgasmes à la suite. Ça avait l’air vachement cool. Et en plus pour le coup, Je – je pourrais être Libertine moi aussi et chanter comme Mylène avec les bonnes paroles sans avoir besoin de les changer.

Oui. Donc une fois qu’on a posé tous les quatre nos limites, on a joué aux cartes défis. C’était pas mal pour passer des discussions à un petit peu d’action.

Il était tout neuf ce jeu : ils ne l’avaient jamais essayé. Et il fallait faire des petits défis au sein d’un couple. C’était très soft, c’était tout doux. Tout à fait dans l’ambiance Bisounours. Il y avait des bisous lents sur le coin des lèvres, ou des caresses un peu ciblées, ou des massages. Je me souviens plus, faudra qu’on leur redemande.

Oui Et assez naturellement, les premiers défis se sont faits au sein de chaque couple et chaque couple sur son coin de canapé. Je crois qu’on était un peu timides, parce que s’embrasser sensuellement devant d’autres gens, ce n’était pas vraiment dans nos habitudes. Mais eux, ils avaient l’air d’aimer ça et on ne peut pas dire que c’était désagréable pour nous, donc on a continué.

C’est sûr que moi je crois que j’avais un peu de mal à t’embrasser avec toute l’attention que je te donne normalement. J’avais du mal à ignorer l’environnement.

C’est difficile de se concentrer.

Je me demandais du coin de l’œil s’ils nous regardaient ou pas.

Et alors au fur et à mesure que les défis avançaient, les corps se sont dénudés. Et à la vue du corps nu de Pénélope, alors là… j’ai confirmé que j’appréciais beaucoup les corps de femmes, parce que Pénélope a un corps peu simplement beau en fait. Elle a des jolies courbes au niveau des hanches, au niveau des fesses, du dos, des seins. Rien d’extravagant, juste un modèle parfait pour inspirer des statues. J’ai du mal à dire la beauté simple et naturelle de Pénélope, mais voilà, c’était simple. C’était très agréable. Et j’étais pas particulièrement excitée par la vue de ces jolies courbes, mais j’en appréciais pleinement le paysage.

Moi j’étais un peu excité quand même. C’était très beau, t’as raison, c’est un peu comme une belle œuvre d’art, mais les courbes de femmes c’est magnifique déjà, mais alors celle de Pénélope ça envoyait… Pour moi ça faisait de l’effet quand même. Ceci dit, il n’y avait pas que Pénélope qui avait perdu ses vêtements.

C’est vrai.

Et de mon côté, j’ai découvert la sensation de me retrouver dans la même pièce qu’un autre homme, presque nu, dans un contexte sexuel. C’est-à-dire pas dans un vestiaire de rugby ou, n’en déplaise à certaines chanteuses – je vous mettrai le lien vers le clip dans les notes –

Oui, le clip est pas mal !

C’est assez drôle.

Moi j’ai bien aimé…

où on prend simplement nos douches. Et rigolez pas les mecs, mais dans ce contexte, c’est pas si anodin que ça. Il n’y avait aucune ambiguïté pour moi, on l’a dit. Léopold, il n’allait pas me sauter dessus vu qu’il était lesbienne. Mais ça doit être l’instinct. C’est con, hein, mais… il doit y avoir des vieux trucs primitifs qui datent d’il y a des milliers d’années qui reviennent tout à coup dans ce genre de situation, je ne sais pas. Genre comparaison, compétition… On était deux mâles, il y avait ma femelle à moi dans la même pièce.

Ah ! Non mais attends oui, t’es vraiment bien parti en mode primitif, là !

Et même si dans nos tête, la situation était très très claire et qu’il n’était pas question du tout que Léopold me pique « ma femelle »,

N’importe quoi…

Les instincts, eux, Ils n’étaient pas d’accord. C’était les instincts. Oui, les instincts c’est n’importe quoi des fois, mais…

De mon côté, moi, je n’étais pas passée en mode primitive, parce que j’avais envie d’une expérience partagée entre nous quatre. Et le fait que nos deux couples étaient un peu éloignés l’un de l’autre, chacun à un bout du canapé, ça m’embêtait un peu. Du coup j’ai proposé à Hippolyte « Tu veux qu’on se rapproche d’eux ? »

Ouais ! Mais moi j’étais bien d’accord avec le concept d’expérience partagée. J’allais pas dire non. Du coup mes instincts je leur ai dit « Vos gueules ! » et on s’est rapprochés. Même si j’avais rabattu le caquet à mes instincts, j’étais toujours pas aussi à l’aise que j’aurais voulu. Et c’était pas du tout à cause d’un manque d’excitation, de bienveillance, de douceur ou de quoi que ce soit. Plutôt tout le contraire. C’était autre chose. Donc on s’est installés à côté d’eux. On avait encore quelques vêtements sur nous il me semble.

Toi oui.

En tout cas j’avais encore mon caleçon. On se frottait, on se caressait, et d’avoir un couple à côté qui faisait pareil, de les entendre, de sentir leurs mouvements – même si on les regardait pas – c’était à la fois chouette, c’était agréable, mais toujours un peu perturbant. J’arrivais pas à décider si les regarder c’était de l’impudeur ou de l’admiration d’une scène. Je savais bien que eux ça ne les gênait pas, mais de mon point de vue à moi, ce n’était pas si évident que ça. Ce n’était pas juste un porno en 3D qui se jouait à côté, c’était vachement plus fort, c’était plus émotionnel, c’était plus cérébral.

Oui, ça m’a rappelé que Léopold nous avait parlé un peu avant de l’excitation liée au fait de faire l’amour devant un autre couple et de l’excitation de regarder un autre couple faire l’amour – ce qu’on pourrait aussi appeler « exhibitionnisme » et « voyeurisme » – et ce soir-là, c’était tellement nouveau pour moi tout ça que j’étais submergée par des tas de questions. Oui, j’avais envie de les regarder, mais est-ce que je les regardais pas un petit peu trop fixement ou un peu trop curieusement ? Est-ce que mon regard était respectueux ? J’espérais que oui, mais je n’étais pas tout à fait sûre.

C’était le même genre de sentiments que j’avais.

Et eux, ils nous ont sûrement aussi regardés, mais de ce côté-là, je n’ai pas ressenti de malaise. Un peu de timidité, oui. Un peu de questions du genre « Qu’est-ce qu’ils vont penser de la façon dont on fait l’amour ? » Mais rien qui traduise une invasion oculaire de leur part ça, ça allait. Et parmi tous les scénarios que j’avais envisagé pour rester un peu en contrôle, évidemment, il n’y a pas eu celui que nous, on a déroulé tous ensemble ce soir-là.

Hmmm-mmh

J’avais pas imaginé que chaque couple jouerait chacun de son côté.

Ouais moi non plus, ça avait l’air d’être juste un truc de débutants quoi.

Ouais !! En fait nos petits jeux-défis ont commencé en côte-à-côtisme avec des baisers sensuels et puis ça a continué en côte-à-côtisme jusqu’à la fin de la soirée. Et d’un certain côté, j’avais un peu l’impression qu’on restait bloqués, chaque couple de son côté, alors que soi-disant, on était prêts à vachement plus que ça. Mais il ne faut pas se voiler la face, c’était déjà beaucoup pour nous. Et donc concrètement, il y a eu des baisers, des caresses, des fellations, des cunnilingus, du sexe pénétratif, plein de choses !

Oui. C’était doux.

C’était très doux, c’était tranquille…

C’était chouette, c’était sensuel.

C’est marrant parce qu’on restait un peu en parallèle au niveau de toutes les activités sexuelles qu’on faisait. Et ça se faisait tout naturellement. D’ailleurs, à un moment, nous deux, on a changé de position et j’ai entendu Léopold proposer à Pénélope : « Tiens, dis donc, tu veux qu’on fasse comme eux ? » Et j’ai bien aimé parce que j’ai interprété ça comme une volonté de nous laisser mener la danse à notre rythme. Et pour un couple débutant comme nous, c’était très bien.

Oui, c’était vraiment bien, surtout que oui, on n’avait pas de pression de faire quoi que ce soit.

Non

Je pense que ça a pas mal aidé parce que moi je me sentais toujours pas à l’aise. Ça a fini par se voir quand j’ai malencontreusement perdu mon caleçon.

Ouh c’est malencontreux, ça !

Avec un peu d’aide, hein ? Ben il a fallu se rendre à l’évidence. Même si on était dans une situation extrêmement excitante, en tout cas pour le cerveau du haut, on dirait que l’information elle passait pas jusqu’au cerveau du bas. Incroyable mais vrai, Nestor il avait pas envie de jouer.

Oui… C’était vraiment étonnant : moi j’avais jamais vu ça. Ah mais on n’a pas présenté Nestor, attends. Nestor, c’est le petit nom de ton pénis.

C’est toi qui lui as donné. Moi je donne pas de nom à mon pénis.

Oui parce que moi c’était il y a longtemps, j’arrivais pas encore à parler de sexe. Et le mot « pénis » non plus ça passait pas. Du coup dire « Nestor » c’était plus facile, c’était drôle.

Du coup c’est resté. Et sur le coup, moi j’ai mis ça sur le compte de la fatigue, de l’alcool, de l’âge du capitaine… Bref, c’était certainement pas le manque d’envie. J’étais pas mal perturbé de voir que ça marchait pas. Joséphine était perturbée aussi. Et malgré le fait qu’elle n’était pas du tout habituée à ce genre de panne, Elle ne s’est pas laissée démonter. Et elle m’a demandé ce qu’elle pouvait faire pour aider. Et du coup, je ne me suis pas laissé démonter non plus. Et j’ai suggéré qu’on pouvait essayer une fellation. Et c’est à peu près reparti.

Oui, ce n’est pas du tout le genre de la maison, j’étais pas habituée. Mais c’est reparti, donc je ne me suis pas posée trop de questions. De fil en aiguille, à un moment, j’ai tendu le bras pour caresser le corps de Pénélope. J’ai traversé la barrière du côte-à-côtisme, avec des caresses sur le bras, dans le dos. Et sa peau était douce ! Oui, ça m’a marquée, c’était vraiment très très doux. C’était la première fois que je caressais une femme. C’était même la première fois que je caressais la peau d’un autre adulte que Hippolyte depuis 15-20 ans. Il y avait d’autres peaux douces que j’avais caressées, mais c’était un contexte complètement différent. C’est les peaux de nos enfants. Évidemment, la peau de petits humains tout neufs, c’est très, très doux. On ne peut pas comparer avec une peau d’adulte. Je ne savais pas qu’une peau de femme adulte c’était aussi doux !

Ah ah, moi je savais ! Il suffisait de me demander.

J’y ai pas pensé.

En tout cas, voir cette scène et me la repasser dans la tête là maintenant, c’est quand même vraiment sympa. Joséphine assise sur moi, Pénélope assise sur Léopold juste à côté, Joséphine qui regarde Pénélope et qui étend sa main pour une longue caresse dans le dos toute douce. J’en croyais pas mes yeux ! Quand on avait créé notre profil sur le site de rencontre pour couples, Joséphine elle était « hétéro-c’est-sûr » et j’avais pas bronché. OK j’avais un petit sourire en coin genre « on verra bien… » Mais quand Joséphine dit « hétéro-c’est-sûr », c’est « hétéro-c’est-sûr », on coche la case et puis c’est tout.

Et puis c’est tout, oui. C’est le genre de question où il vaut mieux me laisser découvrir à mon rythme. Et ce soir-là, au niveau intellectuel, cérébral, comme dirait Léopold, ça m’a pas mal étonnée, mais je portais beaucoup d’importance au plaisir de Pénélope. C’est pas que j’oubliais les garçons, mais je me disais que Léopold et Hippolyte, pour eux, ça viendrait simplement. Ils auraient beaucoup de plaisir et voilà, ce serait facile.

Ouais…

Mais dans ma tête, c’était vraiment important que Pénélope se sente bien, qu’elle prenne du plaisir, qu’elle ait même l’opportunité d’avoir un orgasme. Et que je le veuille ou non, Léopold s’occupait très bien d’elle et Pénélope n’avait pas l’air du tout mal à l’aise, donc il y avait des chances que ça arrive. Mais voilà, c’était là, c’était dans ma tête. J’avais très, très envie que Pénélope puisse profiter le plus possible de ces ébats.

Ouais, je pense qu’il y avait aussi le fait que tu savais qu’elle avait une attirance pour les femmes et du coup tu pouvais aussi y aller, non ?

Non, je sais pas. Non, j’ai pas pensé à ça. Ça m’a envahi le cerveau, c’est juste…

Et si elle avait pas dit avant que…

Alors, oui, c’est vrai que j’ai eu cette envie très très forte qu’elle prenne du plaisir. Du coup, j’ai mis la main sur son clitoris pour qu’elle puisse avoir plusieurs stimulations en même temps pendant que Léopold s’occupait de toutes les autres stimulations. Et je n’aurais pas fait ça si elle n’avait pas dit qu’elle était intéressée par les filles. Ça, c’est vrai.

Il y a d’autres images qui me reviennent là, maintenant qu’on en parle, j’ai un peu chaud. Il y a quand même beaucoup de choses qui se passaient, je ne me souviens que de bribes. À un moment, tu as pris ma main pour la poser sur Pénélope, sur ses seins, je crois, puis sur son sexe.

Ah oui, parce qu’après tout, tu savais bien faire sur moi, tu aurais pu l’aider aussi.

C’était un souvenir très agréable, en effet, elle a la peau super douce. Mais j’ai ressenti un petit peu de gêne, sans savoir vraiment l’exprimer à ce moment-là. Je crois pas qu’on ait… Enfin, je suis à peu près sûr qu’on n’a jamais demandé si c’était OK.

Ouais, c’est vrai.

On allait un petit peu avec le courant, comme dirait l’autre, et je crois qu’au fond de moi, je regrette un petit peu de ne pas avoir demandé. Je me serais senti un peu plus à l’aise si on avait eu un « Ah oui, vas-y, tu peux y aller ! »

Oui, c’est vrai. On a fait des progrès depuis pour demander tout simplement avant de se laisser aller à des envies subites qui envahissent mon cerveau. De mon côté, en plus des caresses habituelles d’Hippolyte, qui étaient quand même très agréables, j’ai ressenti quelques caresses douces sur mon corps. Je ne savais pas trop, et je ne sais toujours pas de quelles mains elles venaient, de Pénélope ? de Léopold ? En tout cas, ce n’était pas du tout désagréable et ça ne m’était pas du tout mal à l’aise.

Tu avais plus que deux mains sur toi.

Oui, c’était bien ! Même si l’envie que Pénélope prenne beaucoup de plaisir envahissait mon cerveau, j’avais quand même un peu de place pour le plaisir d’Hippolyte. Et est-ce qu’il était à l’aise ? Peut-être pas 100% d’après ce que je pouvais lire sur son visage.

Non, pas 100%. Il y avait des trucs qui se passaient qui n’étaient pas normaux. Tiens, une fois que j’ai retrouvé de la vigueur, quand on est passés à la pénétration, relativement rapidement – il ne fallait pas que ça retombe, j’étais pas sûr de pouvoir redémarrer une deuxième fois ! – je crois que j’ai joui très très vite. En tout cas beaucoup beaucoup plus vite que d’habitude. Du coup, ce n’était pas évident : j’avais l’impression de ne rien maîtriser. C’était un peu n’importe quoi. Et toi, tu étais à l’aise toi ? Tu ressentais quoi, si tu t’en souviens ?

Alors moi, ce que je ressentais, il y avait pas mal d’excitation, un petit peu de malaise et de timidité mais… parce que c’est quand même pas rien de découvrir son intimité à d’autres gens. Et je me posais des questions du genre : « Bon, on fait quoi maintenant ? » « Et on fait comment ? » « Et comment on se met d’accord tous les deux ? – et là, c’est encore plus compliqué : tous les quatre – sur ce qu’on fait ? » Je crois que j’ai même eu la question… « Bon, quand est-ce que ça s’arrête ? » Parce qu’il était vraiment tard et je commençais à fatiguer. Mais bon, j’avais plein de questions, mais pas les questions… « Mais qu’est-ce qu’on fout là ? » « Comment on s’échappe ? » Ça pas du tout, ça va.

Ou « Qu’est-ce que c’est le mot magique ? » Quand on a fini, entre le démarrage un peu tardif et puis la durée des ébats – le temps passe super super vite quand on fait un truc à quatre, c’est incroyable – il était probablement deux heures du matin, un truc comme ça. On était tous crevés, pas vraiment prêts à remettre ça.

Non, on était fatigués.

Et moi j’avoue qu’avec mon coup de mou, j’étais presque soulagé qu’il n’y avait pas eu la pression de devoir repartir pour un tour. Moi je savais pas trop comment j’aurais pu faire pour sortir le drapeau blanc pour dire « Euh… stop ! » sans vexer Pénélope et Léopold. Mais du coup on est tranquillement allés rejoindre nos chambres dans nos lits douillets pour un sommet réparateur. Mais on n’a pas dormi longtemps. On n’avait pas réalisé qu’il y avait des effets secondaires.

Oui… Parce que le lendemain matin, enfin quelques heures plus tard au réveil, moi j’avais un désir sexuel très très intense. C’était…. pfiou c’était fort ! C’était un peu comme si l’excitation de la soirée n’avait pas encore atteint son apogée. J’ai attendu un petit peu avant de te réveiller, mais j’espérais vraiment que tu serais partant pour m’aider à faire descendre toute cette excitation, parce que hou hou… Et heureusement, t’as bien voulu répondre à mes avances, t’as été sympa.

Pourtant, t’étais fatiguée, normalement quand t’es fatiguée, tu dors comme une souche jusqu’au…

Je pouvais plus dormir.

Je ne me rappelais plus bien qui avait réveillé l’autre, mais si tu le dis comme ça…

Ah oui, moi je me souviens.

Je sais juste qu’il était 5h du mat’ et qu’on avait tous les deux un besoin irrépressible de faire l’amour. Et on s’est réveillés juste pour ça, quoi. C’était complètement fou. On avait très très peu d’heures de sommeil derrière nous, mais les sens, eux, ils étaient bien réveillés. Nestor, il ne s’est pas fait prier: il avait retrouvé toute sa vigueur.

Oui tant mieux ! C’était rassurant…

Il était reparti comme en 40, lui !

Oui !

On a compris tout à coup pourquoi Pénélope et Léopold nous avaient raconté que une fois, sur le chemin de retour d’ une soirée entre « amis avec bénéfices », ils s’étaient arrêtés sur une aire d’autoroute pour faire l’amour là tout de suite parce qu’ils n’en pouvaient plus. Et ça nous avait paru bizarre ! Mais après ce réveil, on a compris.

Ah oui, on a compris !

Et ça ne nous paraît plus du tout bizarre.

Donc voilà : notre chouette première soirée, elle s’est terminée autour d’un petit déjeuner à quatre.

C’était pas mal de se réveiller à 5h du mat’ parce qu’on a pu aller chercher des croissants tout chauds à la boulangerie.

Ouais, donc un petit déjeuner, des gros câlins avant de repartir à chacun de notre côté. On repense avec des étoiles plein les yeux à Pénélope et Léopold parce qu’ils nous ont quand même accompagnés avec beaucoup de douceur, beaucoup de bienveillance. D’ailleurs, on leur fait des bisous.

Ouais, on sait qu’ils nous écoutent.

Bon, on était un petit peu tristes aussi parce qu’il fallait rentrer chez nous et on laissait Pénélope et Léopold en France. On n’avait pas prévu que ces aventures libertines marchent aussi bien, qu’en si peu de temps, on ferait connaissance avec des gens qu’on aurait envie de revoir, avec qui on jouerait, avec qui on aurait envie de remettre ça et qui en auraient aussi envie. C’était une belle histoire. Et c’est bien parce qu’elle n’est pas complètement finie, cette histoire.

On ne sait pas si on aurait pu tomber sur un couple mieux que Pénélope et Léopold pour commencer.

Non, on n’aurait pas pu. Ils étaient parfaits.

En tout cas, on sourit aussi en repensant à Hippolyte et Joséphine, qui imaginaient un peu naïvement dans la voiture des scénarios complètement fous.

Naïvement, tu crois ?

Finalement, ils avaient fait un pouillème de tout ça et ils se retrouvaient avec la sensation d’avoir été déjà très, très loin en ayant « tout simplement » fait l’amour à côté d’un autre couple.

Oui, « simplement », ça nous avait quand même fait pas mal d’effets.

Oui, ça nous en fait toujours d’ailleurs. Rien que d’y penser, ça me met dans un état… D’ailleurs je pense qu’il va falloir arrêter l’épisode.

OK, on fera le débrief la prochaine fois alors.

Oui, je pense que c’est plus prudent.

À bientôt !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

013 | Une table pour quatre, s'il vous plaît ! – une belle rencontre entre couples

Hippolyte & Joséphine, le 21 septembre 2026 Laisser un commentaire

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013 | Une table pour quatre, s'il vous plaît ! – une belle rencontre entre couples
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Ou comment Joséphine et Hippolyte font connaissance avec Pénélope et Léopold, autour de quelques verres, dans un bar bien agréable. Des discussions olé olé, des confidences, des histoires toutes personnelles, qui se terminent avec l’idée de se revoir pour une soirée plus longue… mais pas avant de se poser pas mal de questions et de définir nos limites, histoire de croire qu’on était prêts.

Quelques références:

  • On ne se lasse pas de Libertine de Mylène Farmer
  • Pour écouter l’intégrale de Hippolyte et Joséphine en une soirée, profitez de notre site ou de votre app de podcasts préférée. Profitez-en pour mettre des étoiles au podcast !
  • Bénabar et son dîner
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00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
01:05 Je je suis libertin
02:10 En route pour une rencontre avec Pénélope et Léopold
04:20 Joséphine a… regardé les options « hôtel »
09:03 Débuts de conversation très civilisés…
11:20 … mais qui dérivent très vite !
14:30 Et qu’est-ce qu’on fait après ?
17:25 Les questions qu’on s’est posées
19:57 La température monte : fantasmes, stress et explosion de libido !
24:10 Le briefing pour le saut vers l’inconnu

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

…et Joséphine !

Eh dis-donc, depuis le dernier épisode, je me suis rendu compte d’un truc : « Joséphine », ça rime avec « libertine ».

Ouais, c’est marrant.

Quelle coïncidence, c’est fou ! Et puis en plus, non seulement c’est rigolo, mais j’ai dit « libertine ».

Oui.

Eh ben tu chantes pas ?

Aahhh !

Depuis le dernier épisode, à chaque fois que je dis « libertin » ou « libertine », tu chantes.

Aahhh… Non mais je sais me tenir aussi quand on enregistre des fois. Mais toi, tu veux pas chanter, toi ? Tu l’aimes bien en plus cette chanson.

Ouais mais non, enfin… Je-je suis pas une fille, je-je peux pas vraiment être libertine !

Allez, c’est pas grave, tu peux changer les paroles. Tu l’as déjà fait sur d’autres chansons.

Ouais… Je sais pas, j’ai pas trop d’inspiration là. Je… Je-je suis libertin…

Oui ?

Je fais des câlins.

Ah ben voilà !

C’est pas mal.

Donc après ce petit intermède musical, on va quand même essayer de continuer à raconter nos aventures. La dernière fois, on en était restés à un message reçu pas longtemps après notre inscription sur un sitderencontpourcoupl.

Ouais. 🎵 On-on a reçu un message, un message d’un couple. 🎵 Ça y est, je suis lancé, je vais faire tout le podcast en chantant.

Non. Non, non, non.

Bon alors, ce couple, c’était Pénélope et Léopold. Ils étaient un petit peu plus âgés que nous.

Pas beaucoup.

Un profil très sympa, des jolies photos. Ils nous disaient qu’ils avaient bien aimé ce qu’on avait écrit sur le nôtre, de profil et ça leur avait donné envie de nous contacter. On a papoté un petit peu plus sur le chat. C’était simple, facile, avenant. On n’hésitait pas à raconter nos histoires et ce qu’on pensait savoir de ce qu’on voulait et de ce qu’on voulait pas. On a fait des longs messages, je crois. Ils étaient pas mal plus expérimentés.

En même temps, c’est pas difficile : nous, on avait zéro expérience.

Oui, mais ils avaient quand même pas mal d’années d’expérience. Ils avaient fait ça depuis un moment déjà. On a bien aimé qu’ils nous disent que « chaque fois était une première fois. » Et ils avaient l’air d’avoir envie d’une première fois avec nous. De fil en aiguille, on s’est retrouvés à continuer la conversation sur un groupe WhatsApp à quatre, avec l’idée de trouver un bar à mi-chemin de nos domiciles respectifs pour boire un coup.

Donc après quelques recherches, on a fini par trouver un bar-lounge qui faisait des cocktails, qui avait l’air pas mal. C’était un endroit avec un petit peu de musique où on pourrait discuter confortablement. Et on a réservé « une table pour quatre, s’il vous plaît« . Et on a aussi déniché une babysitter pour les enfants. Alors ce soir-là, on s’est faits beaux et on y est allés. C’était cool de sortir un petit peu, juste nous deux, en amoureux – enfin, façon de parler. En plus, on allait faire un truc un peu interdit. On se retrouvait à faire des cachotteries, comme à l’adolescence. Sauf que cette fois, c’était à nos enfants qu’on racontait pas tout, pas à nos parents.

Ouais, c’était rigolo. Est-ce qu’on était nerveux ? Ouais, pas tant que ça.

Non, pas trop.

Au pire du pire, on allait passer une soirée dans un bar à goûter des cocktails. On était certes un peu curieux de ce qui allait se passer, de ce qu’on allait bien pouvoir se raconter une fois les présentations faites. Et moi je me rappelle que dans la voiture, tu m’as fait une remarque qui m’a laissé bouche bée. Tu m’as dit que t’avais regardé les options pour une chambre d’hôtel.

Ah oui, il y avait un hôtel qui était rattaché au bar dans lequel on allait.

Oui, mais quand tu m’as dit ça, j’ai un petit peu halluciné. Depuis la soirée Gin Tonic, c’est moi qui menais les choses un petit peu, c’est moi qui avais géré l’inscription sur le site de rencontres pour couples.

Du coup, t’aurais voulu toi réserver la chambre d’hôtel ?

Non. Et Joséphine, tu suivais, avec plus ou moins d’enthousiasme, en traînant plus ou moins les pieds.

Oui… en fait, c’est aussi qu’on se lançait dans une aventure… vraiment bizarre. Et du coup, tous mes a priori qui étaient quand même bien ancrés, ils me lançaient des signaux d’avertissement parce que c’était… ouais, c’était bizarre. Alors oui, mon enthousiasme n’était pas forcément toujours au plus haut.

Et du coup, t’as voulu compenser et regarder les chambres d’hôtel ?

Non, mais non !

Pour moi, ce soir-là, c’était clair : on y allait juste pour faire une rencontre et rien de plus que des discussions, voir s’ils nous plaisaient, si on leur plaisait, si on avait envie de se revoir pour vérifier. On était quand même des grands débutants, on n’allait pas passer à la casserole le premier soir ! Moi j’étais absolument pas préparé à cette éventualité, pas du tout. Et de réaliser que toi, de ton côté, t’avais non seulement envisagé, mais en plus t’avais regardé le prix des chambres d’hôtels, c’était un peu déroutant quand même.

Oui, mais en fait, non, je n’avais pas envisagé. Par contre, je voulais être préparée à toute éventualité : on sait jamais.

Ouais…

En fait, je n’avais aucune idée de comment ça se passait, ces choses-là, de la vitesse à laquelle ça avançait. Et ça m’allait très, très bien si on en restait à des discussions ce soir-là. Mais si on décidait de pousser plus loin, je voulais avoir une option à proposer sous la main. Parce que ça nous rassurait, mes a priori et moi, d’avoir la possibilité d’être un peu en contrôle, plutôt que de nous laisser embarquer dans des lieux inconnus qui auraient rajouté au stress. Oui en fait c’est ça, je crois : je voulais être en contrôle, être en position de mener la danse autant que les trois autres, plutôt que de prendre le risque de me laisser mener sans avoir d’opportunité d’intervenir. Oui, comme ça j’aurais été celle qui proposerait le lieu où on irait s’envoyer en l’air, si on décidait d’aller s’envoyer en l’air. Et c’était juste un moyen pour moi d’être active et pas passive, ça me rassurait, même si on n’en avait pas besoin.

Ouais, mais je comprends ce que tu dis, mais… pour être en contrôle, on pouvait juste se dire que c’était pas au programme et que c’était pas ce qu’on allait faire. D’ailleurs, on n’avait même pas parlé de ça jusqu’à ce moment-là, et peut-être qu’on aurait dû !

Peut-être !

De mon côté, je n’avais vraiment pas évoqué le sujet parce que je pensais que c’était pas dans le domaine des possibles, vu comme tu traînais un petit peu les pieds… Bon, façon de parler…

Oui, c’est une façon de voir les choses aussi, oui.

C’était pas le gros enthousiasme, quoi. Enfin, je sais pas moi, c’est… Sur le coup, c’est comme si tu m’avais dit… « Bon, on sait jamais, si on décide d’aller braquer une banque ce soir, moi j’ai mis un bazooka dans le coffre parce que…

Non mais n’importe quoi !

Parce que je voulais être prête à toute éventualité. » C’est ce que tu as dit, tu voulais être prête à toute éventualité.

Non mais pas avec un bazooka. C’est pas tout à fait pareil, quand même ! Si on avait discuté de faire des premiers pas en vue de braquer une banque, ça n’aurait pas été des signaux d’avertissement que mes a priori auraient lancé, ç’aurait été des sirènes hurlantes.

OK, d’accord. Le bazooka, c’est un petit peu exagéré.

Un petit peu.

Mais c’est pour expliquer mon point de vue : coucher le premier soir avec des inconnus, comme braquer une banque, c’était en dehors du champ des possibles pour moi ce soir-là.

Oui, ok.

Et pour rester en contrôle, il suffisait de dire qu’on n’envisageait pas de coucher le premier soir.

Oui, mais on ne l’avait pas dit.

Et du coup, il n’y avait pas besoin de regarder les hôtels à l’avance… ni de regarder s’il y avait des banques à braquer sur la route.

Non mais ça j’ai pas regardé !

En tout cas, sur le coup, moi j’avais pas du tout compris ça, comme tu l’expliques maintenant, j’ai été surpris. T’avais été timide dans tout le processus avant cette soirée et je m’attendais pas à ce que tu fasses déjà des plans au-delà de rencontrer Pénélope et Léopold et de boire un coup avec eux.

Oui, c’était ma façon de rester en contrôle.

Donc je le saurai maintenant, quand tu veux rester en contrôle, il faut que tu regardes les hôtels.

Non… J’ai plein de moyens de rester en contrôle.

Après, en vrai, au niveau timidité, je sais que ce n’est pas trop ton style d’être timide. J’avoue que je m’attendais à ce qu’à un moment, ça te plaise, ces histoires, et que tu desserres le frein à main. Un petit peu comme avec le Jouet ou avec Melba, ou avec les autres choses qu’on avait essayées. Mais quand même, sur le moment, je me suis dit « Euh… ça va peut-être un peu vite pour moi là ! » Et pour le coup, quand tu parles de garder le contrôle, moi là je me suis dit que c’était peut-être moi qui le perdais.

C’est fou, même après 15, 20 ans ensemble, je peux encore de surprendre.

Ouais, ça faisait que commencer. Sur ce, on est arrivés. On est arrivés les premiers et on s’est installés tous les deux à notre « table pour quatre ». Pénélope et Léopold étaient un petit peu retenus dans des bouchons. Donc la première bonne nouvelle c’était quand même qu’on avait assez bien choisi le bar. C’était très sympa, très calme. Une ambiance jazz avec une musique juste assez forte pour qu’on arrive à s’entendre sans avoir à élever la voix, sans que ni le personnel, ni les quelques autres convives ne puissent entendre non plus nos conversations.

Oui, tant qu’à faire. Et là, j’ai vu arriver un couple. Ils étaient bien habillés, potentiellement ça pouvait être Pénélope et Léopold. Et oui, oui. Vu le sourire qu’ils nous ont lancé, c’était eux. Et voilà, ils étaient là. On allait faire notre première rencontre libertine. On avait un peu la trouille, mais on n’avait quand même pas envie de partir au courant, ça va !

Heureusement, parce que ça ne serait pas passé inaperçu. On s’est fait la bise, on a fait connaissance, tout simplement. Je pense qu’on a parlé de la pluie et du beau temps, des bouchons, tout ça. Et petit à petit, on a commencé à se raconter nos histoires. Je pense que c’est eux qui ont posé des questions. Et nous, on a raconté comment on en était arrivés là. Et oui, ils se sont tapé l’intégrale des 12 épisodes précédents en avant-première, en exclusivité mondiale, les petits veinards ! Vous aussi, vous pouvez faire comme Léopold et Pénélope, vous pouvez vous servir un verre de ce que vous voulez et écouter l’intégrale de Hippolyte et Joséphine en une soirée.

Il faudra peut-être un petit peu plus qu’une soirée quand même.

Et peut-être un peu plus qu’un verre aussi.

Donc eux aussi, ils nous ont raconté leurs aventures. Ils nous ont dit qu’ils cherchaient « une belle histoire ». Et ça tombait bien, parce que nous aussi en fait. Et vu les conversations et les personnalités qu’on découvrait, on n’était pas du tout tentés d’utiliser le mot magique.

Le mot magique ?

Bah oui, le mot magique sur lequel on s’était mis d’accord dans la voiture, si jamais un de nous deux ne se sentait pas trop à l’aise.

On avait un mot magique ?

Bah oui !

Ah oui, en effet, ça me dit quelque chose. Mais c’était quoi ?

Bon, je te dirai après, je ne vais pas non plus lui dire sur le podcast notre mot magique ! En même temps, si tu ne t’en rappelles pas, ça sert pas à grand-chose.

Oui, mais c’était le mot magique français, ça. On ne s’en est pas servi depuis vachement longtemps.

Oui, mais quand même, tu aurais pu t’en souvenir.

Mais tu as raison, on avait un mot magique pour pouvoir dire à l’autre « Ça va pas, on se casse ! » sans attirer l’attention de l’autre couple. Mais oui, en effet, on ne s’en est pas servi, et les conversations ont commencé à prendre une tournure un petit peu olé-olé.

Oui, assez vite, on a abordé des sujets très intimes. C’était assez incroyable, parce que quelques heures plus tôt, on ne connaissait pas du tout Pénélope et Léopold. Et là, on parlait vraiment de tout, de sujets qu’on n’aurait pas osé forcément évoquer avec des amis proches. Mais avec Pénélope et Léopold, eh ben on osait. On osait parler de sexe, on osait leur demander des détails sur eux et sur leurs histoires. Oui, c’était rafraîchissant. Ça paraissait tellement simple avec eux.

Ouais c’était chouette, c’était pas du tout gênant. Une fois qu’on a commencé à briser la glace, ben, on parlait. C’était étonnant comment on arrivait à faire ça, à parler comme ça de notre voyage sexuel et émotionnel alors qu’on n’en avait jamais parlé à personne avant. En tout cas moi, en ce qui me concerne, j’en avais jamais parlé à qui que ce soit.

Je pense que le fait que nous deux on avait déjà réussi à éliminer pas mal de tabous entre nous, ça a aidé quand même. Parce que si on les avait rencontrés quelques années plus tôt, on aurait été trop gênés pour en profiter pleinement. Alors que là, on pouvait faire place à la curiosité, aux discussions ouvertes, aux rigolades. C’était cool.

Oui, le truc vraiment rigolo c’est que à chaque fois qu’on arrivait sur un sujet particulièrement chaud, où on utilisait des mots plutôt explicites pour décrire des situations vraiment excitantes, soit la serveuse arrivait, ou alors encore mieux, la musique s’arrêtait complètement, il y avait une pause entre deux pistes…

Et moi je ne m’arrêtais pas de parler.

Et nos conversations, en tout cas les bribes de conversations – qui ne laissaient aucun doute sur ce qu’on disait – pouvaient tout d’un coup être entendues par tous les clients et le personnel du bar. Heureusement, il n’y avait pas grand monde !

Et c’était toujours moi qui parlais à ce moment-là.

C’est possible, oui ! D’ailleurs, tu étais complètement à l’aise dans ces conversations.

Mmmh. J’étais en contrôle, j’étais rassurée.

Ah oui, il y avait l’hôtel, de toutes façons !

Non, j’avais pas réservé un hôtel, mais je savais qu’on pouvait aller à l’hôtel. Et les pauses dans la musique ça ne nous a pas empêchés de continuer à papoter, au contraire, parce que c’était drôle. Ça rajoutait un peu de piment. Je me souviens qu’on a parlé d’un tournage de film porno du point de vue du caméraman. Léopold, il avait eu l’occasion de faire ça une fois et il disait que l’acteur, il fait l’amour à l’actrice et l’actrice, elle fait l’amour à la caméra. Et lui, je crois qu’il avait bien aimé être celui qui tenait la caméra.

Qui arrivait malgré tout à tenir la caméra.

On avait aussi parlé de comment eux, ils avaient commencé leurs aventures libertines pas mal de temps auparavant avec un truc à trois d’assez longue durée avec une autre femme. On a parlé du coup de la bisexualité de Pénélope.

Oui et de la non-bisexualité de Joséphine. Mais ça, on en reparlera.

Mmmm On avait parlé du fait qu’ils racontaient leurs aventures à quasiment personne dans le monde « normal », parce que c’était leur petit jardin secret. Alors nous, on était super curieux, on posait plein de questions. Tout était complètement nouveau pour nous. C’était drôle, c’était un peu surréel. C’était même un peu libérateur de parler de choses comme ça. Et c’était un chouette moment partagé.

Ouais ! Tellement chouette qu’à un moment on s’est posés la question de… « Ben qu’est-ce qu’on fait après ? » Et si Pénélope n’avait pas dû se lever très tôt le matin suivant pour le travail, ben… on aurait presque pu finir dans une chambre d’hôtel !

Tu vois, j’avais bien fait de regarder.

Ouais, ouais, ouais, non mais en fait, je pense qu’on n’était pas prêts du tout. C’était vachement tentant. Je crois que malgré ce que je m’étais dit et les résolutions que j’avais prises avant cette rencontre, j’aurais pas osé mettre mon veto.

Tu vois, c’est pas si facile de dire non, hein !

Oui, je sais, mais peut-être qu’on aurait quand même pris cinq minutes avant pour discuter entre nous et…

Oui, peut-être, oui…

… dire que, hmmm, peut-être que c’était un peu rapide. Mais bon, si ça s’était passé, j’en n’aurais probablement pas mené bien large. Et toi, Madame « Je-veux-rester-en-contrôle », t’en pensais quoi ?

Eh bien pour moi, c’était très bien de prendre le temps, de ne pas se précipiter, même si on aurait pu prendre une chambre d’hôtel. Déjà, on avait pris un verre avec des inconnus, on avait parlé avec eux de plein de sujets dont on n’avait pas vraiment l’habitude de parler. Et oui, j’étais contente d’avoir rencontré ces inconnus. Ils étaient… oui, ils étaient normaux ! Ils étaient drôles, ils inspiraient confiance.

Oui ! Je crois que c’est ça le truc principal, c’est que c’était un couple complètement normal. Depuis le moment où on les a vu entrer dans le bar, on n’aurait jamais pu se douter qu’eux aussi ils s’inscrivaient sur un site de rencontres avec l’idée un peu saugrenue de passer des moments sensuels avec d’autres couples.

Oui !

Ils ne correspondaient pas du tout au genre de stéréotype qu’on pouvait associer à ce moment-là aux mots « libertins » ou « échangistes ».

Hmm-mmm.

Tiens d’ailleurs je me souviens qu’on a parlé avec eux aussi du milieu des clubs.

Ah, les clubs libertins ?

Ouais. Et eux, ils préféraient largement les rencontres privées, intimes, où on prend le temps de se connaître. Je crois qu’ils nous avaient dit qu’ils n’avaient jamais mis les pieds dans un club. Ouais, on dirait qu’on avait à peu près le même genre d’a priori sur ces endroits.

Oui. Ils avaient clairement plus d’expérience que nous, mais ils donnaient l’impression d’être prêts à mettre tout ça de côté et de se mettre à notre niveau, pour nous aider à découvrir le monde libertin tout en douceur, sans aucune pression.

Oui, c’était agréable. Bon, bref, au final ça s’est pas fait ce soir-là. De toute façon, après tout, on pouvait toujours aller braquer une banque, hein ?

Non mais n’importe quoi !!

Histoire d’utiliser le bazooka qui était dans le coffre et…

Pffff….

… être prêts à toute éventualité.

Non, on n’a pas fait ça. On a plutôt regardé nos calendriers. Et donc, le samedi soir…

Pour braquer une banque ?

Non ! À quatre.

« Braquage à quatre… »

Le samedi soir, deux semaines plus tard, ça convenait à tout le monde, donc on avait un peu de temps devant nous, on pouvait trouver un endroit un peu plus sympa qu’une chambre d’hôtel. Genre un Airbnb où on pourrait passer une soirée tranquille entre couples.

Ouais, et puis ça leur donnait le temps de se procurer un bazooka aussi.

Mais non, mais t’arrêtes ?

Le retour en voiture était… c’était rigolo, c’était enjoué ! On discutait beaucoup, tous frétillants de nos découvertes. On s’est même perdus, je crois. On parlait tellement qu’on s’en foutait complètement du GPS. On était tous les deux contents. Juste heureux d’avoir rencontré des gens bien, que ça ce soit si bien passé, qu’on ait eu des discussions qu’on n’avait jamais eues auparavant et on avait une date dans le calendrier pour se revoir.

Quand même, tout ça, c’était tout nouveau tout fou pour nous, donc on s’est posés pas mal de questions avant d’aller plus loin. On a commencé par se dire, bon, est-ce qu’on voulait vraiment faire ça ?

Oui, oui, parce qu’on s’était accordés sur une date, mais on avait toujours la possibilité de dire :

On pouvait toujours reculer.

« Bah, en fait, on a réfléchi…

En fait non !

… en fait, le bazooka est enrayé ! »

Bon, alors là, à la question « Est-ce qu’on voulait vraiment faire ça ? » On a dit oui tous les deux. Après, on s’est demandés quelles étaient nos limites ?

Grosse question. On avait deux semaines pour y penser mais…

On y reviendra parce que c’est une grosse question effectivement. On s’est demandés aussi est-ce qu’on voulait vraiment se lancer là-dedans avec Pénélope et Léopold ? Et là, on y a bien réfléchi, parce que si on avait rencontré Pénélope ou Léopold individuellement, on n’aurait pas forcément développé un crush pour eux. Ils sont très bien physiquement aussi, c’est pas juste des gens bien. Mais est-ce qu’on était suffisamment attirés pour aller plus loin avec eux ? ? Et quand je pose cette question-là, c’est surtout par respect pour Pénélope et Léopold, parce qu’il n’était pas question qu’on profite d’eux, qu’on les utilise pour notre première expérience libertine, s’il n’y avait pas tous les bons ingrédients entre nos deux couples et des deux côtés d’ailleurs.

En fait, je crois qu’on n’avait pas vraiment prévu que ça se passe aussi bien. On ne passait que quelques semaines en France et on s’était dit qu’on allait juste essayer de faire une rencontre, juste pour voir. Et on avait complètement pris en compte le cas « ça marche pas bien », « on rencontre des gens et puis on veut pas aller plus loin », ou alors « on rencontre des gens trop bizarres ». Le cas « ça marche pas », on était prêts ! Mais alors le cas « si ça marche très bien », ben on n’avait pas trop prévu, quoi !

Oui…

À la base l’idée c’était vraiment de rencontrer des couples, pas forcément d’aller jusqu’au bout. C’était quand même plutôt improbable que ça marche du premier coup. Enfin moi je ne m’y attendais pas vraiment, quoi ! En tout cas nous ce qu’on savait à ce moment-là c’est qu’on avait envie de les revoir. Eux ils savaient aussi qu’on quittait la France pas longtemps après mais ils étaient partants aussi. Et du coup on s’est lancés dans la recherche d’un petit nid douillet pour notre première soirée entre couples.

Donc entre la rencontre au bar et la soirée, on avait notre petit secret tous les deux. On se faisait nos plans en douce sans que les enfants ni les grands-parents se doutent de quoi que ce soit. C’était rigolo de faire ces préparations, que ce soit prévoir le repas qu’on allait mijoter et partager, ou alors imaginer ce qu’on ferait après le repas.

Attends, t’imaginais des trucs, toi ? Normalement t’as pas de fantasmes !

Non, non, c’étaient pas des fantasmes. Mais je me posais plein de questions sur comment ça se passerait, donc j’imaginais des mises en situation. Je me projetais pour être prête à réagir à toutes sortes de situations, mais ce n’était pas dans un contexte d’excitation, donc ce n’était pas des fantasmes.

C’était pour rester en contrôle, c’est ça ?

C’est ça !

Ouais, ouais, non, mais des mises en situation, pour moi, c’est des fantasmes quand même. Un petit peu…

Oui, mais ce n’était pas à vue excitative, donc… Ça se dit ?

Ouais ouais ouais… Moi de mon côté, j’assume, j’avais des vieux fantasmes qui étaient sortis de leur caverne, mais par contre je me projetais pas du tout sur ce qui pourrait se passer. Je me rendais compte qu’il y avait trop de choses qui pouvaient arriver et sur lesquelles j’avais aucun contrôle.

Hmmm.

J’arrivais pas à mettre des images dessus… J’avais envie de retrouver Pénélope et Léopold, de passer un bon moment avec eux et de reprendre nos conversations. Mais après, je savais pas. Peut-être que c’était plus simple parce que… il y avait clairement de la tension, du stress, de me retrouver face à l’inconnu comme ça, du coup, j’éludais. Je sais que les quelques nuits avant cette soirée j’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. J’arrivais pas à m’endormir le soir, ou alors je me réveillais super tôt le matin. Enfin, ce genre de truc qui m’arrive quand je suis en état de stress.

T’es sûr qu’il n’y avait que du stress parce que vu l’effet que ça te faisait et puis la façon dont on arrivait à te déstresser, ben ça m’empêchait de dormir aussi ! Je ne m’en plains pas d’ailleurs !

Ouais mais c’est peut-être un lien de cause à effet. Moi je ressentais bien le stress, hein ! C’est un peu comme avant un match important. L’anxiété de bien faire les choses, d’être à la hauteur, de ne pas décevoir mon équipe. Enfin, une sorte de trac qui te fait demander « Mais dans quoi tu t’es lancé, quoi ! » Et s’il ne vaudrait pas mieux, en fait, ne pas y aller à ce dîner… et trouver un tas de prétextes comme dans la chanson de Bénabar. Mais bon, moi je m’étais jamais laissé aller à abandonner mon équipe pour si peu. Et je n’ai jamais regretté – même quand on se prenait 40 pions. J’allais quand même pas laisser tomber Pénélope, Léopold et Joséphine ce soir-là. Ok, c’est vrai, il y avait un petit peu d’excitation,

Un petit peu !

on savait quand même très bien pourquoi on allait retrouver Pénélope et Léopold. Ça avait des répercussions sur notre libido. Je pense que c’était communicatif aussi, parce que…

Ah oui !

toi t’avais plus de libido, du coup moi j’ai dit « Wahou, cool ! »

C’était un bon moyen de déstresser.

Ouais ! Mais on ne s’attendait quand même pas à ce que ça nous fasse l’effet avant, hein ! C’était assez intéressant. Enfin, on s’est vraiment mis à faire beaucoup plus l’amour que d’habitude. C’était tous les soirs, non ?

Mmm-mmh !

Parfois même le matin au réveil, non ?

En plus, oui !

Avant que les enfants se lèvent ? Ou alors ils étaient levés, mais on s’en foutait ! Ça ne nous était pas arrivé si souvent que ça, auparavant.

Non, mais c’était sympa.

D’ailleurs, ce n’était pas évident à gérer pendant la journée, avec les enfants autour.

Oui !

On discutait aussi beaucoup.

Oui, parce que quand on ne faisait pas l’amour, on discutait loin des oreilles des petits, surtout le soir dans notre chambre.

On essayait de comprendre ce qui nous arrivait.

Alors, à un moment, moi, j’ai aussi parlé à Séraphine. Séraphine, c’est la copine à qui je racontais mes crushs, des années plus tôt. Donc, je l’ai appelée pour partager ce gros pas dans notre couple, ce projet un peu délirant dans lequel on s’embarquait. Et d’habitude, c’était elle qui me racontait ses histoires polyamoureuses. Moi, j’écoutais avec pas mal de curiosité. Et cette fois, c’est moi qui partageais des idées et des questions qu’elle ne s’était pas encore posées.

Mmh ! Ça a dû la surprendre un petit peu, non, quand même ?

Oh je sais pas, je pense qu’elle se disait qu’un jour, ça arriverait. Et puis, je l’ai aussi appelée pour qu’au moins une personne sache où j’étais, avec qui, et pourquoi. C’était un peu une précaution de sécurité qui ne m’avait pas franchement l’air absolument nécessaire, mais c’était rassurant. Et puis, c’était un peu plus facile de dire ça à Séraphine qu’à nos parents !

Oui c’est sûr ! Les parents, on leur a juste laissé les enfants et nous, on est partis vers l’inconnu…

Et une fois sur la route, juste nous deux, eh ben on a essayé de faire une sorte de briefing sur nos limites, histoire qu’on soit tous les deux à peu près en phase sur ce qu’on avait envie de faire, ce qu’on n’avait pas envie de faire, comment faire, etc. Donc par exemple, eh ben par exemple on a défini notre mot magique pour appeler à l’aide entre nous, celui que tu as oublié.

Oui, c’est vrai. On se disait qu’on ne se mettait pas la pression de faire des choses que l’un de nous n’est pas prêt à faire. Et ça a l’air tout simple, dit comme ça.

Bah oui, donc on l’a dit. On a aussi défini nos limites en termes d’activités sexuelles, donc pour nous il n’était pas question de faire de la domination, de la soumission, pas de fessée, pas de brutalité, pas de langage dégradant.

Oui sur ce point ils nous avaient rassurés, ils nous avaient dit : « Bon alors là, pas de souci, nous on est des Bisounours ! »

Oui, et c’est vrai… c’étaient des Bisounours !

Pour moi en particulier, J’avais pas vraiment de limites sur ce que je pourrais faire ou sur ce que les filles pourraient me faire. La seule chose c’était que je suis hétéro et que Léopold et moi on n’interagirait pas. Mais ça c’était à peu près clair depuis le début.

Oui, pour vous deux, oui. Pour moi en particulier, il y a quelques parties du corps qu’on ne peut pas me toucher : le creux jugulaire, là en bas du cou, le nombril et l’anus.

Mmm-mmh.

Après, on s’était dit aussi qu’on restait ensemble, en tout cas dans la même pièce, tout le temps. Et qu’on essayait de rester connectés.

On avait défini ce que ça voulait dire, « connectés », à ce moment-là ?

Non, non mais t’inquiète pas, ça viendra dans quelques épisodes. Minute papillon, un peu de patience !

Tant que ça respectait toutes ces limites dont on vient de parler, on ne se sentait pas vraiment limités dans le type d’activités sexuelles qu’on pourrait faire avec Pénélope et Léopold. Surtout que ça avait l’air complètement compatible avec leurs limites à eux, leurs limites de Bisounours. En gros, la conclusion – je ne sais même pas s’il y avait une conclusion mais c’était… – on s’était dit : « Ben on verra bien de toute façon, s’il y a un truc qui nous va pas, on le dira, tout simplement. »

Oui, « tout simplement » ! Mais bien sûr ! Comme si c’était si facile !

Oui, ou alors on dira le mot magique que j’ai oublié.

Oui ! En fait, on était vraiment des bleus, hein !

Oui… On rappelle qu’on n’y connaissait rien, on n’avait pas lu « Le Libertinage pour les nuls« .

Il existe ce livre ?

Non, je ne crois pas. Mais on va l’écrire.

Ah bon ?

Ouais. J’ai déjà fait la couverture. On n’avait pas écouté le super podcast « Si on osait », d’Hippolyte et Joséphine. On n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait se permettre de faire ou non. J’ai envie de dire, surtout vis-à-vis de nous-mêmes.

Oui, on ne se rendait pas compte du tout qu’il nous manquait quand même beaucoup de questions dans notre briefing. Et du coup, forcément, il nous manquait aussi des réponses.

Ouais, on se jetait là-dedans, on s’était pas vraiment renseignés en fait.

Non, pas beaucoup, c’est vrai.

Et je pense qu’il faut être honnêtes avec nous-mêmes, enfin avec Hippolyte et Joséphine de cette première soirée, ce qu’on voulait vraiment, ben on savait pas ! C’était vraiment le grand saut dans l’inconnu, quoi !

Oui, mais ce grand saut dans l’in-cul-nu, on le fera au prochain épisode.

Quoi ? Le saut vers l’in-cul-nu ?

Oui.

Non, mais t’es pas sortable ! Tu peux pas dire ça ! Il y a des enf… Ah non, il n’y a pas d’enfants qui écoutent, ça va, mais…

Non, j’espère que non.

On peut pas faire des blagues comme ça. C’est pas possible !

Bon allez, OK, je sors. Bon, à bientôt alors !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

012 | À la recherche d'une rencontre – nos premiers pas sur un site libertin

Hippolyte & Joséphine, le 11 septembre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
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012 | À la recherche d'une rencontre – nos premiers pas sur un site libertin
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Hippolyte et Joséphine ont sacrément envie de continuer à profiter du Permis de Séduire ensemble, mais il faut bien se rendre à l’évidence : trouver des candidats à l’expérimentation « dans la nature », ça va pas être simple.

Restent les apps. Hippolyte arrivera-t-il à monter un dossier suffisamment convaincant pour que Joséphine accepte de laisser ses a priori et idées préconçues de côté, et veuille bien créer un profil sur un « sitderencontpourcoupl » ?

Références:

  • L’indémodable site d’histoires érotiques Revebebe
  • Libertine par Mylène Farmer
  • Coluche, le coiffeur à Paris en vacances à Cajarc dans le Schmilblick, 1976
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00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Previously in « Osez Joséphine », heu non, « Si on osait… »
04:13 Le scénario rêvé mais pas vraiment vraisemblable
05:28 La suggestion d’Hippolyte pour aider le hasard
07:08 Les a priori de Joséphine
09:13 Un site de rencontres pour couples un peu plus soft que les autres
10:58 Création d’un profil
13:24 Et ajout de photos !
15:20 On, on est libertins !
17:07 Premières interactions et échanges
20:23 Une conversation prometteuse

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Bienvenue dans un épisode avec encore des références musicales, des a priori, des photos et peut-être des rencontres.

Peut-être… Mais d’abord… Previously in « Osez Joséphine »

Non mais attends, mais c’est pas « Osez Joséphine », notre podcast. Notre podcast il s’appelle « Si on osait… » Ça fait 12 épisodes maintenant, c’est « Si on osait… » Bon, allez, recommence.

Je recommence.

Ça va marcher.

Previously, in « Si on osait… »

Ah ben voilà, ça y est, on peut commencer.

Yay ! J’ai réussi !

Donc, après cette soirée mémorable où on avait testé et apprécié une sorte de « Permis de Séduire Ensemble », Hippolyte et Joséphine, ici présents…

C’est nous !

… se rendaient compte que ce n’était pas si évident que ça de trouver des situations où on pourrait rencontrer un couple, jouer à se parler, se sourire, se séduire, et éventuellement un peu plus. Mais… Hippolyte et Joséphine ils avaient quand même pas mal envie de continuer à ressentir les effets positifs de tous ces moments et de refaire des soirées Gin Tonic.

Ah carrément !

Pour donner un peu de contexte, après le gros projet à l’étranger et la soirée Gin Tonic à l’épisode 10, le plan c’était de passer deux mois en France, à peu près deux mois, avant de rentrer chez nous pour de bon. Et on en profiterait pour revoir la famille, les amis, profiter de la bonne bouffe, du bon vin. Et forcément, on s’est dit que c’était un peu tentant de profiter de cette situation pour continuer à essayer de jouer à séduire et éventuellement faire des rencontres. C’était un peu plus facile en fait, parce qu’on n’avait pas la barrière culturelle, on n’avait pas la barrière linguistique. Et puis avec cette échéance de départ dans les prochaines semaines, au final on prenait peu de risques. Si jamais ça foirait, on pouvait se sauver en douce.

Oui, alors de mon côté, autant moi j’étais partante pour continuer à utiliser notre « Permis de Séduire Ensemble », quand et si l’opportunité se présentait, autant je me voyais mal chercher des situations ou alors des environnements où l’objectif premier, ce serait de séduire. J’avais quand même du mal à imaginer que d’autres gens pourraient avoir la même approche que nous. Et du coup, si on allait dans des environnements un peu propices à ce type de séduction, est-ce que les autres cherchaient un peu des trucs comme nous ? Ou est-ce qu’ils cherchaient plutôt un coup d’un soir ? Et est-ce que les deux moitiés du couple étaient partantes ? Voire même au courant ? Donc moi j’avais quand même pas mal d’a priori, j’avais du mal à les exprimer, j’y arrivais pas forcément.

On avait du mal à mettre les mots sur…

Ah, sur beaucoup de choses, oui !

On les met maintenant parce qu’on a réfléchi mais…

C’est plus facile !

mais à ce moment-là, ce n’était pas…

Moi, je voulais que ça continue à être une initiative que Hippolyte et moi on prendrait ensemble, où on serait tous les deux moteurs et où on inventerait ensemble ce dans quoi on se lancerait, plutôt que se retrouver suiveurs ou alors passifs avec un couple qui ferait ça pour s’envoyer en l’air.

C’est un peu comme la soirée où ça s’était fait naturellement, en fait !

Oui, bon ça s’est pas fait, hein, mais…

Non mais notre…

Oui, nos tentatives de séduction

Notre évolution s’est faite ensemble et naturellement. Et moi aussi, je pense que j’avais cette idéal en tête. On pourrait rencontrer un couple, on les inviterait à manger, ils viendraient tous les deux, cette fois.

Oui, ce serait pas mal.

Ils nous plairaient.

Ouais !

On leur plairait.

Oui, ça peut être bien aussi !

On passerait une bonne soirée ensemble, peut-être qu’on boirait un peu, il y aurait des regards, peut-être qu’il y aurait une deuxième soirée, au coin du feu, avec un peu plus de regards, une atmosphère qui se réchauffe un peu, des confidences ou bien des jeux qui tournent à « l’action ou vérité » version adulte et…

Attends, t’es en train de passer en mode Revebebe là !

C’est vrai, c’est pas faux. Ça ressemble bien à un scénario d’histoire érotique.

Oui, oui, je pense que t’es bien parti pour ça.

En tout cas, le genre qui me plaît. Au passage, on recommande toujours Revebebe. revebebe.free.fr dont on avait parlé à l’épisode 6, je crois. Il y a toujours des tas d’histoires vraiment sympas à chaque fois qu’on y retourne.

Et pourtant, c’est pas toi qui les écris. Enfin, je crois pas.

Non, non, j’ai pas de compte là-bas ! Bon, pour revenir à notre situation de la vraie vie, sans scénariste d’histoire Revebebe, c’était bien joli de s’imaginer des tas de choses comme ça, mais c’était un peu illusoire de croire que ça allait nous arriver.

Comme ça, rien qu’en attendant…

Du coup, j’ai pris mon courage à la pelleteuse, j’ai proposé qu’on aide un petit peu la chance. J’ai suggéré – d’ailleurs j’ai probablement suggéré plusieurs fois – qu’on regarde éventuellement si ça ne vaudrait pas le coup de voir si par hasard, si par hasard il n’y aurait pas, – sait-on jamais, hein – des « sitderencontpourcoupl »

Des quoi ?

Euh, des « sitderencontpourcoupl » !

Articule !

Des sites de rencontres, heu… « pourcoupl ».

Ah ça sort pas, hein !

Je rigole pas, j’ai probablement utilisé le même genre de formulation alambiquée pour faire croire à Joséphine que j’avais pas déjà regardé. Parce que bon évidemment je suis pas fou, j’aurais pas proposé ça si j’avais pas déjà regardé.

Petit cachottier, t’avais déjà regardé ! Tu fais bien la Sainte-Nitouche.

Eh bien, ceci dit j’avais bien fait parce que si on avait fait les premières recherches ensemble, je pense que ça n’aurait pas été bien loin.

Pourquoi ?

Les premières recherches de sites de rencontres que j’avais faites, eh ben on tombe sur des sites vraiment orientés très très cul, voire complètement porno.

Ah oui, non.

Et avec des profils vraiment très très explicites. À première vue, ça n’avait pas l’air évident pour nous de trouver un site où on avait un minimum de chance de rencontrer des gens qui étaient à peu près sur la même longueur d’onde, c’est-à-dire rencontrer et séduire avant de passer à la casserole…

Oui !

Ça n’avait vraiment pas l’air facile de trouver des choses qui seraient un peu moins intimidantes pour nous et surtout pour Joséphine qui y allait pas mal à reculons.

Ah oui, moi j’y allais, oui, à reculons. Parce que j’avais toujours cet a priori que les gens qui vont sur des sites de rencontres, surtout les sites de rencontres pour couples, – pardon, surtout les « sitderencontpourcoupl » j’y arrive pas ! – ils recherchent le sexe pour le sexe, sans poésie, sans tendresse, et… ben ça me rebutait. Et j’avais peut-être pas tout à fait tort, parce que sur les sites de rencontres, il y a quand même beaucoup de gens qui cherchent un coup d’un soir, qui veulent s’envoyer en l’air sans se poser de questions. Et je juge pas, hein ! mais… quand même moi, à ce moment-là, je mettais tout le monde dans le même panier. Hippolyte, lui, il était persuadé, – peut-être avec une plus grande ouverture d’esprit – il était persuadé qu’il y avait aussi d’autres gens qui étaient plus doux, plus « Bisounours ». Des gens qui…

Oui, moi je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont comme nous, tout le temps.

Oui, oui, c’est bien. Des gens qui nous conviendraient mieux, en fait. Bon moi je n’y croyais pas beaucoup, mais éventuellement, je voulais bien lui donner une chance de me prouver que je me trompais. Par contre, il fallait qu’il prépare un dossier qui tienne bien la route avant.

Eh ouais. Et en effet, j’avais fait le tri. Je ne le faisais pas vraiment que pour Joséphine le tri, parce que moi non plus, voir une paire de seins qui prend toute la photo, ou un zoom sur une vulve en train de se faire pénétrer par un pénis quand on arrive sur un profil, ce n’est pas vraiment ce qui titille le plus ma curiosité. Ça peut être joli et très excitant. Disons que ce n’est pas ce que j’ai tendance à avoir envie de voir en premier chez une femme ou chez un couple.

Oui…

Et en effet, les apps de rencontre, c’était pas mon rêve. C’était vraiment pas mon rêve du tout. J’avais le même genre d’a priori et d’inquiétudes que Joséphine. J’étais assez circonspect là-dessus. Et puis j’avais pas envie non plus qu’on se retrouve au milieu d’un catalogue de « viande » où les gens pourraient nous « swiper » ou nous « matcher ». Et encore moins si ça amenait à rencontrer des gens pas forcément bienveillants, qui voudraient en quelque sorte bizuter les petits nouveaux à la mode échangiste.

Ah oui, non… non, non !

Donc au final, j’en ai trouvé un de… « sitderencontpourcoupl » qui avait l’air beaucoup plus soft que les autres, et puis un petit peu plus orienté « couples », justement, que les autres. J’avais créé un compte gratuit, juste pour voir. ce qui donnait accès aux profils qui s’y trouvaient. Et puis, ce que j’avais vu, ça ne m’avait pas rebuté. Ça m’avait même plutôt agréablement surpris, parce qu’on n’avait pas trop besoin de slalomer entre des images de pénis en érection en gros plan, ou d’autres photos pornographiques pour trouver des profils de couples sympathiques, avec des belles photos artistiques, floutées, en noir et blanc, qui dévoilaient juste ce qu’il fallait pour qu’on ait envie de découvrir un peu plus, en fait. Et puis des intros un peu plus subtiles et avenantes que « Cherche chaudasse pour ce week-end » ou des trucs du genre. Du coup, j’étais content. Je pouvais montrer ce « sitderencontpourcoupl » à Joséphine-qui-y-allait-à-reculons. Et c’est passé.

Oui, c’est passé. T’avais fait un bon dossier. Le « sitderencontpourcoupl » que Hippolyte avait sélectionné, c’était apparemment un des sites les plus softs. C’était un des sites les plus accessibles pour nous qui étions quand même tout neufs dans ce monde-là. En plus, Hippolyte avait fait une petite présélection de profils et ça avait l’air bien. Les présentations des profils, elles avaient l’air… …. normales ! On y voyait des jolies photos, y compris des photos de gens habillés, avec des jolies silhouettes. Et je crois que j’avais besoin de ça en fait, pour envisager de passer au-delà de mes a priori négatifs.

De toutes façons, jusque-là, on ne prenait pas beaucoup de risques. On ne se mouillait pas trop, comme dirait l’autre. C’était gratuit de s’inscrire, de créer un profil, de mettre nos âges, nos préférences, nos orientations sexuelles. Hétérosexuels tous les deux, hein Joséphine ?

Ben oui, bien sûr. Pourquoi tu rigoles ?

Nos mensurations. Non, je déconne, il n’y a pas besoin des mensurations, ce n’est pas vrai. Et de mettre des photos. Donc au pire, on aurait perdu juste une soirée où on aurait bien rigolé.

Oui, alors on n’a pas dû mettre nos mensurations, mais il a quand même fallu qu’on coche quelques cases. Est-ce qu’on était prêts aux pratiques de mélangisme ou à l’échangisme, au côte-à-côte-isme ?

C’est vrai, on a appris des nouveaux mots.

Oui, on ne savait pas ce que ça voulait dire. Donc le côte-à-côte-isme, c’est quand deux couples font l’amour l’un à côté de l’autre, mais sans échanger les partenaires. Le mélangisme, là, les échanges de partenaires sont autorisés, sauf pour la pénétration. Et l’échangisme, les échanges de partenaires sont autorisés, y compris pour la pénétration.

Il y avait des nuances assez subtiles.

Ouais, il a fallu qu’on comprenne tout ça.

Mais on a coché toutes les cases, je crois.

Ouais, je crois.

On n’y connaissait rien !

On était prêts à tout.

On n’avait pas vraiment nos limites.

Non.

Et puis bon, il a quand même fallu rédiger un profil avec un petit texte pour nous présenter. Et vu que c’était un peu mon initiative, j’avais commencé à rédiger un brouillon pour notre profil. C’est venu assez vite, il n’y a pas eu besoin de beaucoup de corrections ni de réécriture, pour une fois. Ça racontait notre histoire en quelques mots, tout simplement, et on expliquait ce qu’on cherchait, ou en tout cas ce qu’on pensait chercher.

Oui, le genre de personnes qu’on envisageait de rencontrer aussi.

On était surpris que ce soit si facile en fait, que ça semble si naturel de pondre quelque chose d’assez personnel, alors que normalement, se vendre, on n’est pas super forts.

Non on n’est pas forts. Et ouais, t’avais été inspiré, et c’était vraiment bien. D’ailleurs, moi je suis pas sûre que j’aurais eu autant d’inspiration pour écrire un profil. Je pense que j’aurais été tentée de copier les autres profils un peu bateau, parce que je ne savais pas comment faire.

Mais moi, j’avais préparé depuis deux mois, donc…

Ah ouais ! Ah ouais d’accord.

Non, c’est pas vrai ! Non, non, ça, c’était pas vraiment pas pémédité l’écriture du profil.

Non, non, t’avais fait un chouette brouillon. Et du coup, on avait passé un moment sympa à préparer notre profil, même si je traînais un petit peu les pieds au départ. Et c’était agréable de raconter notre histoire, de la revivre un petit peu tous les deux, de choisir ce qu’on avait envie de dévoiler sur nous et puis ce qu’on ne disait pas.

Oui, c’est un bon souvenir cette soirée. C’était surtout cool de te voir doucement te prendre au jeu.

Ouais…

Et puis en plus il a fallu faire des photos.

Eh oui parce que… On avait fouillé dans nos photos récentes et on en avait très très peu de nous, encore moins des photos de nous deux ensemble. Parce qu’on a plein de photos des enfants, des paysages, mais alors des photos de nous, que dalle, parce qu’on se prenait jamais en photo. Donc il a fallu qu’on trouve un moment tranquille, quand les enfants étaient couchés, et on a bricolé un petit atelier photo dans la cage d’escalier.

Ça nous a pris trois plombes. En mode selfie, trouver le bon cadrage pour ne pas voir l’angle du mur ou l’applique murale ou une ombre… Avec flash, sans flash.

Avec sourire, sans sourire.

Aller chercher un projecteur et une rallonge électrique au garage pour avoir une « meilleure lumière ». Et tant bien que mal, on a réussi à prendre des photos de nos trombines qui ne faisaient pas trop peur malgré l’ambiance cage d’escalier. On a même fait une jolie photo de profil en gros plan qu’on pouvait publier sans être reconnaissables.

Oui parce que comme n’importe qui peut s’inscrire gratuitement sur le site et voir toutes les photos – en tout cas les photos qu’on a mis en mode public – on faisait quand même un petit peu attention à ce qu’on publiait. Parce qu’on connaît des gens en France, on n’avait pas très envie d’avoir des questions de nos amis, ou de la famille, ou d’anciens collègues. On sait jamais, hein, ils auraient pu aussi se trouver sur ce site, soit parce qu’ils étaient intéressés, soit parce qu’ils voulaient jouer à la brigade des mœurs. Et donc, les quelques jours qui ont suivi, on a essayé de se prendre en photo plus, pour un peu varier du cadre de la cage d’escalier, pendant qu’on se baladait avec les enfants. Ils n’étaient pas trop habitués d’ailleurs à ce qu’on prenne des photos de nous. Je ne sais pas ce qu’ils ont dû se dire en nous voyant se mitrailler l’un l’autre.

Ils devaient se dire « Non mais qu’est-ce qu’il leur prend aux parents ? » « Déjà ils font des cachoteries, en plus ils invitent des gens…

…qu’on connaît pas. » Ça va, ils avaient des enfants avec qui ils étaient potes.

C’est fou, parce que pour commencer à prendre des photos de nous, il a fallu qu’on s’inscrive sur un site libertin. Oh, ça y est, je l’ai dit.

T’as dit quoi ?

J’ai dit le mot, j’ai dit « libertin ». On était en train de créer un profil sur un site « libertin ».

« Libertin »… comme Mylène alors. 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Allez, c’est parti ! Petit intermède musical. Oui, parce que le site, c’était pas vraiment explicite sur le nom du site de rencontres, mais c’était bien un site libertin.

🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Non mais tu ne vas pas chanter ça à chaque fois qu’on dit « libertin », si ?

Si si ! 🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵

Ah ben si… Eh ben, on n’est pas rendus. Et dire que moi je ne peux même plus replacer ma spirale du plaisir et du désir…

Bon ok, je vais essayer de me tenir et de ne pas chanter trop.

Ok, on peut continuer alors. D’ailleurs, c’est peut-être pas plus mal que ce n’était pas vraiment explicite, parce que je ne suis pas certain que j’aurais réussi à te convaincre de nous inscrire sur un site avec le mot « libertin » dedans. Parce qu’à part la chanson de Mylène, enfin Joséphine Farmer, dans le monde normal, ce mot n’a quand même pas forcément bonne presse. Et c’est facilement assimilé à un univers un peu glauque et malsain, peut-être.

C’est vrai, ouais. Nous aussi, on faisait cette association-là. libertin = glauque voire malsain Et pour définir nos envies de séduire ensemble, on n’avait pas du tout pensé à ce mot-là.

Quel mot ?

Tu veux que je te le dise ? « Libertin »

🎵🎵🎵 [« Libertine » fredonné] 🎵🎵🎵 Donc voilà, c’était fait. On y était. Et bon, quel que soit le mot qui était rattaché, en fait, on s’en fichait un peu. Les étiquettes, c’est pas notre fort.

Non.

Et on n’avait jamais utilisé d’app de rencontre avant.

Non.

Donc on y allait complètement à découvert. Peut-être un petit peu naïvement aussi.

Oui, je pense clairement naïvement, oui.

On n’avait jamais vraiment communiqué avec des inconnus sur Internet.

Non.

C’était complètement nouveau. Un petit peu grisant. Surtout avec certaines premières interactions. « Oh, on a un bisou ! »

« Un bisou ? »

Ouais, un bisou. C’est un peu comme un like sur Facebook, mais façon « sitderencontpourcoupl » Bref, une fois inscrits, donc, une fois qu’on avait notre profil et nos photos, etc. on a fait une petite présélection de profils. On l’a fait avec quatre yeux, on l’a fait ensemble. Et c’était important qu’on fasse ça tous les deux ensemble,

Ouais !

pour que ce ne soit pas seulement l’un de nous qui s’en occupe.

Ouais, là j’avais pas besoin que tu viennes avec un gros dossier. Je pouvais participer à créer ce dossier.

T’étais un peu plus réchauffée à l’idée.

Ouais !

Et en plus c’était drôle. Finalement ça faisait pas si « catalogue » que ça. Et au final on a pris un peu plus de risques. Il y avait des profils vraiment sympas. Du coup on a payé un abonnement pour pouvoir leur envoyer des messages en essayant de rédiger des choses pour se présenter le mieux possible. Et là on s’est retrouvé un peu comme des ados tout excités, quoi !

« Oh regarde, on a une réponse ! » « Eh regarde, ils ont partagé des photos ! »

« Ouais ouais ouais attends-moi avant d’aller voir ! On fait ça ensemble ! » On faisait vraiment tout ensemble. On aimait bien voir nos réactions l’un et l’autre, en live.

Oui…

On rédigeait tout à quatre mains. Alors ça prend beaucoup de temps de rédiger un message personnalisé à quatre mains.

Ah oui, je confirme : on n’est pas toujours d’accord sur la façon de formuler les messages, ni sur la grammaire.

Oui… mais c’était sympa, on partageait un moment de complicité, même si…

On apprenait même à pas trop se disputer et à passer outre nos désaccords grammaticaux, voire stylistiques.

Faire des concessions.

Ouais… ouais, quoique.

Moi, je fais des concessions.

C’est ça.

Et ça s’est pas si mal passé que ça en fait. On a eu… On a eu pas mal de réponses. Je pense que tout le monde avait répondu. Et toutes les réponses qu’on avait étaient toutes sympathiques et bienveillantes. Et oui, parfois ça n’allait pas plus loin que quelques échanges, ou ça s’arrêtait après avoir échangé des photos. Mais c’était agréable.

Oui.

Je me souviens, il y avait un couple un peu plus jeune que nous, qui après quelques messages nous avait demandé « Mais qu’est-ce que vous cherchez exactement sur ce site ? » Ça nous avait un peu surpris à ce moment-là. Et on avait été tenté de répondre : « Ben la même chose que vous, grands dégoûtants ! » Comme Coluche ! On n’avait pas vraiment conscience que tout le monde ne cherchait pas exactement la même chose que nous en fait.

Oui, je crois que c’était les mêmes qui avaient peur de nous connaître déjà. Et ils avaient même des noms de scène.

Ah oui, je me souviens, oui !

Alors que pour nous, bon, certes, on avait un nom de profil un peu anonyme, mais à partir du moment où on commençait à discuter pour de vrai avec des gens, on utilisait nos vrais prénoms. On n’avait pas des noms de scène. Les noms de scène, c’est pas… Oui bon OK, d’accord, on en a maintenant pour le podcast avec Hippolyte et Joséphine, mais c’était pas du tout le même contexte.

Ouais, c’était pas aussi public. Il y avait aussi ce couple qui nous avait dit d’emblée qu’ils n’avaient pas encore franchi le pas du sexe pénétratif entre couples, donc de l’échangisme, et ça nous avait étonnés. On n’avait pas du tout pensé à ça, à ce type de limite en fait. Pour nous, l’intimité sexuelle, c’était vraiment pas défini par la pénétration ou non.

Oui. On avait des conversations un petit peu surréalistes avec des inconnus complets.

Oui ! Et puis un jour, on a reçu un message d’un couple à qui on n’avait pas écrit. C’était un message tout simple, agréable, des gens qui avaient bien aimé ce qu’on avait écrit dans notre profil, où on avait raconté notre aventure. Et ça nous a fait dire, « Ah tiens, pourquoi pas ? Ça pourrait coller. » On a transformé ça en conversation prometteuse.

Oui, mais comme d’habitude, on va vous laisser mariner et on vous racontera tout ça la prochaine fois !

Ah oui, comme d’hab ! À bientôt.

Balisé avec :À deux... voire plus, Libertinage

011 | Euh, t'as dit quoi hier soir déjà ? – un "Permis de Séduire" et d’être séduit

Hippolyte & Joséphine, le 4 septembre 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
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011 | Euh, t'as dit quoi hier soir déjà ? – un "Permis de Séduire" et d’être séduit
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Après cette fameuse soirée révélatrice arrosée au Gin Tonic, et une remarque complètement inattendue – mais assumée ! – de Joséphine, des vieux fantasmes endormis d’Hippolyte ressortent de leur tanière, mais surtout on se découvre un « Permis de Séduire » et d’être séduit … en tous cas d’essayer ! À utiliser sous une condition : quoi qu’il arrive, on reste ensemble !

Références :

  • Les masques d’Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick (1999)
  • L’épisode 5 où Joséphine parle de son jouet vibrant
  • L’épisode 2 où l’on comprend que Hippolyte a très peu d’expérience en drague
  • L’épisode 9 où Joséphine révèle son addiction aux crushs intenses
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00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
01:05 La soirée Gin Tonic et la réflexion de Joséphine
03:21 L’explication de Joséphine
04:34 La réaction d’Hippolyte
06:25 Le « Permis de Séduire » à deux
08:35 Les vieux fantasmes qui sortent de leur tanière
13:05 Les effets du « Permis de Séduire »
16:10 Une nouvelle ouverture aux rencontres
20:03 Cette liberté nouvelle…
21:49 … que l’on veut apprivoiser ensemble

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Ça y est, on a enfin décuvé de notre soirée au Gin Tonic de l’épisode 10. Vous vous souvenez ? Après tout le temps qu’on a passé à avoir des tentations plus ou moins avouables, à droite à gauche, et de les avoir enfin avouées, d’en avoir parlé, et d’en avoir rigolé, il y a eu cette soirée bien arrosée.

On était bien hydratés.

Hydratés, je sais pas, mais… alcoolisés, c’est sûr. Il y avait un Hippolyte et une Joséphine, et un crush chacun. Un crush que Joséphine connaissait, mais moi j’en avais un nouveau.

Un crush tout nouveau, tout nouveau tout beau.

Et on s’est retrouvés à s’aider, à se soutenir l’un l’autre, mais malgré tous nos efforts – enfin surtout tes efforts, parce que moi j’en ai pas fait énormément, on est rentrés juste tous les deux. Mais avec une réflexion hautement philosophique, hein Joséphine ?

Oui, parce que ceux qui ont bien pris des notes au dernier épisode, ils s’en souviendront de cette réflexion, non ? En tout cas, il y en a un qui s’en souvenait ce matin-là.

Moi ?

Oui, toi !

Tu veux parler de moi ? Moi je m’en souvenais pas du tout.

Mooouuuais…

Attends, j’étais fatigué, j’avais bien bu, le réveil était vachement difficile. Les enfants ils avaient pas picolé eux, la veille, il fallait les réveiller, les emmener à l’école.

C’est vrai !

Et je crois que j’ai eu besoin d’une petite sieste pour récupérer après.

Moi aussi.

Du coup c’était pas vraiment le matin, c’était probablement le début d’après-midi quand je t’ai demandé : « Et t’as dit quoi hier soir déjà ? »

Tu t’en souvenais très bien.

Meuuuh… Pas du tout !

Oh si si !! En rentrant de cette soirée, moi j’avais dit : « Mais je sais ce qu’on aurait dû faire. On aurait dû leur proposer un truc à quatre ! »

Ah, c’était ça que tu avais dit… Heureusement que tu t’en souvenais, dis-donc !

N’importe quoi…

Bon, plus sérieusement, oui, t’avais dit ça.

Oui

Et en plus, tu étais suffisamment lucide au moment où tu l’avais dit pour t’en rappeler, le redire le lendemain matin sans te rétracter, en assumant complètement.

Bah oui, y’a pas de problème. J’aurais pas dû assumer ?

Non non, c’était très bien, y’a pas de problème. Et du coup, mesdames qui nous écoutent, il y a pas mal de trucs plus ou moins efficaces pour remettre en route le cerveau de votre mec le lendemain d’une soirée un peu trop arrosée. Mais alors lui dire que vous feriez bien un plan à plusieurs, c’est vérifié, c’est testé. Ça marche super bien. En tout cas pour lui. Bon après, il faut assumer, hein, mais… Non mais sérieusement, quand t’as dit ça, quelle mouche t’a piquée ? Tu y avais réfléchi avant ?

Ah non.

C’est venu juste comme ça ?

Ah oui.

Et pourquoi c’est venu à ce moment-là, dans ces circonstances, en te brossant les dents ?

Non mais je n’y avais absolument pas réfléchi avant. Moi je n’ai jamais fantasmé sur un truc à plusieurs, avec des inconnus. De toute façon, moi je n’ai pas de fantasme.

Ouais ouais ouais…

Mais j’avais toujours un problème avec l’idée de passer du bon temps avec un autre que toi, sans toi. Et je n’avais pas non plus eu envie que tu ailles t’envoyer en l’air avec une autre plutôt qu’avec moi. Et ce soir-là, nos crushs étaient simultanés. Donc avec un petit peu d’alcool, mon cerveau a trouvé une solution assez originale à ce double dilemme : mettre tout le monde ensemble.

En effet, c’est pas bête.

Ça marche !

Quand tu as picolé, tu réfléchis pas mal…

Et ouais.

Tu devrais faire ça plus souvent.

Picoler ou réfléchir ?

Ah, picoler.

En plus, ça résolvait aussi les risques que nos crushs se disent « Ah écoute, c’est très tentant, mais vous êtes un joli couple. J’ai vraiment pas envie de démolir votre couple. »

Si nos crushs étaient sentimentaux aussi…

Mais par contre, je n’avais pas du tout visualisé ce que ça pourrait donner tous ensemble dans un lit, comment on partagerait ça… Bref, tout ça quoi.

Alors moi, pour être complètement honnête, et ben moi non plus. Et quand t’avais parlé de faire un truc à quatre, ce soir-là, comme je disais, j’avais pas vraiment relevé…

Oh, juste le lendemain matin, t’as relevé quand même.

Oui euh…. C’est pas passé, mon air innocent ?

Je suis habituée…

Moi j’avais pas du tout compris comme, bon bah à la fin on pourrait se retrouver à faire l’amour les uns à côté des autres, voire même à quatre tous ensemble.

Oh attends, présenté comme ça, là, maintenant, je trouve ça très tentant !

Oui je sais… Et la possibilité de se retrouver avec d’autres personnes que Joséphine, nus dans un lit ou sur un canapé ou un truc confortable, et faire des trucs avec eux, ça ne m’était vraiment pas venu à l’esprit. Pour moi, quand tu l’as dit, à ce moment précis, c’était passer un moment agréable, en bonne compagnie, échanger des regards…

C’est pas incompatible…

… éventuellement flirter. Oui non mais… Peut-être effleurer une main, une épaule, un dos. Mais alors de là à aller plus loin, pour moi c’était dans le domaine de l’imaginaire complet. Et je sais que même si tout s’était superbement bien passé ce soir-là avec « ma » serveuse, je crois pas que j’aurais été vraiment prêt à consommer quoi que ce soit d’autre que du Gin Tonic. Et d’ailleurs je dirais même plus : si j’avais osé faire des avances un peu plus explicites et si elle y avait répondu,

Faire des avances tout court, quoi.

Ouais, c’est ça. J’aurais probablement été terrorisé et j’aurais pris mes jambes à mon cou. Et en fait, que ce soit avec mes crushs d’avant ou avec la serveuse, je crois que je me projetais quasiment jamais sur le côté sexuel.

T’es sûr ?

Non, c’est pas tout à fait vrai. Il m’est arrivé une ou deux fois d’imaginer des trucs avec Églantine.

Ah quand même…

Ouais… Je crois que ce que je retiens de cette soirée en fait, c’était une sorte de « Permis de Séduire », qu’on s’était accordé réciproquement, et la liberté qu’on avait de succomber au charme d’une inconnue.

Ou d’un connu !

Oui, d’un connu, oui, je parle pour moi… sans vraiment mettre notre relation en péril. Ça donnait un espèce de cadre un peu sûr où je risquais ni de m’éloigner de Joséphine, ni de la voir s’éloigner de moi, mais tout en s’amusant et en se laissant un petit peu aller.

Oui !

Et les sensations apportées par ce genre d’émotions, les émotions que j’avais eues en aidant la serveuse à faire des cocktails, et en la regardant, c’était vachement agréable ! J’en redemandais en fait. Et l’autre truc aussi, c’est que je m’étais rendu compte pour de vrai, en situation, que j’étais prêt à voir Joséphine avoir le même genre d’émotions pour d’autres hommes. Et la condition c’était qu’on soit ensemble et puis qu’on se dise tout, qu’on se raconte tout.

Moi aussi, j’avais vraiment bien aimé cette complicité qu’on avait poussée encore plus loin.

Oui, parce qu’avant, c’était par procuration.

Oui, on se racontait les choses, mais là, on le vivait en même temps. On prenait chacun des nouvelles de l’autre et des tentatives de séduction sur Barnabé ou sur la serveuse. On s’encourageait l’un l’autre. Et quand Hippolyte revenait avec deux verres de Gin Tonic et un sourire un petit peu bête sur son visage, moi, je savais que quand il serait assez proche de moi, il me raconterait ce qui avait déclenché ce sourire. C’était chouette. J’aimais bien aussi faire équipe avec Hippolyte pour essayer d’intercepter Barnabé. C’était grisant parce qu’on s’autorisait le jeu de la séduction et ce jeu de la séduction, on n’y jouait plus depuis bien longtemps…. On se lançait dans une autre aventure, une aventure qu’on partageait tous les deux ensemble.

Oui, moi j’avais vraiment envie de continuer un peu sur la même lancée, de prolonger ce qu’on avait vécu ce soir-là et un petit peu avant, avec des crushs qu’on pourrait avoir, qu’on pourrait vivre ensemble et puis les partager. Bon, j’avoue aussi que je suis un mec un peu comme tout le monde. Ce matin-là, quand on en a reparlé, il y a des vieux fantasmes que j’avais plus ou moins remisés dans un placard où je nous imaginais, Joséphine et moi, avec un autre homme ou avec une autre femme.

Ah bon ?

Et tout d’un coup, ils sont sortis de leur hibernation, tel l’ours des cavernes.

Peut-être un petit peu plus doux que l’ours des cavernes, quand même ?

C’est très doux, un ours des cavernes.

Ah oui ? C’est pas grognon ?

Mmmmpfff… Pas tous ! Je t’en avais parlé d’ailleurs, je crois, un jour et la discussion avait été… comment dire ? Courte et ferme.

Non, moi, l’ours des cavernes, à ce moment-là, je n’étais pas réceptive.

Il était bien endormi…. C’était le milieu de l’hiver et il fallait pas le réveiller…. Et du coup, ces fantasmes, ils étaient vite fait bien fait retournés dormir dans leur tanière. Ils n’osaient pas trop sortir de peur de se prendre une réponse encore plus ferme : « Retourne dans ta tanière !! »

Moi j’ai pas de fantasme, enfin en tout cas pas de fantasme sans contexte. Donc imaginer un truc à trois ou quatre, ça veut dire inclure d’autres gens dans mes scénarios et j’avais jamais eu de candidat ou de candidate qui pourrait marcher pour ça.

Parce que tu faisais quand même des scénarios avec juste une personne.

Oui mais avec des vrais gens.

Donc t’as peut-être des fantasmes.

Je sais pas. En fait, moi, je n’ai pas de problème pour me faire des scénarios, genre de comment j’irais approcher Barnabé ou ce qu’on se dira. Et pour ça, je n’ai pas vraiment besoin de lui demander son consentement. Mais par contre, ça me bloque de faire des fantasmes sexuels sans que mon héros, en face, il puisse accepter ou refuser ou sans qu’il puisse y ajouter son grain de sel, prendre des initiatives. C’est quand même mieux s’il joue aussi !

Oui, mais il faut juste lui demander. « Est-ce que ça t’embête si je rêve de toi ? »

C’est vrai, on pourrait faire ça. Tu me passes son numéro ?

Pas de problème.

Mais d’ailleurs, ça s’applique à toi aussi, cette idée des fantasmes. Parce que moi, je n’ai pas de fantasme avec toi. Par contre, au beau milieu de nos ébats, là, j’aime bien dire ce qui me fait envie, là, à ce moment-là, tout de suite, et puis voir où ça nous mène ensemble.

Oui, c’est vrai, des fois, tu as des velléités de metteuse en scène.

Oui, mais ensemble, et tu peux…

Sur le coup.

Ouais, sur le coup, et il faut que tu joues aussi. Tu ne fais pas la marionnette. Donc, ces fantasmes de trucs à trois ou quatre, moi, je n’en avais pas. Il n’y avait pas d’ours dans la tanière. Et je n’étais pas tentée par les films porno à plusieurs non plus, ni par les partouzes décadentes, ni par des orgies de type Eyes Wide Shut.

Parce que moi, dans ces fantasmes endormis dans leur tanière, ça n’avait rien à voir avec des partouzes décadentes ou des orgies à la Eyes Wide Shut C’était toujours très sensuel, toujours très doux.

En fait, c’était la tanière des Bisounours.

C’est ça, c’était un gros Bisounours qui était endormi au fond de sa tanière. Et ce genre de truc un peu porno, ça ne m’a jamais vraiment fait fantasmer. Surtout dans Eyes Wide Shut, ils ont des masques, ça ne doit pas être pratique. Il y en a même qui peuvent être dangereux.

Les masques ?

Oui, avec leur gros nez. Mais bon, c’est vrai, j’avais déjà imaginé des trucs et ils se sont soudainement rappelés à mon bon souvenir. Et ça a eu un effet assez positif sur mon excitation en imaginant te voir avec un autre homme notamment, – et aussi éventuellement avec une autre femme, mais si j’ai eu des visions de serveuse et de Joséphine ensemble, je les gardais bien pour moi.

Ah ? OK…

Jusqu’au moment où on a préparé cet épisode. Et même si ces fantasmes se réveillaient de temps en temps, jusque là, c’étaient des fantasmes dans le placard « complètement impossible, qu’on fera jamais ». Et puis c’était bien comme ça, il n’y avait pas de problème. Et tout à coup, cette réflexion, ça devenait quelque chose qui pourrait arriver un jour. Ils se sont retrouvés dans le placard « un jour peut-être ? ».

Genre le printemps arrivait, ils allaient peut-être pouvoir se réveiller.

C’est ça. Ils avaient faim. Mais en tout cas, ce qui est certain, c’est qu’ils ne se sont sûrement pas retrouvés du jour au lendemain en haut de la liste des trucs dont j’avais envie là tout de suite, il fallait les faire. Si jamais ça arrivait un jour, je dirais vraiment pas non, pas de souci. Mais ce qui me faisait rêver, ce n’était pas des scénarios sexuels. C’était les émotions, les frissons, les rencontres, la possibilité d’aller un peu plus loin. Et c’est ça qui me plaisait et qui me faisait vibrer.

Attends, dans tes fantasmes, tu avais des jouets vibrants toi ?

Mais tout de suite, on parle de trucs qui vibrent, ça y est, tu repars à l’épisode 5.

Ah ben oui ! Moi ça m’intéresse les trucs qui vibrent. Bon, après cette soirée Gin Tonic, on avait donc envie de continuer à utiliser notre « Permis de Séduire » ensemble. Ceci dit, moi, il m’a fallu un petit peu de temps parce que j’étais toujours obnubilée par Barnabé. Mon radar à Barnabé, j’avais du mal à l’éteindre. Et dès que je sortais dans la rue, je regardais partout si par hasard il ne serait pas là-bas à une terrasse de café ou sur le trottoir d’en face. En fait, je n’avais pas digéré ses mots creux. Et j’aurais bien aimé le voir une autre fois et qu’on puisse se dire au revoir sur un sourire ou sur des mots moins creux… Bref, ça m’obsédait un petit peu. Peut-être aussi que je ressentais l’urgence d’une dernière opportunité parce qu’il ne nous restait plus que quelques jours dans cette ville-là, qu’on allait quitter, que Barnabé allait quitter aussi. Et puis, il n’y en a pas eu de dernière opportunité. Je n’ai pas revu Barnabé du tout, depuis la discussion dans les escaliers en sortant de la soirée Gin Tonic – si on peut appeler ça une discussion. En fait je crois que ça m’a fait du bien qu’on parte ailleurs. Dans des endroits où il n’y aurait aucune chance de croiser Barnabé. Parce que là, j’ai enfin pu me défaire de cette obsession. Là seulement, j’ai pu reconsidérer l’idée qu’on pourrait peut-être profiter encore du « Permis de Séduire » ensemble.

Oui, c’est vrai, toi, tes crushs, ils ont tendance à se calmer quand tu t’éloignes.

Ah oui, la distance, ça fait du bien, oui.

Pour moi, c’était un peu moins difficile de passer à autre chose quand même. Il y a eu quelques jours où je regardais partout, tout le temps, autour de moi, au cas où la serveuse était dans le coin. Mais bon, j’avais été un peu moins téméraire que Joséphine, qui, je le rappelle, avait quand même touché l’avant-bras de son crush.

Ah oui…

C’était le moment… le paroxysme de la soirée.

Oui, par contre, il est tombé après parce qu’il a parlé.

Et du coup, j’étais un peu moins investi émotionnellement. Et puis il n’y avait plus Carla, il n’y avait plus vraiment Églantine. Mon cœur était à prendre en quelque sorte.

Ah… Euh…

Enfin, façon de parler : mon deuxième cœur. Celui qui avait un compteur tout neuf.

Oui, OK. Ça me va.

Et en fait, ça m’avait donné envie de rencontrer des gens. Normalement je suis un garçon plutôt réservé, et rencontrer des nouvelles personnes j’y arrive à peu près, mais c’est souvent parce que j’ai pas le choix, parce qu’il faut vraiment, et je le fais pas vraiment volontiers. Et là, tout à coup, j’avais vraiment envie de rencontrer des femmes, même de trouver des prétextes pour engager une conversation avec elle, surtout si elle avait des chances de me plaire.

Oui, pas n’importe quelle femme quand même.

Oui c’est ça, mais c’était assez nouveau pour moi cette sensation. J’arrivais même parfois à avoir envie de faire du small talk, à parler de la pluie et du beau temps, voire même à faire une petite blague pour faire sourire. Moi qui n’avais jamais trouvé quelque intérêt que ce soit à des discours sans profondeur. Et aussi, j’avais envie de regarder les gens dans les yeux, regarder une femme dans les yeux surtout.

Oui, les femmes, surtout, pour toi, je pense…

Et à réussir à soutenir leur regard, ça c’était un truc que j’arrivais pas à faire. J’avais pas forcément la confiance en moi suffisante pour faire tout ça, mais j’avais la volonté et c’était sympa.

Oui, ça c’était nouveau.

D’ailleurs, quelques jours après avoir plié bagage et commencé les vacances, tu n’étais pas avec moi. J’étais parti faire une balade en montagne. Il y avait des parapentes qui partaient de la montagne en question et il y avait un couple avec une très jolie femme blonde. Elle avait un appareil photo de pro, Elle mitraillait les parapentistes qui s’élançaient. Avant qu’ils partent, elle leur donnait son numéro – parce qu’après, une fois qu’ils partent, c’est un peu plus difficile. Elle leur donnait son numéro pour qu’ils puissent se contacter sur WhatsApp et qu’elle puisse leur envoyer des belles photos en haute résolution. Moi, je lui avais juste souri. Tiens, d’ailleurs, oser sourire à des belles inconnues, c’était complètement nouveau aussi. J’osais pas, avant. Mais par contre, j’avais pas osé l’approcher pour lui demander si moi aussi, je pouvais avoir les photos.

Surtout son numéro, quoi !

Oui, c’est vrai, mais j’avais mon téléphone et ça ne prenait pas des photos terribles. Et oui, auparavant, imaginer demander son numéro comme ça à une femme, c’était hors limite pour moi. Ce n’était pas possible. Et oui, certaines vont probablement me dire que c’est parce que j’étais timide…

« Certaines », c’est moi, c’est ça ?

Oui, c’est ça.

Tu étais timide, c’est pour ça que tu n’y es pas allé.

Je suis encore timide, je pense. Il y a certainement une part de ça. Mais l’autre truc, c’est que tu n’étais pas avec moi, en fait. Tu n’étais pas au sommet de la montagne avec moi, je pouvais pas…

Non, pas ce jour-là.

Ce n’était pas du jeu, si je me mettais à dragouiller sans toi, quelqu’un qu’on ne connaissait pas.

C’est vrai que c’est plus drôle ensemble.

Et de mon point de vue, ça me faisait aussi passer pour le stéréotype du dragueur qui veut tromper sa femme quand elle n’est pas avec lui.

Alors que pas du tout.

Alors que pas du tout. Elle était d’accord.

Si on se balade avec une banderole ou un T-shirt…

C’est ça.

« Vas-y Hippolyte ! »

Ou alors quand t’es avec moi, ça me pose beaucoup moins de problèmes. Et puis en plus, il n’y avait personne pour me coacher et m’encourager. Petit rappel aux auditeurs qui n’ont pas forcément écouté l’épisode 2. J’avais très très peu d’expérience avant Joséphine. Et alors en drague, j’étais nul quoi.

Alors que moi, c’est bien connu, je suis vachement forte.

Ouais, un peu plus que moi, quand même.

Non, j’avais eu un peu plus d’expérience.

Et moi, dans ces cas-là, j’avais un peu besoin d’un coach,

Ouais, je t’aurais bien coaché.

Enfin, d’une coach. Mais toi aussi, t’avais rencontré…

Ouais, mais t’étais là, cette fois, toi.

C’est vrai.

T’étais peut-être 50 ou 100 mètres plus loin. On était allés au terrain de jeux avec les enfants et nos enfants avaient commencé à jouer avec d’autres enfants. Et il y avait leur papa avec eux. De loin, il avait l’air pas trop mal, donc je m’étais approchée de lui et j’avais commencé à papoter.

Je ne sais pas si on en avait parlé avant nous deux.

Je ne suis pas sûre.

Quand je l’ai vu, j’ai pensé à ça aussi. Je me suis dit : « Peut-être qu’il a une femme ? »

Donc je m’étais rapprochée et de près, ça allait aussi. Il n’était pas dégueulasse. Ils venaient juste d’arriver dans la région. Ils ne connaissaient personne encore, comme nous. Il n’y avait que le papa aux jeux. Il avait l’air sympa. Donc je me suis dit, « Écoute, viens prendre l’apéro avec toute la famille, on fera connaissance. » Et dans « avec toute la famille », l’idée, c’était qu’il vienne avec sa femme aussi, évidemment.

Bé oui !

Malheureusement, c’est un peu tombé à l’eau parce qu’un de leurs enfants était malade et du coup, Madame n’a pas pu venir. On a juste fait un apéro amical, c’était sympa, mais peut-être que si sa femme avait pu venir et si elle avait été bien, et ben… Je sais pas. On ne saura pas.

En y repensant, je me dis que c’est peut-être même cette rencontre-là qui nous a aussi fait envisager la possibilité qu’on pourrait aussi, tout simplement – « tout simplement » ! – rencontrer un couple.

Oui, plutôt qu’un Barnabé et une serveuse dont on ne sait pas s’ils se plaisent aussi.

Et pour le coup, c’est toi qui avais pris l’initiative d’aller à sa rencontre. Peut-être que tu avais une idée derrière la tête en allant le voir…

C’est pas impossible.

Après, on était bien d’accord qu’on voulait les inviter tous les deux. Et puis on avait une très bonne raison pour les inviter tous les deux. Comme quoi…

Si ils savaient…

Ils pourraient savoir, remarque, t’as encore son numéro ?

Euh… oui.

On pourrait leur envoyer le podcast, non ? Voilà ! « Coucou, c’est nous, vous vous souvenez de nous ? » Ça pourrait être drôle.

Je ne sais pas si je suis prête à faire ça.

Donc voilà où on en était. On avait cette liberté nouvelle, la liberté qu’on se donnait l’un à l’autre, de voir si on arrivait toujours à plaire à des gens. Un peu comme le « I’ve still got it » de Rodéric.

Oui !

Ça nous amusait pas mal. On élaborait des traquenards, prémédités ou pas,

On en a fait un seul !

C’est vrai. Et puis ça a raté en plus… … pour augmenter nos chances de faire des rencontres intéressantes éventuellement. On avait les yeux grands ouverts, pour repérer des gens attirants autour de nous.

Ah oui !

On essayait d’avoir l’air attirants aussi.

Oui !

C’était rigolo. Pas juste l’un pour l’autre.

Mais aussi l’un pour l’autre.

Quand on croisait des gens attirants dans la rue, on se faisait des clins d’œil ou des remarques. Mais bon, il faut quand même se rendre à l’évidence : si on rencontrait des candidats ‘crushables’…

On invente des mots aujourd’hui.

C’est loin d’être gagné quand même, parce que déjà, il faut arriver à les faire venir prendre l’apéro tous les deux chez nous. Et puis après, il faut encore qu’ils soient ouverts aux mêmes genres de jeux de séduction que nous. C’est quand même assez improbable !

Ouais, un petit peu.

Mais bon, dans l’état dans lequel ma serveuse m’avait laissé, ça ne calmait pas mes nouvelles velléités de rencontres, et je me demandais un petit peu comment on pouvait en provoquer un petit peu plus, et maximiser les chances de retrouver le genre d’émotions qu’on avait eues pendant notre soirée Gin Tonic. En fait, c’était un petit peu comme la drogue dont parlait Joséphine dans ses confidences.

Oui… Joséphine la junkie…

C’était quoi ? C’était l’épisode 9, c’est ça ?

Je crois, oui.

J’avais eu ma dose de dopamine. Et puis j’en aurais bien repris une petite lichette. Et avec un peu de recul – qu’on n’avait pas forcément à ce moment-là –

Ah non, qu’on n’avait pas du tout !

Dans cette soirée, je pense qu’il y a un truc vraiment important qu’on a compris, c’est que quoi qu’on fasse, on voulait être ensemble.

Oui, même si on faisait rien d’ailleurs !

Oui, même s’il ne se passait rien…

C’était bien quand même d’être ensemble.

C’était vraiment drôle. On rigolait bien. On était complices dans l’interdit. Et puis par-dessus tout, on appréciait de voir l’autre apprécier. Et c’était probablement pour ça qu’on se sentait encore plus libres de se laisser aller à apprécier les autres.

Oui, de « crusher ». Bon, sur ce, il va falloir qu’on laisse nos auditeurs ici avec toutes ces questions pleines de suspense…

… Et de philosophie.

Oui. Hippolyte aura-t-il sa petite lichette de dopamine ? Joséphine et Hippolyte vont-ils élaborer un autre traquenard un peu plus réussi ? Est-ce qu’ils pourront un jour se dire « We’ve still got it ! » ?

Ouais, enfin moi, jusque là, j’avais pas encore eu le « got it » du tout.

On vous retrouve au prochain épisode pour des bribes de réponses.

Allez, attendons les bribes.

À bientôt !

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus

010 | In Gin Tonic Veritas – la soirée qui a mis le feu aux poudres

Hippolyte & Joséphine, le 28 août 2026 Laisser un commentaire

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010 | In Gin Tonic Veritas – la soirée qui a mis le feu aux poudres
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Joséphine et Hippolyte dans une soirée arrosée avec un amant improbable et une serveuse très charmante, le qu’en-dira-t-on, de la complicité, des tentatives d’approches et une réflexion pour le moins inattendue… Une histoire originale, ou originelle ?

Références :

  • Le Gin Tonic ‘Si on osait…’ (au moins 2 verres par tournée) :
    • verser 5 cl de Dry Gin dans chaque verre
    • ajouter doucement 15 cl de Tonic éventuellement aromatisé
    • échanger un sourire complice avec la verseuse ou le verseur de Tonic
    • (on peut ajouter une rondelle de citron pour décorer mais nous on n’en avait pas et c’était bon quand même)
  • La scène du regard dans la nuque qui fait se retourner, dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, réalisé en 2001 par Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz
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00:00 Bonjour, c’est Joséphine … et Hippolyte !
00:55 Un couple sujet aux attirances extérieures…
01:52 … stimulées par un déménagement à l’étranger
03:36 Une belle soirée entre collègues, où les conjoint(e)s sont invité(e)s
04:56 Le vent de Joséphine à Barnabé, et l’amusement d’Hippolyte
07:44 Hippolyte et les fossettes de la serveuse
12:16 Pendant ce temps-là, du côté de Joséphine…
14:01 Questionnements et qu’en-dira-t-on
16:11 Le baroud d’honneur de la dernière chance
21:20 La réflexion de Joséphine
24:21 Brossage de dents

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

…et Joséphine !

Bienvenue dans cet épisode qu’on a intitulé « In Gin Tonic Veritas ». C’est parce qu’il y a eu quelques cocktails pendant une soirée qui a été conclue par une réflexion un petit peu inattendue mais révélatrice. C’est un peu un épisode que je me réjouis d’enregistrer parce que on a déjà raconté cette histoire à quelques personnes et moi j’aime bien en parler !

Ouais ! Donc, avec ce qu’on a dévoilé dans les épisodes précédents, vous savez que Hippolyte et Joséphine forment un couple relativement tranquille, stable…

De moins en moins tranquille…

Oui mais toujours stable !

Oui toujours stable…

…et qu’ils apprennent doucement à parler de sexe et à découvrir des choses nouvelles. D’ailleurs, on va même jusqu’à s’avouer nos attirances pour les beaux gars et les belles femmes qui croisent nos vies. Et à notre grand étonnement, eh bien on s’aperçoit que ça nous rapproche !

Oui, ça nous fait beaucoup parler, en tous cas, enfin ça fait trois épisodes qu’on parle de ça ! Et à ce moment-là, on a eu un peu l’occasion de valider cette théorie des attirances qui rapprochent, parce que les attirances, elles allaient être pas mal stimulées. On a dû déménager pendant quelques mois dans une autre ville à l’étranger. Il y avait un gros projet professionnel de mon côté, donc il fallait déménager toute la famille. Et quand on est arrivés… Waouh ! Le trajet entre l’aéroport et l’appart, il y avait de quoi se rincer les yeux à grande eau. Les habitants et les habitantes étaient vraiment pas mal.

C’est vrai…

Je sais pas, il devait y avoir un micro-climat génétique.

C’est une nouvelle théorie, le micro-climat génétique ?

Et en plus de ça, ils et elles s’habillaient avec relativement bon goût.

Oui !

Et puis comme il faisait chaud, les tenues étaient en général assez légères. En tous cas, on avait plein de jolies personnes bien habillées – mais pas trop – à regarder et c’était vraiment sympa. J’allais au travail en vélo et le nombre de fois où j’ai failli me prendre un lampadaire, une poubelle, un trottoir, il y avait tellement de choses à regarder, quoi ! Une jolie robe, un beau profil, une chevelure au vent ou un dos-nu. Alors le dos-nu, c’était la poubelle direct.

Pauvre poubelle !

Il ne se passait pas une semaine sans qu’on ait des histoires de regards échangés à un feu rouge, ou à la caisse du supermarché, ou des débuts de commencements de balbutiements de conversation à se raconter. C’était vraiment marrant. Ou alors des discussions… Je me souviens une fois, t’es rentrée : « Bon il faut absolument que tu te débrouilles pour emmener des enfants à l’école un matin. Il y a une maman vraiment pas mal ! »

Ah oui je me souviens, elle était vraiment jolie.

Moi aussi ! J’ai emmené des enfants à l’école plusieurs fois, après…

Bon, toutes les bonnes choses ont une fin – enfin presque toutes – et cette période qui était quand même assez intense au niveau boulot pour Hippolyte et au niveau logistique pour moi, eh bien elle s’est terminée par un gros succès et par de beaux moments. Donc on a fêté ça, il y avait une belle soirée avec tous ceux qui s’étaient impliqués de près ou de loin dans ce gros projet.

Ouais, et après tout ce travail et toute cette tension, on allait enfin un peu relâcher la pression. On serait bien restés un peu dans cette ville parce que c’était quand même sympa.

Ouais c’était bien !

Mais du côté du boulot, on était vraiment tous contents d’avoir fini et bien fini ce projet et de fêter ça ensemble. On savait que c’était prévu dans un endroit assez classe, tout le monde serait bien habillé…

Ouais !

Il y aurait des trucs sympas à manger, à boire. Et puis surtout, c’était pas une soirée juste entre collègues. Il y avait… Les conjoints et les conjointes étaient invités.

Ça, ça veut dire moi !

Bah oui, vu que t’es ma conjointe, toi. Et t’étais une conjointe assez motivée pour y aller, mais pour une raison complètement autre que bien manger et bien boire, il me semble.

En plus de bien manger et bien boire ! En fait, je comptais bien y voir un certain Barnabé. Barnabé, c’est le collègue tout à fait charmant d’Hippolyte.

Celui que je t’avais repéré.

Voilà, celui que tu avais repéré pour moi.

Juste pour toi ! Oui…

Je le voyais pas très souvent.

Enfin juste pour toi je sais pas mais pour toi !

Je ne le voyais pas très souvent, mais il me faisait un effet… pfiou ! un effet assez incroyable quand je le croisais. Et avant cette soirée, j’avais eu l’occasion de le croiser un peu plus souvent que d’habitude. Donc, mon radar à Barnabé il était bien rodé. Et ce soir-là, je comptais bien trouver une occasion pour le voir de près, voire même de lui parler, qui sait ?

Oui !

Mmmhh ! Alors d’ailleurs, la veille, on était allés tous en famille à ton travail et c’était assez relax, assez détendu. Vous aviez déjà fini le projet.

Oui, c’était déjà fini. C’était relax.

Et donc, on a des enfants qui peuvent être un petit peu sauvages des fois, donc, de temps en temps, il faut les poursuivre. Et là, je les poursuivais et je savais que je passais à côté de Barnabé parce qu’évidemment, mon radar était allumé. Mais Barnabé, il avait l’air absorbé dans une discussion de groupe, donc je ne m’attendais à rien du tout. Et à ma grande surprise, il s’était détaché du groupe et il m’avait adressé la parole alors que je courais après les loulous. Il m’avait dit « Hey ! » avec un grand sourire, comme s’il avait voulu me parler. Et j’avais été très, très surprise. J’avais même… En fait, j’ai perdu tous mes moyens et j’avais continué à poursuivre les enfants comme si je n’avais pas entendu Barnabé. En fait, je lui ai mis un gros vent, complètement involontaire, mais je lui ai mis un gros vent. Donc, à cette soirée-là, j’espérais bien pouvoir me rattraper de ce gros vent. Et Hippolyte, il savait que c’était une bonne occasion de tenter un petit rapprochement avec Barnabé – il m’avait bien chambré, d’ailleurs, hein !

Oui, c’était rigolo. Je ne sais plus si tu m’avais raconté l’histoire du vent, mais c’était rigolo quand même.

Donc, on s’est fait beaux. On a lâchement abandonné les enfants cette fois, pas besoin de les poursuivre, et on a traversé la ville à vélo.

Oui, en faisant attention au mobilier urbain pour ne pas avoir d’accident.

Les pauvres poubelles !

Ouais… Je m’amusais beaucoup ! C’était vraiment drôle de voir Joséphine à moitié excitée, à moitié stressée, se préparer pour la soirée. C’était dans un cadre où elle aurait peut-être un peu plus de temps pour enfin lui parler, avoir un peu plus d’opportunités, un peu plus d’occasions. Moi j’étais curieux de voir ce que ça allait donner. Niveau danger, je ne ressentais pas vraiment de danger : il n’y allait rien se passer de toute façon. Intérieurement, j’étais serein. Pour moi, c’était juste pour s’amuser, ressentir des frissons. De toute façon, on se disait tout.

Ah ben oui !

C’était un peu comme moi quand je parlais de Carla, la fille du train. C’était clair, il n’y avait pas de raison de craindre que… qu’on ira au-delà de limites. D’ailleurs on n’avait même pas de limites, on ne s’était vraiment pas fixé de limites.

Non, il y avait pas besoin…

On n’en avait pas vraiment parlé. C’était tacite. On était ensemble et puis c’est tout.

Ouais…

Mais toi, tu avais allumé ton radar quand même.

Ah ben forcément, en arrivant à la soirée, j’avais déjà allumé mon radar à Barnabé et on se déplaçait d’une table d’amuse-gueules à une autre table, d’un groupe d’amis à un autre groupe d’amis. Et on essayait de se rapprocher de Barnabé, mais ce n’était pas vraiment évident parce qu’il n’arrêtait pas de bouger et il était très sollicité, donc c’était difficile de le… On n’y arrivait pas. Mais bon, à un moment, il faut bien s’hydrater, surtout que courir après Barnabé, ben ça fatigue. Donc, on est allés prendre un verre.

Ah et c’est là que, pour moi, ça devient rigolo. Donc on s’est dirigés vers un bar, forcément, et il y avait une serveuse qui était occupée, a priori, à verser du tonic aromatisé dans une rangée de verres qui avaient l’air pré-remplis de Gin, enfin je crois.

C’est possible. C’est crédible.

Et donc c’était pas facile, c’étaient des toutes petites bouteilles de Tonic individuelles et ça remplissait pas très vite les verres, ça coulait pas vite. Je crois qu’elle essayait de tenir deux bouteilles ensemble dans une seule main pour remplir deux verres à la fois, mais ça marchait pas bien parce que les verres étaient trop gros.

Oui du coup les goulots n’étaient pas assez éloignés.

Oui voilà… il faudrait faire un dessin. Bon en tous cas, elle galérait. Elle avait du mal et moi j’ai proposé mon aide. Je crois que j’ai commencé à rapprocher les deux gros verres et les incliner un peu pour qu’elle puisse remplir deux verres d’un coup. Et on a commencé à discuter pour optimiser, améliorer le process, etc. Et là, waouh ! Je me rappelle surtout de ses fossettes. Elle avait des yeux… il y avait une étincelle dedans ! Je sais pas, il y avait un truc, c’était… Elle était pas juste… « Waouh, c’est une jolie fille ! »

Non non c’était plus que ça

C’était vraiment super attirant. C’était un peu… C’était un peu magique. Moi, ça m’a fait penser bêtement… « Waouh ! » Et puis : « Ben tiens, nous aussi on va prendre du Gin Tonic, là ! Ce que tu prépares, ça a l’air sympa ! » Histoire de prolonger un peu la séance d’assistance à serveuse en détresse, – à jolie serveuse en détresse.

Et puis elle n’était pas trop en détresse mais il n’y avait pas de problème pour l’aider. En tous cas elle était… Oui, j’étais là aussi ! Effectivement, elle avait une sorte d’aura. Elle était très, très belle, mais ce n’était pas une beauté de magazine. Je ne sais pas, elle rayonnait. Elle avait sûrement un très joli visage et un joli corps. Mais je me souviens surtout de la façon dont elle bougeait quand elle allait chercher un verre ou une bouteille.

Ah oui…

Elle avait plein d’énergie, elle dansait presque, en fait. C’était… C’était joli, c’était gracieux. Et puis elle avait aussi une façon de plaisanter en souriant et les yeux enjoués. Elle donnait vraiment l’impression de s’amuser en fait, d’être à l’aise. Elle était peut-être un petit peu en mode séduction, je me suis demandée. Peut-être séduction amicale, juste…

Ouais, je sais pas. Je pense pas qu’elle était en mode séduction, c’était peut-être son état normal. Elle travaillait après tout. Et puis elle était comme ça… Enfin, j’ai l’impression qu’elle était comme ça avec tout le monde.

Oui, moi aussi !

Et puis de toute façon, moi j’étais pas jaloux. J’avais aucun problème pour l’aider à faire les cocktails des autres aussi !

Oui, mais en tous cas, moi, je la trouvais vraiment charmante. Et j’avais bien vu que Hippolyte, il était sous le charme.

Ah oui !

Complètement. Et c’était vraiment agréable, en fait, pour moi, de comprendre l’attirance qu’il ressentait. Je validais complètement. Et ça nous rendait complices. D’ailleurs, j’en avais même parlé avec un copain qui m’avait fait une petite remarque sur le fait que Hippolyte il passait pas mal de temps au bar avec la jolie serveuse, toujours le même bar et toujours la même serveuse. Et je lui avais dit : « Oui, non, mais t’inquiète pas, j’ai vu, j’approuve, et Hippolyte, il le sait ! »

Ouais… moi je ne m’attendais vraiment pas du tout à avoir un crush ce soir-là.

Eh ben voilà ! Tu t’assurais assez régulièrement de nos niveaux d’hydratation : tu commandais pas mal d’autres Gin Tonics.

Oui, et j’essayais d’aider encore, même si ça devenait de plus en plus difficile.

Et en général, moi, personnellement, je n’ai pas besoin de beaucoup d’alcool pour me laisser aller. Et là, j’avais clairement eu assez de verres pour me sentir bien à l’aise. Et c’est marrant d’ailleurs, parce que d’habitude, je passe assez vite aux boissons sans alcool pour éviter d’avoir mal au ventre ou mal à la tête, aussi pour éviter de perdre le contrôle. Mais ce soir-là, je n’avais ni mal au ventre, ni mal à la tête, ni même l’impression de perdre le contrôle.

En même temps, moi, je ne vérifiais pas du tout le niveau de Gin, la proportion du Gin et de Tonic dans les verres : j’étais concentré sur autre chose. Donc si ça se trouve…

Sur quoi ???

…je me faisais bien arnaquer sur la quantité d’alcool dans les verres. Donc du coup, peut-être qu’on n’a bu que du Tonic. Et on en a bu un paquet. On a été servis un paquet de fois. Et à chaque fois, c’était une bonne occasion de voir ma serveuse préférée. Et si elle était occupée, c’était pas grave : je pouvais admirer sa danse derrière le bar, ses mouvements, son dos, ses hanches quand elle faisait un pas de côté. C’était sympa.

Oui, c’était très sympa.

Et à la fin, c’était assez bien rodé : Moi, je voulais toujours au moins deux verres, donc je tenais les verres en les rapprochant, elle s’occupait de verser les bouteilles de tonic dedans. Et puis…

De toute façon, il n’y avait que du tonic à la fin dans les verres.

C’est possible. Et on se faisait un grand sourire en se disant « merci » l’un à l’autre. Et puis je revenais dix minutes plus tard et puis rebelote !

Ah oui, il fallait se réhydrater.

Mmmmhh !

Et moi, de mon côté, je n’allais pas forcément toujours chercher les verres avec Hippolyte. Il se débrouillait bien pour l’assistance à serveuse en détresse. Moi, je me positionnais de façon à essayer de regarder Barnabé, de le voir et lui jeter une œillade. Malheureusement, bien souvent, je voyais juste sa nuque, mais je m’appliquais à regarder sa nuque très intensément pour qu’il le sente et pour qu’il se retourne.

Parce que c’est bien connu quoi, enfin : quand tu veux que quelqu’un te regarde, tu regardes sa nuque fixement et puis il se retourne.

Bah oui. Non mais ça marche, hein !

Ah bon ? OK…

Je t’assure. T’as qu’à regarder Amélie Poulain, elle fait ça dans le café.

Ah oui, c’est vrai.

Oui, et ça marche ! Bon bref, moi, j’étais toute prête parce qu’il allait se retourner, je le savais. Et j’étais prête à lui sourire. Et non seulement… Enfin je ne voulais pas que ça s’arrête à un petit sourire sur lequel il pourrait avoir des doutes : il fallait que ce soit un sourire dirigé vers lui, long, que ce soit clair, quoi, que ce soit pour lui, que ce soit une invitation à me sourire en réponse, à se poser des questions, à s’extirper de son groupe et venir causer avec moi. Je voulais vraiment me rattraper du vent que je lui avais mis la veille. Mais malheureusement, le coup du regard dans la nuque avec lui, eh ben ça marchait pas.

Ouais…

Il ne se retournait pas.

Il devait avoir la nuque insensible à mon avis. Ou il n’a jamais vu Amélie Poulain.

Peut-être. En tous cas, c’est bien dommage. Mais c’était rigolo parce que je retrouvais un peu ce jeu auquel j’avais joué quand j’étais bien plus jeune, quand je savais choper en soirée. Et le jeu d’être à l’affût, de chercher des opportunités, sentir l’anticipation des regards – même s’ils n’ont pas eu lieu – ou des sourires, être prête à des sourires, à des contacts, ressentir le risque. D’ailleurs, à propos de risque, il y avait certes le risque que Barnabé souffre d’une insensibilité de la nuque et qu’il ne réagisse pas à mes avances télépathiques, ce qui est bien dommage. Mais il y avait aussi le risque du qu’en-dira-t-on, parce qu’il y avait quand même plein de gens autour de nous.

Y avait tous mes collègues.

Oui ! Et tous ces gens, ils savaient très bien qu’Hippolyte et moi, on était ensemble. Et qu’est-ce qu’ils allaient penser s’ils me voyaient me rapprocher de Barnabé ? Et qu’est-ce qu’ils penseraient d’Hippolyte, aussi ? Parce qu’il était hors de question qu’ils aient pitié d’Hippolyte ou qu’ils se disent que sa femme allait voir ailleurs. Et Barnabé, lui, qu’est-ce qu’il dirait ? Qu’est-ce que je lui dirais, moi, s’il me posait des questions ?

Oui… moi j’en étais pas du tout à me poser ce genre de questions. J’étais vraiment à profiter du moment. Je savais que Joséphine regardait Barnabé, moi je savais que j’allais remplir mes verres très régulièrement et ça prenait du temps.

Il y a des gens qui t’ont vu quand même, parce que moi j’ai eu des remarques !

C’est vrai ! Mais moi de toute façon je ne m’en voyais pas tenter quoi que ce soit de plus, hein ! Pour des tas de raisons. L’une d’elles, c’était que les autres auraient pu croire que je faisais ça dans le dos de Joséphine et que ce n’était pas socialement acceptable. Joséphine, elle ne pouvait pas vraiment dire « Y a pas de soucis, j’approuve ! » à tout le monde

Ouais, en fait, j’aurais dû me promener avec une banderole pour que ce soit clair pour tout le monde.

Ouais, ou un T-shirt.

Un T-shirt, ouais. Vas-y, Hippolyte, j’approuve !

Mais c’était vraiment pas la raison principale. C’était un peu comme avec mes autres crushs. Moi, je craignais toujours qu’un pas dans la direction de la serveuse, ça m’engage sur une pente qui m’éloignerait de Joséphine et c’était pas du tout ce que je voulais. Et puis aussi, on quittait la ville quelques jours plus tard, et émotionnellement parlant, c’était probablement plus sûr d’en rester à des « peut-être », ou des « si »… et pas risquer… pas risquer un râteau quoi ! J’avoue quand même que j’ai eu un petit picotement de jalousie quand j’ai vu que vers la fin de la soirée, un autre de mes collègues, plus jeune, plus grand, plus beau, célibataire, était accoudé au bar avec elle en train de tapoter son numéro sur son téléphone. Mais pas vraiment de… Ouais, moi je me posais pas trop de questions en fait.

Toi t’allais pas t’accouder au bar pour récupérer son numéro ?

Ouais.

Bon à la fin de la soirée on a tous été priés de quitter les lieux.

Parce qu’il n’y avait plus de Tonic… Le Gin, c’est sûr qu’il n’y en avait plus depuis un moment, mais…

Et là, ben c’était la fin. J’ai enfin eu une opportunité. Et je l’ai un petit peu forcée, hein, l’opportunité parce qu’on partait tous et j’avais mon radar à Barnabé et je retenais Hippolyte par la main quand il avançait un petit peu trop vite par rapport à Barnabé.

En même temps, c’était un peu la dernière chance, donc il fallait vraiment pas rater.

Ah oui ! Non !

Quand je m’en suis rendu compte, je me suis remis en mode « escadrille de chasse » pour aider Joséphine à le retrouver, « équipier d’escadrille de chasse ». Je crois qu’on l’a perdu à un moment, on a fait demi-tour pour le relocaliser.

Ah bah oui, non, il fallait pas rater l’opportunité.

On a recalculé la trajectoire d’interception et puis on a réussi. Et au moment… juste avant, je t’ai laissé partir devant pour que tu puisses le rejoindre.

Oui ! Donc, dans les escaliers vers la sortie, c’était vraiment le dernier moment, on a réussi l’interception. J’étais parfaitement positionnée juste à côté de Barnabé. Hippolyte était pas loin derrière. D’ailleurs, pour moi, c’était important que Hippolyte ne soit pas loin et qu’il soit avec moi. Il s’est juste échappé un petit peu derrière pour que Barnabé ne se sente pas trop, trop mal à l’aise pendant que je lui causais.

Je voulais aussi voir comment ça se passait !

Donc, ma main gauche s’est retrouvée sur le bras de Barnabé, et je lui ai demandé ce qu’il comptait faire après ce gros projet. Et là, là, tout s’est écroulé. Il s’est vengé du vent que je lui avais mis la veille. Il m’a répondu, mais il m’a répondu du vent. Des mots complètement insignifiants, des mots qui passeraient peut-être pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, et encore. Mais il parlait pour rien dire. C’était complètement creux, c’était vide.

Oui, et puis alors Joséphine, c’est pas Madame Tout-le-Monde.

Ah non, je suis pas Madame Tout-le-Monde. Par contre, j’étais sans voix, moi. Là, je… Enfin, il pouvait pas me faire ça ! Non, mais tu te rends compte, il brisait toutes mes tentatives d’approche avec des réponses complètement plates, sans couleur. Il… Il évitait la conversation. Il tuait dans l’œuf tous mes espoirs d’un micro-rapprochement ! C’est, c’est… C’était pas possible !

Tu fais bien la courroucée, hein !

Je suis courroucée !

Bon, t’étais courroucée.

Ouais, je le suis encore un petit peu hein…

D’ailleurs, au passage, s’il y a des gens qui veulent faire un film, une série ou, bah, pour le coup, une tragédie grecque sur nos histoires, on peut discuter pour vendre les droits. Il n’y a pas de problème. Il y a un formulaire de contact sur notre site. Allez-y !

Ouais, attends, en plus, j’ai un flash-back pour faire un film.

Et ceci dit, je me dis que peut-être que Barnabé il avait vu que j’étais pas loin en fait à ce moment là et qu’il s’est dit qu’il pouvait pas vraiment y aller franco vu que vu que j’étais là et que j’avais pas non plus de banderole « Vas-y, vas-y, j’approuve », quoi !

Ouais, on aurait vraiment dû faire les banderoles. La prochaine fois qu’on va en soirée avec des potentiels crushs, on y va avec des banderoles.

Ouais, on va faire une soirée banderoles !

Bon, je reviens à mon flash-back.

Ouais, vas-y, envoie le flash-back, ça tourne.

Alors, plusieurs années auparavant, on était encore à une soirée au travail d’Hippolyte et je papotais avec un autre collègue d’Hippolyte. D’ailleurs, tu étais un petit peu plus loin.

On n’avait pas de banderole.

Non. Barnabé s’était approché du collègue et de moi-même et le collègue m’avait présentée comme la compagne d’Hippolyte. Et Barnabé avait répondu : « Oui oui, t’inquiète pas, je sais, on s’est déjà vus ! » Il m’avait reconnue ! Wouhou ! Et ça avait alimenté mes films pendant des mois. Moi, j’avais annoncé à Hippolyte : « La prochaine fois, tu verras, il se souviendra de mon prénom. »

Ça m’avait vraiment bien fait rigoler quand tu m’avais dit ça, ça m’avait fait plusieurs mois. Ceci, je crois qu’il s’en était souvenu ! Il ne t’avait pas lancé un « Hi Joséphine ! » quand t’étais passée au travail un jour ?

Non… Tu crois ? Je ne sais pas. Je me souviens pas.

Si tu t’en es pas rendue compte, tu lui as encore mis un gros vent, si ça se trouve. Tu m’étonnes que maintenant, quand tu lui parles, il te répond des platitudes.

Enfin, je ne lui ai parlé qu’une fois, hein ! Tu ne peux pas faire des généralités avec…

C’est vrai.

Mais certes, il m’a répondu des platitudes. Et moi, je ne pouvais pas construire de films là-dessus. D’ailleurs, c’était très très moche de sa part. Que mon amant improbable détruise comme ça brutalement toutes les opportunités que j’avais de construire des scénarios alambiqués… C’était moche.

C’était moche. Ceci dit, tes scénarios alambiqués, ils ne sont pas complètement détruits, je crois. Ils reviennent assez vite. Quand tu le vois en photo, ou…

Mais je l’ai pas revu. Si, je l’ai vu en photo. Et… Ouais, mais en photo… Oui, OK. Certes. Il y a l’appréciation de son physique qui revient. OK. D’accord. J’aimerais bien qu’il me regarde avec ses yeux et son sourire juste pour moi. Et qu’il s’approche. Et que le monde autour se dilue dans un brouillard un peu vague où il n’y aurait plus que nous – avec toi, Hippolyte : toi, tu n’as pas besoin de devenir vague. Et toucher ses avant-bras… Non mais attends, on fait pas un podcast sur mes films avec Barnabé, là.

Non, non, vas-y, continue, ça tourne. Ça peut être assez sympa. Madame J’ai-pas-de-fantasmes !

Non, non, non, j’arrête !

Pour la prochaine fois ?

Peut-être.

Ouais, bon, ben moi, de mon côté, j’avais pris beaucoup moins de risques. Je m’étais moins… comment dire… mouillé ! Si je puis dire !

Ouais !

J’avais juste les effets positifs de mes interactions avec la serveuse. Enfin, j’avais pas mal envie de la recroiser plus tard.

Mmmh, je comprends !

Je savais qu’il y avait très peu de chances que ça arrive, donc je ne me faisais pas trop d’illusions. Et en plus, même si ça arrivait, je savais qu’il ne se passerait rien du tout. Je serais juste content de revoir ses yeux ou ses fossettes.

Donc la soirée a continué plus loin, dans une boîte de nuit. On a essayé de suivre, mais les boîtes de nuit, ce n’est vraiment pas notre truc.

Mmmh, non !

On a pris une coupe de champagne, on n’a pas trouvé Barnabé dans la boîte de nuit, donc on s’est retrouvés à la plage à regarder les vagues.

Il n’était pas sur la plage non plus, Barnabé…

Bah non ! Sinon on n’aurait pas regardé les vagues ! Et on a fini par rentrer sur nos vélos, on a traversé la ville dans l’autre sens pour rentrer chez nous, juste tous les deux, sans la serveuse et sans Barnabé.

Oui. On était un peu déçus,

Ah oui !

C’est un peu triste comme fin, on va avoir des auditeurs qui vont pleurer.

Sortez les mouchoirs !

Mais c’est pas fini, c’est pas fini.

Non, c’est pas fini !

Parce qu’on était quand même contents d’être tous les deux. Et puis d’avoir passé cette soirée à regarder ailleurs, tous les deux ensemble…

Oui !

…et échangé un bon moment de complicité. C’était quand même assez sympa. Physiquement, il s’était à peu près rien passé, faut être complètement honnête. Mais dans nos petites têtes, il s’était passé plein de trucs.

Ah ouais !

Et quand on y repense, ça nous fait toujours bien rigoler, ça nous fait toujours sourire. Surtout que, j’avais dit « c’est pas fini » : la conclusion, c’est qu’une fois rentrés – je me rappelle plus quand exactement, c’était en rangeant nos vélos au sous-sol, ou en se brossant les dents, ou, enfin, un truc pas très romantique, mais – tu m’as fait une réflexion qui… ben qui allait mettre le feux aux poudres.

Je crois que c’était pendant qu’on se brossait les dents. Moi, je me repassais l’absence d’événements de la soirée, en fait, dans ma tête. Et du coup, j’ai dit à Hippolyte : « Mais en fait, je sais ce qu’on aurait dû faire ! On aurait dû leur proposer un truc à quatre. » Et voilà, moi, avec un peu d’alcool et surtout du Tonic, eh bien je trouvais enfin une solution à tous mes dilemmes du qu’en-dira-t-on ! Parce qu’un plan à quatre, ça ne fait pas jaser sur les infidélités dans notre couple: on serait ensemble quand même. Alors que, pour être honnête, moi j’avais jamais imaginé ce genre de choses. J’avais même jamais fantasmé d’avoir ne serait-ce qu’une autre personne dans notre lit.

Non mais alors, tu dis « Niveau qu’en-dira-t-on, ça va régler tout. »

Bah oui !

Tu parles, ouais ! T’imagines au boulot le lendemain ?

Ils seraient jaloux.

« Bon alors, vous avez fait quoi ? C’était bien la boîte, tout ça ? » « Ah non non, nous on n’est pas allé en boîte, on s’est fait une partouze avec Joséphine et la serveuse ! » « Ah OK, c’était sympa ? »

Ah bah oui, je pense que ça aurait pu être sympa !

Non mais, je pense qu’il y aurait aucun problème. Et moi ce soir-là, j’ai pas vraiment tilté en fait. C’était pas bête comme remarque, hein !

Bah oui !

Ça pouvait même solutionner quelques questions qu’on se posait et qu’on s’était posées jusque là. Mais moi je crois que j’étais pas du tout en mode plan à plusieurs. J’étais… Moi j’étais sur mon petit nuage imaginaire avec ma serveuse, « ma » serveuse… la serveuse ! Et Joséphine était sur le sien pas loin avec Barnabé.

Ouais enfin, notre nuage à nous il était pas très stable, hein ! parce que Barnabé avait fait des gros trous dedans.

Ouais, oui…

C’était moche !

C’est vrai. Remarque c’est peut-être pour ça que tu gambergeais, hein, sur ton vélo…

Bah oui !

…en rentrant ! T’essayais de trouver des solutions un petit peu… un petit peu originales !

Bah il faut ! J’allais pas rester là-dessus, non plus !

Bon par contre, moi, le lendemain, vu que je ne me rappelais pas vraiment tout ce qu’il s’était passé…

Attends, attends… Le lendemain, on racontera peut-être ça la prochaine fois ?

Euh… oui, oui, c’est une bonne idée ça. En plus, ça nous donnera un peu de temps pour cuver le Gin Tonic !

Allez, à la prochaine !

Oui, à bientôt ! On va se brosser les dents.

Balisé avec :À deux... voire plus

009 | Des attractions à effets multiples – comment nos tentations extra-conjugales nous ont rapprochés

Hippolyte & Joséphine, le 21 août 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
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009 | Des attractions à effets multiples – comment nos tentations extra-conjugales nous ont rapprochés
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Hippolyte était attiré par d’autres femmes. Joséphine trouvait d’autres hommes très appétissants. Et Hippolyte et Joséphine en parlaient enfin ! Ou comment se débarrasser de la culpabilité et développer encore plus de complicité en invitant ces tentations – et de nouvelles questions – dans nos discussions…

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00:00 Si on osait, avec Joséphine et Hippolyte
01:05 Les effets des tentations inavouables
01:35 Des tentations un peu coupables pour Joséphine…
04:31 … mais beaucoup plus douces et sereines pour Hippolyte
07:50 Crushs, énergie de nouvelle relation et mise en perspective
09:52 Une nouvelle façon d’être complices
13:50 Le polyamour de nos copains Séraphine et Théophile
15:05 Et nous alors dans tout ça ?

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

… et Joséphine !

Bienvenue dans cet épisode où, après vous avoir raconté les films que Hippolyte se faisait avec Carla et avec Églantine, et ceux que moi, je me faisais avec Joachim, Rodéric ou bien Barnabé, eh bien on va vous parler de toutes les questions que ça nous a posé et des effets que toutes ces tentations extra-conjugales ont eu sur notre relation à nous deux.

Oui… On aurait pu s’imaginer qu’elles allaient nous éloigner, nous faire réaliser qu’en fait, après tout ce temps ensemble, on serait plus attirés par des nouvelles aventures que par la nôtre. Mais comme vous avez peut-être pu vous en rendre compte, non seulement on est toujours ensemble…

Eh oui !

… mais en plus, ben on fait un podcast ! Non… Mais en plus, et ça c’était plutôt inattendu, partager toutes ces histoires nous a surtout rendus plus complices. Ça nous a fait rire, ça nous a libérés de nos non-dits, de nos culpabilités.

Oui, même si c’était pas forcément évident de se mettre à en parler, parce que justement, ces tentations étaient encore coupables. Coupables parce que, même si aucun de nous n’a commis d’adultère — oulala le gros mot — on s’est chacun projetés dans des relations avec un ou une autre en secret. Et ça, c’était pas du tout compatible avec notre idée du couple qui va bien, un couple où la confiance règne, où on se fait pas de secrets de ce genre-là.

Oui, alors moi je ne me reconnais pas complètement dans les projections en secret, hein ! Mais vas-y raconte, enfin moi je raconterai mon point de vue après.

Alors pour moi, ces crushs, ça m’apportait des sensations vraiment intenses, qui allaient bien au-delà de ce que la vie normale peut apporter. Et je m’y plongeais comme on sombre dans la drogue. Comme avec une drogue, je passais par des sensations qui étaient ultra intenses et je me sentais vivre à 200%. C’était pas seulement positif, d’ailleurs, quand je me sentais vivre à 200%, mais je cédais à ces sensations.

Juste pour info, Joséphine ne s’est jamais droguée, donc c’est pas forcément…

Oui, donc je me fais des idées sur la drogue. Vous pouvez me corriger, si vous savez. Et je luttais aussi avec le bon sens, avec mes valeurs et avec mon respect et mes sentiments pour Hippolyte. D’ailleurs, j’imagine — encore une fois, j’imagine seulement mais j’imagine — que c’est le cas pour tous les drogués. C’est quand l’envie de ressentir toute cette intensité, cette façon de vivre à 200%, empêche de respecter nos valeurs, qu’on commence vraiment à avoir des problèmes. C’était bizarre d’ailleurs parce que j’imaginais qu’avoir un crush, ça m’éloignerait d’Hippolyte. Ça serait tout simple en fait : je choisirais, ce serait soit Hippolyte, soit le crush, et en fait pas du tout. Je découvrais que la relation avec Hippolyte, elle était toujours aussi importante pour moi, voire plus. Et que mon petit cœur, il pouvait se projeter simultanément avec Hippolyte et avec un crush. Et pourtant, je savais bien que si Hippolyte se rendait compte de mes crushs, ça lui ferait du mal. Beaucoup de mal. Et ça, c’était hors de question. Il est beaucoup trop bien pour que je le fasse souffrir.

Mais comment tu savais que ça me ferait du mal ? Tu ne m’as même pas demandé.

C’est vrai.

Tu projetais tes peurs sur moi ? Ou… enfin.. Tu me diras, forcément, on parlait pas vraiment à ce moment-là, mais…

Ouais, ça aide pas ! Pour moi, tout ça, c’était incompatible avec mon respect et mes sentiments pour toi. Et j’avais beau me rendre compte que ça réduisait pas mes sentiments pour toi, je ne voyais pas pourquoi toi, tu me croirais. Donc, je cachais ma drogue et puis je me sentais coupable. J’étais encore plus coupable parce que ma solution à ce problème de drogue, ce n’était pas de me sevrer, mais c’était de cacher mon addiction.

Tu dis ça comme si tu étais une vraie junkie, dis donc !

Mais carrément.

Moi je n’avais jamais réalisé que c’était aussi impulsif, aussi violent pour toi ! Enfin aussi… comment dire … aussi intense.

Oui, c’était fort !

Moi de mon côté j’avais l’impression que mes crushs c’était beaucoup plus doux, c’était plus régulier, c’était plus serein. C’était fort, hein ! Mais c’était apaisant. C’était pas fatigant émotionnellement.

Ah oui… C’était pas pareil. Moi c’était intense mais pas tout le temps.

Moi je crois que — pour revenir sur la culpabilité — je crois qu’à aucun moment j’ai vraiment ressenti ça. J’ai jamais ressenti de choses très négatives en rapport à ces crushs. J’avais pas besoin de me battre. J’étais pas tiraillé entre une force positive, une force négative et une grosse baston entre un petit ange et un petit diablotin. Il y avait… Il y avait deux forces positives en fait, elles étaient incompatibles. Et je savais qu’il y en avait une de laquelle je voulais pas m’éloigner. Et pour moi c’était surtout le fait de ressentir quelque chose pour quelqu’un d’autre. Ben ça m’éloignait de toi. C’était peut-être « pas bien » moralement, enfin on va dire vu de l’extérieur, mais… mais moi intérieurement, je savais que je voulais pas m’éloigner de toi et mon souci c’était d’abord que tu t’imagines pas que je veuille m’éloigner de toi, en fait…

Mmmh

Et ça l’emportait à tous les coups, il n’y avait pas photo, il n’y avait pas besoin de réfléchir, c’était une victoire écrasante de Joséphine sur toutes les autres. Il n’y avait pas de match, c’était plié avant même d’avoir commencé. Comme je disais dans mon épisode 7, avant qu’on parle des crushs et qu’on se mette à les accepter, si je sentais que je commençais à avoir un crush, je le refusais net, notamment en essayant d’éviter à tout prix de revoir l’objet de mon crush. Ce qui fait que je n’avais pas vraiment le temps ni l’occasion de culpabiliser.

Même avec Églantine ? Parce que tu travaillais quand même avec elle, tu la voyais tous les jours, tu ne pouvais pas fuir.

Alors justement, non. C’est pour ça que je t’en ai parlé très vite, d’Églantine. Je ne pouvais pas le refuser, ce crush ! Enfin… comme j’avais fait avant. Elle avait son bureau juste à côté du mien, on se voyait tous les jours à ce moment-là. Je ne pouvais pas éviter de la côtoyer. Je n’avais pas trop envie de démissionner. Il fallait… il fallait changer ou adapter la stratégie. En plus de t’en parler, je me suis mis des limites vraiment très vite avec elle. Il n’était pas question de laisser une chance à quelque ambiguïté de ce soit de grandir, par respect pour elle, principalement. Il n’était pas question d’accepter qu’elle me ramène à mon hôtel un soir, même si elle n’avait probablement aucune arrière-pensée ce jour-là.

Parce qu’elle t’a quand même proposé de te ramener à ton hôtel.

Oui, et j’ai dit non. Et du coup, ça m’a permis de continuer à trouver très agréable qu’elle essaie de me parler français, parfois, avec son « charming accent ».

Oh yeah !

Mais… mais j’ai jamais culpabilisé, vu que je te racontais tout. En fait, je pense qu’un des risques que j’avais pressentis et que je voulais éviter en abordant le sujet des tentations, c’était que l’un de nous arrive à un point, qui était pas forcément de non-retour, mais de retour beaucoup plus difficile, d’un moment où on pouvait plus vraiment en parler parce que des limites avaient été dépassées, Parce qu’en taisant les petites choses qui démarrent un crush, si ces petites choses évoluent et deviennent de moins en moins insignifiantes, ça devient très difficile, voire impossible de les raconter à l’autre. Et c’est peut-être ce qui t’est arrivé avec tes crushs à toi, tu t’es retrouvée un petit peu coincée…

Ouais, oui ! Carrément !

En partageant rien, on risque de les laisser grandir démesurément, les laisser se nourrir des innombrables petites frustrations générées par une… une vie de couple ordinaire avec des soucis et des enfants parfois bien accaparants, en comparaison de l’adrénaline ou de la dopamine qu’on a avec le crush en cours.

Oui, en fait, c’est vrai que les crushs, les tentations, ça nous apportait un petit peu de ce qu’on appelle l’énergie de la nouvelle relation. C’est l’euphorie et l’excitation et toutes les hormones qu’on ressent au tout début d’une relation amoureuse, une nouvelle relation amoureuse. Et forcément, tout ça, ça biaise le ressenti.

Moi ça va, je l’ai tout le temps avec toi !

Oooh !! 😘

Et même si ces crushs c’était pas une nouvelle relation, vu qu’ils étaient pas réciproques, eh bien c’est difficile quand on ressent l’énergie du nouveau crush de pas comparer avec la relation qui est stable et de long terme et qui apporte un flux beaucoup plus serein de bonheur, mais aussi plus de frustrations de la vie de tous les jours. Et pour moi, cette énergie de nouvelle relation ou l’énergie du nouveau crush, c’est ce que j’appelais l’effet « drogue » qui faisait que j’avais du mal à arrêter mes crushs et je me réfugiais derrière le prétexte que, de toute façon, le héros de mon crush il serait…

Ah, c’est plus des victimes.

Non, non, pas toujours des victimes, non ! Bref, le héros de mon crush serait absolument pas réceptif, donc il n’y avait pas de danger à me faire des films. Alors que quand on partage nos tentations, ben c’est beaucoup plus facile d’en rire. C’est beaucoup plus facile de ne pas se laisser partir dans des films complètement déraisonnables. Et la complicité qu’on développe à nous deux en parlant, eh bien ça aide beaucoup à relativiser les frustrations de la vie de couple ordinaire !

Ouais, peut-être qu’il y a un peu de ça aussi, de mon côté. Parler de mes crushs, ça m’a aidé à les mettre en perspective par rapport à… à ce que je vivais, à ce que j’avais vécu avec toi. Et c’était aussi… c’était aussi libérateur en fait, parce que tu pouvais plus soupçonner quoi que ce soit vu que tu savais tout. Quand on se dit tout, on s’imagine plus que l’autre mijote ou ressent ou s’imagine. On sait exactement ce qu’il en est. Un peu comme quand je refusais de savoir quoi que ce soit sur ta « période de rattrapage » — c’est à l’épisode 2 qu’on en parle je crois — et que je m’imaginais des trucs complètement fous alors qu’en fait c’était pas si pire que ça.

Et en partageant tous les deux nos appréciations en dehors de notre couple, eh bien on approfondissait notre relation, nous deux, avec une connivence nouvelle. Et on ajoutait des nouvelles façons d’être complices, un petit peu comme quand j’étais étudiante, complice avec mes potes masculins. Et cette connivence, elle est d’abord apparue quand on était tous les deux dans des lieux publics, quand on croisait des inconnus. C’était nouveau pour nous d’apprécier ensemble des jolis traits, une tenue élégante. Un peu comme partager nos sensations face à une œuvre d’art, avec distance et avec respect pour la personne évidemment, mais clairement avec un sourire et de la bonne humeur aussi.

C’était dans l’autre sens aussi : pour moi c’est devenu tout à coup agréable de me rendre compte que des hommes te regardaient et de le partager avec toi. Donc au lieu de ressentir de la jalousie ou… « Dis donc toi tu regardes pas Joséphine comme ça ! » Et ben c’était… je transformais ça en quelque chose de positif. Bon il fallait quand même que le gars soit bien, que ce soit pas un gros dégueulasse. Et qu’on sente de l’appréciation dans le regard. Et en fait quand ça arrivait je ressentais de la fierté. Je me souviens d’une fois où t’es passée devant un bar et j’ai grillé un mec en train de te suivre du regard. Waouh ! J’étais super content de partager cette satisfaction avec toi, et si ça pouvait te booster ton égo, c’était trop bien !

Je crois que je n’ai pas vu celui-là en plus… Donc oui !

Non je pense pas que tu l’aies vu, mais moi je l’ai vu. Je ne sais pas s’il m’a vu moi, que je l’avais grillé, mais c’était rigolo !

Oui, et de mon côté, moi ça m’attendrissait de voir Hippolyte quand il fondait pour une jolie fille. J’aimais bien le sentir honnête avec moi à ce point ! Il avait pas de problème pour apprécier une autre fille quand j’étais là. Je pouvais même lui conseiller de regarder à 11h discrètement parce que là-bas il y avait une femme qui était vraiment jolie.

Oui d’ailleurs, ça fonctionnait dans les deux sens, hein ! Bien souvent, je recommandais un gars ou un autre à Joséphine.

Ouais, mais pas toujours avec succès parce que je suis vraiment très très difficile. Mais c’était quand même vraiment agréable que Hippolyte se soucie de mon plaisir visuel.

Ouais, j’avais un bon pourcentage quand même. Il y a même des fois où j’ai fait mouche, avec Barnabé par exemple. C’était rigolo.

Par exemple !

C’était rigolo aussi de partager cet interdit entre nous. Et c’était… c’était un jeu, enfin… Il y avait toujours aucun risque que quoi que ce soit se concrétise. On n’avait pas l’intention de faire plus qu’admirer des étrangers en passant et d’en parler, éventuellement de se faire des films et de se les raconter. Si, on se charriait un peu, des fois, on se chambrait sur nos crushs. Moi, je te chambrais sur un truc que Barnabé avait fait dans la journée…

Ouais, j’y étais pour rien hein, mais…

et toi, tu me taquinais sur le fait que tu trouvais que Carla — la fille du train — elle était pas si bien que ça.

C’est vrai. En plus, elle était beaucoup trop jeune.

Non, elle n’était pas trop jeune, attends…

Si !

Elle avait le permis !

De toute façon, elle n’a plus le bagnole maintenant…

Ah oui, c’est vrai, tu lui as cramée ! Bref, elle était assez vieille pour avoir le permis ! Il y avait un truc pas mal aussi avec les crushs, c’est que… ben on pouvait en avoir plusieurs en même temps !! Elles pouvaient pas être jalouses l’une de l’autre.

Ben non, elle savaient pas !

Je pouvais me faire des films avec Carla dans le train, et puis Églantine à midi, et tout raconter à Joséphine le soir, c’était cool !

Ouais ! Quelle activité !!

Et d’ailleurs, le soir, on sait pas s’il y avait corrélation ou causalité, mais en tous cas, parler de nos tentations, apprécier de jolies personnes, on a l’impression que ça a déclenché un regain de libido des deux côtés et ça a probablement été à l’origine d’un enthousiasme supplémentaire dans les découvertes et expérimentations qu’on a évoquées dans les épisodes précédents. Peut-être que de parler, d’imaginer des relations avec d’autres, ça nous excitait inconsciemment.

Ou consciemment, hein !

Ouais… On avait débarrassé la culpabilité généralement associée à l’envie de relations extra-conjugales, et on n’avait que les effets positifs peut-être.

Oui…

Ou alors, intérieurement, on se sentait un petit peu menacé par tout ça, et on repassait en mode séduction, reconquête, et on avait besoin de réenclencher la spirale du désir et du plaisir.

Ah, ça y est, t’as réussi ! Je me demande si tu t’es pas lancé le défi de la placer à chaque épisode, ta spirale ?

Bah non, attends, ça fait au moins deux épisodes qu’on l’a pas eue, je suis super raisonnable.

Ah.

Je vais me faire un syndicat des spirales, moi ! Et sinon, en parlant de spirales, on en est où du coup de notre spirale à nous ?

Oui, c’est ça, revenons à nos spirales…

Ah oui ! Avant de conclure cet épisode, tu voulais parler de Séraphine et Théophile, non ?

Oui, c’est vrai. Alors Séraphine, c’est une amie de longue date, et Théophile, c’est son compagnon. Moi, je racontais depuis longtemps mes crushs à Séraphine, c’était la seule qui savait d’ailleurs.

Moi, je ne savais pas du tout.

Non, c’est vrai. Et Séraphine, ben elle me racontait ses crushs à elle. Mais l’impact de ses crushs sur son couple avec Théophile, c’était très différent parce que Séraphine et Théophile, ils avaient ouvert leur couple. Ils étaient devenus polyamoureux depuis quelques temps déjà. Donc, ils se racontaient leurs crushs et ça s’arrêtait pas forcément à des crushs, donc ils se racontaient aussi leurs aventures.

Oui, parce que « polyamoureux », ça veut dire que au sein du couple, on s’autorise l’un l’autre à avoir des relations avec d’autres, et ces relations peuvent même être sentimentales.

Pour nous, c’était assez clair qu’on n’était pas tenté par le polyamour à ce moment-là. Mais c’était quand même vraiment intéressant de bénéficier des confidences de Séraphine et de découvrir un peu par procuration et par leurs aventures ce que le polyamour, ça peut être. D’ailleurs, je pense que leur expérience a pas mal joué pour nous et pour notre ouverture d’esprit.

Oui, c’est vrai que de savoir ce qu’ils vivaient, même si moi j’ai su que bien après Joséphine, ça nous a fait réaliser qu’on n’était pas complètement anormaux d’avoir des vues sur d’autres personnes en étant un couple stable. Mais bon, du coup, nous, qu’est-ce qu’on allait faire de tout ça ? Clairement, on aurait pu, ben en rester là, c’était déjà super de pouvoir partager nos émotions, ce qu’on ressentait pour les autres. C’était excitant, apparemment ça boostait un peu notre libido, et un peu contre toute attente, ça finissait par nous rapprocher, ça nous rendait plus complices. Mais ce que ça allait donner après, bah… on n’en savait rien. Avoir chacun nos tentations à droite à gauche c’était rigolo ça nous apportait de l’excitation. Mais de mon côté, sur les gros crushs que j’avais, il y avait peut-être une légère frustration de savoir qu’il ne se passerait rien du tout de concret, que les tentations resteraient juste des tentations et que je passais peut-être à côté de quelque chose de sympa.

Mais attends, quel genre de frustrations ? Tu passais à côté de… quel genre de trucs sympas ?

« Frustrations » c’est peut-être un petit peu fort. Disons « envies très fortes non assouvies ».

« Envies très fortes non assouvies », OK…

Mais… Et pour les trucs sympas c’était… je sais pas, d’avoir une chance de déposer un baiser dans le cou de Carla, ou faire une caresse dans le dos d’Églantine en passant.

Ah oui effectivement, moi aussi j’avais un petit peu de frustration de ne pas pouvoir toucher les avant-bras de Barnabé, ou d’autres parties de son corps !

Et voilà, ça y est, ça part en sucette !

Mais non, attends, j’ai rien dit !!

Bon je pense qu’au fond, on avait pas mal apprécié de partager ce qu’on avait vécu individuellement. On avait un peu envie de continuer à vivre ce genre d’émotions, mais on n’avait vraiment aucune idée de comment tout ça pourrait se concilier, comment ça pourrait coexister au sein de notre couple à nous. On n’avait pas vraiment de juste milieu entre ce qu’on vivait nous et le polyamour que Séraphine et Théophile vivaient. Du coup, ben on savait pas. Et puis un soir, enfin un matin très tôt je crois, on a eu, enfin Joséphine a eu, une petite idée de réponse.

Mais vous vous en doutez, comme d’habitude, on va encore vous faire mariner quelques jours. Mais on vous racontera ça dans le prochain épisode.

Allez, marinons ! À bientôt.

À bientôt !

Balisé avec :À deux... voire plus

008 | Les tentations inavouées de Joséphine – des attirances, des émotions et des crushs intenses

Hippolyte & Joséphine, le 14 août 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
Si on osait...
008 | Les tentations inavouées de Joséphine – des attirances, des émotions et des crushs intenses
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Joséphine ne disait pas grand-chose pendant les confidences d’Hippolyte, mais ce n’était sûrement pas parce qu’il ne se passait rien de son côté : son petit cœur d’artichaut était lui aussi en proie à des tentations inavouables et des crushs intenses. En particulier un, recommandé par Hippolyte, qui a eu l’effet de libérer la parole, de nous rendre complices dans le « péché », et nous a fait bien rigoler !

Embarquez pour quelques histoires avec Joachim, Rodéric et Barnabé, en mode montagnes russes émotionnelles…

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00:00 Si on osait, avec Joséphine et Hippolyte
00:55 Joséphine la princesse qui ne disait rien
01:45 L’idéal du couple passionément amoureux…
03:05 … et la réalité
04:57 Le retour des crushs
09:48 Rodéric : le crush réciproque mais pas consommé
15:04 Barnabé : le crush qui déclenchait des envies subites
17:17 Partager nos crushs, c’est libérateur mais c’est surtout drôle

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Alors, on a fait « Les tentations inavouées d’Hippolyte » la dernière fois, donc on va vous souhaiter la bienvenue dans ce nouvel épisode intitulé — je vous le donne en mille — « Les tentations inavouées de…

Joséphine »

Ah ah !

Alors la dernière fois, on vous a laissés avec les crushs d’Hippolyte qui se retrouvait attiré par d’autres femmes, parfois sur des périodes quand même assez longues, et qui essayait doucement de m’en parler…

avec plus ou moins de subtilité

Oui. Mais c’était pas facile, entre autres parce que de mon côté, moi je racontais rien.

C’est sûrement parce que toi t’étais une princesse et du coup t’avais pas grand-chose à raconter.

Oh oh ! La bonne blague ! Oh si si… Moi j’avais des tas de choses à raconter mais j’en étais pas fière et du coup j’osais pas.

Ah ben je m’en doutais un petit peu, tu vois.

Ben oui, moi aussi j’avais des crushs. Mais c’était difficilement compatible avec notre couple parce que je me sentais bien dans notre couple en fait. Et je crois que ma vision à l’eau de rose du couple passionnément amoureux, elle a été pas mal remise en question au fur et à mesure de mes crushs. C’était difficile à accepter.

« Une vision à l’eau de rose du couple passionnément amoureux », ça me dit un truc ça, on dirait un peu moi.

Oui, ça vient de quand j’étais ado, je tombais souvent amoureuse d’un gars sur du relativement long terme et c’était jamais partagé, mais je passais beaucoup de temps à construire des scénarios les plus improbables les uns que les autres, et mon petit cœur, il y trouvait son compte, en dopamine. Je passais par des hauts incroyables quand la cible de mes désirs jetait un regard dans ma direction, ou alors, quand il m’adressait la parole pour me demander un effaceur à prêter.

Ou qu’il posait son sac à côté du tien.

Ouais, non, ça il faisait pas trop, mais l’effaceur, je pense que j’ai eu au moins une fois. Par contre, mon petit cœur il chutait quand même bien souvent face au désintérêt complet de ma victime. Et la confrontation au réel, c’était parfois douloureux.

Ta « victime » ?

Bah, la victime de mes scénarios, oui.

Je suis une victime.

Bon, ces lubies ne se transformaient jamais en relation. Mais j’aimais bien m’y plonger : ça m’occupait, à défaut de savoir comment m’y prendre en réalité. Et j’imaginais que, enfin, quand je trouverais celui avec qui je partagerais mes lubies, la passion serait continuellement dévorante, comme dans mes jours dopamine. Ou alors comme dans un roman à l’eau de rose.

Et en fait, non ?

Ben… non. Quand j’ai commencé des vraies relations réelles avec un vrai gars qui était consentant, je cherchais cette passion-là. Et des fois, elle était un peu là, au début, quand je me laissais ouvrir les vannes. Mais vu la qualité de mes choix, c’était rarement partagé, donc le tout ça tombait à l’eau rapidement.

Et moi, j’étais un choix de qualité ou j’étais une « victime » comme les autres ?

Oui, tu étais un choix de qualité, ça, il n’y a pas de question. Mais avec toi, c’était pas comme dans mes films, c’est sûr. On s’est assez rapidement installés dans une relation qui ne correspondait pas du tout à mes scénarios alambiqués et passionnels.

Rapidement, rapidement, on a mis du temps quand même.

Oui, mais quand on s’est installés, la dopamine n’était pas au rendez-vous tous les jours. Et c’était beaucoup plus doux, beaucoup plus serein. C’était intense, mais d’une intensité très différente. Je pense qu’au final, c’était quand même plus agréable. Parce que c’était bien, de façon stable. Il y avait beaucoup moins de hauts et de bas. C’était toujours bien plus haut que la moyenne. Mais pendant un temps, ça m’a pas mal troublée. Je me disais « mais est-ce que c’est ça, l’amour ? C’est pas censé être beaucoup plus fou, plus passionnel ? Avoir des sensations qui pourraient remplir un roman ? » Parce que là, moi, si je racontais ma vie de tous les jours, je vendrais jamais un roman. J’imaginais que la passion dans un couple, elle laisserait aucune place à mes scénarios de cœur d’artichaut pour d’autres hommes. Parce que c’était pas compatible. J’étais plus censée avoir de ressources, que ce soit du temps ou de la place dans mon petit cœur, pour me lancer là-dedans. J’étais plus censée en avoir besoin non plus. Mais ça a fini par revenir.

Ah, alors moi je suis vraiment curieux, là. Tu peux raconter ? C’est revenu quand et comment ?

Ben c’est revenu comment… Il y a au moins une fois, sur les trois gros crushs que j’ai eus — parce que c’était pas non plus la folie des crushs à tous les coins de rue — il y a au moins une fois où ça a commencé dans un rêve dans lequel j’étais en relation amoureuse, si ce n’est érotique — je pense que c’était pas mal érotique — avec la future victime de mon crush.

Encore une histoire de victime.

Oui, oui, oui. Bah oui. Là, ils n’avaient pas choisi, ils étaient pas consentants.

Je pense que tout le monde est témoin : je suis officiellement une victime.

Non, non, ceux-là, ils n’étaient pas consentants. Ils ne savaient pas.

Une victime consentante, ça va pour toi ?

Mais non, tu ne peux pas être victime si t’es consentant.

Et le syndrome de Stockholm, tout ça ?

Oui non mais… Tu veux me dire des choses ?

Bref, j’étais troublée par ce genre de rêve qui n’était pas vraiment avouable. Je n’allais pas te parler d’un rêve érotique où tu n’étais pas dedans, quand même. Donc je n’en parlais pas. Par contre, ça me travaillait, et je regardais la personne un petit peu différemment. « Ah, si tu savais ce qu’on a fait cette nuit, toi… » Et du coup, mon expérience en scénarios improbables me rattrapait. Ça suffisait pas toujours, parce qu’un rêve érotique avec une personne qui ne m’attirait pas du tout, ça comblait pas l’absence de désir.

Et c’était le même genre de rêve ou de lubie que quand t’étais ado ?

Oui, complètement. Mes crushs de femme en couple étaient assez similaires avec mes crushs d’ado. D’abord, je ne pouvais pas en parler, ce n’était pas avouable. J’avais fini par en parler à Séraphine, une copine qui me parlait de ses crushs à elle.

Attends, je… Oui, ok, c’est bon, Séraphine, je vois qui c’est.

Ça va, tu vois qui c’est ?

Parce qu’on a trouvé des prénoms — des faux prénoms — et du coup on a un tableau avec des…

On a un dictionnaire, un glossaire. Alors c’est qui Séraphine ?

C’est pas facile.

Je parlais de mes crushs avec Séraphine, parce qu’elle, elle me parlait des siens — je pense que c’est elle qui avait commencé. Mais par contre, il n’était pas question que mes crushs se réalisent. C’était un peu comme quand j’étais ado. D’abord, j’étais avec toi, j’étais bien avec toi et je n’allais pas tout casser pour une relation dont je n’avais aucune garantie que ça se passe bien. Je n’avais pas non plus envie de briser ton cœur. Ça me mettait mal à l’aise de ressentir des émotions qui étaient inavouables et de vivre des choses que je pouvais pas partager avec toi. En fait, d ‘une certaine façon, c’était un peu te manquer de respect et du coup ça m’allait pas trop.

Ouais, mais je comprends parce que c’était un peu pareil pour moi. Tu tentais rien parce qu’on était en couple et que tout allait bien.

Oui, je ne tentais rien parce que j’étais avec toi et j’étais bien avec toi. Mais il n’y avait pas que ça comme barrière, il y en avait encore d’autres. Il y avait aussi le fait qu’il était hautement improbable que l’objet de mon crush soit d’accord pour tenter quoi que ce soit avec moi. Il n’y avait aucune raison que je leur plaise.

Là moi je te regarde et il n’y a vraiment vraiment aucune raison pour que tu plaises à qui que ce soit.

En plus ils étaient déjà quasiment toujours en couple eux aussi donc c’était pas… j’allais pas casser leur couple en plus du mien. Faut pas déconner non plus.

Je pense qu’il y avait aussi le regard des autres. Ceux qui me verraient terminer une relation pour en commencer une autre, qu’est-ce qu’ils diraient ?

Et en plus des autres, il y avait moi-même. Enfin, je me posais aussi des questions sur mon cœur d’artichaut. Parce que qu’est-ce qui m’assurait que j’aurais pas le même type de tentation, une fois que je serais bien installée avec ce crush-là, dans l’hypothèse improbable où on se mettait en couple ? Du coup, il y avait beaucoup trop de risques. Ça restait complètement du domaine du fantasme, du non-dit, du non-avoué, ni à toi, ni aux héros de mes scénarios. C’est mieux si je dis un « héros » ?

C’est mieux. C’est beaucoup mieux que « victime ».

Ouais c’est mieux je vais dire « héros » alors.

C’était avoué à toi aussi ? Enfin, tu te l’avouais à toi ?

À moi, je l’avouais ? Oui, oui, je pense que là je…

T’assumais ?

Non, j’assumais pas. Mais je me l’avouais à moi et je l’avouais à Séraphine. Je ne pouvais pas me le cacher en fait. Il y avait des émotions… Je ressentais des émotions qui étaient bien réelles. Et je pense qu’il y a quelques fois où tu as subi les aspects positifs comme négatifs de ces émotions.

Les aspects positifs ? C’est-à-dire ?

Ahhh…. Une surexcitation. Sexuelle. Entre autres…

C’est possible.

C’est possible… C’était très bien d’ailleurs avec toi. Je pensais pas à eux quand on faisait l’amour ensemble.

Oui oui, je comprends très bien que ça puisse éveiller des… des tentations un peu plus… que ça ait un impact un peu physique et que ça exacerbe certaines envies. Bon alors du coup moi je suis super curieux, tu peux nous raconter un peu plus ces crushs ? Moi je veux tout savoir, qui c’est, l’adresse, la plaque d’immatriculation ?

Non j’ai pas la plaque d’immatriculation, je suis désolée.

Comment je vais faire pour leur péter leur bagnole moi ?

Je vais t’en dire quand même un petit peu, tu pourras faire des recherches après. Donc il y a deux de mes crushs qui étaient au boulot. Et c’étaient des gars bien, parce que je ne crushe pas non plus sur n’importe qui. Dans les deux cas, il y a eu de la distance entre nous après des changements au boulot et du coup, tout mon crush s’est apaisé, reposé et il n’y avait plus de crush à la fin. Alors Joachim, je crois qu’il n’a jamais su qu’il mettait mes hormones en folie. Quoique, il aurait décemment pu se poser des questions. Par contre, avec Rodéric, on avait fini par en parler.

Attends, tu m’en parlais pas à moi, mais tu en as parlé avec un de tes crushs ?

Euh oui. Je pense que c’était parti du fait qu’il avait beaucoup apprécié une rencontre avec Séraphine, donc la copine à qui je confiais mes crushs.

Le monde est petit.

Et du coup, je l’avais bien chambré, Rodéric. On s’entendait vraiment bien, on se racontait des choses assez personnelles. C’était un vrai pote. Et à un moment, il y a eu des événements au boulot qui nous ont un peu secoués. Et surtout — je pense que c’est surtout ça — j’ai annoncé que je quittais le boulot et la région, du coup on avait la distance qui arrivait, qui allait nous sauver. Je pense que c’est ça qui a libéré la parole. On aurait cette bonne dose de sécurité avec la distance. Donc on s’est avoués tous les deux qu’on se plaisait, je crois que c’est parti d’un malentendu. Mais bon, une fois que ça a été dit, on pouvait pas le dédire. Et j’avoue que quand j’ai réalisé que mes désirs à moi, qui étaient complètement farfelus, étaient réciproques, ça m’a fait beaucoup de bien à l’ego. J’avais vraiment du mal à y croire, mais je crois que j’ai été convaincue par certains fantasmes que Rodéric m’a racontés qui étaient… Oui, j’étais aussi rassurée parce que je n’étais pas la seule à inventer des scénarios complètement farfelus et improbables.

Je suis un tout petit peu jaloux que tu aies eu cette confirmation-là, parce que moi, mes crushs, il y avait des signes que c’était éventuellement peut-être réciproque. Mais je n’ai jamais eu de confirmation. Je n’avais pas eu ce petit boost à l’ego. Et du coup, mais qu’est-ce qui vous a retenus alors ?

Oui, c’était un petit boost, mais c’était quand même risqué aussi. On se parlait pas mal de nos conjoints respectifs, du fait que Rodéric et sa copine s’aimaient toujours très fort, mais ils ne faisaient plus l’amour. Du fait que Hippolyte et moi, au contraire, on traversait une période qui était pas mal du tout au lit.

C’est ça, les effets positifs.

C’était aussi des effets positifs. On appréciait et on respectait tous les deux le conjoint de l’autre, en plus du nôtre, évidemment. Et je pense que ça a beaucoup aidé, parce qu’il était hors de question de les blesser, ni de faire quoi que ce soit dans leur dos. En fait, on se soutenait l’un l’autre, pour pas craquer. Et d’ailleurs, on a résisté à la tentation jusqu’au bout. Mais par contre, on a partagé pas mal de complicité.

Et pour toi, qu’est-ce que tu ressentais ? Est-ce que c’était agréable ? Est-ce que c’était gênant ?

Tout ! Les deux, mon général. C’était gênant et c’était bien. D’un côté, je croyais que c’était fini pour moi, la séduction. C’est bon, j’étais casée, quoi ! Et avoir ce plaisir de se sentir désirée par quelqu’un, de se sentir découverte, ça donne une sacrée énergie, de se rendre compte que c’est toujours possible. D’ailleurs Rodéric il disait ça… il disait ça à sa façon, il disait « I’ve still got it » comme ils disent en anglais. Et ça fait vraiment du bien à l’ego. En fait je m’étais quand même posée pas mal de questions, et j’en étais arrivée à la conclusion que ce qui m’attirait, c’était surtout le désir, plus que Rodéric lui-même. Et c’était cette sensation intense, cette gourmandise, l’impression de vivre à 200% quand je ressentais ce désir, quand je le voyais retirer son pull et partiellement emporter sa chemise blanche, ça c’était ma drogue. C’était une drogue, par contre, qui, si jamais je la consommais, risquait de ne plus avoir le même pouvoir. Et surtout, ça risquait de faire beaucoup, beaucoup de dégâts autour de moi.

J’arrive toujours pas à réaliser que tu m’en parlais même pas, de tout ça. Ça avait l’air super fort et t’en parlais pas.

C’était super fort et j’en parlais pas. Je pouvais pas t’en parler, j’allais te faire mal. En fait, je te parlais de plein de choses. Et tu savais que j’appréciais beaucoup Rodéric en tant qu’ami, ce qui était vrai. Mais j’avais vraiment mauvaise conscience d’avoir des discussions avec lui que je ne pouvais pas partager avec toi parce que j’avais peur de te blesser.

Mais c’était pas au même moment où je te posais des questions, où je te demandais…

Si, mais si tu m’avais dit ça avant que je commence à avoir un crush sur lui, ça aurait été plus facile.

Aahh…

Quand tu m’as dit ça, j’étais déjà pas mal dans le crush, mais vraiment bien.

Tu t’imaginais que j’allais penser que t’en profiterais pour dire « Ah d’ailleurs au fait… »

Ah mais non, parce que le deal c’était Si tu m’en parles avant, pas de problème. Et pour moi c’était trop tard pour t’en parler avant. Il y avait déjà eu cette projection.

C’est pour ça que tu avais les sirènes d’alarme qui se déclenchaient.

Complètement. Elles faisaient « Ouh, ouh, ouh, il se doute de quelque chose ! » « Aahhh… Je veux rien casser, moi. » « Je veux pas te faire du mal, je veux pas dire ça. »

Mais un jour tu m’as quand même raconté un rêve.

Ouais.

Ça ne t’a pas empêché de faire ça.

Oui, c’était un petit peu plus tard, on ne se voyait plus. Et je t’ai dit… Mais ce n’était pas longtemps après. Je t’ai dit « Dis donc, cette nuit j’ai rêvé que je couchais avec Rodéric. » Et je comptais continuer parce que la suite, c’était… « D’ailleurs, c’était vraiment pas bien. » Et c’était vrai, ce rêve-là était décevant, donc je pouvais t’en parler.

Et tu te souviens comment j’ai réagi ?

Ouais, ouais, c’était bien. Tu m’as vraiment étonnée. Tu m’as… T’as rigolé. Et t’as rajouté « Bah ça m’étonne pas, t’en parles tout le temps de Rodéric. » Bon, là, j’ai nié. Enfin, je t’ai rappelé que dans le rêve, c’était pas bien. Mais le fait que tu… que tu acceptes et que t’en rigoles, ça m’a fait un bien fou.

Oui… Bon, et du coup tu parlais de trois gros crushs, moi j’en ai pas compté…

On en est à deux là.

Ouais, j’ai pas compté trois encore.

Le troisième c’est toi qui me l’as présenté.

Ah oui c’est vrai !

Mmh mmh… Alors celui-là il était beaucoup plus basé sur l’attirance physique parce que je lui ai très peu parlé.

Moi je lui ai pas mal parlé par contre.

Oui, tu travaillais avec Barnabé. Tu m’avais prévenue d’ailleurs qu’il me plairait, alors qu’on ne parlait pas encore vraiment beaucoup de ce genre d’attirance. Un petit peu, mais moi en tous cas j’en parlais pas du tout. Et t’avais vu juste, évidemment, tu me connais bien. Donc le Barnabé en question, il avait la capacité de me déclencher des envies subites quand je le voyais. J’aurais voulu le toucher, le tâter, le goûter, en faire mon 4 heures. Et puis là, cette fois, il n’était pas question de te cacher quoi que ce soit. Parce que dans les rares occasions où j’avais une chance de le voir, déjà, t’étais là. Et en plus, tu me regardais. Tu me regardais activer le radar à Barnabé en rigolant. Et c’était vachement agréable de partager cette complicité avec toi, de savoir que tu étais ouvert à ce que je ressente de l’attirance pour un autre beau gosse. C’était nouveau. Et c’était vachement rassurant.

C’était rigolo parce qu’on faisait un peu l’escadrille de chasse. « Attention, Barnabé à quatre heures ! »

Oui, c’est ça. Tu faisais mon copilote.

Je faisais la navigation.

Heureusement d’ailleurs que je partageais cette complicité avec toi, parce qu’il n’y avait absolument rien à partager avec Barnabé. Je ne l’ai pas vu souvent. Et j’avais l’impression d’être totalement transparente pour lui. J’ai même essayé quand même une fois ou deux d’engager une conversation, mais ça a lamentablement échoué.

Oui, je me souviens, tu lui en as voulu d’ailleurs !

Ah oui !

T’étais pas contente.

Ah non, j’étais pas contente. Mais bon, c’était troublant de causer avec toi de mon « amant improbable », parce qu’on l’avait appelé comme ça. On ne l’avait pas appelé Barnabé.

Oui, parce qu’il ne s’appelle pas Barnabé en vrai.

Non. Ni « Amant improbable ». Enfin je crois pas. Et je sentais clairement que toi, tu me comprenais, que tu m’encourageais à en parler. Tu te moquais un petit peu aussi, c’était drôle. Peut-être que tu te moquais aussi un petit peu d’une sorte de jalousie, parce que tu rentrais des fois du boulot et tu me racontais des anecdotes drôles, ridicules, positives ou négatives sur Barnabé. Comme si tu jouais un peu à entretenir mon attraction, même quand je ne le voyais pas.

Oui, c’était un peu ça…

Mais alors du coup, Est-ce que tu m’as parlé de Barnabé pour pouvoir parler de Carla ou d’Églantine ? Est-ce que tu m’en as parlé quand toi tu me racontais des choses sur elles pour avoir un certain équilibre entre nous ?

Euh, je pense pas, non. Je pense pas que je sois aussi… que j’aie calculé autant de choses. Je voulais vraiment partager ça parce que j’avais envie d’en parler. Il n’y avait aucune arrière-pensée, aucune… aucun but derrière tout ça. Ça me faisait juste du bien de savoir que je pouvais t’en parler, d’accepter que c’était normal, que ce soit pour toi ou pour moi. C’était drôle en plus.

Oui c’était drôle.

Parce qu’on pouvait… On retombait en fait au collège ou on retombait en adolescence, quoi ! Il y avait peut-être quand même une petite arrière-pensée assez lointaine. Les différends ça vient souvent d’un manque de communication et je savais que si jamais on avait des tentations externes à notre couple et qu’on n’en parlait pas, ça courrait le risque qu’un jour tu partes avec un autre ou que moi je parte avec une autre, pour de bon. Et vu le bazar que ces situations provoquent, je n’avais pas du tout envie que ça se produise avec nous. Donc autant transformer toutes ces émotions en quelque chose qui soit positif pour nous.

Et en effet, finalement, quand on a commencé à partager nos tentations, ça nous a permis de parler beaucoup plus. On en rigolait et c’était bien plus facile. On était complices aussi, comme j’étais complice avec mes potes il y a longtemps. Et ça désamorçait aussi les tensions qu’on pouvait ressentir quand on était attiré par un autre ou par une autre. On pouvait partager les moments « waouh !! » comme on pouvait aussi partager les moments « oh c’était nul ça ! ». D’ailleurs je me souviens le voisin de deux blocs plus loin qui porte toujours des t-shirts blancs à manches longues pour se protéger du soleil — et ça lui va très très bien. Un jour il avait tombé le T-shirt donc forcément moi j’ai regardé et je te l’ai dit juste après. Tu t’attendais à ce que j’aie apprécié la vue mais j’avais été assez déçue parce que je m’imaginais trouver beaucoup mieux sous le T-shirt !

Ouais, ça m’a étonné parce qu’il est quand même pas trop mal foutu non ? Enfin moi je l’avais vu la première fois, je me disais « Ah ça va être une jolie vue pour Joséphine, ça ! »

Ouais non c’est vrai. Écoute la prochaine fois que je le vois je lui demanderai de retomber le T-shirt et je vérifierai.

Oui. Bonne idée, oui. Donc on rigolait bien, on avait partagé une bonne partie de nos secrets, on était complices dans le péché, c’était libérateur, et finalement assez positif d’échanger sur nos tentations. Ce qui était un petit peu surprenant quand même, il faut l’avouer. Mais toutes ces discussions a priori légères et frivoles ont commencé aussi à déclencher d’autres questions, parfois un peu perturbantes, quand on est un couple « comme tout le monde », stable, avec une famille, des enfants, et puis le regard des autres.

Oui. Du coup, il va nous falloir encore un épisode pour régler tout ça ?

Oui, régler tout ça ou pas. C’est pas sûr qu’on ose.

Attends, on va oser quand même.

C’est vrai, on a l’habitude.

Allez, à bientôt.

À bientôt.

Balisé avec :À deux... voire plus

007 | Les tentations inavouées d'Hippolyte – des crushs refoulés, puis finalement assumés et partagés

Hippolyte & Joséphine, le 7 août 2026 Laisser un commentaire

Si on osait...
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007 | Les tentations inavouées d'Hippolyte – des crushs refoulés, puis finalement assumés et partagés
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Ou comment Hippolyte s’est rendu compte que même en couple solide avec Joséphine, il n’était pas à l’abri d’attirances pour d’autres femmes. Des fuites, des questionnements, des blocages psychologiques, une pente glissante avec des panneaux « danger » partout, et quelques anecdotes à propos de Carla et d’Églantine !

Mais surtout la réalisation qu’assumer ces attirances ne faisait pas de mal à notre couple, bien au contraire…

Références :

  • Pour ceux qui n’ont pas la ref de miss Revolver qui se dessine sous des jupes fendues : Marc Lavoine – Elle a les yeux revolver
  • Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick (1999) et la scène qui a marqué Hippolyte (en V.O, mais il suffit de mettre les sous-titre en français 😉)
  • Le p’tit coin d’parapluie, avec Georges Brassens : Le Parapluie
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00:00 Si on osait, avec Joséphine et Hippolyte
01:07 Les crushs inavouables : la stratégie de la fuite
05:36 Des crushs extra-conjugaux pas acceptables dans notre petit monde
06:52 Et on a commencé à en parler
10:40 Des conversations bienveillantes
12:07 Carla, la fille du train
16:40 Crushs avoués et complètement assumés = sérénité ?

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

et Joséphine !

Bienvenue dans ce nouvel épisode intitulé « Les tentations inavouées d’Hippolyte ». Eh c’est moi ça.

Oui, c’est toi !

Ça s’inscrit toujours dans le thème des « premiers pas ». Mais comme vous allez l’entendre, ça va commencer doucement à s’élargir un petit peu.

Mais alors attends, on en était où ? On avait Joséphine et Hippolyte qui avaient adopté un Jouet, qui commençaient doucement à parler un petit peu de sexe. Mais il n’y a pas que le sexe dans la vie de couple. Et puis en parallèle, il se passait des choses.

Mais oui, il y a aussi la vaisselle, il y a aussi le mén…

Non, je ne crois pas que c’est de ça dont tu voulais parler.

Ah c’est pas ça le… mes tentations inavouées ?

T’as des tentations inavouées pour la vaisselle ? Vas-y, y’a pas de problème. Fais toi plaisir ! Moi je regarde. C’est mon kink. Non, tu veux pas que je regarde la vaisselle ?

Non, des choses un peu plus intéressantes peut-être.

Hmm hmm…

Oui… Depuis assez longtemps, en fait, j’avais des… crushs. En français, on dit comment ? Des vues, des… Non c’est un peu plus fort que des vues. Bon on va dire des crushs.

On va dire des crushs.

… sur d’autres femmes. Que je ne m’avouais pas toujours à moi-même. Et alors encore moins à Joséphine.

Effectivement, je ne le savais pas.

Et ça me posait quand même pas mal de problèmes.

Mais qu’est-ce qui te posait problème ?

Ben, on était dans une relation stable. Moi, j’avais suffisamment investi dedans avant qu’on se mette ensemble et après qu’on se mette ensemble. Et du coup, même si on n’était pas mariés, qu’on n’avait pas encore d’enfants, c’était pas concevable pour moi d’éprouver quoi que ce soit pour quelqu’un d’autre. En plus, mon compteur était cassé.

C’est vrai !

Mon compteur de 200%.

Ton compteur à émotions !

Et on était vraiment bien ensemble. On avait… On se préparait à traverser des épreuves qui allaient nous rendre extrêmement proches. Il n’y avait vraiment aucune raison d’aller voir ailleurs. Dans ma tête, ça bloquait complètement. Il y avait cette notion de… d’exclusivité absolue et indéboulonnable qui faisait que c’était soit Joséphine, soit une autre. Et éprouver des émotions pour une autre, ça pouvait se faire qu’au détriment que celles que j’éprouvais pour Joséphine. Ça doit être un peu mon côté romantique.

Mmmmh…

Et quand j’étais plus jeune, c’était pareil, j’enchaînais des fixettes de très long terme — on parle de plusieurs années — sur des filles, et je passais à la fixette d’après qu’une fois que c’était mort de chez mort avec la précédente. Et là, ça collait pas du tout. Je savais pas comment gérer ça.

Ouais. Mais alors quand ça t’est arrivé, comment tu réagissais ?

Ben moi quand je rencontrais une fille dont la simple présence ou un simple regard provoquait des émotions inavouables, ma réaction c’était « Sauve qui peut ». Il faut absolument faire tout ce que je peux pour éviter de la voir ou d’avoir des interactions avec elle. Parce que c’était dangereux, je voyais le danger en fait. C’était pas complètement désagréable mais j’avais cette première réaction de fuite. Je me souviens d’ailleurs de cette réception au travail où j’avais flashé sur une très belle femme, rousse. Et ma première réaction, ça a été de retourner le plus vite possible dans mon bureau pour aller me trouver un truc urgent à finir, histoire de ne pas faire une bêtise. Niveau bêtise, je pensais surtout à ma vie personnelle, mais vu que c’était la femme d’un investisseur, ça aurait probablement eu des répercussions pas très positives sur ma carrière.

Non, je ne sais pas, elle aurait peut-être pu convaincre…

Ouais, ouais, ouais, sûrement ! …

Bon, et il y en a eu d’autres, des crushs comme ça ?

Oui, il y en a eu quelques autres, deux ou trois. Vu que ça provoquait des émotions assez violentes chez moi, je m’en souviens assez bien. Une fois, quand on était tout jeune et qu’on a rencontré ce couple de Suédois pendant un voyage.

Ah oui je me souviens, oui !

Et quand on s’est installés ici, qu’on a rencontré un ami d’amis qui nous a invités à manger chez lui, sans nous prévenir que sa femme avait des yeux magnifiques.

C’est vrai qu’elle a des yeux… waou !

À chaque fois, que ce soit pour la Suédoise ou Madame très-beaux-yeux, ben je craignais vraiment la prochaine fois où on les verrait. Je redoutais un peu de ne pas pouvoir me contrôler, ou… Parce que je n’allais pas lui sauter dessus,

Non c’est pas ton genre !

mais c’était vraiment de montrer, parce que je suis assez transparent quand je montre des émotions, que Joséphine voie ce que je ressentais en fait.

Ouais… tu pourrais pas jouer au poker !

D’ailleurs, tu l’avais vu ? Ou pas ?

Non ! Non, je n’avais rien vu.

Ça va, je suis bon acteur alors.

Il paraît… Donc, ça te mettait mal à l’aise par rapport à notre couple, de ressentir une attraction très forte vers une autre femme ? Et tu pensais que je réagirais comment, moi, si je savais que tu avais un crush ?

Moi je partais du principe que c’était pas du tout acceptable pour toi si je faisais ça. Même si de mon côté je me disais que si toi tu m’avouais que tu regardais d’autres hommes avec des yeux gourmands ce serait complètement ok. Eh oui, vu qu’on a grandi dans un monde qui idéalise en quelque sorte le couple harmonieux et amoureux, et tend à diaboliser tout ce qui pourrait éventuellement mener à quelque chose d’extra-conjugal, c’était une hypothèse assez raisonnable.

Oui !

Et oui, dans ce monde-là, il n’y a pas vraiment de milieu entre le couple qui baigne dans l’amour et l’harmonie, et les tentations extérieures qui mènent fatalement à la tromperie, au divorce et chez l’avocat.

Oui… Finalement, à nouveau, on n’osait pas parler.

Ben ouais, un peu toujours le même problème ! J’allais sûrement pas risquer de déclencher une dispute, une crise de confiance, une séparation, voire même la Troisième Guerre mondiale, en avouant que ma nouvelle collègue me plaisait pas mal.

Ah, ta nouvelle collègue aussi ?

Oui, oui, c’était… bah j’ai dit 2-3. Sauf que… mais sauf que, en fait, j’avais tout faux. On risquait rien de tout ça ! En parallèle de nos recherches de réponses aux questions qu’on n’osait pas vraiment poser, de nos petites emplettes osées, et de nos lectures et écoutes pour trouver tous les mots qui ne venaient pas tout seuls, il se passait des trucs. Et si on est à peu près sûrs de qui a commencé à en parler — c’était moi — on se souvient plus trop de qui c’était. Est-ce que c’était Églantine, cette collègue à côté de laquelle je me suis retrouvé lorsque j’ai commencé un nouveau boulot ? Ou bien Carla, qui avait des airs de Carla Bruni en plus jeune, que je voyais parfois dans le train pour aller et revenir du travail, et que je me surprenais à attendre en scannant toutes les personnes qui montaient à bord le soir. Ou alors Miss Revolver, qui se dessinait sous des jupes fendues. Ah non, elle, c’était après, je crois.

Pfff, il y en a plein, en fait ! Et tu te souviens de ma réaction quand t’as commencé à m’en parler ?

Oui je crois qu’avant de commencer à en parler, j’avais entamé une conversation du genre : « Mais tu sais, si jamais t’éprouves quelque chose pour quelqu’un d’autre, si tu me le dis c’est ok, hein ! » Ou alors: « Je pense que si jamais t’allais voir ailleurs, si tu m’en parlais, je pense que je t’en voudrais pas. » Histoire que toi tu saches vraiment qu’on pouvait parler de tout ça. Et c’était vraiment sincère, j’y avais réfléchi, j’étais à peu près sûr de moi : si tu me disais tout, et ben il n’y avait pas de souci. Et du coup je crois que je sais quel crush c’était, vu que je me souviens à peu près quand on a eu cette conversation.

Du coup c’était laquelle ?

Je pense que c’était Églantine, la collègue.

Églantine… mmhmm En tous cas, c’est vraiment typique de cette période-là : toi, t’avais beaucoup réfléchi, t’avais beaucoup mûri sur la question dans ta petite tête à toi, mais moi, je n’étais pas du tout au courant de toutes ces réflexions. Parce qu’on n’avait pas encore appris, en fait, à gamberger ensemble. D’ailleurs, je t’ai répondu quoi quand tu m’as proposé d’aller voir ailleurs ? Parce que là, comme ça, là, ça ressemble un peu à… « Bon, allez, tu peux me dire, tu fricottes autour d’un autre ! » Alors que, pourtant, tu pensais sincèrement à me laisser tester la marchandise à côté.

Mais pas vraiment en fait. Je ne t’ai pas vraiment proposé d’aller voir ailleurs. Cette question, ce n’était pas vraiment chargé. C’était surtout vis-à-vis du passé récent, si t’avais été attirée par quelqu’un tout en étant avec moi. J’étais vraiment intéressé. Je crois que tu avais un peu éludé et retourné la réponse et dit que toi, ben, de ton côté, tu savais pas trop comment tu réagirais si j’avais ou si j’avais eu une relation avec quelqu’un d’autre.

Oui c’est bien mon genre ça.

Surtout quand on sait ce qui se passait à ce moment-là.

Ah oui non mais ça on sait pas ! Enfin toi tu sais pas encore !

Je me suis surtout dit que depuis qu’on était ensemble, il m’arrivait parfois de ressentir des trucs pour d’autres femmes et que ça devait être le cas pour toi aussi envers d’autres hommes. Et d’une part j’étais curieux, j’étais intéressé, j’avais envie de discuter de façon ouverte de tout ça. Et puis je voulais savoir qui aussi. J’avoue qu’une chose qui m’a vraiment fait faire du chemin là-dessus, c’est le film Eyes Wide Shut. Dans ce film, c’est pas du tout les scènes d’orgies dans le château que je retiens. C’est une scène où elle explique à son mari que elle a failli tout laisser tomber pour un beau capitaine, qu’elle était prête à tout sacrifier, toute leur relation, tout ce qu’ils avaient construit juste pour une nuit avec lui. Et ça, pour moi, c’était un peu une révélation parce que pour moi, toutes les femmes c’étaient des princesses, — surtout Joséphine, qui est la plus belle de toutes — et les pulsions sexuelles, physiques, animales, c’était que pour nous, les hommes, les rustres. Et les femmes, elles pouvaient pas. Ce n’était pas possible qu’elles y soient sujettes !

Et pfiout une illusion qui part en fumée.

Ouais, voilà… Et du coup, un peu comme dans ce film, je me suis dit que ce serait bien qu’on en parle. Et c’est intéressant parce que j’avais beaucoup moins de problèmes pour parler des choses qui étaient relativement contemporaines de notre histoire à nous, dans notre passé récent, notre présent ou même un éventuel futur, que des choses qui s’étaient passées avant que je te rencontre, genre ta période de rattrapage. Je n’admettais toujours pas ce passage. C’est assez rigolo d’ailleurs, parce que maintenant je sais ce qu’il se passait pour toi au moment où je t’ai posé ces questions, je m’imagine bien ce qu’il y a dû se passer dans ta tête. Ça devait être panique complète.

Ouais !

Il devait y avoir quelques sirènes d’alarme qui se sont déclenchées dans tous les sens. « M*rde, m*rde, m*rde, m*rde, il se doute de quelque chose ! » Alors qu’en fait non, il y avait aucune arrière-pensée, c’était plutôt bienveillant.

Ouais ben c’était pas drôle pour moi. C’était pas facile.

Elle va vous raconter après. En tous cas, j’ai commencé à en parler, à partager des trucs genre, « Ah dis donc Églantine, aujourd’hui, elle était pas mal. Elle avait un truc qui me plaît, je sais pas quoi. » Ou… « Oh elle a essayé de me parler en français aujourd’hui, avec un accent tellement sexy. »

Ouais t’aimes bien quand une non-francophone te parle français…

Ah oui, ça j’aime vraiment bien. Quel que soit l’accent, c’est trop bien. « Vas-y, répète, j’ai pas bien compris. » Ou alors « Elle était en jupe aujourd’hui et elle a un très joli grain de beauté sur la cuisse ! »

Apparemment c’est vachement haut sur la cuisse !

C’est pas si haut que ça mais rhoo… la jupe n’était pas si courte. Bref, et c’était toujours agrémenté d’un petit « Mais elle est quand même un peu jeune pour moi » ou « Mais on a quand même probablement pas les mêmes préoccupations » ou alors « Elle s’habille vraiment pas bien, ça va vraiment coûter trop cher de lui refaire sa garde-robe ». Ça c’est à propos de Carla, dans le train.

Oui, c’était pas Églantine… Et moi, ben j’avais… aucune idée de comment réagir. C’est sûr que je t’en voulais absolument pas, d’apprécier d’autres femmes. Je ressentais aucun danger pour notre couple. D’accord, il y a certains jours où j’avais pas forcément le moral et j’avais pas vraiment envie d’entendre ce genre de réflexion, mais bon, ça allait. Et un jour, un petit peu pour rigoler, je suis venue te chercher à la gare avec les enfants. Tu m’avais envoyé un message en me racontant que Carla était dans ton train. Du coup, je voulais voir à quoi elle ressemblait et je voulais un petit peu marquer mon territoire aussi, genre pisser sur le bord du quai.

Ça aurait été rigolo, tiens ! « Mais qu’est-ce qu’elle fait ? » Ouais c’était assez drôle, de t’appeler ou t’envoyer un texto : « Elle est là ! » Et c’était aussi marrant parce que t’avais tout de suite trouvé qui c’était dans la foule des passagers.

Ouais j’étais pas sûre, je trouvais qu’elle n’était pas assez bien.

C’est vrai ?

Ouais.

Moi je me souviens que tu m’avais dit : « Ben dis donc elle est jeune ! »

Oui.

Mais moi j’avais dit « Mais pas du tout ! » Oui, si, tu m’avais demandé confirmation quand même…

Ouais.

C’est probablement parce que c’est relativement récent mais je me souviens… assez bien de l’attirance que j’avais pour elle. C’était vraiment purement physique, je lui ai jamais adressé la parole. Je me souviens d’avoir été derrière elle dans la queue des passagers, et l’image que j’ai c’est de son cou qui était dégagé parce qu’elle avait les cheveux regroupés sur le haut de la tête. Et j’avais une envie difficile à résister de l’embrasser dans le cou. Ça serait pas passé probablement…

On saura pas, t’as pas essayé !

C’est l’image que je garde. Et c’était intéressant parce que je m’imaginais surtout l’inviter à déjeuner à midi ou aller prendre un verre en attendant le train d’après parce que le nôtre avait été annulé à la dernière minute. Ça arrivait assez souvent. Ou alors un jour où il faisait très mauvais, lui prêter mon parapluie pour qu’elle puisse rejoindre sa voiture.

🎵 Un p’tit coin d’parapluie 🎵

Et comme il y avait mon numéro de téléphone sur le parapluie…

Ah c’est pour ça !

Voilà ! … au cas où je le perds.

Oui, c’était pas du tout romantique genre Brassens, quoi…

Un petit peu quand même.

Si un petit peu oui, si, si…

Et évidemment c’était du grand cinéma comme quand j’étais ado, comme quand j’étais au collège. Aucune chance que ça arrive. Il y en a certaines — suivez mon regard — qui disent que c’est parce que je suis un grand timide que je lui aurais jamais parlé. Mais je savais que c’était pas que ça. Intérieurement je savais que je ferais absolument rien, parce que si je faisais la moindre amorce de premier pas, ça serait… ça serait trahir Joséphine, ça serait m’éloigner d’elle. J’étais vraiment dans le mode « exclusivité », et c’était absolument pas concevable que je fasse quoi que ce soit. Ça m’aurait engagé dans une pente glissante, et j’avais un peu peur de ce qu’il y avait en bas, quoi. En tous cas, ça aurait été probablement sans Joséphine, en bas de cette pente. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder Carla, de chercher son regard. Mais quand enfin elle tournait la tête vers moi, en un éclair, pouf ! Je détournais les yeux, il n’y avait plus personne. J’assumais absolument pas. Je voulais vraiment rester en fait en mode zéro risque que ça se concrétise, j’étais terrorisé à l’idée qu’elle me grille et qu’elle pense que j’envisage des trucs avec elle parce que… parce que j’étais pas prêt du tout, quoi ! Mais bon, c’était si bon de se faire des films.

Oui !

Je me souviens d’un soir où le train était bondé, il restait plus qu’une place en face de moi. Et là, elle est montée dans le wagon et a marché droit vers la place vide. Alors j’ai perdu tous mes moyens, c’était niveau collège. Ouais, elle a posé son sac à côté du mien, mais alors puissance 10. Et normalement j’essaie de travailler dans le train, mais là c’était juste pas possible quoi. J’ai fait semblant.

De travailler ?

Ouais. Je crois qu’elle m’a marché sur le pied en s’installant, j’ai eu aucun problème. « Vas-y, c’est un plaisir ! » « Tu peux recommencer ! » Je ne lui ai pas parlé, je lui ai jamais vraiment… jamais adressé la parole. Et par contre, après ce petit trajet, en arrivant et en retrouvant Joséphine, c’était l’euphorie. Il s’était absolument rien passé. J’étais juste heureux, bêtement, qu’elle se soit assise en face de moi.

Je me souviens du « bêtement », oui.

J’avais un grand sourire, probablement un peu stupide, et je racontais tout en fait ! Bon pas grand-chose : il s’était pas passé grand-chose ! Et c’est là que je crois que je me suis rendu compte, toujours avec mon sourire un peu bête, que la pente glissante que je redoutais, où il y avait des panneaux « danger » partout, j’étais en train de commencer à la descendre, j’avais au moins un pied dedans, quoi.

Mais t’étais avec moi quand même.

J’étais avec toi. Et donc je sais pas ce que t’as ressenti toi quand je t’ai parlé de ça, mais moi ça m’a fait réaliser que je pouvais vraiment pas me permettre d’aller plus loin, que j’avais passé les limites. Paradoxalement c’est peut-être le fait de t’en avoir parlé qui fait que justement il s’est rien passé et j’ai pas cherché à aller plus loin. Et puis de toute façon, quelques semaines après, elle a dû changer de boulot parce que j’ai plus revue. Bon, ceci dit, je cherche toujours sa voiture sur le parking de la gare.

Non mais c’est parce que je l’ai appelée après que tu m’as dit. Je lui ai dit « Bon, tu prends plus le train. »

Tu lui as brûlé sa caisse.

Aussi.

Ceci dit, c’est intéressant d’ailleurs, parce que dans ces crushs plus récents, le fait d’en parler avec Joséphine et le fait de lui raconter, ça les rendait acceptables. J’avais plus cette volonté d’éviter à tout prix de fréquenter les femmes en question. Et au contraire, même, je les recherchais, je les attendais. C’était un plaisir de les voir. Et je n’avais plus peur que tu me grilles, vu que tu savais tout.

Oui, c’est vrai.

Je n’avais plus cette crainte-là. Et c’était tout bénef, en fait. J’avais d’une part le plaisir de vivre ces émotions, et après, je les partageais avec toi, donc c’était… Je les vivais deux fois, c’était vachement bien. Et je sais pas comment, toi, tu l’as vraiment vécu à ce moment-là, comment tu l’as ressenti, mais pour moi, c’était vraiment cool.

Oui, pour moi c’était plus compliqué… mais c’était pas à cause de toi ni à cause de tes crushs…

C’était peut-être à cause des tiens ?

C’est ça. Et à ce moment-là, moi, j’étais pas du tout prête à en parler. Mais je crois qu’on en a assez raconté cette fois-ci, donc on va se faire un autre épisode, peut-être, avec les miens, de crushs, si on ose…

Allez, osons.

À bientôt.

À la prochaine.

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